Turquie : forages alarmants, et risque de conflit régional ouvert…

L’engagement d’un navire de forage turc dans une partie Est de la Méditerranée, revendiquée par Chypre, tend à pousser la région vers un conflit régional ouvert.

La Turquie a annoncé cette semaine qu’elle veut «déchirer les cartes» dans la zone Est de la Méditerranée, avec l’engagement d’un navire de forage, le Yavuz, pour la recherche de gisements de gaz au sud-ouest de Chypre.

Le Yavuz est exploité par la société d’État Turkish Petroleum (TPAO). Il est stationné dans une zone revendiquée par Chypre. L’enjeu est un imposant gisement de gaz découvert par l’Égypte, Chypre et Israël. La Turquie prétend qu’ elle a un droit de participation à l’exploitation des hydrocarbures dans la région.

Le vice-président turc Fuat Oktay a déclaré que le déploiement du navire valait déclaration d’intention. La Turquie revendique depuis longtemps une zone Est de la Méditerranée, qu’elle appelle sa  » patrie bleue ». Début juin, il a élargi encore cette revendication au sud de Chypre. Les revendications turques sont rejetées par Chypre, par la Grèce et par de nombreux États signataires de la Convention des Nations-Unies sur le droit de la mer. Cette convention, ratifiée par 168 pays, attribue à chaque État une Zone économique exclusive (ZEE) jusqu’ à 200 miles de ses côtes. La Turquie n’a pas ratifié cette convention.

La Turquie et le Gouvernement d’accord national (GNA) en Libye – qui n’a pas non plus ratifié la convention – ont énoncé de nouvelles revendications de ZEE (qui se rejoignent) au large de leurs côtes. Leurs conjointes revendications rentrent en contradiction avec le projet de gazoduc israélo-chypriote qui devrait acheminer du gaz vers la Grèce et vers les marchés européens.