Le Nobel et la guerre…

Ou comment s’y prendre afin de rabaisser ce qui devrait collectivement nous élever.

Maria Corina Machado, est une figure ultralibérale et de la droite radicale ou de l’extrême droite dans l’opposition vénézuélienne. Elle a dû être fortement déçue d’être récemment et brutalement récusée par Trump lui-même, qui souhaite probablement une protagoniste moins controversée dans un pays plus complexe qu’on ne le dit, où le chavisme reste une force incontournable.

Maria Corina Machado fit beaucoup d’efforts pour exister et montrer sa foi dans le trumpisme. On s’en souvient, elle avait directement appelé à l’intervention américaine. Devenant récipiendaire du Nobel de la paix elle alla jusqu’à dédier sa récompense à Donald Trump lui-même.

On se rappelle aussi que les cinq membres du Comité Nobel norvégien ont osé lui attribuer leur prix alors que Washington, aux yeux du monde entier, réunissait un dispositif militaire régional et une grande armada dans les Caraïbes, dont le plus puissant des porte-avions géants des États-Unis, le Gérald Ford (4 à 5000 hommes et 70 avions). Ce Gérald Ford qu’on ne déplace pas pour autre chose que des missions stratégiques importantes. Le contexte qui s’imposait était alors celui des menaces et des préparatifs de guerre contre le Venezuela. Rien n’était écrit, mais on ne pouvait pas l’ignorer.

On peut dire que ce Club des Cinq a donc accompagné et même, en quelque sorte, légitimé par avance l’opération américaine. En agissant ainsi, le Comité Nobel s’est déshonoré et décrédibilisé. Ils ont pesamment desservi ce qui fait, ou ce qui devrait faire, la dignité du Nobel : quelque chose qui élève, qui grandit à la fois celles et ceux qui le reçoivent, mais aussi celles et ceux chargés de le décerner. Quelque chose qui touche aux valeurs et à l’éthique, au courage nécessaire pour projeter la réflexion et le symbole dans une vision inspirante et universelle du monde et des rapports internationaux. Le Nobel 2025 a dramatiquement contredit et rabaissé cette exigence. C’est une honte. Il faudra s’en souvenir.


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