– Pasteur Christian Krieger, coprésident du CECEF, Président de la Fédération protestante de France
– Mgr Éric de Moulins-Beaufort, coprésident du CECEF, Président de la Conférence des évêques de France
– Le Métropolite Dimitrios, coprésident du CECEF, Président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France. mars 08, 2024 10:10Eglises locales, Justice et paix
Communiqué du 8 mars 2024.
Nous, responsables religieux chrétiens de France, sommes solidaires de toutes les victimes de la guerre entre Israël et le Hamas et appelons au cessez-le-feu. Porteurs des valeurs de l’Évangile, nous souffrons de la désespérante situation que connaissent plus de deux millions de personnes vivant dans la bande de Gaza. Nous tenons à affirmer que la restriction d’accès à des ressources essentielles tels que les soins médicaux, la nourriture et l’eau est fondamentalement inhumaine.
Nous nous sentons solidaires de toutes les victimes de cette guerre, particulièrement des populations civiles, mais aussi des soldats ou des combattants qui portent et porteront les conséquences des actions qu’ils doivent mener. Nous avons exprimé notre solidarité au lendemain de l’attaque terroriste du 7 octobre 2023. Nous la redisons, comme c’est notre devoir, après la tuerie de plus d’une centaine de gazaouis affamés qui a eu lieu le jeudi 29 février 2024, et oblige à voir ce qu’il y a d’inhumain dans la situation présente.
Les objectifs militaires et les intérêts politiques poursuivis par cette guerre ne peuvent négliger la priorité que revêt la sauvegarde de toute vie humaine. Nous réprouvons les actes de violence qui exacerbent la souffrance humaine et empêchent l’émergence d’une paix durable. Nous exhortons les parties prenantes de cette guerre à faire de la protection de la vie humaine et de la dignité des civils, leur plus haute priorité.
Dans cet esprit, nous demandons instamment à tous les responsables politiques et religieux, d’intensifier leur action pour mettre fin à cette violence et de prendre les mesures essentielles dans le cadre d’un processus visant à instaurer une paix durable entre Israéliens et Palestiniens.
Nous demandons notamment :
– Un cessez-le-feu immédiat, pour assurer l’acheminement d’une aide humanitaire indispensable, en premier lieu les soins médicaux, la nourriture et l’eau.
– La libération immédiate de tous les otages, conformément au droit international humanitaire et aux droits humains.
– Des efforts internationaux pour ouvrir, par le dialogue, une nouvelle voie politique vers une paix durable, relancer le débat sur une solution viable à deux États, et entamer le travail sur la guérison des mémoires de tous les habitants de la région.
En ce temps de Carême, nous invitons les chrétiens de toutes les confessions, à continuer de porter instamment la situation du Proche-Orient dans leur prière, à ne pas s’habituer à cette situation de guerre et de violence, à être facilitateurs de dialogue et de rencontre là où les sensibilités des uns et des autres s’opposent, à prier et travailler sans relâche pour que tous puisent dans leur religion des raisons de servir la paix et dépasser les peurs et les colères.
Cet après-midi (27 février), le Conseil de sécurité tiendra une réunion d’information sur l’insécurité alimentaire à Gaza dans le cadre du point de l’ordre du jour consacré à la protection des civils dans les conflits armés. Des réunions d’information sont attendues du chef du Bureau de la coordination au service de la coordination à Genève et du Directeur de la Division de la coordination, Ramesh Rajasingham, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), M. Maurizio Martina, Directeur adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM), Carl Skau. La Guyane et la Suisse, points focaux du Conseil pour les conflits et la faim, auxquelles se sont joints l’Algérie et la Slovénie, ont demandé à la réunion, après que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires eut envoyé aux membres du Conseil une note blanche, datée du 22 février, sur l’insécurité alimentaire dans la bande de Gaza.
Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires a présenté la note blanche conformément à la résolution 2417 du 24 mai 2018, dans laquelle il demandait au Secrétaire général de faire rapidement rapport sur le risque de famine causée par le conflit et d’insécurité alimentaire généralisée. Depuis plusieurs mois, les agences de l’ONU ont tiré la sonnette d’alarme sur l’insécurité alimentaire et le risque de famine dans la bande de Gaza dans le contexte de la guerre en cours entre les Israéliens et le Hamas. En décembre 2023, la Classification de la phase de sécurité alimentaire intégrée (IPC) – utilisée par les organismes de secours pour mesurer les niveaux de la faim – a publié une note spéciale estimant qu’entre le 24 novembre et le 7 décembre 2023, plus de 90 % de la population de Gaza, soit environ 2,08 millions de personnes, connaissaient des « niveaux élevés d’insécurité alimentaire », qu’il classe les conditions de crise ou pire. Il prévoyait que l’ensemble de la population, qui compterait 2,2 millions d’habitants, serait confronté à une telle insécurité alimentaire d’ici à février 2024 en raison du conflit armé. C’est la part la plus élevée de personnes confrontées à un niveau élevé d’insécurité alimentaire jamais classée dans le monde, selon le mandat. Sur ce total, environ la moitié de la population (1,17 million de personnes) devrait faire face à des niveaux d’urgence (phase 4 de l’IPC) et plus d’un demi-million de personnes devraient faire face à des conditions catastrophiques (phase 5 de l’IPC).
Le 18 février, le Groupe mondial de la nutrition a indiqué qu’environ un enfant de moins de deux ans sur six dans le nord de Gaza était en train de subir la forme de malnutrition la plus mortelle. Dans l’ensemble de Gaza, on estime que 90 % des enfants de moins de 5 ans souffrent d’une ou plusieurs maladies alors qu’ils se nourrissaient de régimes alimentaires extrêmement médiocres.
Sur la base de ces projections, la note blanche du Bureau de la coordination des affaires humanitaires indique qu’au moins 576 000 personnes à Gaza sont « loin de la famine » et « font face à des niveaux catastrophiques de privation et de famine ». La note blanche décrit les projections de décembre 2023 comme des chiffres conservateurs et dit que le risque de famine jusqu’au mois de mai 2024 augmente chaque jour que la guerre se poursuive et que les restrictions à l’accès humanitaire persistent ou s’aggravent. Se référant au rapport du Groupe mondial sur la nutrition, la note blanche fait observer que la faim et la malnutrition dans l’enfance causent des déficiences physiques et cognitives irréparables et « sapent la capacité d’apprentissage de toute une génération ». Une nouvelle analyse de l’IPC devrait être publiée à la mi-mars, selon la note.
Lors de la réunion d’aujourd’hui, Rajasingham pourrait décrire comment la guerre est à l’origine de la crise alimentaire, que la note blanche attribue aux « insensibilisation et aux hostilités qui se sont fortement intensifiées à la suite de l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 ». La note décrit en outre les effets directs du conflit sur la production alimentaire, l’impact indirect de la guerre sur les moyens de subsistance, les marchés et l’offre et les graves problèmes que pose l’acheminement de l’approvisionnement humanitaire en vivres à Gaza et à l’intérieur de Gaza. Il note que la bande de Gaza était déjà vulnérable à l’insécurité alimentaire en raison de la pauvreté structurelle et des problèmes économiques qu’elle avait posé depuis les 16 années précédentes de restrictions imposées par les Israéliens sur le territoire. Les opérations militaires depuis le déclenchement de la guerre ont causé la perte de terres arables et détruit l’infrastructure agricole. En outre, le déplacement forcé de personnes et les ordres d’évacuation répétés – 67 % du territoire de Gaza, qui abritait auparavant 1,78 million de personnes, a été placé sous des ordres d’évacuation – a causé l’abandon ou l’inaccessibilité des terres cultivées et d’autres moyens de production alimentaire, selon la note blanche.
Les causes indirectes comprennent l’infirmation du secteur commercial de Gaza par l’incapacité de produire des denrées alimentaires localement et les restrictions importantes imposées aux importations commerciales. Cela a entraîné une pénurie de stocks, des pénuries de marchandises sur les marchés et une flambée des prix. La perturbation des moyens de subsistance a aggravé la crise de la faim. Par exemple, la pêche, qui a été une source importante de nutrition et de revenus, a complètement cessé en raison de l’interdiction de l’accès des bateaux par l’armée israélienne à la mer, selon la note blanche. Avec environ la moitié de la population entassée dans une zone étroite dans le sud de Gaza, ce qui représente une multiplication par cinq de la population de la région avant la guerre, les marchés du sud ne peuvent pas répondre aux besoins alimentaires de la population.
Malgré la dépendance à l’égard des fournitures humanitaires pour les articles essentiels en raison des restrictions imposées à la circulation des biens du secteur privé, la note blanche indique que la communauté humanitaire continue de se heurter à d’importants obstacles pour fournir les mesures nécessaires à la prévention de la famine. « Il s’agit notamment des fermetures de points de passage frontaliers, de graves restrictions à la liberté de circulation, des refus d’accès, de procédures de vérification onéreuses, des risques pour la sécurité, des incidents commis par des civils désespérés, une rupture de l’ordre public et des restrictions sur les communications et l’équipement de protection », selon la note. Il ajoute qu’il a pris des mesures pour faciliter l’aide, notamment en rouvrant le point de passage de Kerem Shalom en décembre 2023, mais que la livraison de vivres et de carburant nécessaires à sa distribution a été limitée.
Rajasingham pourrait demander que le Conseil de sécurité et d’autres États membres prennent une action immédiate pour prévenir la famine provoquée par le conflit à Gaza. Il peut réitérer les recommandations de la note blanche, qui appellent le Conseil et les autres États membres à user de leur influence, entre autres, pour garantir le respect du droit international humanitaire, pour faciliter l’accès humanitaire et accroître le financement de l’aide humanitaire multisectorielle, et pour faciliter un cessez-le-feu.
Martina et Skau devraient également parler de l’ampleur et de la gravité de l’insécurité alimentaire induite par les conflits et du risque de famine sur la base de la Classification de la phase de sécurité alimentaire intégrée (IPC) de décembre 2023. Il est également probable qu’ils feront référence à une récente mise à jour conjointe de la FAO et du PAM préparée à l’intention des membres du Conseil sur le suivi de la sécurité alimentaire en Palestine et au Soudan. Des responsables de la FAO et du PAM ont informé les membres du Conseil du rapport informel le 19 février. Selon le rapport, « la conduite des hostilités dans la bande de Gaza – y compris les bombardements aériens, terrestres et maritimes israéliens, les opérations terrestres et un blocus économique et humanitaire – a entraîné » plus de 90 % de la population dans la crise ou dans des niveaux plus graves d’insécurité alimentaire d’ici début décembre 2023.
Martina pourrait parler des effets de la guerre sur les systèmes alimentaires à Gaza du fait de la destruction des infrastructures agricoles, de la coupure de l’électricité décidée par Israël depuis le 12 octobre, des pénuries de carburant et d’eau et de la destruction totale du secteur commercial. Skau pourrait mettre l’accent sur les restrictions imposées à l’aide humanitaire. Le rapport de la FAO et du PAM indique que les restrictions, parallèlement aux hostilités en cours, ont « rendu impossibles toute opération humanitaire significative » et contribuent au risque de famine. Selon un appel éclair de la Commission en novembre 2023, selon un appel éclair de la part de la Commission en novembre 2023, selon le rapport de la FAO et du PAM, selon un appel éclair de la Banque au titre de la Cisjordanie en novembre 2023.
Martina et Skau pourraient faire remarquer qu’en vertu du droit international, les parties qui ont ordonné l’évacuation de civils sont responsables de la prise en charge adéquate des civils déplacés, notamment en assurant l’accès à la nourriture, aux conditions d’hygiène et aux abris. Toutefois, le rapport conjoint de la FAO et du PAM cite le Secrétaire général de l’ONU, M. Antonio Guterres, ainsi que d’autres organismes des Nations Unies et d’autres organismes internationaux, qui ont déclaré qu’Israël a confiné des centaines de milliers de personnes dans le sud de Gaza sans fournir d’installations sanitaires adéquates et l’accès à une alimentation, en eau et en fournitures sanitaires suffisantes.
Les membres du Conseil devraient souligner que toutes les parties doivent respecter le droit international humanitaire. Ils peuvent souligner la nécessité d’autoriser d’urgence l’aide humanitaire en raison du risque de famine. À cet égard, ils peuvent souligner qu’un cessez-le-feu humanitaire est crucial.
Les membres sont censés rappeler d’autres obligations des parties belligérantes que la résolution 2417 a réitérées. Il s’agit notamment de l’appel lancé par la résolution à toutes les parties à un conflit armé pour qu’elles protègent les civils en menant des hostilités conformément aux principes d’humanité, de distinction et de proportionnalité, ainsi que de leur responsabilité de protéger des biens indispensables à la survie de la population civile. Les membres peuvent également mentionner l’interdiction, telle qu’elle est rappelée dans la résolution 2417, contre le recours à la famine comme méthode de guerre. S’appuyant sur les recommandations de la note blanche et de la mise à jour conjointe de la FAO et de la Commission, les membres du Conseil pourraient demander la réouverture de tous les points de passage de la frontière et le rétablissement des services de base dans la bande de Gaza, y compris les gazoducs transfrontaliers, la distribution d’électricité et la reprise des marchandises commerciales sur le territoire. Les membres du Conseil devraient également souligner la nécessité d’assurer le financement des opérations de secours. Certains pourraient mentionner que cela devrait inclure le financement de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Plusieurs pays donateurs ont suspendu leur aide à l’UNRWA après que 12 de ses membres du personnel eurent participé à l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre 2023.
Les Mexicains votent le 2 juin prochain. Ce qui est en jeu : la poursuite du processus de transformation du pays entamé en 2018 avec l’élection du gouvernement progressiste de Andrés Manuel Lopez Obrador. Une certitude : pour la première fois dans son histoire le Mexique sera gouverné par une femme.
Une interview d’Obey Ament, spécialiste de l’Amérique latine. Cet entretien est une version actualisée de l’interview réalisée par Luis Reygada pour le journal L’Humanité, pages numériques, en date du 4/12/2023.
Luis Reygada : Claudia Sheinbaum a été investie pour porter les couleurs du Mouvement de régénération nationale (MORENA), fondé par Andrés Manuel López Obrador (AMLO) en 2011. Comment s’est-il imposé en si peu de temps comme le principal parti de la gauche mexicaine ?
Obey Ament : Le Mexique avait besoin d’une grande force de transformation, et il y avait une grande aspiration à un changement capable de mettre fin à un régime corrompu qui avait transformé le pays en objet de prédation. Le virage à droite du Parti de la révolution démocratique (PRD) a encouragé la naissance du mouvement qui s’est structuré autour de la candidature d’Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO) à la présidence. AMLO a été l’un des fondateurs et président du PRD – qui réunissait initialement des communistes, des socialistes, des nationalistes révolutionnaires de l’aile gauche du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) et des militants de la gauche sociale – ; il l’a quitté pour créer le mouvement Morena en 2011, revendiquant l’héritage historique des luttes de la gauche et des progressistes mexicains. La plupart des meilleurs cadres et militants du PRD l’ont suivi. AMLO a su s’imposer très rapidement dans tout le pays. Il a créé une dynamique politique dans un grand soutien populaire autour de sa personne et avec de l’objectif de sortir d’une longue période de néolibéralisme. Pour AMLO, qui avait été chef du gouvernement de la ville de Mexico, et avait parcouru tout le pays à plusieurs reprises, l’élection de 2018 représentait une troisième tentative de victoire. Tout le Mexique le connaissait, et c’est cette combinaison de facteurs qui lui a permis de gagner cette année-là.
Bien que Morena soit devenu un parti politique en 2014, il continue en réalité de fonctionner comme un mouvement d’une grande pluralité, avec ses avantages et ses inconvénients. C’est un outil qui a permis la mobilisation de millions de personnes ayant pour objectif la perspective d’un changement profond dans le pays. Dans un style qui a brisé le moule du politicien mexicain classique éduqué dans les grandes universités à l’étranger, AMLO, parle un langage simple dans lequel, indéniablement, le peuple se reconnaît. Il s’est toujours positionné fermement du côté des plus pauvres et s’est opposé avec énergie et sans compromis à ce qu’il appelle « la mafia du pouvoir », c’est-à-dire les politiciens de l’ancien régime liés au grand capital national.
LR :Après cinq ans de mandat, ce dernier jouit toujours d’une grande popularité. Son projet de « 4e transformation du pays » (4T) semble avoir convaincu de nombreux Mexicains, notamment dans les secteurs populaires… Comment l’expliquer ?
OA : En 2018, AMLO a eu la capacité de fédérer le rejet d’un système vieux de 90 ans, symbolisé par l’hégémonie du Parti de la révolution institutionnelle, et de créer une perspective de réel progrès social. Il y avait une grande lassitude face aux niveaux très élevés de corruption ayant imprégné les institutions et la vie économique et politique du pays. L’option présentée par le Parti d’action nationale (PAN, conservateur, démocrate-chrétien), qui a gouverné entre 2000 et 2012 en permettant une continuité aux politiques néolibérales du PRI, a également été rejetée. AMLO a ouvert la possibilité de démanteler ce régime, ce qui n’a pas laissé indifférents de nombreux Mexicains qui ont salué une lutte concrète et, dans une certaine mesure, efficace contre le cancer de la corruption. Le gouvernement actuel est également déterminé à s’attaquer à l’évasion fiscale organisée avec la complicité de certaines autorités.
LR :Lors de sa campagne, le slogan d’AMLO était « d’abord les pauvres »…
OA : En effet, la lutte contre la pauvreté a été la priorité de la 4T. Dans une certaine mesure, elle a été couronnée de succès. Les dernières enquêtes indiquent qu’entre 2018 et 2023, cinq millions de personnes sont sorties de la pauvreté principalement grâce à l’augmentation du salaire minimum (+88%), un fait historique puisqu’il avait perdu 70% au cours des 36 dernières années, et grâce à une multitude de programmes sociaux destinés aux familles, aux jeunes, aux personnes âgées, aux agriculteurs, aux étudiants…. 34% des ménages bénéficient de ces programmes. De nouveaux droits ont également été créés pour les travailleurs, par exemple en limitant la sous-traitance (externalisation) ou en démocratisant la vie syndicale. Autre point important, les peuples indigènes font partie des bénéficiaires de la lutte contre la pauvreté.
LR :La droite avait prédit un effondrement économique et une « vénézuélisation » du pays. Nous sommes loin du chaos annoncé…
OA : Les résultats macro-économiques sont très encourageants grâce à une politique qui combine la lutte contre la grande corruption et la récupération des ressources naturelles, une dose d’austérité pour un État clientéliste, une réduction des salaires des hauts fonctionnaires et la priorité aux classes populaires. Le Mexique connaît une période de stabilité, malgré l’impact du Covid-19, et une amélioration du niveau de vie. Selon AMLO, l’État doit avoir un rôle moteur dans l’économie et le développement national. Il a lancé de grands projets d’infrastructure visant à stimuler la croissance dans les régions les plus pauvres du pays, comme le Train Interocéanique et le Train Maya, la construction du nouvel aéroport international de Mexico. Mais aussi la construction et la rénovation des raffineries de pétrole, qui ont réduit les importations en provenance des États-Unis de 900.000 à 250.000 barils par jour. Il a réussi un contrôle sur la hausse du prix du carburant, du gaz et de l’électricité pour les Mexicains. Autre point important, les privatisations de la compagnie pétrolière mexicaine Pemex et de la Compagnie fédérale d’électricité ont été stoppées, malgré les menaces des entreprises étrangères et du gouvernement américain. Il reste encore beaucoup à faire, mais les changements sont sensibles et structurels dans la mesure où ils reposent sur une idéologie qui modifie complètement le rôle de l’État dans le cadre de la société mexicaine.
LR :Claudia Sheinbaum représentait la meilleure option pour poursuivre le 4T initié par López Obrador ?
OA : Elle s’est toujours imposée comme l’option préférée au sein du bloc progressiste. Elle est perçue comme la meilleure garantie pour la continuité du projet de Morena. C’est une militante aux convictions bien ancrées à gauche depuis sa jeunesse, et son action à la tête de Mexico l’a rendue très populaire.
Claudia Sheinbaum aura de grands défis à relever : elle devra consolider les changements en cours et obtenir une majorité qualifiée qui lui permettra d’apporter à la Constitution les modifications nécessaires pour faire avancer la transformation. Elle devra également s’affirmer comme la nouvelle dirigeante du MORENA, maintenir la cohérence du projet et l’unité d’un mouvement aussi divers que le Morena.
Claudia Sheinbaum a dévoilé les « 17 points de vision stratégique » qui serviront de colonne vertébrale à son programme. Parmi eux figurent le renforcement des programmes sociaux et la consolidation du pouvoir d’achat ainsi que le renforcement des droits des travailleurs et la promotion de l’égalité réelle des femmes. Il poursuivra les efforts pour renforcer les services publics de santé et d’éducation ainsi que l’accès à un logement décent. Elle est également préoccupée par les questions que le gouvernement de Lopez Obrador, axé sur la lutte contre la pauvreté, la corruption et la récupération du pétrole, du lithium et de l’électricité pour la nation, n’avait pas incluses dans ses premières priorités : la transition énergétique vers les sources renouvelables, la garantie de la souveraineté énergétique, la protection de la biodiversité et l’atténuation du changement climatique, ainsi que la promotion du développement scientifique et technologique et de la création culturelle. Claudia Sheinbaum a démontré son style de leadership avec la création d’une équipe de personnalités diverses et compétentes. Des députés, anciens ministres, scientifiques, universitaires coordonneront une série de forums thématiques, appelés « Dialogue pour la transformation », où sera élaboré un plan de gouvernement et de développement avec la participation de différents secteurs de la société.
Pour sa part, le président Lopez Obrador a proposé le 5 février une série de propositions qui donneront un statut constitutionnel aux programmes sociaux pour les personnes âgées, aux bourses pour les étudiants les plus pauvres, à la gratuité des soins médicaux, à l’augmentation du salaire minimum toujours supérieure à l’inflation et, en même temps, à la réforme du système injuste de pensions mis en place par les gouvernements du PRI et du PAN, et au statut public de la Compagnie fédérale d’électricité. Ces propositions, qui seront soumises au vote des députés et des sénateurs, constitueront également un défi pour l’opposition, qui devra déterminer sa position, pour ou contre, à quatre mois de l’élection présidentielle. Par crainte de s’opposer à ces réformes, qui bénéficient du soutien de la majorité des Mexicains, la droite a déjà annoncé qu’elle voterait en faveur de deux d’entre elles : celle sur les retraites et celle sur le salaire minimum.
LR :C’est la force de Morena qui a poussé toute l’opposition – PAN, PRI et PRD – à s’unir pour les prochaines élections ?
OA : Les anciens partis dominants sont sortis très affaiblis des dernières élections présidentielles (2018). Le PRI a obtenu à peine 17% des voix, ce qui est très peu pour un parti hégémonique depuis 1929 (avec une pause de 2000 à 2012 où le PAN était au pouvoir). Le PAN a obtenu 22,7%. Aujourd’hui, les deux partis ne dirigent que 7 des 32 États du pays, et continuent de souffrir du discrédit et de la méfiance de la majorité des Mexicains. C’est ainsi qu’est née l’idée d’une alliance qui a proposé la candidature de la sénatrice du PAN, Xochitl Galvez au sein de ce que l’on appelle le Front large, qui comprend également le PRD, et bénéficie du soutien majeur du secteur patronal. Ils ont tenté de présenter Xochitl Galvez comme une candidate « citoyenne », fille d’une famille pauvre, qui serait étrangère aux partis d’opposition. La manœuvre n’a pas fonctionné, et la campagne de la droite avance difficilement, tout le monde se souvient de sa participation aux gouvernements du PAN et une série de révélations a mis en évidence des cas de conflits d’intérêts liés à Xochitl Galvez et à ses entreprises.
LR :Que peut-on attendre de la prochaine campagne ? L’ancien président Calderon a récemment demandé l’intervention des États-Unis pour surveiller les élections…
OA : … et la candidate de droite Xochitl Galvez, invitée récemment par le think tank Wilson Center à Washington, a appelé les États-Unis à « inscrire la démocratie dans l’agenda bilatéral », c’est-à-dire à interférer dans le processus électoral et à faire pression sur le gouvernement mexicain. Prenant le parti en faveur des critiques et de l’opposition de Washington, et des grandes capitales américaines dont les intérêts ont été malmenés par les politiques de récupération des ressources naturelles, Xochitl Galvez s’est prononcée en faveur d’une relation qui ne serait pas seulement de « partenaires » mais « d’alliés géostratégiques ».
La droite, discréditée et incapable de présenter un projet, a recours à une campagne sale, faite de fausses nouvelles, de calomnies, de manipulations médiatiques et de coups bas. La candidature de Xochitl Galvez ne décolle pas et les sondages lui donnent 20% des préférences contre 60% à Claudia Sheinbaum. Il ne reste plus à la droite que les sales campagnes, la calomnie et l’appel à l’aide de forces étrangères.
Dès le premier jour de sa présidence, la droite a attaqué le gouvernement d’AMLO en l’accusant d’être communiste, chaviste. Sheinbaum a déjà été attaquée pour ses origines juives… Il est possible que la droite essaie de construire un récit sur une soi-disant fraude possible de Morena. Il est également possible qu’il y ait des tentatives de judiciarisation du processus électoral. Il convient de rappeler que le pouvoir judiciaire n’est pas indépendant et qu’il est encore largement entre les mains de l’opposition. Cependant, les victoires du Morena à ce jour ont été écrasantes et ont laissé peu de place à de telles accusations. L’une des dernières tentatives de campagne contre le gouvernement 4T a sans doute été lancée par la DEA pour tenter d’associer Lopez Obrador au trafic de drogue. La manœuvre à laquelle la droite s’est associée a échoué, mais elle montre jusqu’où peuvent aller les ennemis du processus de changement. 13 février 2024
Israël veut participer à HYDEF, un vaste programme européen de défense antimissile hypersonique. La France et l’UE vont-elles accepter de coopérer sur le plan militaire avec un État suspecté de génocide par la Cour Internationale de Justice ?
L’Union européenne, ses États membres et les groupes industriels de la défense ont lancé, non sans de vives concurrences et rivalités nationales, la mise au point de projets militaires de haute technologie, en particulier ce que l’on appelle des « intercepteurs hypersoniques », c’est à dire des systèmes de défense contre les menaces dites hyper-véloces ou hypersoniques (plus de 5 fois au moins la vitesse du son). Ces systèmes d’armements très sophistiqués permettent de faire échec à des tirs de missiles hypersoniques en les détruisant en plein vol. La France est très engagée dans ce type de projets.
En 2022, la Commission européenne a confié, pour l’horizon 2035, la conception d’un programme de cette nature, nommé HYDEF, à un groupement européen couvrant 7 pays, piloté par l’Espagne (groupe SENER) en coopération avec 14 sociétés européennes (Espagne, Allemagne, Belgique, Pologne, République tchèque, Suède, Norvège). On apprend aujourd’hui qu’Israël aurait proposé son « assistance », c’est à dire de s’inscrire dans la réalisation de ce projet européen. Il est vrai qu’Israël dispose de capacités technologiques, et d’expérience en la matière, comme en témoigne le système de protection aérienne Dôme de fer, réalisé avec une aide américaine, censé protéger Israël contre les frappes de missiles, mais dont l’efficacité est souvent mise en doute du fait d’un manque de transparence sur ses résultats réels.
Évidemment, ces armements posent de multiples questions liées en particulier à leur pertinence stratégique et militaire et à leur coût (le tir d’un seul missile d’interception avec le système Dôme de fer est évalué entre 50 et 62 000 dollars). Notons aussi au passage l’absence de compétence directe de la Commission européenne en matière de défense. Toutes ces questions doivent être examinées avec soin et faire l’objet des critiques nécessaires. Mais dans le contexte actuel cette proposition israélienne pose immédiatement de très sérieux problèmes.
Premièrement, la question est posée de la légitimité même d’une telle coopération, qu’il s’agisse d’armements de haute technologie ou autre, avec un État dont le comportement politico-militaire à Gaza a été considéré comme potentiellement génocidaire par l’ordonnance de la Cour Internationale de Justice (CIJ) en date du 26 janvier 2024. Dans son jugement quant à l’action d’Israël à Gaza, la CIJ a souligné, en effet, ce que l’on doit bien appeler une suspicion légitime de génocide. Comment les Européens pourraient-ils accepter une telle coopération ? Comment pourraient-ils justifier qu’ils sanctionnent la Russie pour sa guerre en Ukraine, tout en s’associant avec Israël dans un vaste projet militaire, alors que ce pays est suspecté de crime de génocide par la Cour Internationale de Justice ? On quitterait ici le deux poids, deux mesures pour gagner des rives morales et politiques hors de toute mesure.
Deuxièmement, le développement d’armements de très hautes technologies est manifestement issu, en France, de décisions confidentielles, en tous les cas hors de toute expression officielle transparente. La France est engagée dans le développement de ce type d’armes depuis des lustres sans que cela fasse l’objet d’une information véritable et d’un nécessaire débat public portant notamment sur la pertinence de ces armes et sur les responsabilités françaises et européennes dans le contexte international actuel. Il faudra bien sortir de cette situation antidémocratique. La proposition israélienne, par son caractère provocateur et inacceptable sur le fond, devrait être l’opportunité d’une mise au point sévère et d’une transformation des règles et des pratiques devant être appliquées dans ces domaines comme dans d’autres. C’est ce qu’exigent un État de droit et la démocratie.
Le New York Times (NYT) a publié dans son numéro des samedi 10, et dimanche 11 février 2024 un reportage très révélateur sur les méthodes de l’armée israélienne, sur son mépris des règles pourtant imposées par le droit international humanitaire en temps de guerre (1).
Ce reportage a le mérite de montrer les finalités véritables de la guerre israélienne à Gaza. C’est une explicitation, avec forces détails, des vidéos réalisées par des soldats israéliens au cours de la guerre. Le grand quotidien américain a examiné des centaines de ces vidéos. Lorsque l’on se reporte au site du NYT, on peut visionner quelques unes d’entre elles, particulièrement éloquentes d’une violence désinhibée contre les Palestiniens, contre leur cadre de vie, leur territoire, et contre leur dignité.
Avec ces vidéos, on constate très concrètement que la stratégie israélienne n’est pas seulement l’éradication du Hamas, mais aussi – et surtout – la volonté de détruire tout l’environnement des Palestiniens : l’habitat, les bâtiments publics, des écoles, des magasins, des véhicules… Ces vidéos confirment clairement que les opérations militaires engagées visent l’ensemble du peuple palestinien dans une vaste entreprise de destruction de Gaza, d’écrasement par la force militaire du cadre de l’existence sociale de ce peuple à Gaza. Une vidéo publiée par le NYT (et visible sur son site) montre des soldats faisant exploser un bâtiment. Les images de l’explosion sont associées (on voit un militaire jouant le rôle du DJ comme dans une soirée électro) à un rythme musical dansant connu en Israël… Un véritable clip de joyeux vidéastes amateurs… Certes, la direction de l’armée a condamné en parlant de comportement déplorable ne respectant pas les ordres de l’armée. Mais le reportage le souligne, de nouvelles vidéos continuent d’apparaître en ligne.
Et puis, quelles que soient les réactions officielles, ces « clips » constituent désormais une démonstration in vivo quant à la vérité de la guerre israélienne à Gaza. Parmi les centaines de vidéos examinées par le NYT, certaines apparaissent comme banales, mais d’autres, nombreuses, traduisent à ce point la stratégie israélienne qu’elles pèseront dans la qualification des crimes commis par l’armée qui se fait désigner comme « la plus morale du monde ». Selon le NYT « l’une d’entre elles a été visionnée et cinq autres ont également été citées comme preuves dans l’affaire que l’Afrique du Sud a portée devant la Cour Internationale de Justice, accusant Israël de génocide ».
Dans une vidéo TikTok, les soldats dédient la destruction d’un bâtiment aux victimes du 7 octobre et à Eyal Golan, un chanteur israélien qui a appelé à la destruction complète de Gaza. L’Afrique du Sud a cité cette vidéo comme preuve de ce qu’elle a appelé le discours génocidaire des soldats. Certaines vidéos montrent d’ailleurs des tortures et des exécutions, mais aussi des soldats appelant à la construction de colonies israéliennes dans la Bande de Gaza. Dans un autre enregistrement, on peut voir un soldat israélien levant le pouce tandis qu’il conduit un bulldozer dans une rue de Beit Layia. Dans la légende de cette vidéo on peut lire les propos tenus par le conducteur : « j’ai arrêté de compter, dit-il, le nombre de quartiers que j’ai effacé ».
Il est possible de rapprocher tout ceci d’un autre reportage, celui-ci publié le 10 février sur le site de France Info (2). Cet article raconte l’engagement et les convictions d’Eliott (ce n’est pas son vrai prénom). Il s’agit d’un franco-israélien, aujourd’hui tireur d’élite au sein d’un commando des forces spéciales de l’armée israélienne. Dans ce reportage, Eliott n’a pas l’air de se poser beaucoup de questions, même s’il voit bien l’ampleur des destructions. Il a bien appris les éléments de langage israéliens… Pour lui, la masse consternante des victimes civiles représente « des dommages collatéraux, impossibles à éviter ». Il se permet même de légitimer politiquement ce désastre humain et politique en affirmant que, certes, tous les civils ne sont pas des terroristes, mais il l’affirme : « c’est une population qui a élu le terrorisme ». Vous avez bien lu : « une population qui a élu le terrorisme ». Ce crétin ne se rend même pas compte que la formule d’un peuple « qui a élu le terrorisme » (au-delà de son ridicule et de son absence totale de crédibilité), confirme en elle-même l’intention d’une punition collective assumée par Israël pour faire payer militairement à l’ensemble du peuple palestinien à Gaza, le prix du massacre commis par le Hamas le 7 octobre. De quoi confirmer la pertinence de l’ordonnance de la Cour Internationale de Justice visant Israël, en date du 26 janvier : une suspicion légitime de génocide.
Il faut enfin correctement mesurer la nature et l’ampleur de l’intention israélienne. Les Nations Unies ont récemment dénoncé la destruction généralisée d’infrastructures civiles par l’armée de Tel Aviv en réduisant à néant tous les bâtiments de la Bande de Gaza à moins d’un kilomètre de la barrière entre Israël et Gaza. On ne peut pas ne pas constater aussi que les destructions de blocs et de quartiers de résidences populaires dans de multiples zones de la Bande de Gaza, poussent au déplacement massif des Palestiniens vivant dans ces zones, et rendent impossibles leur retour. Le Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme, Volker Türk, a rappelé que le transfert forcé de civils peut constituer un crime de guerre (3). On retrouve, ici encore, cette même problématique du nettoyage ethnique qui fit de la Nakba (la catastrophe de 1948) un moment fondateur du sionisme politique et du colonialisme israélien.
Est-ce qu’il y aura, en France et en Europe, suffisamment de justes courageux pour résolument dénoncer et mettre en garde contre les conséquences de cette inacceptable stratégie israélienne sur le plan des valeurs et sur celui du politique ?
NOTES :
1) « What Israeli Soldiers’ Videos Reveal: Cheering Destruction and Mocking Gazans », by Aric Toler, Sarah Kerr, Adam Sella, Arijeta Lajka and Chevaz Clarke. The New York Times, February 6, 2014.
Fortes du soutien indéfectible des responsables américains, les forces israéliennes ont continué à commettre des atrocités à Gaza.
The Intercept – Prem Thakker – 2 février 2024
Je publie ici l’essentiel d’un article du magazine d’investigation The Intercept sur la poursuite des bombardements israéliens au mépris des décisions de la Cour Internationale de Justice. JF
Au cours de la semaine qui s’est écoulée depuis que la Cour internationale de justice a statué que le gouvernement israélien commettait vraisemblablement un génocide et lui a ordonné de prévenir d’éventuels nouveaux actes de génocide, les forces israéliennes n’ont fait que continuer à commettre des atrocités à l’encontre des Palestiniens.
Fortes du soutien indéfectible des responsables américains, les forces israéliennes ont tué au moins 874 Palestiniens et en ont blessé au moins 1 490 à Gaza depuis la décision de la CIJ la semaine dernière, selon les chiffres du ministère palestinien de la santé pour la période allant du samedi 27 janvier au vendredi 2 février. C’est sans compter les autres actes de violence israéliens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem. Les pertes humaines ne doivent pas être considérées comme des « dommages collatéraux », contrairement à ce qu’a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Les clips vidéo et les reportages de la semaine dernière soulignent l’horreur qui perdure. Une fosse commune contenant 30 corps menottés, les yeux bandés et exécutés a été découverte dans une école du nord de la bande de Gaza. À Gaza, une fillette de 6 ans aurait vu les forces israéliennes tirer sur sa famille et la tuer à l’intérieur même de la voiture dans laquelle elle se trouvait ; elle a apparemment survécu, mais on ne sait pas où elle se trouve.Un soldat israélien s’est filmé dans la ville de Khan Younis en reprenant la rhétorique de M. Netanyahou sur le récit biblique d’Amalek, où Dieu ordonne le meurtre d’une société entière – des commentaires qui ont aidé les avocats sud-africains à démontrer l’intention génocidaire d’Israël. « Nous avons tué des dizaines de milliers d’Amalécites », a déclaré le soldat. « La morale, c’est de comprendre que chaque Arabe est un suspect.
Lors d’un raid dans un camp de réfugiés à Jérusalem occupée, les forces israéliennes ont enchaîné un Palestinien, l’ont forcé à revêtir une tenue militaire et l’ont utilisé comme bouclier humain, a rapporté Al Jazeera.
Mardi, des soldats israéliens déguisés en personnel médical ont envahi un hôpital de Cisjordanie et exécuté trois Palestiniens en leur tirant « une balle dans la tête à bout portant ». L’un d’entre eux était hospitalisé depuis près de quatre mois après avoir été paralysé par des fragments de missiles provenant d’un drone israélien. Des Palestiniens qui ont été libérés d’une prison israélienne jeudi ont fait part de témoignages troublants d’humiliations subies à l’intérieur, leurs corps portant des traces de torture. Et dans un clip quia fait surface cette semaine, on voit un soldat israélien forcer un bus de Palestiniens kidnappés à faire l’éloge de sa famille et à dire qu’ils seront les esclaves de sa famille.
Les atrocités commises à Gaza s’inscrivent dans le contexte plus large de la misère à laquelle est confrontée la population tout entière. La BBC note que la plus grande préoccupation de l’UNICEF est « l’estimation de 19 000 enfants orphelins ou qui se sont retrouvés seuls sans adulte pour s’occuper d’eux ». CNN rapporte que les Palestiniens mangent de l’herbe et boivent de l’eau polluée dans des conditions de famine. Le Guardian rapporte 50 à 62 % des bâtiments de Gaza ont probablement été endommagés ou détruits.
Les affrontements meurtriers et les bombardements se sont poursuivis à Khan Younis, dans le sud de Gaza, dans la nuit de mercredi à jeudi, alors que les principaux responsables humanitaires de l’ONU et d’ONG partenaires ont mis en garde contre les « conséquences catastrophiques » de la suspension du financement de l’UNRWA, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens, qui fait face à des allégations de collusion avec le Hamas visant des employés.
Malgré les allégations « horribles » selon lesquelles 12 membres du personnel de l’UNRWA auraient été impliqués dans les attaques sanglantes menées par le Hamas contre Israël le 7 octobre, « nous ne devons pas empêcher une organisation entière de remplir son mandat de servir les personnes dans le besoin », a déclaré le groupe d’agences d’aide humanitaire dirigé par l’ONU, regroupé sous le nom de Comité permanent inter-organisations (IASC).
Effondrement régional
« Le retrait de fonds de l’UNRWA […] entraînerait l’effondrement du système humanitaire à Gaza, avec des conséquences humanitaires et en matière de droits de l’homme de grande portée dans le territoire palestinien occupé et dans toute la région », a averti le comité dirigé par le chef des secours d’urgence de l’ONU, Martin Griffiths.
Des centaines de milliers de personnes se sont retrouvées sans abri et « au bord de la famine », depuis le début des bombardements israéliens et de l’invasion terrestre après que les militants palestiniens ont massacré quelque 1.200 Israéliens et pris plus de 250 personnes en otage.
L’UNRWA – la plus grande agence d’aide à Gaza dont le rôle clé notamment dans l’éducation et les soins de santé dans l’enclave remonte à 1949 – représente une planche de salut pour plus de deux millions de personnes dans la bande de Gaza.
Son avenir est menacé après que plusieurs grands donateurs ont suspendu leurs fonds dans l’attente d’enquêtes sur les allégations d’Israël selon lesquelles 12 des 30.000 employés de l’agence auraient joué un rôle dans les attaques du 7 octobre.
Conséquences catastrophiques pour la population
Une enquête complète et urgente est déjà en cours par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) – le plus haut organe d’enquête du système des Nations Unies – ont déclaré les chefs de l’IASC, notant en outre que l’UNRWA avait annoncé une enquête indépendante sur ses opérations.
« Les décisions de divers États membres de suspendre les fonds destinés à l’UNRWA auront des conséquences catastrophiques pour la population de Gaza », poursuit le communiqué de l’IASC. « Aucune autre entité n’a la capacité de fournir une aide d’une telle ampleur dont 2,2 millions de personnes à Gaza ont un besoin urgent ».
Dans sa dernière mise à jour, le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, OCHA, a noté que le nombre de morts à Gaza depuis le début des bombardements israéliens « intenses » s’élevait désormais à au moins 26.751, selon les autorités sanitaires de l’enclave. Au 30 janvier, 218 soldats israéliens avaient été tués et 1.283 blessés, citant l’armée israélienne.
Les hostilités ont continué d’être « particulièrement intenses » dans la ville méridionale de Khan Younis, a rapporté mardi soir l’OCHA, « avec de violents combats signalés près des hôpitaux Nasser et Al Amal, et des informations faisant état de Palestiniens fuyant vers la ville méridionale de Rafah, qui est déjà surpeuplée, malgré l’absence d’un passage sûr ».
Des opérations terrestres et des affrontements entre les forces israéliennes et les groupes armés palestiniens ont également été signalés dans une grande partie de Gaza, a noté l’OCHA, avec de nouveaux ordres d’évacuation émis lundi et mardi dans des quartiers de l’ouest de la ville de Gaza, notamment le camp de réfugiés d’Ash Shati, Rimal Ash Shamali et Al Janubi, Sabra, Ash Sheikh ‘Ajlin et Tel Al Hawa.
« Ces ordres d’évacuation couvraient une superficie de 12,43 kilomètres carrés… Cette zone abritait près de 300.000 Palestiniens avant le 7 octobre et, par la suite, 59 abris avec environ 88.000 personnes déplacées à l’intérieur du pays qui y ont trouvé refuge », a déclaré l’OCHA.
Réduction de l’espace à l’abri
Les ordres d’évacuation massive émis par l’armée israélienne à partir du 1er décembre couvrent un total de 158 kilomètres carrés, soit 41% de la bande de Gaza. « Cette zone abritait 1,38 million de Palestiniens avant le 7 octobre et, par la suite, elle comprenait 161 abris accueillant environ 700.750 personnes déplacées », selon OCHA.
La semaine écoulée a également vu « un grand nombre d’hommes palestiniens » arrêtés par l’armée israélienne à un poste de contrôle à Khan Younis « avec beaucoup d’entre eux déshabillés jusqu’à leurs sous-vêtements, les yeux bandés et emmenés », a également rapporté l’OCHA.
Les populations vulnérables du nord et du centre de la bande de Gaza sont de plus en plus difficiles à atteindre en raison d’une « tendance croissante à l’interdiction et à la restriction d’accès », selon le Bureau de coordination de l’aide des Nations Unies.
« Les raisons en sont les retards excessifs des convois d’aide humanitaire devant ou aux points de contrôle israéliens et l’intensification des hostilités dans le centre de la bande de Gaza. Les menaces contre la sécurité du personnel et des sites humanitaires sont également fréquentes, empêchant l’acheminement d’une aide urgente et vitale et posant des risques sérieux pour les personnes impliquées dans les efforts humanitaires », a précisé le bureau.
Les 14 signataires de l’appel sont :
Martin Griffiths, Coordonnateur des secours d’urgence et Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires (OCHA)
Jane Backhurst, Présidente, ICVA (Christian Aid)
Jamie Munn, Directeur exécutif, Conseil international des organismes bénévoles (ICVA)
Amy E. Pope, Directrice générale, Organisation internationale pour les migrations (OIM)
Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH)
Paula Gaviria Betancur, Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les droits de l’homme des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (RS sur les droits de l’homme des personnes déplacées)
Achim Steiner, Administrateur, Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD)
Natalia Kanem, Directrice exécutive, Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP)
Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés (HCR)
Michal Mlynár, Directeur exécutif par intérim, Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat)
Catherine Russell, Directrice exécutive, Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF)
Sima Bahous, Directrice exécutive, ONU Femmes
Cindy McCain, Directrice exécutive, Programme alimentaire mondial (PAM)
Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général, Organisation mondiale de la Santé (OMS)
20 grandes ONG internationales mettent en garde. Elles expriment leur sentiment de révolte.
En tant qu’organisations humanitaires, nous sommes profondément préoccupées et révoltées par le fait que certains des principaux donateurs aient convenu de suspendre leurs financements à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), alors qu’il s’agit du principal fournisseur d’aide pour des millions de Palestiniens à Gaza et dans la région. Cette nouvelle survient alors que la catastrophe humanitaire s’empire de jour en jour à Gaza.
La suspension des financements par des pays donateurs va avoir une incidence sur l’aide vitale apportée à plus de deux millions de civils, dont plus de la moitié sont des enfants, qui dépendent tous de l’aide de l’UNRWA à Gaza. Face aux bombardements incessants et aveugles d’Israël et à la privation délibérée d’aide à Gaza, la population est confrontée à une famine imminente et à des épidémies.
Nous saluons l’enquête rapide menée par l’UNRWA sur l’implication présumée de quelques employés de l’ONU dans les attaques du 7 octobre. Nous sommes choqués par cette décision irresponsable, celle de couper les vivres à une population tout entière, prise par des pays qui appelaient eux-mêmes au renforcement de l’aide à Gaza et à la protection des humanitaires dans le cadre de leur travail. Cette décision intervient alors même que la Cour internationale de Justice vient d’ordonner la mise en place de mesures immédiates et efficaces pour permettre la fourniture d’aide humanitaire aux civils de Gaza.
152 employés de l’UNRWA ont déjà été tués et 141 installations de l’UNRWA ont été endommagées par des bombardements. L’UNRWA est la plus importante agence humanitaire à Gaza et les autres agences présentes sur place ne peuvent pas remplacer l’aide humanitaire que l’UNRWA fournit. Si les suspensions de financement sont maintenues, nous risquons d’assister à l’effondrement total de la réponse humanitaire, déjà très limitée, à Gaza.
Avec environ un million de déplacés palestiniens qui se sont réfugiés à proximité ou dans 154 abris de l’UNRWA, l’agence et les organisations humanitaires ont poursuivi leur travail dans des conditions quasiment impossibles, afin de fournir de la nourriture, de l’eau potable et des vaccins. En suspendant leurs financements, les pays risquent de priver encore davantage les Palestiniens de la région de nourriture, d’eau, d’aide et de fournitures médicales, d’éducation et de protection.
Nous demandons instamment aux pays donateurs de réaffirmer leur soutien au travail essentiel mené par l’UNRWA et ses partenaires pour aider les Palestiniens à survivre à l’une des pires catastrophes humanitaires de notre époque. Les pays doivent annuler la suspension de leur financement, respecter leurs obligations à l’égard de la population palestinienne et renforcer l’aide humanitaire dont les civils de Gaza et de la région ont désespérément besoin.
SIGNATAIRES :
ActionAid
American Friends Service Committee
The Association of International Development Agencies – Aida
Caritas Internationalis
CCFD-Terre Solidaire
DanChurchAid
Danish Refugee Council
Diakonia
Humanity & Inclusion/ Handicap International (HI)
International Council for Voluntary Agencies
INTERSOS
Johanniter International Assistance
Médecins du Monde France, Spain, Switzerland, Canada, Germany Norwegian Church Aid
Le 26 janvier 2024, la Cour Internationale de Justice (CIJ) a rendu une première décision portant sur le différend Afrique du Sud / Israël à propos de Gaza. Des mesures conservatoires d’urgence ont été annoncées par la Cour. Un débat a suivi quant à la signification de ces premières décisions. Je donne ici mon interprétation.
Il n’est pas si facile de décrypter une décision judiciaire surtout lorsqu’elle a vocation à trancher dans un conflit dont la charge humaine, idéologique et politique est aussi élevée que celle de la guerre en cours à Gaza. La réalité des faits, des narratifs de justification, et surtout des attentes légitimes existantes imposent un contexte de tensions, d’urgence et d’espoir auquel le droit, dans ses modalités d’expression, dans ses temps de décisions et ses pratiques, a du mal à répondre. Parce qu’il n’est pas fait pour cela. Pour simplifier, on pourrait dire en l’occurrence que le droit a pour mission de trancher, hors de toute influence idéologique et politique, voire géopolitique, donc de façon la plus objective possible, dans un conflit… très politique.
Naturellement, on comprend une certaine déception palestinienne puisque le verdict du 26 janvier ne contient pas de référence ou d’exigence de cessez-le-feu comme mesure conservatoire avant un jugement sur le fond devant intervenir plus tard. Ce qui signifie que l’État d’Israël pourrait estimer qu’il est en droit de continuer la guerre… avec ses inacceptables conséquences. Et c’est bien ce qu’il fait. Nous allons voir cependant que les choses ne sont pas si simples pour Benyamin Netanyahou et son gouvernement.
Une première remarque « préventive », si l’on peut dire, est nécessaire. Toute sur-interprétation du verdict du 26 janvier (= l’ordonnance de la Cour) doit être évitée afin de sérieusement conserver la crédibilité du processus judiciaire. C’est l’intérêt de tous ceux qui sont attachés à la justice et qui veulent soutenir le peuple palestinien. Ainsi, l’absence d’une exigence de cessez-le-feu n’est en rien une « victoire » pour Israël. Ce que l’ordonnance de la CIJ montre très bien. De même, l’affirmation selon laquelle Israël doit prendre toutes les mesures pour prévenir le crime de génocide ne peut être considérée comme un appel « de facto » à un cessez-le-feu. Ce n’est pas ce que dit la Cour. Il faut prendre le verdict tel qu’il est formulé.
Si on veut que le droit produise une légitimation et une justice crédibles… il faut respecter les logiques et les processus qu’il détermine. C’est d’autant plus important, et même davantage que cela, que l’action judiciaire de l’Afrique du Sud, soutenue aujourd’hui par un bon nombre de pays appartenant à ce qu’on appelle le Sud Global, pourrait constituer une forme de renversement ou une transformation majeure du contexte politique et idéologique en démontrant, à la « face du monde », sans contestation crédible possible, à quel point Israël bafoue le droit international, le droit international humanitaire, les résolutions de l’ONU et la Charte des Nations Unies. Pour beaucoup, la chose est tellement évidente qu’elle n’est plus à démontrer. Évidemment. Mais pour des millions de personnes, Israël reste un allié des Occidentaux, c’est à dire un pays non susceptible d’être accusé du crime le plus grave parmi les crimes : le génocide. Cela dans un contexte général d’occupation, de répression et de colonisation. Il faut y être attentif.
L’ordonnance de la Cour a du sens
Alors, il est nécessaire bien lire l’ordonnance de la CIJ. Soulignons d’abord que la Cour rappelle à sa façon qu’elle ne peut indiquer des mesures conservatoires (donc avant un jugement ultérieur sur le fond) que si elle estime, en substance, la démarche sud-africaine comme légitime et fondée. Or, elle l’estime légitime en déclarant sa compétence à juger. Et elle l’estime fondée en considérant comme « plausible » les accusations portées par l’Afrique du Sud (partie IV, § 35). Il y a donc un lien logique, de connexion si l’on peut dire, entre des décisions de mesures conservatoires et un jugement sur le fond, même si cela constitue des phases juridiquement très distinctes.
L’Afrique du Sud n’a donc pas seulement « qualité à agir » en tant que signataire de la Convention sur le génocide, elle est légitimée dans son action. La Cour s’inscrit ainsi dans un processus judiciaire logique, pertinent et objectivement accusatoire même si cela n’est pas formulé ainsi. C’est un premier pas fondamental.
Il est nécessaire, ensuite, de remarquer que la Cour, en rappelant quels sont les actes prohibés par la Convention, prend acte ou constate des circonstances, des faits et des déclarations (de responsables politiques, de l’ONU, d’experts, d’ONG…) qui la conduisent donc à déclarer « plausibles » les accusations de l’Afrique du Sud vis à vis d’Israël au titre du non respect de la Convention sur le génocide. En fait, dans plusieurs parties du texte de ce verdict (en particulier les pages 15, 16, 17 et 18, mais aussi les pages 21 et 22) les constats de la Cour sont particulièrement accablants pour Israël. C’est évidement ce qui justifie pour la Cour la nécessité de l’urgence à agir par des mesures conservatoires.
Ces constats sont tellement accablants et objectivement accusateurs que si la Cour avait préconisé un cessez-le-feu, cela aurait pu être considéré (c’est mon interprétation) comme une décision sur le fond, ce que la CIJ ne peut surtout pas faire à ce stade de la procédure. Mais elle peut constater l’urgence à agir… ce qu’elle fait. Si elle veut conserver à son action la crédibilité nécessaire, la Cour doit en effet « laisser intact » le droit de chacune des parties à intervenir avant qu’elle puisse conclure sur le fond. Sinon, c’est toute la procédure aujourd’hui et demain qui pourrait être mise en cause.
Dans ses conclusions la Cour a pris 6 mesures conservatoires qui confirment ce qui précède, en particulier l’urgence à agir et la possibilité de génocide de la part d’Israël dans ses opérations militaires à Gaza. Les 3 premières mesures indiquées (adoptées par 16 voix contre 1 ou par 15 voix contre 2) touchent à cette question-là. Elles établissent que l’État d’Israël doit « prendre toutes les mesures en son pouvoir pour prévenir la commission, à l’encontre des Palestiniens de Gaza, de toute action entrant dans le champ d’application de l’article II de la Convention ». On ne pouvait guère mieux exprimer l’idée qu’on se situe aujourd’hui dans la situation d’une suspicion légitime de crime de génocide.
Malgré les déclarations de Netanyahou, c’est un coup dur pour Israël et son gouvernement. Cela ne signifie pas que la Cour se prononcera ultérieurement sur le fond dans la ligne de ce premier verdict d’urgence. Il est impossible de prévoir ce qui sera décidé alors dans un contexte que l’on ne connaît pas. Mais qu’un tel jugement puisse tomber ainsi dans le contexte dramatique d’aujourd’hui constitue un fait positif à considérer comme tel.
Comment et pourquoi l’affaire de l’UNRWA est instrumentalisée
Il faut aussi souligner dans ce contexte l’importance de l’affaire des employés de l’UNRWA accusés d’avoir participé à l’opération armée du Hamas le 7 octobre. Certains pays (notamment les principales puissances contributrices) ont décidé une suspension de leur financement à ce programme humanitaire de l’ONU. C’est évidement très problématique, voire irresponsable et totalement incompréhensible dans le contexte actuel de catastrophe humanitaire pour plus de 2 millions de Palestiniens. Mais c’est aussi inadmissible dans la dimension politique que cette affaire recouvre dans la réalité. Tel Aviv, en effet, cherche manifestement à instrumentaliser ce problème pour essayer de déconsidérer l’ONU, ses organisations spécialisées et ses programmes, mais aussi sa Cour Internationale de Justice qui vient de mettre Israël en cause par son verdict du 26 janvier. En même temps, on peut noter la contradiction évidente entre la suspension de contributions financières de plusieurs États à l’UNRWA, avec la 4ème mesure conservatoire de l’ordonnance de la CIJ qui concerne l’aide humanitaire requise… « de toute urgence ». Comment peut-on décider de suspendre sa contribution à une aide humanitaire d’urgence, alors que cette aide vient d’être expressément demandée… d’urgence par la Cour Internationale de Justice ? N’y-a t’il pas là une forme désinhibée de cynisme politique ?
En suspendant leur propre financement à l’UNRWA le 28 janvier, les autorités françaises se mettent elles-mêmes en contradiction avec le verdict de la Cour, mais aussi avec les valeurs de justice pourtant si souvent invoquées. Elle suit les décisions d’Israël et celles des États-Unis. Elle fait là ce qu’elle sait le mieux faire en politique étrangère. C’est déshonorant pour la France.
L’ONU a immédiatement pris des mesures administratives individuelles et a décidé des actions judiciaires contre les employés concernés (12 sur 13 000 à Gaza…), tout en appelant au maintien des conditions, en particulier financières, de l’activité humanitaire indispensable de l’UNRWA. En toute logique… Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appuyé cette démarche de responsabilité et de sagesse. On remarque ainsi qu’un certain nombre de pays préfèrent considérer l’ensemble de l’UNRWA et l’ensemble de ses employés comme collectivement responsables voire coupables… un peu comme Israël a considéré comme collectivement responsable l’ensemble du peuple palestinien dans les crimes du 7 octobre. C’est tout simplement ignoble.
Il s’agit en fait d’une convergence d’opportunité afin d’éviter, ou essayer d’éviter, à Israël de se voir retirer totalement l’argument et la crédibilité morale et démocratique. Évidement, lorsqu’il est question d’Israël, le droit international, la justice et les principes ont toujours du mal à s’imposer. J’explique dans mon prochain livre l’histoire longue, intéressante et problématique des relations entre Israël et l’Afrique du Sud. L’Afrique du Sud qui aujourd’hui sauve l’honneur.
Mon prochain livre : « Israël, le Hamas et la question de Palestine. La guerre de Gaza, un choc majeur qui change la donne. Comment penser l’après et construire une solution politique ? » Aux éditions du Croquant. Date de sortie à préciser ultérieurement.
Documents importants suite au verdict du 26 janvier 2024 donné par la Cour concernant l’application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza (Afrique du Sud contre Israël).
1 Observations liminaires 2 Existence d’un différend relatif à l’interprétation, l’application ou l’exécution de la convention sur le génocide 3 Conclusion quant à la compétence prima facie
III. QUALITÉ POUR AGIR DE L’AFRIQUE DU SUD
IV. LES DROITS DONT LA PROTECTION EST RECHERCHÉE ET LE LIEN ENTRE CES DROITS ET LES MESURES DEMANDÉES
V. RISQUE DE PRÉJUDICE IRRÉPARABLE ET URGENCE
VI. CONCLUSION ET MESURES À ADOPTER
***
Afrique du Sud c. Israël: M. Guterres prend note des mesures conservatoires de la Cour internationale de Justice, en particulier sur l’urgence de l’accès humanitaire à Gaza :
La déclaration suivante a été communiquée, aujourd’hui, par le Porte-parole de M. António Guterres, Secrétaire général de l’ONU:
Le Secrétaire général prend note de l’ordonnance de la Cour internationale de Justice, indiquant des mesures conservatoires en l’affaire Afrique du Sud c. Israël sur l’application de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide dans la bande de Gaza.
À cet égard, le Secrétaire général note la décision de la Cour d’ordonner, entre autres, à Israël, conformément aux obligations lui incombant au titre de la Convention sur le génocide, « de prendre toutes les mesures en son pouvoir » pour prévenir la commission, à l’encontre des Palestiniens de Gaza, de tout acte entrant dans le champ d’application de l’article II de la Convention, dont le meurtre de membres du groupe, l’atteinte grave à leur intégrité physique et mentale, la soumission intentionnelle à des conditions d’existence devant entraîner la destruction du groupe et les mesures visant à entraver les naissances. Le Secrétaire général note aussi l’instruction que donne la Cour à Israël de veiller, avec effet immédiat, à ce que son armée ne commette aucun de ces actes.
Le Secrétaire général note, en particulier, que la Cour ordonne à Israël de permettre la fourniture des services de base et de l’aide humanitaire requis de toute urgence afin de remédier aux difficiles conditions d’existence auxquels sont soumis les Palestiniens à Gaza.
Il note aussi que la Cour insiste sur le fait que « toutes les parties au conflit dans la bande de Gaza sont liées par le droit international humanitaire » et qu’elle appelle à « la libération immédiate et inconditionnelle des otages enlevés pendant l’attaque du 7 octobre contre Israël et détenus depuis par le Hamas et les autres groupes armés ».
Le Secrétaire général rappelle que, conformément à la Charte et au Statut de la Cour, les décisions de la Cour sont contraignantes et compte que toutes les parties respecteront dûment l’ordonnance de la Cour.
Conformément au Statut de la Cour, le Secrétaire général transmettra rapidement la notice des mesures conservatoires ordonnées par la Cour au Conseil de sécurité.
Plaidoirie de l’Afrique du Sud. Vidéo en français :
Considérant que l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies, par sa résolution 96 (I) en date du 11 décembre 1946, a déclaré que le génocide est un crime du droit des gens, en contradiction avec l’esprit et les fins des Nations Unies et que le monde civilisé condamne. Reconnaissant qu’à toutes les périodes de l’histoire le génocide a infligé de grandes pertes à l’humanité,
Convaincues que pour libérer l’humanité d’un fléau aussi odieux la coopération internationale est nécessaire,
Conviennent de ce qui suit :
Article premier
Les Parties contractantes confirment que le génocide, qu’il soit commis en temps de paix ou en temps de guerre, est un crime du droit des gens, qu’elles s’engagent à prévenir et à punir.
Article II
Dans la présente Convention, le génocide s’entend de l’un quelconque des actes ci-après, commis dans l’intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a) Meurtre de membres du groupe;
b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe;
e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.
Article III
Seront punis les actes suivants :
a) Le génocide; b) L’entente en vue de commettre le génocide; c) L’incitation directe et publique à commettre le génocide; d) La tentative de génocide; e) La complicité dans le génocide.
Article IV
Les personnes ayant commis le génocide ou l’un quelconque des autres actes énumérés à l’article III seront punies, qu’elles soient des gouvernants, des fonctionnaires ou des particuliers.
Article V
Les Parties contractantes s’engagent à prendre, conformément à leurs constitutions respectives, les mesures législatives nécessaires pour assurer l’application des dispositions de la présente Convention, et notamment à prévoir des sanctions pénales efficaces frappant les personnes coupables de génocide ou de l’un quelconque des autres actes énumérés à l’article III.
Article VI
Les personnes accusées de génocide ou de l’un quelconque des autres actes énumérés à l’article III seront traduites devant les tribunaux compétents de l’Etat sur le territoire duquel l’acte a été commis, ou devant la cour criminelle internationale qui sera compétente à l’égard de celles des Parties contractantes qui en auront reconnu la juridiction.
Article VII
Le génocide et les autres actes énumérés à l’article III ne seront pas considérés comme des crimes politiques pour ce qui est de l’extradition.
Les Parties contractantes s’engagent en pareil cas à accorder l’extradition conformément à leur législation et aux traités en vigueur.
Article VIII
Toute Partie contractante peut saisir les organes compétents de l’Organisation des Nations Unies afin que ceux-ci prennent ,conformément à la Charte des Nations Unies, les mesures qu’ils jugent appropriées pour la prévention et la répression des actes de génocide ou de l’un quelconque des autres actes énumérés à l’article III.
Article IX
Les différends entre les Parties contractantes relatifs à l’interprétation, l’application ou l’exécution de la présente Convention, y compris ceux relatifs à la responsabilité d’un Etat en matière de génocide ou de l’un quelconque des autres actes énumérés à l’article III, seront soumis à la Cour internationale de Justice, à la requête d’une partie au différend.
Article X
La présente Convention, dont les textes anglais, chinois, espagnol, français et russe feront également foi, portera la date du 9 décembre 1948.
Article XI
La présente Convention sera ouverte jusqu’au 31 décembre 1949 à la signature au nom de tout Membre de l’Organisation des Nations Unies et de tout Etat non membre à qui l’Assemblée générale aura adressé une invitation à cet effet.
La présente Convention sera ratifiée et les instruments de ratification seront déposés auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.
A partir du 1er janvier 1950, il pourra être adhéré à la présente Convention au nom de tout Membre de l’Organisation des Nations Unies et de tout Etat non membre qui aura reçu l’invitation susmentionnée.
Les instruments d’adhésion seront déposés auprès du Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.
Article XII
Toute Partie contractante pourra, à tout moment, par notification adressée au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, étendre l’application de la présente Convention à tous les territoires ou à l’un quelconque des territoires dont elle dirige les relations extérieures.
Article XIII
Dès le jour où les vingt premiers instruments de ratification ou d’adhésion auront été déposés, le Secrétaire général en dressera procès-verbal. Il transmettra copie de ce procès-verbal à tous les Etats Membres de l’Organisation des Nations Unies et aux Etats non membres visés par l’article XI.
La présente Convention entrera en vigueur le quatre-vingt-dixième jour qui suivra la date du dépôt du vingtième instrument de ratification ou d’adhésion.
Toute ratification ou adhésion effectuée ultérieurement à la dernière date prendra effet le quatre-vingt-dixième jour qui suivra le dépôt de l’instrument de ratification ou d’adhésion.
Article XIV
La présente Convention aura une durée de dix ans à partir de la date de son entrée en vigueur.
Elle restera par la suite en vigueur pour une période de cinq ans, et ainsi de suite, vis-à-vis des Parties contractantes qui ne l’auront pas dénoncée six mois au moins avant l’expiration du terme.
La dénonciation se fera par notification écrite adressée au Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies.
Article XV
Si, par suite de dénonciations, le nombre des parties à la présente Convention se trouve ramené à moins de seize, la Convention cessera d’être en vigueur à partir de la date à laquelle la dernière de ces dénonciations prendra effet.
Article XVI
Une demande de révision de la présente Convention pourra être formulée en tout temps par toute Partie contractante, par voie de notification écrite adressée au Secrétaire général.
L’Assemblée générale statuera sur les mesures à prendre, s’il y a lieu, au sujet de cette demande.
Article XVII
Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies notifiera ce qui suit à tous les Etats Membres de l’Organisation et aux Etats non membres visés par l’article XI :
a) Les signatures, ratifications et adhésions reçues en application de l’article XI :
b) Les notifications reçues en application de l’article XII;
c) La date à laquelle la présente Convention entrera en vigueur, en application de l’article XIII;
d) Les dénonciations reçues en application de l’article XIV;
e) L’abrogation de la Convention en application de l’article XV;
f) Les notifications reçues en application de l’article XVI.
Article XVIII
L’original de la présente Convention sera déposé aux archives de l’Organisation des Nations Unies.
Une copie certifiée conforme sera adressée à tous les Etats Membres de l’Organisation des Nations Unies et aux Etats non membres visés par l’article XI.
Article XIX
La présente Convention sera enregistrée par le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies à la date de son entrée en vigueur.
J’ai le plaisir de vous informer de la prochaine sortie de mon nouveau livre :
« Israël, le Hamas et la question de Palestine.
La guerre de Gaza, un choc majeur qui change la donne. Comment penser l’après et construire une solution politique ? »
Aux éditions du Croquant
Cette énième guerre de Gaza n’est pas seulement une crise majeure. C’est aussi, et peut-être d’abord, une alarme. Une alarme sur notre monde, sur les relations internationales, sur la perte de sens et d’humanité. Dans ce livre, je cherche à clarifier quelques questions portant sur les acteurs et les stratégies, sur la qualification des crimes et le terrorisme, sur les causes et les responsabilités, sur les mots et sur l’enjeu de l’après : comment penser l’après, et comment construire aujourd’hui une solution politique.
À la suite des deux dernières plaintes déposées par Reporters sans frontières (RSF) auprès de la Cour pénale internationale (CPI), le bureau du procureur Karim Khan assure à l’organisation que les crimes contre les journalistes sont inclus dans son enquête sur la Palestine. Dès 2018, l’action de RSF avait été déterminante pour obtenir que la CPI enquête sur les crimes contre les journalistes.
Au lendemain de la mort du vidéaste indépendant Moustafa Thuraya et du journaliste d’Al Jazeera Hamza Waël Dahdouh, qui porte à au moins 79 le nombre total de journalistes tués en trois mois, RSF est en mesure de révéler que les crimes contre les journalistes font l’objet d’une attention particulière dans l’enquête de la Cour pénale internationale sur la situation en Palestine.
Depuis le 7 octobre, le procureur de la CPI Karim Khan ne s’était jamais exprimé publiquement sur le sort des journalistes. Dans un message adressé le 5 janvier 2024 à RSF, son bureau affirme pour la première fois que les crimes contre ces derniers sont inclus dans son enquête. C’est bien entendu une information cruciale dans un contexte terrible pour les journalistes à Gaza.
Dans sa déclaration, le bureau du procureur de la CPI assure que “les crimes contre les journalistes sont examinés par le bureau du procureur, parmi d’autres crimes potentiels, dans le cadre de l’enquête en cours sur la situation en Palestine, et les objectifs et les actions de RSF doivent être soutenus et revêtent une importance cruciale à Gaza et ailleurs. Les journalistes sont protégés par le droit international humanitaire et le Statut de Rome et ne doivent en aucun cas être pris pour cibles dans l’exercice de leur importante mission.”
Dès 2018, RSF avait déposé une première plainte sur les tirs de snipers israéliens sur des journalistes palestiniens lors de la “grande marche du retour” à Gaza. RSF faisait valoir que deux journalistes tués et 18 blessés avaient été délibérément ciblés et que ces actes relevaient de la qualification de crimes de guerre. En décembre 2019, le rapport annuel d’étape sur l’enquête préliminaire de la procureure de la CPI de l’époque, Fatou Bensouda, à propos de la Palestine, mentionnait pour la première fois les journalistes comme inclus dans cette enquête.
Dans un message adressé à RSF le 21 décembre 2023, Fatou Bensouda assure que l’inclusion des crimes contre les journalistes dans son enquête préliminaire “a résulté de la communication de RSF de mai 2018” à la CPI. Le 3 mars 2021, le procureur annonçait l’ouverture d’une enquête formelle sur la situation en Palestine.
Le procureur de la CPI Karim Khan et sa prédécesseure Fatou Bensouda avaient été sollicités en décembre par RSF qui souhaitait s’assurer de leur compréhension de l’ampleur et la gravité des crimes contre les journalistes palestiniens.
“L’hécatombe de journalistes à Gaza, dont au moins 79 ont été tués depuis le 7 octobre, exige une réponse déterminée de la CPI. Nous avons établi qu’au moins 18 d’entre eux ont été tués dans l’exercice ou en raison de leurs fonctions de journaliste, mais seule une enquête approfondie permettra d’établir avec précision les crimes de guerre contre les professionnels de l’information. L’annonce du bureau du procureur de la CPI à RSF est une bonne nouvelle, que nous saluons. Nous espérons que son enquête avance et débouche rapidement.
Christophe Deloire, secrétaire général de RSF
RSF n’a eu de cesse de documenter les crimes commis en Palestine contre des journalistes. En mai 2021, à la suite des bombardements d’une vingtaine de médias dans la bande de Gaza par les forces israéliennes, l’organisation a déposé une deuxième plainte pour crimes de guerre. En décembre 2022, RSF a accompagné la plainte déposée par Al Jazeera concernant l’assassinat de la journaliste palestinienne Shirin Abu Akleh en Cisjordanie. Depuis le 7 octobre 2023, RSF a déposé deux plaintes auprès de la CPI – une première le 31 octobre et une seconde le 22 décembre – appelant le procureur à enquêter sur l’ensemble des journalistes palestiniens tués par l’armée israélienne.
Plus de 1 000 mouvements populaires, partis politiques, syndicats et autres organisations appellent les États du monde entier à soutenir la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud contre Israël. 08 01 2024 (texte disponible en anglais et en espagnol)
Nous, les organisations soussignées, félicitons l’Afrique du Sud pour sa requête auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) invoquant la Convention sur le génocide à l’encontre d’Israël.
Nous exhortons maintenant les autres pays à renforcer cette plainte fermement formulée et bien argumentée en déposant immédiatement une déclaration d’intervention auprès de la CIJ, également appelée Cour mondiale.
De nombreux pays ont exprimé à juste titre leur horreur face aux actions génocidaires, aux crimes de guerre et aux crimes contre l’humanité commis par l’État d’Israël à l’encontre des Palestiniens. Les forces d’occupation israéliennes ont bombardé des hôpitaux, des résidences, des centres de réfugiés des Nations unies, des écoles, des lieux de culte et des voies d’évacuation, tuant et blessant des dizaines de milliers de Palestiniens depuis le 7 octobre 2023. Plus de la moitié des morts sont des femmes et des enfants. Les dirigeants israéliens ont fait des déclarations génocidaires effrontées, déclarant ouvertement leur intention de déplacer définitivement et complètement les Palestiniens de leur propre terre.
L’Afrique du Sud a raison d’affirmer qu’en vertu de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, les actions d’Israël « ont un caractère génocidaire, car elles sont commises avec l’intention spécifique requise […] de détruire les Palestiniens de Gaza en tant que partie du groupe national, racial et ethnique palestinien au sens large ».
Une déclaration d’intervention déposée auprès de la CIJ à l’appui de la plainte de l’Afrique du Sud contre Israël est un moyen de garantir que tous les actes de génocide cessent et que les responsables soient tenus de rendre compte de leurs actes.
Le fait qu’Israël tue, blesse, traumatise et déplace un grand nombre de Palestiniens et qu’il prive une population occupée d’eau, de nourriture, de médicaments et de carburant répond aux critères du crime de génocide. Si la majorité des nations du monde appellent à un cessez-le-feu, mais ne font pas pression pour qu’Israël soit poursuivi, qu’est-ce qui empêchera Israël de procéder à un nettoyage ethnique de tous les Palestiniens ?
D’ailleurs, qu’est-ce qui empêcherait d’autres nations de répéter une horreur de cette ampleur ?
Nous demandons instamment aux gouvernements nationaux de déposer immédiatement une déclaration d’intervention pour soutenir la plainte de l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice afin de mettre un terme aux massacres dans les territoires palestiniens occupés.
Liste des 1010 signataires :
Mouvement du 11 mars (11 maart-beweging), Belgique
Institut commémoratif A.J. Muste, États-Unis
Fondation A.M. Qattan, Palestine
AAPSS.Asociación Amistad con el Pueblo Saharaui de Sevilla, Espagne
Abolition Feminism for Ending Sexual Violence, Royaume-Uni
Academy Alive, Australie
Acción Ecológica, Équateur
ACT Musulmans Australie
Addameer Prisoner Support and Human Rights Association (Association de soutien aux prisonniers et de défense des droits de l’homme), Palestine
Organisation des femmes afghanes pour la paix et la liberté (AWPFO), Afghanistan
Association des ingénieurs agronomes, Palestine
Collectif de recherche-action en agroécologie, États-Unis
Agrupación ESPERANZA Revolucionaria y Socialista, Argentine
Organisation Ahel, Jordanie
Aktiv für Frieden Bad Kreuznach, Allemagne
Association Al Baraem pour le travail caritatif, Liban
Al-Awda, la coalition pour le droit au retour des Palestiniens
ALBA Movimientos, Amérique latine
ALCE (Abolición de Lógicas de Castigo y Encierro), Colombie
Campagne de solidarité avec l’Algérie
AlgérieRévolte
Alianza Latinoamericana Por Palestina contra el Apartheid (Alliance latino-américaine pour la Palestine contre l’apartheid)
Alkarama (Movimiento de Mujeres Palestinas), Espagne
Parti révolutionnaire populaire panafricain
Programme Allende de médecine sociale, États-Unis
Alliance pour les femmes arabes
Alliance pour la démocratie, États-Unis
Société culturelle et artistique Alrowwad, Palestine
Association du barreau musulman américain
Musulmans américains pour la justice, États-Unis
Musulmans américains pour la Palestine – Chapitre de Richmond VA, États-Unis
American Student Union, États-Unis
Amigos de la Tierra América Latina y el Caribe (ATALC)
Centre d’études des droits de l’homme d’Amman (ACHRS), Jordanie
AMUMI (Abrazando al Mundo Migrante), Espagne
Anticapitalistas del estado Español, Espagne
Antipoverty Centre, Australie
APDHA Asociación Pro Derechos Humanos de Andalucía, Espagne
Association des agronomes arabes, Palestine
Conseil civique arabo-américain
Commission arabe des droits de l’homme
Réseau d’OSC et de féministes des États arabes
Arab Theatre Studio, Australie
Organisation des femmes arabes de Jordanie
Observatoire de la démocratie et des élections dans le monde arabe (Al Marsad), Palestine
ARCH Jerusalem (Genève, Suisse)
Arte Sin Frontera, Espagne
Asamblea Antibelicista de Teruel, Espagne
Asamblea antimilitarista de madrid, Espagne
Asamblea de Disminuidos Físicos, Grenade, Espagne
Assemblée pour la défense de notre terre – ADNT, Espagne
Forum social mondial Assemblée mondiale des luttes et des résistances
Forum des peuples d’Asie et d’Europe
Asociación ActivaT en DDHH, Espagne
Association Alnakba, Venezuela
Association américaine des juristes
Asociación Atenea Chamberí, Espagne
Asociacion Canaria Siembra, Espagne
Association colombienne des économistes noirs – Mano Cambiada
Asociación Comunidad Palestina en Canarias, Espagne
Association culturelle brésilienne Maloka, Espagne
Asociación de amistad con Cuba « Bartolomé de las Casas » de Séville (Andalousie) (Espagne)
Association des parents de détenus disparus du Mexique (Fedefam-Mexico)
Asociación de Mujeres Campesinas y Populares AMUCAP-C, Paraguay
Association de femmes musulmanes al Amal, Espagne
Asociación Ecuatoriana de Amistad con el Pueblo Saharaui (AEAPS) (Association équatorienne d’amitié avec le peuple sahraoui)
Association El Patio de las Culturas, Espagne
Association GeoAlternative, Espagne
Association des avocats d’Argentine (Asociación Gremial de Abogados y Abogadas de Argentina)
Association Intervillage de l’État espagnol
Asociación Memoria Histórica Ronda y Serranía, Espagne
Asociación Otra Escuela, Espagne
Asociación para la convivencia intercultural Amazonas, Cadix (Espagne)
Association pour la défense des pensions publiques dans les îles Canaries 29 octobre, Espagne
Association pour la taxation des transactions financières et l’action citoyenne (ATTAC) Madrid, Espagne
Asociación Salvadoreña Palestina, El Salvador
Asociacion Sobrarbense la Bolsa (Espagne)
Asociación Sociocultural Malagueña Malac, Espagne
Asociación Transformando Entre Mujeres, Espagne
Association Tu Agua, Tu Tierra / Zureur, Zurelur, Espagne
Assemblée féministe transnationale, France
Associação Brasileira Interdisciplinar de AIDS – ABIA, Brésil
Associaçāo de Amizade e Solidariedade com a Palestina, Mozambique
Associação Nacional de Travestis e Transexuais – ANTRA, Brasil (Association nationale des travestis et des personnes transgenres du Brésil)
Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)
Association Égalité-Wardah Boutros, Liban
Association pour l’investissement dans les comités d’action populaire, États-Unis
Association France Colombie Solidarité, France
Association France Palestine Solidarité AFPS 13
Association Joussour de Citoyenneté, Tunisie
Association de l’action des femmes, Palestine
Association pour l’activation de la société civile (هيئة تفعيل المجتمع المدني), Liban
Aufstehen, Allemagne
Réseau australien de défense de la Palestine
Syndicat des chômeurs australiens
AVICGE – Euskal Herria, Pays Basque (Espagne)
AWPFO (Organisation des femmes afghanes pour la paix et la liberté), Afghanistan
Forum du Bahreïn pour les droits de l’homme
Société des droits de l’homme du Bahreïn
Association du Bangladesh du Territoire du Nord, Australie
Fondation du Centre Barnard-Boecker, Canada
BDS Canarias, Espagne
BDS Vancouver/Territoires Salish de la côte, États-Unis
Belfast Iqraa Masjid, Irlande du Nord (UK)
Parti vert du comté de Bergen, États-Unis
Bienvenidxs Refugiadxs Huesca, Espagne
Bizilur – Lankidetzarako eta Herrien Garapenerako Erakundea, Pays Basque (Espagne)
Björkåfrihet, Suède
Alliance noire pour la paix
Black Lives Matter UK
Chrétiens radicaux noirs, États-Unis
Travailleurs noirs pour la justice (BWFJ), États-Unis
Mouvement souverain Blak, Australie
Livres contre les frontières
Bosque Fluir – permacultura, Pérou
Boycott from Within (Israeli citizens for BDS)
Brainerd Area Coalition for Peace and Brainerd Lakes United Environmentalists (BACP-BLUE), USA
Brighton & Hove Palestine Solidarity Campaign UK
Bronx Anti War Coalition, USA
Broome County Peace Action, USA
Bruxelles Panthères, Belgium
CADFA (Camden Abu Dis Friendship Association), UK
CADTM International Network (Committee for the Abolition of Illegitimate Debt)
CAGE International
California Scholars for Academic Freedom, USA
Campaign against Misrepresentation in Public Affairs, Information and the News, UK
Campaign Against Sanctions and Military Intervention in Iran
Campaign for Nuclear Disarmament (UK)
Campaign for Peace, Disarmament and Common Security, USA
Canada Palestine Association
Canadian Lebanese Academic Forum, Canada
Canadian Voice of Women for Peace, Canada
Capítulo Cuba de la Red en Defensa de la Humanidad
Casa de Cultura y Participación Ciudadana de Chamberí, Spain
Casa de la Solidaritat, Barcelona (Spain)
Casa Tecmilco, México
Católicas pelo Direito de Decidir, Brazil
Center for Defending Freedom of Journalists, Jordan
Center for Refugee Rights/ Aidoun (CRR), Lebanon
Center for the Study of Islam and Decoloniality, Pakistan
Central Jersey Coalition Against Endless War, U.S.A.
Centre Europe – Tiers Monde (CETIM), Suisse
Centre for Social Change (Université de Johannesburg), Afrique du Sud
Centro de Amigos para la Paz (CAP), Costa Rica
Centro de Documentación en Derechos Humanos Segundo Montes Mozo S.J., Équateur
Centro de Educación e Investigación para la Paz (CEIPAZ), Espagne
Centre d’études et de recherches sur les femmes, Espagne
Centre d’études géopolitiques CENAC – Bolivie
Centre Martin Luther King de l’Uruguay
Centre national de la photographie (Cenaf) Venezuela
CGT – Confederación General del Trabajo, Espagne
Aide mutuelle de Charlottetown
Chicago Area Peace Action, États-Unis
Chicago Faith Coalition on Middle East Policy (Coalition religieuse de Chicago sur la politique au Moyen-Orient), États-Unis
Conseil communautaire Chin de QLD, Australie
Alliés judéo-chrétiens pour une paix juste en Israël/Palestine, États-Unis
Femmes de l’Église unies dans l’État de New York, États-Unis
Citizens International, Malaisie
Réseau de ressources médicales civiles, États-Unis
Mosquée de Claremont Main Road, Le Cap, Afrique du Sud
Coalition contre le fascisme en Inde (International)
Coalition pour la responsabilité et l’intégrité – AMAN, Palestine
Coalition Tunisienne Contre la Peine de Mort CTCPM, Tunisie
CODEPINK
CODEPINK – Section de la vallée de la rivière, États-Unis
CODEPINK, ÉTATS-UNIS
Cohabitants MX, Mexique
Col.lectiu Agudells, Barcelone (Espagne)
Collectif pour le droit à la décision Costa Rica
Colectivo Autogestionario de Solidaridad entre el Área Latina (CASAL), Catalogne (Espagne)
Collectif de réfugiés colombiens dans les Asturies, Espagne
Collectif de solidarité pour la justice et la dignité des peuples – Coliche, Espagne
Black Dignity Collective, Espagne
Collectif féministe Les femmes à la rencontre. Tenerife, Îles Canaries, Espagne
Collectif républicain de Redondela, Espagne
Colectivo Shalom, Mexique
Colectivo Voces Ecológicas COVEC, Panama
Coletivo Advogadas e Advogados pela Democracia (CAAD), Brésil
Collectif Judeo Arabe et Citoyen pour la Palestine, France
Columbus Democratic Socialists of America (Socialistes démocrates d’Amérique), États-Unis
Commission des droits de l’homme des Chiliens en Argentine
Commission ethnique pour la paix et la défense des droits territoriaux, Colombie
Comité colombien de solidarité avec la Palestine, Colombie
Comité de Defensa de los Derechos de la Mujer (CODEM) Mexique
Comité de solidarité avec la cause arabe, Espagne
Comité de solidarité des peuples – Interpueblos Cantabria, Espagne
Comité de solidarité avec la Palestine, Mexique
Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie, Tunisie
Comité européen de solidarité avec la révolution populaire sandiniste ESC RPS
Comitê Goiano de Direitos Humanos Dom Tomás Balduino, Brésil
Comité international pour la paix, la justice et la dignité des peuples, Cuba/États-Unis
Comité Palestine 47 AFPS, France
Comité Panameño de Solidaridad con Palestina (CPSP), Panama
Comite permanente por la defensa de los derechos humanos CPDH Colombia
Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient (CPJPO), Luxembourg
Comité Pro Rescate y Defensa de la Soberanía Nacional (Panamá)
Committee of Anti-Imperialists in Solidarity with Iran
Committees of Correspondence for Democracy and Socialism, Covallis, OR Chapter, USA
Communist Party of Kenya
Communist Workers League, USA
Community Action Center, Al-Quds University, Palestine
Community Peace Association, Jordan
Community Peacemaker Teams
Comunidad Ecuménica Martin Luther King, Chile
Comunidad para el Desarrollo Humano, Chile
Confederación Intersindical, Spain
Confédération Internationale Solidaire et Écologiste, France
Congreso de los Pueblos, Colombia
Congreso de los Pueblos/Raíz, Colombia
Conseil National des Comités Populaires (CNCP Martinique)
Consejo Nacional para la Defensa de la Soberanía y la Paz CONADESOPAZ, Panama
Convocatoria SEGUNDA INDEPENDENCIA de Argentina
Coop Anti-War Café, Berlin, Germany
Cooperation Jackson, USA
Coordinación de Solidaridad con Palestina en México (CORSOPAL)
Coordinadora de Barrios y Pueblos de Madrid en Defensa de la Sanidad Pública, Spain
Coordinadora por la Paz, la Soberanía la Integración y la No Injerencia CPAZ Movimiento Social de DDHH, Ecuador
Coordination Maghrebine des Organisations des Droits Humains, Algeria/Morocco/Tunisia
Corporación Campo de Concentración 3y4Álamos, Chile
Corporate Accountability (International)
Corvallis Palestine Solidarity, USA
Coulee Region Coalition for Palestinian Rights (CRCPR), USA
Courant Populaire Tunis, Tunisia
Critical Refugee Studies Collective, USA
Cuba en Resumen, Cuba
CUNY for Palestine , USA
Damascus Center for Theoretical and Civil Rights, Syria
Damj, the Tunisian Association for Justice and Equality
DAWN (Development Alternatives with Women for a New Era)
Dayenu: New Zealand Jews Against Occupation
De-Colonizer, Israel
Defence for Children International
Deir Yassin Remembered, USA
Democracy for the Arab World Now (DAWN)
Democracy Works, USA
Democratic Socialists of America – International Committee
Desarma Madrid, Spain
Dialogue block party كتلة الحوار, Egypt
Diáspora Pa’lante Collective, Puerto Rico
Doctors Against Genocide
Doctors in Unite national branch of Unite UK
Dr. Martin Luther King Jr. Memorial Center (CMMLK), Cuba
Driftless Palestinian Solidarity, USA
Ecologistas en Acción, Spain
Educators For Humanity, Afrique du Sud
Fondation égyptienne pour l’avancement des conditions de l’enfance
Socialistes révolutionnaires égyptiens
El Ágora de Moratalaz, Espagne
El col.lectiu la Ribera en Bici-Ecologistes en Acció, Valencia (Espagne)
El Grupo de Tiempo Libre Irrintzi Atseden Taldea, Pays Basque (Espagne)
Centre El Nadim contre la violence et la torture, Égypte
Espace interreligieux Patrick Rice. République d’Argentine
Espai Roig del Bages, Espagne
Estado Nacional Soberano de Borinken, Puerto Rico
Les Éthiopiens contre l’apartheid
Eugene PeaceWorks, États-Unis
EUPV de Crevillent Alacant (Espagne)
Centre européen de soutien juridique (ELSC)
Euskadi, Cuba
Extinction Rebellion Eugene, USA
Faith Strategies, États-Unis
Familles per la pau, Catalogne (Espagne)
Federación Nacional de Cooperativas Agropecuarias (FENACOA), Colombie
Fédération des travailleurs et syndicats mexicains (Confederación de Trabajadores y Sindicatos de Mexico)
Conversations féministes au Kenya (FCK)
Internationalistes féministes, États-Unis
Femmes contre l’Empire, Canada
Filastiniyat, Palestine
FILEF (Sydney) Fédération des travailleurs migrants italiens et de leurs familles, Australie
Focus sur le Sud mondial
Forum sur la construction républicaine à Utrers
Foro de Transiciones, Espagne
Foro Itinerante de Participación Popular, Venezuela
Fórum de Política Feminista, Espagne
Fórum Latino Palestino, Brésil
Foundation for Refugee Economic Empowerment FREE, Royaume-Uni/Nigeria
Observatoire français des droits de l’homme
Frente Antiimperialista Internacionalista, Espagne
Frente de Abogados Socialistas Para la Protección de Los Pueblos y Comunidades Indigenas, Venezuela
Frente socialista « Carlos Escarra », Venezuela
Frente Unido América Latina Berlin, Allemagne
Fresh Eyes – People to People Travel, Royaume-Uni
Les vendredis pour le futur Liban
Amis de Ben Salmon, États-Unis
Amis de Coldwater : Mni Waconi (L’eau c’est la vie), USA
Amis de l’Amérique latine, États-Unis
Amis de la Chine socialiste
Amis de la liberté du Swaziland, Swaziland
Les Amis du Congo
Bureau d’amitié des Amériques
Fundación Arcoiris por el respeto a la diversidad sexual, Mexique
Fondation Future Economic Index, Jordanie
Futuro Alternativo, Spain
Gauteng SA Football Federation Legends, South Africa
Gaza Freedom Flotilla
Geneva Centre for Democracy & Human Rights
Geneva Council For International Affairs and Development
Georgia Human Rights Clinic, USA
German Drone Campaign, Germany
German Freethinkers’ Association, Germany
Gerrarik Ez Eibar, Basque Country (Spain)
Global Afrikan Congress uk (GACuk)
Global Afrikan Congresseu (GACeu) europe
Global Legal Alliance for Palestine
Global Network Against Weapons & Nuclear Power in Space
Global Pan African Movement, North America
GRAIN, International
Grassroots Dawah NYC, USA
Green Mountain Solidarity With Palestine
Green Party of Monroe County, USA
groundWork, Friends of the Earth, South Africa
Groupe Révolution Socialiste (Martinique)
Grupo de investigacion Kavilando // Red Interuniversitaria por la paz REDIPAZ, Colombia
Grupo de Salud Chamberí, Spain
Grupo de Seguimiento a las Reparaciones por Esterilizaciones Forzadas (GREF), Peru
Haiti Action Committee, USA
Haqooq-e-Khalq Party, Pakistan
Hastings & District Trades Union Council, UK
Hastings and District Palestine Solidarity Campaign, UK
Hawai’i Peace and Justice, USA
Healthcare Workers 4 Palestine
Healthcare Workers 4 Palestine South Africa
Helena Service for Peace and Justice, USA
Hillingdon Palestine Solidarity Campaign, UK
Hindus for Human Rights, USA
Historians for Peace and Democracy, USA
HOPE (Health Over Profit for Everyone) in the Midwest, USA
Horan Rencontre por la Citoyennete, France
Housing and Land Rights Network – Habitat International Coalition, MENA+
HUMANITAS: The Africana Ethical Society
IBBY (International Board on Books for Young People) Palestine
IBN-E-SINA R&D Kabul, Afghanistan
Independent Jewish Voices Canada
Indiana Center for Middle East Peace, USA
Indiana Center for Middle East Peace, USA
Initiatives for International Dialogue, Phillipines
Inminds Human Rights Group, UK
Institute for Economic Research on Innovation, South Africa
Institute for the Advancement of Hawaiian Affairs
Institute for the Critical Study of Zionism
Instituto Brasil Palestina IBRASPAL
Instituto de Estudios Ecologistas del Tercer Mundo (Institut d’études écologiques du troisième monde)
Instituto Simón Bolívar para la Paz y la Solidaridad entre los Pueblos, Venezuela
Intal Globalize Solidarity, Belgique
Centre d’action internationale
Association internationale des juristes démocrates
Conseil international des musulmans indiens
Institut international pour les droits de l’homme, l’environnement et le développement (INHURED International), Népal
Institut international pour la paix, la justice et les droits de l’homme – IIPJHR, Suisse
Assemblée internationale des femmes irakiennes
Réseau international juif antisioniste
Union internationale des juristes – Genève
Groupe international du Manifeste
Organisation internationale de la confrérie Tijjaniyya, Yola, Nigeria
Assemblée populaire internationale
Tribunal international des peuples sur l’impérialisme américain
Volontaires internationaux pour la paix, Australie
Centre islamique du sud-ouest de l’Ontario, Canada
Conseil islamique du Territoire du Nord, Australie
Conseil islamique de Victoria, Australie
Forum islamique pour les musulmans australiens (IFAM)
Commission islamique des droits de l’homme, Royaume-Uni
Association des écoles islamiques d’Australie
Conseil islamique chiite du Queensland Australie
Société islamique de Belconnen, Australie
Société islamique de Palmerston (ISP), Australie
Réseau de mission Israël/Palestine de l’Église presbytérienne (États-Unis)
Israel/Palestine Mission Network of the Presbyterian Church (USA) Bay Area (Réseau de mission Israël/Palestine de l’Église presbytérienne (USA) de la région de la baie)
Comité israélien contre les démolitions de maisons (ICAHD) (Israël/International)
Comité israélien contre les démolitions de maisons ICAHD – Allemagne
Comité israélien contre les démolitions de maisons Royaume-Uni
Israéliens contre l’apartheid, Israël
Izquierda Libertaria – Chili
Izquierda Republicana de España, Espagne
Izquierda Unida IU Comunidad de Madrid y Comunidades Obreras CCUU, Espagne
JA!Justica Ambiental, Mozambique
Janjira Habsani Mohammedan Educational Society (JHESS), Afrique du Sud
Jersey Shore Food Not Bombs, États-Unis
Centre de Jérusalem pour les femmes, Palestine
Centre d’aide juridique de Jérusalem
Réseau juif pour la Palestine (Royaume-Uni)
Voix juive pour une paix juste au Moyen-Orient (Allemagne)
Jewish Voice for Labour (Royaume-Uni)
Jewish Voice For Peace – Westchester, États-Unis
Jewish Voice for Peace – Mid-Hudson Valley, USA
Jewish Voice for Peace Northern New Jersey, États-Unis
Jewish Voice for Peace Vermont / New Hampshire Chapter, USA
Jewish Voice for Peace-Milwaukee, États-Unis
Jewish Voice for Peace/Madison Chapter (Voix juive pour la paix/chapitre de Madison), États-Unis
Groupe de dialogue juif-palestinien Munich, Allemagne
Les Juifs contre l’occupation ’48 Australie
Juifs pour le droit au retour des Palestiniens, États-Unis
Les Juifs disent non, États-Unis
Jisoor
Fédération jordanienne des syndicats indépendants
Forum jordanien au Royaume-Uni
Journée continentale pour la démocratie et contre le néolibéralisme
Jubileo Sur/Américas
JUST (Mouvement international pour un monde juste), Malaisie
Just Peace Advocates/Mouvement pour une paix juste
JUST-IS Solidarité interconfessionnelle pour la justice et contre le militarisme, Pakistan
Justiça Ambiental JA ! – Mozambique
Justice pour tous, États-Unis
Justice pour la Palestine-LA, États-Unis
KAFA (Assez) Violence et exploitation, Liban
Kairos Irlande
Kairos Puget Sound Coalition, États-Unis
Kairos USA
Association islamique de Kamloops, Canada
Katribu Kalipunan ng Katutubong Mamamayan ng Pilipinas, Philippines
Kenyans pour la Palestine
Kuagro Ri Changaina, Colombie
Kvindernes Internationale Liga for Fred og Frihed WILPF Denmarked (Danemark)
L’Union de l’Action Féministe, Maroc
La Vía Campesina
Travailler pour la Palestine
Labour For Palestine – Canada
Mouvement des travailleurs sans terre MST, Brésil
Droit pour la Palestine
Conseil libanais des femmes
Leuvense Actiegroep Palestina, Belgique
Libération pour un, libération pour tous (LOLA), États-Unis
Forum des femmes libyennes
Liga Argentina por los Derechos Humanos (Ligue argentine pour les droits de l’homme)
Liga Argentina por los Derechos Humanos, Argentine
Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos, LIMEDDH
Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH), Tunisie
Lignes linéaires, Liban
Llegat Jaume Botey i Vallès, Catalogne (Espagne)
London Ontario Activism, Canada
Madison pour un monde au-delà de la guerre, États-Unis
Projet de ville jumelle Madison-Rafah, États-Unis
Madres Contra la Represión (Espagne)
Maestra Productions, États-Unis
Voix du Maine pour les droits des Palestiniens
Mains Libres, Maroc
Majdel Balhis Social Club, Canada
Mouvement de solidarité avec la Palestine au Malawi
Centre Malcolm X pour l’autodétermination, États-Unis
Marche mondiale des femmes
Marche mondiale des femmes Macronorte, Pérou
Marea Blanca Malaga (Espagne)
Groupe de paix de Marrickville, Australie
Martigues-Palestine, France
Le marxisme-léninisme aujourd’hui, États-Unis
Ligue de la jeunesse marxiste, États-Unis
Más Madrid Cercedilla, Espagne
Mai First Movement Technology, États-Unis
Association médicale pour la prévention de la guerre (Australie)
Association médicale, Palestine
Medicina Democratica GNO – Italie
Membres de la faculté des sciences de la santé de l’université de Witwatersrand, personnel, étudiants et anciens étudiants signataires d’un appel à l’action à l’université de Wits, Afrique du Sud
Église congrégationaliste de Meriden, UCC, États-Unis
Mesa de DDHH de Villa Cerro Azul – Colón- Córdoba Argentina
Mouvement de réconciliation du Mid-Missouri (FOR), États-Unis
Le Moyen-Orient en point de mire, KPFK, États-Unis
Middle East Justice and Peace Group of Central Pennsylvania (Groupe pour la justice et la paix au Moyen-Orient de Pennsylvanie centrale), États-Unis
Middle East Peace Now, États-Unis
Les milléniaux tuent le capitalisme, États-Unis
Milwaukee Muslim Women’s Coalition (Coalition des femmes musulmanes de Milwaukee), États-Unis
Projet de paix du Minnesota, États-Unis
Alliance des droits des immigrés du Mississippi (MIRA), États-Unis
Mississippiens pour la Palestine, États-Unis
Coalition du MIT contre l’apartheid, États-Unis
MLN – Mouvement pour la libération de la Nakba, Malaisie
Comité anti-guerre de MN, États-Unis
Communauté MN BDS, États-Unis
Mobilisation contre la guerre et l’occupation – MAWO, Canada
Mobilisation4Mumia
Fondation Mom vision prodeca (MVPF), Sénégal
Món sense Guerres i sense Violència (MSG), International
Centre de paix et de justice de Monterey, États-Unis
Montréal pour un monde au-delà de la guerre, Canada
Société de l’école maternelle, Palestine
Mountada Ettajdid, Tunisie
MOUSSAWAT Tunisie (Pour les droits de la femme)
Mouvement Citoyen Palestine, France
Mouvement pour la liberté et la démocratie en Palestine, Palestine
Mouvement des personnes affectées par les barrages (MAR), Hémisphère occidental
Movimento de Trabalhadores Sem Teto (MTST Brasil)
Movimiento cultural campesino los Arangues, Venezuela
Movimiento de Pequeños Agricultores, MPA Brésil
Movimiento Estudiantil Cristiano de Cuba
Mouvement mexicain de solidarité avec la Palestine (MMSP)
Mouvement PeaceWAY, Espagne
Mouvement pour un monde sans guerre ni violence (MSGySV)
Movimiento Somos Barrios Uruguay
Femmes en noir contre la guerre – Madrid, Espagne
Femmes en noir contre la guerre, Isbilya, Andalousie (Espagne)
Femmes pour la paix
MUSAWA – Centre palestinien pour l’indépendance de la justice et de la profession juridique
Centre musulman du comté de Middlesex (MCMC), États-Unis
Fondation caritative musulmane
Ligne d’assistance de la communauté musulmane, Royaume-Uni
Journal musulman, États-Unis
Muslimmatters
Mütter contre la guerre de Berlin-Brandebourg
Aide mutuelle Medway, Royaume-Uni
Nation andalouse
Naco Nius México. M. N. N.
Nahostgruppe Mannheim, Allemagne
Nahuatl elkartea, Espagne
Mouvement national de Jéricho, États-Unis
National Lawyers Guild – St. Louis Chapter
National Lawyers Guild-San Francisco Bay Area Chapter, États-Unis
National Lawyers Guild, Université Loyola de Chicago, États-Unis
National Lawyers Guild, Faculté de droit de l’Université de Chicago, États-Unis
National Lawyers Guild, États-Unis
Réseau national sur Cuba, États-Unis
Payeur unique national, États-Unis
National Students for Justice in Palestine (NSJP), États-Unis
Nebraskans For Peace Palestinian Rights Task Force (groupe de travail sur les droits des Palestiniens), États-Unis
Réseau des démocrates du monde arabe
Plus jamais ça, États-Unis
Église du nouveau millénaire, États-Unis
New Paltz Femmes en noir, USA
New Unity Movement, Afrique du Sud
Conseil de la paix de New York
Centre culturel islamique de Newtownards (NICC), Royaume-Uni
Mouvement de Niagara pour la justice en Palestine-Israël (NMJPI) ON Canada
Centre d’action communautaire du Nicaragua, Nicaragua/États-Unis
Mouvement de solidarité avec la Palestine (NiPaSoM)
Conseil de l’union industrielle de l’État du New Jersey, États-Unis
Nonviolence International
Noor Educational and Capacity Development Organization (NECDO), Afghanistan
Réseau de justice environnementale de Caroline du Nord, États-Unis
Parti vert de Caroline du Nord, États-Unis
Coalition de la côte nord pour la Palestine, États-Unis
Association des familles musulmanes d’Irlande du Nord (NIMFA)
Coalition pour la paix du nord-ouest de l’Ohio
Nyan-Ko-Pong Maroon Global Tribal Nation Territories, Jamaïque
Association des droits des Palestiniens d’Oakville (Canada)
Observatorio de Derechos Humanos de los Pueblos (Observatoire des droits de l’homme des peuples)
Observatorio Etico International- OBETI, Madrid (España)
Observatoire de la fermeture de l’école des Amériques au Chili
Occupy Bergen County, États-Unis
Réseau d’action sur le pétrole et le gaz, États-Unis
One Justice – France
Assemblée de l’État unique, Palestine
Ongi etorri errefuxiatuak araba, Pays basque (Espagne)
Ongi Etorri Errefuxiatuak Araba, Espagne
Ordre National des Avocats de Tunisie
Organisation Contre la Torture en Tunisie OCTT, Tunisie
Organizacija za participatorno družbo, Slovénie
Organización Política Venezuela Humana
Organisation pour la liberté des médias et de l’expression OFME – Hatim / Maroc
Organisation pour la victoire du peuple, Guyane
Notre Révolution – Dakota du Nord, États-Unis
Parti vert du Pacifique, section Linn-Benton, États-Unis
PAH (Plataforma de Afectats per la Hipoteca) Barcelone (Espagne)
Pajaro Valley Pride, États-Unis
Société canadienne des femmes pakistanaises
Commission PAL sur les crimes de guerre, la justice, les réparations et le retour
Palabras de poeta/ Revista de poesía/ Argentina
Palästina-Forum Nahost Francfort, Allemagne
Palestijnse gemeenschap in Nederland PGN, Pays-Bas
Palestina Toma la Calle, Espagne
Palestine 13, Marseille, France
Caucus Palestine Arabe et Musulmane (PAM) de l’association des professeurs de Californie, USA
Palestine Ceasefire Dayton, États-Unis
Palestine Hurra Collective Nashville, États-Unis
Institut palestinien de recherche sur la sécurité nationale, Palestine
Coalition pour la justice en Palestine, Santa Cruz, États-Unis
Palestine Museum US (Woodbridge, CT), États-Unis
Société pour la paix en Palestine
Plate-forme pour la Palestine, Irlande du Nord (UK)
Alliance de solidarité avec la Palestine, Afrique du Sud
Campagne de solidarité avec la Palestine (Cape Town), Afrique du Sud
Campagne de solidarité avec la Palestine Thaïlande
Coalition de solidarité avec la Palestine – Université du New Hampshire, États-Unis
Palestine Solidarity Kamloops, Canada
Réseau de solidarité avec la Palestine Aotearoa, Nouvelle-Zélande
Palestine Solidarity, St. John’s NL, Canada
Palestine Speaks, Allemagne
Taskforce Palestine Conférence CA/Nevada de l’Église méthodiste unie, États-Unis
Festival littéraire Palestine Writes (Philadelphie, PA), États-Unis
Conseil américano-palestinien
Réseau des organisations américano-palestiniennes (PAON)
Unité palestinienne et juive (PAJU), Canada
Assemblée palestinienne de libération
Association du barreau palestinien, Palestine
Alliance chrétienne palestinienne pour la paix, États-Unis
Union des entrepreneurs palestiniens, Palestine
Association dentaire palestinienne, Palestine
Collectif féministe palestinien
Forum palestinien en Grande-Bretagne
Union palestinienne de lutte pour le travail
Réseaux palestiniens Almere, Pays-Bas
Réseau d’ONG palestiniennes, PNGO, Palestine
Association palestinienne des infirmières et des sages-femmes, Palestine
Parti populaire palestinien, Palestine
Union palestinienne des psychologues et des travailleurs sociaux, Palestine
Société des femmes travailleuses palestiniennes pour le développement PWWSD, Palestine
Société des femmes travailleuses palestiniennes pour le développement PWWSD, Palestine
Mouvement de la jeunesse palestinienne
Pallasos en Rebeldia (Espagne)
Action de la communauté panafricaine (PACA), États-Unis
Pan-Afrikan Liberation Program (Programme de libération panafricaine), États-Unis
Partido Comunes (Delegado en México)
Partido Comunista de los Pueblos de España (PCPE), Espagne
Partido Comunista de los Trabajadores de Argentina (Parti communiste des travailleurs d’Argentine)
Partido del Trabajo Unificado, Espagne
Partido político Alianza Verde, Espagne
Partidul Socialist Român, Roumanie
Parti pour le socialisme et la libération (PSL), États-Unis
Parva Arba Paracuellos — Asociación para la Recuperación de la Vegetación Autóctona de Paracuellos, Espagne
Pax Christi Canada
Pax Christi Rhode Island, États-Unis
Pax Christi Texas, USA
Paz con Dignidad, Espagne
Peace Action Montgomery, États-Unis
Peace Action of San Mateo County, États-Unis
Peace Action Wisconsin, États-Unis
Comité pour la paix et la justice sociale, at Friends Meeting Cambridge, USA
Peace Fresno (Californie, États-Unis)
Mouvement pour la paix Aotearoa, Nouvelle-Zélande
Peace People, Irlande
Paix, justice, durabilité, NOW, USA
Peacemaker Trust, Royaume-Uni
PeaceWorks Brunswick Maine, USA
Pekarna Magdalenske mreže, Slovénie
PEN International-Palestine
Académie populaire de droit international, États-Unis
Association des pharmaciens, Palestine
Philly Boricuas, États-Unis
Physicians for Social Responsibility/Sacramento, États-Unis
Comité de solidarité avec la Palestine de Pittsburgh, États-Unis
Planète contre Pentagone, USA
Plataforma Bienvenid@s Refugiad@s de la Rioja, Espagne
Plataforma Ciudadana Caudete se Mueve, Espagne
Plataforma Ciudadana de Córdoba por la Defensa del Sistema Público de Pensiones, Espagne
Plataforma contra la violencia Apoyamos Milagros, Espagne
Plataforma de Solidaridad con la Causa Palestina (Venezuela)
Plataforma Feminista 8M de Tenerife, Espagne
Plataforma Pensiones Fernán Núñez, Espagne
Plataforma Tenerife con Palestina, Espagne
Plataforma Villena por la Paz, Espagne
Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA), Haïti
Terrains de jeux pour la Palestine, États-Unis
Conseil d’administration du PNHP-WA, États-Unis
Poetas de Norte Entero, Argentine
Résistance populaire, États-Unis
Por la Libertad del Pueblo Saharaui (ALPS), Espagne
Prevención, Capacitación y Defensa del Migrante A.C., Mexique
Proceso de Comunidades Negras (PCN), Colombie
Programme Paso a Paso, Honduras
Démocrates progressistes d’Amérique, section de l’Oregon, États-Unis
Progressive International
Association des juristes progressistes, Turquie (CHD)
Projet de technologie progressive, États-Unis
Projet Enduring Peace, États-Unis
Public Intellectuals for Social and Spare Change (Intellectuels publics pour le changement social et économique), États-Unis
Puentes (Amérique latine, international)
Collectif QSR, Australie
Mosquée de Queanbeyan, Australie
Queen’s Malay Club, Irlande du Nord
Société islamique de l’université Queen’s de Belfast, Royaume-Uni
Musulmans du Queensland, Australie
Coalition pour la paix et la justice de Racine
Radical Hospitality, États-Unis
Raíces (Grupo cultural raíces de Guasá), Équateur
Raising Peace, Australie
Rebel-lió o Extinció BCN/Extinction Rebellion Barcelona (Espagne)
Red Católicas por el Derecho a Decidir de América Latina y el Caribe (Réseau des catholiques pour le libre choix en Amérique latine et dans les Caraïbes)
Réseau communautaire d’écologistes du Salvador RACDES
Réseau d’intellectuels et d’artistes pour la défense de l’humanité – Section paraguayenne
Réseau La Clase Trabayadora (Espagne)
Réseau de solidarité avec la Palestine – Costa Rica
Réseau Décolonialité et Autogouvernance (International)
Red Migrante Tenerife, Espagne
Red SOS Refugiados Europa (Espagne/International)
Rede Jubileu Sul Brasil
Plate-forme pour les réfugiés en Egypte (RPE)
Regroupement de citoyens pour un monde meilleur, Canada
Rencontres Marx, France
Réserve indigène coloniale du village Zenú de Toluviejo, Sucre, Colombie
Resistance Kitchen, Royaume-Uni
Résumé latino-américain
Retour à la terre – Costa Rica
RighteousJews.org, États-Unis
Majorité montante, États-Unis
Rising Together, États-Unis
Comité de solidarité noire des syndicats RMT, Royaume-Uni
Association des femmes Roa’a Jordanie
Groupe de paix de Rochdale et Littleborough, Royaume-Uni
Rochester Witness for Palestine, États-Unis
Rockland pour la Palestine
Roots Action, États-Unis
Roots Society for Citizen Right, Jordanie
Rumbo a Gaza-Freedom Flotilla Coalition (en anglais)
Centre œcuménique de théologie de la libération Sabeel, Palestine
Coalition régionale de Sacramento pour les droits des Palestiniens, États-Unis
Société du patrimoine de Salt River, Afrique du Sud
Réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun
Sanitari@s con Palestina en Canarias, Espagne
Ferme Sankara, États-Unis
Centre de bien-être Sankofa, États-Unis
Santa Feans for Justice in Palestine, Santa Fe, NM, USA
Faculté Sarah Lawrence pour la justice en Palestine
Sare Lesbianista, Pays Basque (Espagne)
Saskatoon Chapter of Canadians for Justice and Peace in the Middle East, Canada (Section de Saskatoon des Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient)
SAT Sindicato Andaluz de Trabajadores (Espagne)
Sauver nos terres sacrées, Afrique du Sud
Sauver l’humanité et la planète Terre – SHAPE, Australie
SB4Palestine (SJP à l’université de Stony Brook), États-Unis
Institut scandinave des droits de l’homme/Fondation Haytham Manna
Scholars Against the War on Palestine, Canada/International
Science for the People, États-Unis
SDS (SOAS DETAINEE SUPPORT), UK
SE London Friends Of Palestine, Royaume-Uni
Coalition anti-guerre de Seattle
Secours Catholique, France
Sécuriser l’Écosse
Prix Serena Shim
Service chrétien international de solidarité avec l’Amérique latine (SICSAL Mexico)
Alors que 2022 avait été une année de fortes incertitudes, 2023 sera placée sous le signe des inégalités. Après la pandémie de COVID-19 et des pertes dévastatrices, les économies peinent globalement à reprendre de la vigueur, plombées par les effets conjugués de multiples crises : changement climatique, conflits, insécurité alimentaire, pour n’en citer que quelques-unes.
Comme souvent cependant, ce sont les pays les plus pauvres du monde qui sont les plus durement touchés. Beaucoup d’entre eux, déjà surendettés, se trouvent toujours plus à court de ressources financières. Sur le front de l’emploi, les plateformes numériques occupent désormais une place essentielle sur les marchés du travail du monde entier, mais seuls ceux qui sont en mesure d’y accéder peuvent tirer parti de cette nouvelle source de revenu. À tous ces défis vient s’ajouter la crise des réfugiés et avec elle le besoin impératif d’améliorer les politiques migratoires afin de non seulement trouver des solutions, mais aussi stimuler la croissance économique et la prospérité.
1. Pauvreté
L’extrême pauvreté a certes baissé dans les pays à revenu intermédiaire, mais elle s’est aggravée dans les pays les plus pauvres et ceux en situation de fragilité, conflit et violence. La persistance de la pauvreté dans ces pays complique d’autant plus la réalisation d’autres grands objectifs de développement mondiaux.
2. Dette
La dette extérieure n’a cessé d’augmenter depuis dix ans dans toutes les régions du monde
L’édition 2022 avait révélé des risques croissants pour l’ensemble des économies en développement (qu’elles soient à revenu faible ou intermédiaire), tout en soulignant des tensions de plus en plus aiguës dans les pays les plus pauvres du monde, accablés par le fardeau croissant du service de la dette.
Une tendance qui s’est poursuivie cette année : selon le rapport publié en décembre 2023, les pays en développement ont dépensé en 2022 un montant record de 443,5 milliards de dollars pour assurer le service de leur dette publique extérieure et des dettes garanties par l’État. Dans les pays les plus pauvres admis à emprunter auprès de l’Association internationale de développement (IDA), le coût total du service de la dette a atteint le niveau sans précédent de 88,9 milliards de dollars, soit une hausse de 4,8 % par rapport à 2021. La hausse des coûts d’emprunt fait courir un risque de crise de la dette aux pays les plus pauvres, où elle détourne le peu de ressources disponibles au détriment de secteurs critiques comme la santé, l’éducation et l’environnement.
3. Perspectives économiques mondiales
Selon l’édition de janvier 2023 des Perspectives économiques mondiales, la croissance marque fortement le pas sous l’effet de l’inflation, de la hausse des taux d’intérêt, de la diminution des investissements et des perturbations causées par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Les prévisions de la Banque mondiale tablent sur une croissance de l’économie mondiale de 1,7 % en 2023 et 2,7 % en 2024, avec un ralentissement marqué et généralisé. Elles ont été revues à la baisse pour 95 % des économies avancées et près de 70 % des économies de marché émergentes et en développement.
Les perspectives économiques des pays en développement se sont assombries en 2023. Les quatre premières années de la décennie 2020 ont affiché des taux de croissance parmi les plus faibles depuis trente ans.
4. Une croissance à long terme en perte de vitesse
Falling Long-Term Growth Prospects: Trends, Expectations, and Policies : c’est le titre d’une étude de la Banque mondiale qui évalue pour la première fois les taux de croissance potentielle à long terme après la pandémie de COVID-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Les conclusions sont préoccupantes : au rythme actuel, la « vitesse limite » de l’économie mondiale, c’est-à-dire le taux de croissance maximal à long terme sans risque d’inflation, devrait tomber à son niveau le plus bas depuis trois décennies d’ici 2030. En cause, le déclin de la quasi-totalité des forces qui ont favorisé la prospérité depuis le début des années 1990, dont notamment une diminution de la population en âge de travailler.
5. Climat
Le changement climatique n’épargne personne ni aucune économie. D’ici à 2050, les dérèglements du climat risquent de contraindre 216 millions de personnes à migrer à l’intérieur de leur pays. Le stress hydrique va s’aggraver et les rendements agricoles diminuer, en particulier dans les régions du monde qui souffrent déjà d’une insécurité alimentaire. Par ailleurs, les systèmes agroalimentaires sont responsables d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Pour lutter contre le changement climatique et permettre en même temps aux populations, écoles, hôpitaux et entreprises d’avoir accès à l’électricité, il faut produire des énergies propres. Cela passe par le développement des renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique, et par des investissements dans l’électrification à grande échelle, tout en évitant la construction de nouvelles centrales au charbon et la mise hors service des anciennes installations. (…)
Il est possible de réduire les émissions et d’accroître la résilience, mais cela suppose des évolutions sociales, économiques et technologiques majeures.
Dans un monde où les crises et les chocs frappent plus durement les populations les plus pauvres, le changement climatique n’échappe pas à la règle. Et la lutte contre le changement climatique revêt une importance capitale pour relever le défi du développement et bâtir une planète vivable.
6. Perspectives des marchés des produits de base
Une escalade du conflit en cours au Moyen-Orient, qui vient s’ajouter aux bouleversements causés par l’invasion russe de l’Ukraine, risque d’entraîner les marchés mondiaux des matières premières en terrain inconnu, a alerté le dernier rapport Commodity Markets Outlook.
Les prix mondiaux des produits de base ont chuté de près de 25 % en 2023 par rapport à 2022, la plus forte baisse depuis la pandémie. Le déclenchement du conflit au Moyen-Orient au début du mois d’octobre a entraîné une remontée initiale des cours, mais l’impact a été globalement limité jusqu’ici. Pour la plupart des produits de base, les prix restent supérieurs à leur niveau moyen sur la période 2015-2019.
7. Les Femmes, l’Entreprise et le Droit
Près de 2,4 milliards de femmes en âge de travailler dans le monde ne bénéficient toujours pas des mêmes droits que les hommes. Le rapport sur Les Femmes, l’Entreprise et le Droit (WBL) analyse l’évolution des lois et réglementations ayant des répercussions sur les opportunités économiques qui s’offrent aux femmes dans 190 pays. L’objectif est de mettre en évidence les obstacles qui entravent la participation des femmes à la vie économique et la manière dont on peut réformer des législations discriminatoires.
Le rythme des réformes en faveur des droits des femmes chute à son niveau le plus bas depuis 20 ans.
8. Rapport sur le développement dans le monde — Migrations
La question migratoire est l’un des défis du développement les plus urgents. Environ 184 millions de personnes — soit 2,3 % de la population mondiale — vivent actuellement en dehors de leur pays de nationalité, la majeure partie se trouvant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. La manière dont on aborde les flux migratoires et les moyens mis en œuvre pour protéger ceux qui quittent leur pays d’origine jouent un rôle essentiel dans le développement économique et la réussite des migrants et des communautés d’accueil.
9. Travailler sans frontières
Le microtravail en ligne représente déjà 12 % du marché de l’emploi mondial. Il constitue une source croissante de revenus pour des millions de personnes, qui y voient comme principaux avantages la flexibilité et la possibilité d’un revenu supplémentaire. La demande de main-d’œuvre sur le marché du microtravail augmente plus rapidement dans les pays en développement que dans les pays industrialisés.
Mais si les plateformes numériques locales jouent un rôle essentiel, elles ont du mal à établir un modèle économique viable.
Mon conseil de lecture : le dernier livre de Gilbert Achcar
Les éditions du Croquant – 360 pages, 24 euros.
Avec l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 et la dégradation des relations entre les États-Unis et la Chine, le constat d’une nouvelle guerre froide est devenu un lieu commun. En fait, affirme Gilbert Achcar, cette nouvelle guerre froide est en cours depuis la fin du siècle dernier.
En s’efforçant de consolider sa position hégémonique après la fin de l’URSS, Washington s’est aliéné la Russie et la Chine, poussant les deux pays à se rapprocher. L’ascension de Vladimir Poutine et la réinvention impérialiste de la Russie, ainsi que l’ascension de Xi Jinping et la dérive répressive du pouvoir chinois, se sont conjuguées avec l’exacerbation des tensions autour de l’Ukraine et de Taiwan.
Un autre monde, plus pacifique, était-il possible ? Dans cet ouvrage essentiel traduit de l’anglais, l’auteur, spécialiste reconnu des relations internationales, soutient que ce n’est qu’en comprenant comment nous en sommes arrivés là que nous pouvons commencer à imaginer les contours d’un autre monde
Gilbert Achcar est professeur en relations internationales et études du développement à l’École des études orientales et africaines (SOAS) de l’Université de Londres. Originaire du Liban, il a été enseignant à l’université de Paris-8 et chercheur au Centre Marc Bloch de Berlin avant de s’établir à Londres en 2007. Il est l’auteur de nombreux ouvrages traduits dans plusieurs langues, parmi lesquels, en édition française : Le Choc des barbaries (2002, 2004, 2017), La Poudrière du Moyen-Orient avec Noam Chomsky (2007), Les Arabes et la Shoah (2009) et Le Peuple veut (2013).
« Construire la paix, lutter sans violence, une idée révolutionnaire » : un colloque syndical réussi et prometteur.Les 18 et 19 octobre derniers, à St Malo, la FSU Bretagne a organisé un grand colloque régional avec la collaboration des militant.es du Mouvement de la Paix de Bretagne
Conflits d’aujourd’hui et espoirs pour demain
La première partie des échanges a porté sur la faillite des logiques de puissance dans la conception des relations internationales et sur la nécessité de leur substituer un véritable multilatéralisme pour le règlement pacifique des conflits dans un monde de plus en plus globalisé. La guerre menée par la Russie en Ukraine comme les violences qui déchirent actuellement le proche-Orient ont été largement évoquées ainsi que les questions posées par la future Loi de Programmation militaire voulue par Emmanuel Macron.
Bertrand Badie – Penser le monde au-delà de la puissance et de ses échecs, par Bertrand Badie, chercheur associé au CERI, professeur émérite à Sciences Po Paris
Jacques Fath – Quelques enseignements pour la paix de demain à la lumière de la « sale guerre » d’Ukraine et de ses causes : auteur du livre « Poutine, l’OTAN et la guerre ».
Venance Journé – Des-équilibres de la terreur : la dissuasion nucléaire et la « doctrine française », par (physicienne, chercheuse au CNRS, représentante du Réseau Action Climat au CESE)
La Loi de Programmation Militaire 2024-2030 : la voix de la France dans le nouveau concert militariste, avec Frédéric Mathieu, parlementaire, membre de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale, et Daniel Durand, ancien Président du Mouvement de la Paix, directeur de l’Institut de documentation et recherches pour la Paix
Que faire des armes ? Passer des économies guerrières à une économie de la paix, avec Roland Nivet porte -parole national du Mouvement de la Paix, et Stéphane Créach représentant de la FNTE-CGT
Aller du NON à la guerre vers une véritable politique de la paix
De nombreuses interventions ont également porté sur la possibilité de mener des démarches non-violentes en règlement ou en prévention des conflits. Appuyées sur diverses types d’expériences menées à travers le monde, ces interventions ont permis de nourrir la réflexion sur la richesses des pratiques de maintien ou de construction de la paix tout en prenant conscience de la diversité des conceptions de celle-ci. Elles ont également permis de poser la question d’actions concrètes à mener auprès de la jeunesse notamment dans le cadre scolaire.
Préparer le terrain pour la construction de la paix, avec David Adams, ancien chargé de programme à l’Unesco et animateur du réseau Decade for a Culture of Peace, et Roland Nivet (Mouvement de la Paix) – La culture de la Paix (texte de l’intervention de R Nivet à télécharger ici)
Confronter les principales méthodes de défense non-violentes au conflit ukrainien par François Marchand (Institut de Recherche sur la résolution non-violente des conflits IRNC)
Mémoires des guerres, culture de paix, expériences de non-violence ici et ailleurs, table-ronde avec Laura Lema Silva, chercheuse, responsable des études à l’Institut pour la Paix
Laura Lema Silva et JP Dardaud, ancien Président de Frères des Hommes et Shura Dumanic, journaliste, animatrice du Réseau des femmes contre la guerre en ex-Yougoslavie
De nombreuses interventions ont également porté sur la possibilité de mener des démarches non-violentes en règlement ou en prévention des conflits. Appuyées sur diverses types d’expériences menées à travers le monde, ces interventions ont permis de nourrir la réflexion sur la richesses des pratiques de maintien ou de construction de la paix tout en prenant conscience de la diversité des conceptions de celle-ci. Elles ont également permis de poser la question d’actions concrètes à mener auprès de la jeunesse notamment dans le cadre scolaire.
Préparer le terrain pour la construction de la paix, avec David Adams, ancien chargé de programme à l’Unesco et animateur du réseau Decade for a Culture of Peace, et Roland Nivet (Mouvement de la Paix)
Chanter par temps de guerre, chanter pour la paix
Parce que la réflexion avance aussi en passant par le sensible, la FSU a proposé aux participant.es resté.es sur place de participer à une soirée musicale et historique sur le thème des chansons pacifistes. Alain Bergerat, agrégé d’histoire, ayant enseigné dans les classes préparatoires à l’Ecole Normale Supérieure au Lycée Guist’hau de Nantes, Alain Bergerat, est un passionné de chanson. Militant syndical depuis toujours au SNES-FSU, animateur infatigable de nombreuses rencontres autour de la chanson française, il est le créateur du festival des Giboulées de Goulaine axé sur la belle chanson française et également l’auteur d’un livre important sur le sujet : L’Histoire de France à travers chants.