Une tribune pour la libération d’Ahmed Nejib Chebbi

À 82 ans, Ahmed Néjib Chebbi entame un de ses ultimes combats, mettant une fois encore sa vie en péril. – Il a depuis suspendu sa grève de la faim, après l’engagement de l’administration pénitentiaire d’accéder à sa demande relative à son droit à l’information – .

Voilà bientôt soixante ans que cet homme symbolise la résistance contre l’oppression.

Du temps de Bourguiba, il faisait partie des étudiants révoltés de mars 1968 emprisonnés pour « complot contre la sûreté de l’État ». Le complot, hier comme aujourd’hui, c’est la traduction de la revendication démocratique en langage despotique.

Du temps de Ben Ali, il sera l’une des principales figures de la grande grève de la faim du 18 octobre 2005 pour les libertés, aux côtés de l’avocat Ayachi Hammami, son compagnon d’infortune aujourd’hui, et d’autres militants, de diverses sensibilités politiques.

Cible de la vindicte du régime issu du coup de force du 25 juillet 2021, le voilà de nouveau en prison, comme tant d’autres, pour les mêmes raisons : le rêve et le combat pacifique pour les libertés. Et le voilà de nouveau en grève de la faim pour la liberté.

Le nom d’Ahmed Néjib Chebbi, doyen des démocrates de ce pays, est devenu l’emblème de la longue résistance contre tous les autoritarismes depuis l’indépendance. Le recours à la grève de la faim pour dénoncer les conditions de détention est un épisode de plus de cette résistance.

Dans la Tunisie d’aujourd’hui, tout se passe comme si la persécution permanente des opposant.e.s, en liberté provisoire ou entre quatre murs, est devenue le mode d’existence d’un règne de plus en plus ubuesque. Le recours récurrent à la grève de la faim, de la part des détenu.e.s politiques mettant les uns après les autres leurs vies en péril, apparaît comme l’ultime force des démunis.

Face à un régime qui travaille à effacer l’idée même de politique, cette arme ultime est l’affirmation de la pérennité de la lutte pour l’État de droit, la démocratie et les libertés.

Nous, signataires, appelons à la libération de Ahmed Néjib Chebbi et des détenu.e.s politiques et d’opinion, ainsi qu’au rétablissement des droits et libertés politiques en Tunisie.

Signataires :

Fouad Abdelmoumni, économiste, démocrate maghrébin

Arzu Abdullayeva, prix Olof-Palme pour la paix, militante des droits humains, Azerbaïdjan

Gilbert Achcar, Emeritus Professor of Development Studies and International Relations

SOAS, University of London

Kacem Abdellatif, Maroc

Abderezak Adel, enseignant universitaire retraité

Abderrahim Afarki, défenseur maghrébin des droits humains

Ayad Ahram, défenseur des droits humains. Membre de l’ASDHOM

Ahmed Aïdani, de l’Association Colombe blanche, Maroc

Arezki Aït-Larbi, journaliste, éditeur, ancien prisonnier politique

Nadia Leïla Aïssaoui, sociologue

Sanhadja Akhrouf, féministe, militante des droits humains

Hala Alabdalla, cinéaste, réalisatrice, productrice et militante syrienne

Tewfik Allal, militant associatif de l’immigration maghrébine

Françoise Alamartine, conseillère fédérale et commission transnationale des Ecologistes.

Raja Alaoui, membre de l’Union de l’action des femmes, Maroc

Wadih Al Asmar, président du Centre libanais des droits humains

Geneviève Ancel, Co fondatrice des Dialogues en humanité 

Rachad Antonius, professeur émérite de sociologie, UQAM, Canada

Fouzia Assouli, présidente d’honneur FLDF, Maroc

Etienne Balibar, ancien professeur de philosophie, Université de Paris-Nanterre

Abdenacer Banouhachem, Maroc

Brigitte Bardet-Allal, professeure de lettres classiques

Patrick Baudoin, avocat, président d’honneur de la LDH et de la FIDH

Florence Beaugé, journaliste

Alfons Bech, syndicaliste UGT de Catalogne et coordinateur du Réseau International de Solidarité avec l’Ukraine

Yagoutha Belgacem, directrice artistique

Bochra Bel Haj Hamida, avocate

Fathi Bel Haj Yahya, écrivain

Souhayr Belhassen, présidente d’honneur de la FIDH

Akram Belkaïd, journaliste

Farouk Belkeddar, militant associatif

Anthony Bellanger, secrétaire générale de la Fédération internationale des journalistes

Jean Bellanger, ancien secrétaire de l’UL CGT de Saint-Denis

Fayçal Benabdallah, président de la FTCR

Rabaa Ben Achour, universitaire

Sanaa Ben Achour, professeure des universités, militante féministe

Omar Benamar, défenseur des droits humains, Maroc

Bachir Ben Barka, universitaire retraité

Abdesslam Benbrahim, militant associatif, Maroc

Madjid Benchikh, ancien doyen de le Faculté de droit d’Alger

Monia Benjemia, universitaire, féministe

Zaïneb Ben Lagha, universitaire

Ali Bensaad, professeur des universités, Institut français de géopolitique, Paris-VIII

Olivier Besancenot, ancien candidat à l’élection présidentielle française

Sophie Bessis, historienne

Rafaelle Bollini, Associazione ricreativa culturale italiana (ARCI)

Rasmus Aleneus Boserup, directeur d’Euromed-Rights

Mostefa Bouchachi, avocat, ancien président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme

Alima Boumediene-Thiery, avocate, ancienne sénatrice

Youssef Boussoumah, militant décolonial

Houria Bouteldja, essayiste, militante politique franco-algérienne

Dylan Boutiflat, secrétaire national aux relations internationales du Parti socialiste

Ali Brahimi, juriste, ancien parlementaire

Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières

Robert Bret, ancien sénateur communiste

Françoise Brié, présidente de la CLEF

Miloud Chaouch, militant associatif

Mohamed Chaouih, président de AMF

Patrick Chemla, psychiatre et psychanalyste

Khadija Chérif, militante féministe et des droits humains

Alya Chérif Chammari, avocate, militante des droits humains

Karim Cherkaoui, Maroc

Larbi Chouikha, universitaire

Patrice Coulon, militant des droits humains

Annick Coupé, syndicaliste, altermondialiste

Thomas Coutrot, économiste

Ahmed Dahmani, économiste, militant des droits humains, Algérie

Sara Daniel, journaliste

Lucile Daumas, retraitée

Michel Debon de Beauregard, syndicaliste, ancien vice-président de Solidarité laïque

Alexis Deswaef, président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH)
Monique Dental, présidente fondatrice du réseau féministe « Ruptures ».
Catherine Wihtol de Wenden, directrice de recherche CNRS
Nacer Djabi, sociologue
Nadir Djermoune, architecte urbaniste
Moulay Ahmed Douraïdi, du Collectif marocain pour la démocratie des élections
Bernard Dreano, militant de la solidarité internationale
Françoise Duthu, militante écologiste
Dominique Eddé, écrivaine
Kacem El Basti, carrefour des initiatives, Maroc
Abderrazzak El Hannouchi, Coordinateur du Médiateur pour la démocratie et les droits de l’Homme, Maroc
Baheyeddine El Hassen, écrivain et défenseur des droits humains, Egypte
Nacer El Idrissi, président de l’Association des travailleurs maghrébins en France (ATMF)
Ihsane El Kadi, journaliste Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au logement (DAL)
Mireille Fanon-Mendes France, présidente de la Fondation Frantz-Fanon
Jean-Marie Fardeau, militant associatif
Patrick Farbiaz, militant politique Raouf Farrah, politologue, Algérie
Wahid Ferchichi, professeur en droit public, doyen de la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis

Mohamed Cherif Ferjani, professeur honoraire de science politique, Université Lyon-2
Guillemette Fessy, militante écologiste
Souad Frikech, députée au Parlement marocain
Pierre Galand, sénateur honoraire, président de l’OMCT-Europe

René Galissot, historien, ancien enseignant à l’université d’Alger, ancien directeur de l’Institut Maghreb-Europe de l’université Paris-VIII, professeur émérite

Vincent Geisser, président du CIEMI

Jérôme Gleizes, universitaire

Alain Gresh, journaliste, Fondateur des journaux en ligne Orient XXI et Afrique XXI

Pierre Henry, président de France Fraternités.

Jean-Claude Heyraud, militant écologiste.

Ahmet Insel, universitaire, militant turc en exil

Jacques Fath, essayiste

Kamel Jendoubi, ancien président Euromed-Droits

Abdelkebir Jmaiai, militant associatif, défenseur des droits humains, Maroc

Aïssa Kadri, universitaire

Irina Karamarkovic, artiste, militante féministe et antiraciste, Graz (Autriche)

Meryem Kendsi, artiste peintre

Pierre Khalfa, économiste

Abdellatif Laâbi, écrivain

Youssef Laaraj, président du Réseau amazigh pour la citoyenneté Azetta, Maroc

Kamal Lahbib, président de l’Observatoire marocain des libertés publiques

Annie Lahmer, conseillère régionale d’Ile de France

Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire

Mohamed Leghtas, animateur de radios associatives, Maroc

Gilles Lemaire, militant écologiste

Renée Le Mignot, présidente honoraire du MRAP

Michael Lowy, sociologue

Jean-Claude Mailly, ancien secrétaire général de Force ouvrière (FO)

Ziad Majed, professeur universitaire

Sofiane Makhloufi, président du CRLDHT

Gilles Manceron, historien

Marc Mangenot, sociologue, économiste

Fadoua Maroub, SG de l’ARMCDH, Maroc

Gustave Massiah, militant altermondialiste, membre fondateur du Forum social mondial

Roland Mérieux, secrétaire national de l’Après

Fabienne Messica, Ligue des droits de l’Homme (LDH)

Umit Metin, militant des droits humains

Ali Mezghani, professeur agrégé en droit privé à la faculté des sciences juridiques de Tunis et à la Sorbonne

Amharref Mhamed, Association Aïn Bechar-Taza, Maroc.

Khadija Mohsen Finan, universitaire

Patrick Mony, défenseur des droits des migrants, GISTI

Dominique Noguères, avocate, membre de la LDH

Mohamed Nouhi, IMDH, Maroc

Mbark Outcharraft, président Forum Iffous pour la démocratie et les droits de l’Homme, Maroc

Aïssa Rahmoune, SG de la FIDH

Najat Razi, AMDF, Maroc

Hamadi Redissi, professeur en sciences politiques

Hassan Remaoun, historien

Soumicha Riyaha, Association marocaine pour les droits des femmes (AMDF)

Fabrice Riceputi, historien

Joël Roman, philosophe

Pierre Rousset, militant associatif

Khadija Ryadi, coordinatrice de la CMODH, lauréate du prix de l’ONU en matière des droits de l’Homme

Lana Sadeq, Forum Palestine Citoyenneté

Bakary Sambe, universités Gaston Berger à Saint louis au Sénégal

François Sauterey, coprésident du MRAP

Mounir Satouri, député européen

Jamila Sayouri, Adala pour le droit à un procès équitable, Maroc

Pinar Selek, sociologue, Turquie

Haoues Seniguer, professeur des universités, Université Paul-Valéry (Montpellier)

Ghislaine Seze, présidente de DSFAS

Catherine Simon, journaliste

Danielle Simonnet, députée

Dominique Sopo, président de SOS Racisme

Hamouda Soubhi, président du Forum marocain des alternatifs Sud

Latifa Soufiani, Espace Associatif Maroc

Benjamin Stora, historien

Simone Susskind, ancienne députée bruxelloise et sénatrice fédérale

Claude Szlatan, militant antiraciste

Taoufiq Tahani, universitaire

Nadia Tazi, philosophe

Ece Temelkuran, écrivaine, Turquie

Fathi Tlili, président de l’UTIT

Tarek Toukabri, président de l’ADTF

Mokhtar Trifi, avocat, président d’honneur de la LTDH

Marie Verdier, journaliste honoraire

Marie-Christine Vergiat, ancienne députée européenne, LDH

Nhat Vo Tran, vice-président du Comité Viêtnam pour la défense des droits de l’Homme (VCHR)

Farid Yaker, responsable associatif

Aleksandra Zapolskaïa, sociologue, militante pour les prisonniers politiques en Russie

Abdallah Zniber, militant associatif maghrébin


En savoir plus sur jacquesfath.international

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

Laisser un commentaire