
Résumons…
Premièrement, fin août, la France suspend les « mobilités étudiantes » avec le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Des étudiants de ces trois pays ont reçu un message du Ministère des affaires étrangères les informant de l’annulation de leur séjour en France en raison de la crise diplomatique en cours. Le problème est d’abord politique, mais des étudiants sont ainsi mis dans des situations très difficiles sur les plans universitaire et financier.
Deuxièmement, à la mi-septembre, la consternante suspension de la coopération culturelle avec les artistes du Mali, du Niger et du Burkina Faso (les trois mêmes pays) suscite l’indignation du monde de la culture. Un courrier des directions générales des affaires culturelles (DRAC) demande effectivement l’arrêt immédiat de tout projet de coopération avec les ressortissants de ces trois pays.
Ainsi les autorités françaises, malgré les dénégations gênées à posteriori, sanctionnent les artistes et les étudiants de ces trois pays alors qu’ils n’ont pas de responsabilité dans les coups d’État intervenus. C’est inacceptable.
La prise du pouvoir par des militaires dans ces trois pays pose de multiples et sérieux problèmes, notamment celui de la « gestion » de la relation franco-africaine. Et le traitement de l’enjeu démocratique, évidemment. Mais une question se pose. Si la France, pour cause de coup d’État, croit légitime de sanctionner les artistes et les étudiants du Mali, du Burkina et du Niger…pourquoi ne le fait-elle pas pour le Gabon ? Y aurait-il des coups d’État condamnables… et des coups d’État acceptables, ou défendables ? Est-ce qu’il y aurait, aussi, des changements dynastiques et autoritaires du pouvoir qui soient tolérables, comme au Tchad ? Décidément, les autorités françaises perdent leur crédibilité.
La politique de la France… Où est-elle ?.. Quelle est -elle ?.. Les valeurs et les principes seraient-ils à géométrie variable ? Ce chaos présidentiel et ministériel face aux crises politiques en Afrique ferait pitié s’il n’était pas synonyme de mépris pour des peuples africains. C’est indigne. Mesurons cependant, c’est le plus important, qu’il s’agit des derniers soubresauts d’un néocolonialisme en perdition dans un monde qui n’en veut plus. JFi 16 09 2023
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Un commentaire sur “Sur les indignités officielles françaises en Afrique…”