Le sommet Kim-Trump ou l’illusion des « deals » et des victoires faciles.

Kim-Trump NYT 13 06 18

« ON VERRA BIEN CE QUI VA ARRIVER… »

L’enjeu d’une dénucléarisation coréenne est fondamentalement celui de la sécurité collective pour l’ensemble d’une vaste région d’Asie, et sur le plan international.

Manifestement, le sommet de Singapour entre Kim Jong-un et Donald Trump, le 12 juin 2018, suscite beaucoup plus d’interrogations qu’il n’apporte de réponses. Mais comment rester sur des interrogations alors que l’enjeu est majeur ? Au centre de cet enjeu, figure la question d’un pays, la Corée du Nord, inscrit au rang de menace directe par les principales puissances occidentales… Et devenu État nucléaire de fait, au prix d’un retrait du Traité de Non Prolifération (TNP) en 2003, afin de pouvoir se mettre à l’abri de toute offensive militaire dans un environnement hostile. Sur le fond, la question posée est donc celle du désarmement, de la prolifération nucléaire et de la sécurité internationale.

Beaucoup d’observateurs et d’experts ont ajouté à cette problématique celle de la démocratie. Arguant qu’un régime de dictature ne peut être qu’une menace pour les autres. Certes, le régime de Pyongyang et la dynastie des Kim, ne se sont pas fait connaître comme un exemple de libertés, de pluralisme et d’ouverture… En vérité, dans cette affaire, la démocratie n’est un objectif réel pour aucun des acteurs étatiques concernés.

Non pas que la question de la démocratie et de l’État de droit puisse être évacuée des problématiques afférentes aux relations internationales. Elle n’est pas subalterne. Elle peut être intelligemment liée aux conflits. Mais elle est d’un autre ordre. Et elle appelle d’autres processus politiques. Ceux qui, aujourd’hui, mêlent cette question à l’enjeu de la « dénucléarisation de la Péninsule coréenne », instrumentalisent la démocratie à des fins politiques.

L’enjeu est donc stratégique. Il porte sur le nucléaire au sens large : comme instrument de puissance militaire et comme arme politique. Le problème est bien là… Il est de considérable importance. Mais le sommet de Singapour laisse une impression de faux semblant et de mauvais théâtre. Après tant de menaces, d’insultes et de moqueries entre Kim et Trump, entendre ces deux là se congratuler l’un l’autre, faire assaut d’optimisme réjoui et d’entente presque joviale… voilà qui pouvait aisément assurer un succès médiatique mondial. Mais guère plus…

Les qualificatifs et les amabilités n’ont pas manqué : « une nouvelle ère », « une rencontre fantastique » qui s’est déroulée, selon Trump, « mieux que quiconque aurait pu l’imaginer ». Kim, bien que moins disert, s’exprima dans le même sens en déclarant devant la presse : « aujourd’hui, nous avons eu une rencontre historique et nous avons décidé de laisser le passé derrière nous. Le monde entier va voir un grand changement ».

Quelle appréciation porter ?

On peut dire que la rencontre fut un événement sans précédent. En revanche, la déclaration adoptée est très évasive, et le processus engagé – s’il s’engage réellement – pourrait être contre-productif et risqué, voire dangereux. Beaucoup de commentateurs sont allés jusqu’à décrire le sommet de Singapour comme « historique ». En fait, il ne sera historique que s’il produit des suites qui le seraient elles-mêmes… c’est à dire susceptibles de changer le cours des événements et d’apporter des changements importants et positifs pour l’ensemble du peuple coréen et pour toute la région. Pour l’instant, rien indique que ce sera le cas. Loin de là.

On ne sait pas si Kim aura apprécié que Trump, devant les télévisions du monde entier, lui fasse l’article sur « la Bête »… sa grosse limousine blindée… On reste de toutes façons très dubitatif devant l’indéniable contradiction entre un enjeu stratégique et nucléaire de première importance, et la comédie sur-jouée par un Kim devenu modestement affable et souriant, et surtout par un Trump exaltant les avantages de ses formules politiques comme un bon vendeur d’automobiles d’occasion…

Beaucoup prétendent que le « gagnant » de ce sommet serait Kim Jong-un parce qu’il aurait obtenu une légitimation internationale et un brevet d’honorabilité politique. Et Trump, dans les discussions et publiquement, aurait finalement trop cédé afin d’être en capacité de conclure sur le champ à son avantage. Certains n’hésitent pas à dire (et à regretter) qu’après avoir accepté tant de rapprochements et tant de compromis, l’Administration Trump ne pourrait plus si aisément décider ultérieurement de frapper la Corée du Nord…en tant que de besoin, si l’on peut dire. Comme si le processus de négociations impulsé par Trump était un choix diplomatique, donc un choix de faiblesse pour un Républicain… alors qu’il n’en est rien. C’est ce que nous allons voir.

Quels sont les résultats réels du sommet ?

Après quelques mois de négociations tendues, 5 heures d’échanges et 38 minutes de rencontre bilatérale, une déclaration conjointe fut adoptée. Le texte indique que le Président Trump s’est engagé à fournir des garanties de sécurité à la Corée du Nord et que le Président Kim Jong-un a réaffirmé sa ferme et inébranlable détermination à une dénucléarisation de la Péninsule coréenne. La déclaration énumère ensuite 4 options :

– établissement de nouvelles relations entre les États-Unis et la Corée du Nord.

– édification d’un système de paix robuste et stable dans la Péninsule coréenne.

– réaffirmation de l’engagement pris par la Corée du Nord lors du sommet inter-coréen à Panmunjom du 27 04 2018, pour une « dénucléarisation complète de la Péninsule coréenne ».

– règlement de la question des rapatriements des dépouilles des prisonniers de guerre et des morts au combat de la Guerre de Corée.

La déclaration conjointe n’apporte aucune précision, ni sur ce que devrait être la dénucléarisation, ni sur la nature des garanties de sécurité américaines. Elle ne donne aucune date limite, aucun détail sur les contrôles et les vérifications de la dénucléarisation. Elle engage les signataires à un « suivi » et à de nouvelles réunions, sans définir davantage de calendrier. La question des relations diplomatiques officielles n’est pas soulevée. La déclaration ne donne aucune indication sur un éventuel Traité de paix pouvant faire suite à l’accord d’armistice de 1953.

Il n’y a pas non plus d’information sur des questions de principe et de méthode. Par exemple : les négociations doivent-elles (ou pas) admettre un lien entre l’enjeu nucléaire et la présence militaire des États-Unis en Corée du Sud ? Lors de la conférence de presse, tenue après le sommet, Trump n’a pas fermé la porte à un tel lien… en soulignant que cela n’est « pas encore » d’actualité. Mais lors du 17è Dialogue de défense dit de Shangri-La, du 1er au 3 Juin (à Singapour aussi), le Ministre de la défense sud-coréen n’a-t-il pas affirmé que les activités militaires américaines en Corée du Sud constituent « une question séparée de la question du nucléaire nord-coréen ». Une question « séparée » signifie que la Corée du Nord doit accepter de se dénucléariser unilatéralement. L’application d’une telle formule réduirait à néant toute approche fondée sur des concessions mutuelles et des garanties pour Pyongyang.

Mais n’est-ce pas aussi ce que Florence Parly, Ministre des Armées, est allée dire à Singapour à l’occasion de sa participation au 17è dialogue de défense de Shangri-La ? Elle souligne, en effet, que la France « ne baissera pas la garde. A l’inverse, nous voulons être sûr que l’application des sanctions reste absolument robuste, jusqu’à ce qu’on parvienne à une dénucléarisation complète, vérifiable, irréversible »… soit la formule américaine d’une dénucléarisation applicable à la seule Corée du Nord… D’ailleurs, la Ministre n’a pas abordé la question des conditions d’une sécurité collective ni même celle des garanties qui pourrait la fonder utilement. Elle a tenu un discours unilatéral.

Trump s’est pourtant engagé à cesser les grandes manœuvres militaires avec Séoul… sans que les autorités du Sud ne soient informées. Elles ont d’ailleurs été prises de court. Un porte-parole de Président de la Corée du Sud a déclaré à ce propos : « nous avons besoin de comprendre ce que le Président Trump a dit » (The Washington Post 12 06 2018). L’engagement américain d’un arrêt de ces grandes manœuvres est cependant important. Il correspond à la proposition russe et chinoise d’une option « freeze to freeze » (gel pour gel), c’est à dire l’arrêt des tests nucléaires et de missiles nord-coréens, contre l’arrêt des grandes manœuvres militaires américano-sud-coréennes. Il reste que l’idée d’une « dénucléarisation de la Péninsule coréenne » est un mythe ou plutôt un masque rudimentaire visant à faire oublier que l’objectif réel est bien la dénucléarisation de la Corée du Nord par les menaces, les pressions, les sanctions…et les négociations. C’est d’ailleurs exactement cette option là que le vieux Kissinger, toujours très écouté, et déjà consulté plusieurs fois par Trump, a défendu devant le Sénat à Washington, le 25 janvier 2018, lors d’une audition consacrée aux « défis globaux auxquels les États-Unis doivent faire face ».

L’évanescence des engagements pris

Remarquons au passage, avec quelle désinvolture, Trump prétend pouvoir réussir un processus de dénucléarisation, aux dimensions stratégiques régionales et internationales, à partir d’une situation ouverte après quelques mois de pourparlers, 38 minutes de rencontre bilatérale et un communiqué d’une trentaine de lignes qui n’apporte ni précision, ni garantie « de bonne fin »… Tout en considérant, en revanche, l’accord multilatéral sur le nucléaire iranien comme le pire accord jamais signé par les États-Unis. Alors que cette accord, acté par le Conseil de Sécurité de l’ONU, est le fruit de quelque 12 années de négociations entre l’Iran et les 5+1 (Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne). Un accord dont Trump s’est retiré, et que Emmanuel Macron et les Européens voudraient « compléter » au risque de l’achever définitivement… Enfin, un accord multilatéral qui détaille et fixe avec une très grande précision le calendrier, les procédures et les contrôles relatifs au programme nucléaire iranien et à la levée des sanctions (1).

Malgré l’évanescence des engagements souscrits à Singapour, Trump veut-il montrer ainsi sa capacité à réussir là où les autres ont échoué ? En montrant combien sa méthode et sa capacité aux « deals » est efficace ? Peut-être… mais il n’échappe à personne que l’enjeu, pour Trump, n’est pas seulement de politique intérieure. Et même pour un succès politique de cette nature, il lui faudrait pouvoir garantir des avancées internationales tangibles à la hauteur des annonces solennelles et des symboles véhiculés à foison lors de ce sommet.

Naturellement, on doit se réjouir d’une perspective possible – en tous les cas annoncée – d’une dénucléarisation de la Péninsule coréenne, associée à une baisse des tensions, à des processus politiques de négociation. Toute dynamique de désarmement nucléaire et de réaffirmation de la pertinence du TNP , doit être soutenue et encouragée.

Les réactions internationales, dans l’ensemble, ont d’ailleurs été plutôt positives… mais très mesurées. Pour le Japon, ce fut « un premier pas ». La Chine a fait savoir qu’elle espère un consensus sur la dénucléarisation mais « en même temps, selon Pékin, il y a le besoin d’un mécanisme de paix pour la Péninsule afin de répondre aux préoccupations de sécurité de la Corée du Nord ». Quant au vice-ministre russe des Affaires étrangères, il a très pertinemment déclaré :« Le diable est dans les détails ». L’Iran, enfin, par la voix du porte-parole du gouvernement, a souligné, non sans un humour grinçant : « nous ne connaissons pas le type de personnage avec lequel le leader nord-coréen négocie. Il n’est pas certain qu’il ne décide pas d’annuler l’accord avant de retourner à la maison ». (Reuters 12 06 2018)

Les vraies questions…

Un règlement juste de la question coréenne, un processus de paix clôturant définitivement le dernier conflit de la Guerre froide, des garanties de sécurité collective, une vraie dénucléarisation régionale… Ce sont là quelques unes des vraies questions soulevées mais non traitées par le sommet de Singapour. Comment pouvait-il en être autrement ? Il n’y a que Trump pour croire, ou pour faire semblant de croire, que ces énormes questions touchant à rien moins que l’ordre mondial pourraient trouver des réponses en dehors d’un processus multilatéral conduit sérieusement dans la durée. Un tel processus devrait être fondé sur le droit, garanti par des résolutions de l’ONU, s’inscrivant dans le respect du TNP, et appuyant la perspective récemment ouverte par l’adoption à l’ONU du Traité d’interdiction des armes nucléaires.

Si Emmanuel Macron voulait ne pas se contenter de parler du multilatéralisme mais contribuer à le faire progresser dans les faits… ces options là seraient aujourd’hui au cœur des débats de politique étrangère en France. Ce n’est pas le cas. Et l’on voit ce que la Ministre des Armées se montre capable d’affirmer, en anglais, loin du territoire français… et surtout bien loin des assurances sur le multilatéralisme maintes fois réitérées par le Président de la République.

En vérité, on ne peut interpréter la signification du sommet de Singapour sans faire référence à l’autre sommet, entre les deux Corée, tenu le 27 avril 2018 à Panmunjom. La déclaration commune de Panmunjom entre Kim et Moon souligne notamment ceci : « Durant cette année qui marque le 65ème anniversaire de l’armistice, la Corée du Sud et la Corée du Nord conviennent de rechercher activement des rencontres trilatérales impliquant les deux Corée et les États-Unis, ou quadripartites impliquant les deux Corée, les États-Unis et la Chine, en vue de déclarer la fin de la guerre et d’établir un régime de paix permanent et solide » (…) Les deux dirigeants sont convenus d’avoir des discussions régulières et franches, via des rencontres, et par liaison téléphonique directe, sur des questions vitales pour la nation, pour renforcer la confiance mutuelle, et de chercher ensemble à renforcer l’élan positif afin de continuer à faire avancer les relations inter-coréenne de même que la paix, la prospérité et l’unification de la Péninsule coréenne . Dans ce contexte, le Président Moon Jae-in a accepté de se rendre à Pyongyang cet automne ».

Cette Déclaration de Panmunjom fait preuve d’un sérieux auquel celle de Singapour ne peut guère prétendre. Elle prend mieux en compte les dimensions historiques et stratégiques des problèmes à résoudre. Et ces problèmes ne sont pas seulement ceux du désarmement nord-coréen. En effet, vouloir résoudre la question nucléaire dans la Péninsule coréenne signifie aussi ouvrir le chemin d’un règlement du conflit coréen en tant que prolongement de la guerre de Corée, rapprocher les deux Corée, installer une paix durable et aller vers une « unification » comme le rappelle cette déclaration de Panmunjom. Naturellement, avec le sommet de Singapour, ce chemin là, cette ambition figure dans les symboles mais pas dans l’équation diplomatique immédiate réelle. On en est loin. Comment ce sommet pourrait-il aujourd’hui dessiner une telle perspective d’avenir alors que ses protagonistes – au-delà d’un compromis utile de sécurité, le « gel contre gel » – n’ont pu ni en préciser l’essentiel, ni même fixer la date d’une prochaine réunion de négociation…

Un processus de force

En réalité, que peut-il se passer ? Rien est réglé à l’avance et tout est ouvert… Mais la Corée du Nord, si attachée à son indépendance, principe considéré comme fondamental et intangible par le régime, peut-elle accepter de se soumettre à des mesures américaines et internationales de contrôles permanents et de vérifications intrusives sévères ? Acceptera-t-elle, au bout, et quelles que soient les circonstances, de se défaire d’une force nucléaire légitimée par son inscription dans la Constitution, et garantie première de sa sécurité ? Pyongyang a-t-il le choix ? La Corée du Nord peut-elle renoncer à son arsenal afin d’obtenir (un jour ?) la levée des sanctions, et rentrer ainsi dans une configuration politique et stratégique, et un rapport de force risqués. Ou bien doit-elle résister aux pressions américaines et occidentales (qui ne vont pas manquer), afin, à l’inverse, d’entraver le démantèlement de son arsenal, et rentrer alors dans une situation particulièrement conflictuelle ?.. Déjà, John Bolton, Conseiller à la Sécurité nationale de l’Administration Trump, particulièrement et brutalement interventionniste, a suggéré une « sortie » de Kim… à la libyenne. Ce qui équivaut à une menace de liquidation de la personne et du régime tout à la fois. Le « deal » proposé par Trump et ses collaborateurs directs, au delà des débats internes, n’est évidemment pas une comédie souriante mais, avant tout, une menace qui ne dit pas son nom, et un processus de force.

L’enjeu de la « dénucléarisation de la Péninsule » et des éventuelles garanties de sécurité américaines est donc en réalité celui de la sécurité collective dans l’ensemble de cette région d’Asie. Qui peut penser que Pyongyang, Pékin et même Moscou pourraient accepter sans réagir une transformation unilatérale de la donne stratégique régionale au bénéfice de Washington ? Le bras de fer continuera de se dérouler à un haut niveau. La Chine peut évidemment souhaiter des conditions de sécurité régionale, mais certainement pas une réunification (à l’allemande, si l’on peut dire…) qui installerait à sa frontière, une Corée unie sous hégémonie des États-Unis, et abritant un arsenal américain, y compris nucléaire.

Trump et son Secrétaire d’État Mike Pompéo auraient d’ailleurs cherché à rassurer Kim sur le fait qu’un changement de régime n’est pas le but de ce qui a été engagé. (The Washington Post 11 06 2018). Mais cela ne donne aucune garantie réelle à Kim sur la suite des événements et sur une supposée bonne volonté des États-Unis de préserver le régime actuel à Pyongyang. Cela montre en revanche que la question est forcément sous-jacente.

Il est consternant que des enjeux aussi cruciaux puissent déboucher sur une réunion au sommet aussi vide de perspectives à la hauteur. Il est vrai que la menace et l’exercice de la force peuvent donner l’illusion des réponses et des victoires faciles… C’est après qu’on en mesure les dégâts.

1) Contrairement à ce que beaucoup se permettent de dire, certaines dispositions de contrôle engagent même l’Iran jusqu’en 2035 et 2040…et pas seulement 2025.

 

Déclaration conjointe du Président Donald Trump des États-Unis d’Amérique et du Président Kim Jong-un de la République Démocratique et Populaire de Corée, au Sommet de Singapour. (Texte intégral)

Donald J. Trump, président des États-Unis d’Amérique, et Kim Jong-un, président de la Commission des affaires d’État de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), ont tenu un premier sommet historique à Singapour le 12 mai 2018.

Le président Trump et le président Kim Jong-un ont mené un échange de points de vue complet, approfondi et sincère sur les questions liées à l’établissement de nouvelles relations entre les États-Unis et la RPDC et l’établissement d’un régime pacifique durable et solide dans la péninsule coréenne. Le président Trump s’est engagé à fournir des garanties de sécurité à la RPDC et le président Kim Jong-un a réaffirmé son engagement ferme et indéfectible à une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne.

Convaincus que l’établissement de nouvelles relations entre les États-Unis et la RPDC va contribuer à la paix et la prospérité dans la péninsule coréenne et dans le monde, et reconnaissant que la construction d’une confiance mutuelle peut promouvoir la dénucléarisation de la péninsule coréenne, le président Trump et le président Kim affirment ce qui suit :

  1. Les États-Unis et la RPDC s’engagent à établir de nouvelles relations E.-U. – RPDC conformément à la volonté de paix et de prospérité des peuples des deux pays.

  2. Les États-Unis et la RPDC associeront leurs efforts pour bâtir un régime de paix durable et stable dans la péninsule coréenne.

  3. Réaffirmant la déclaration de Panmunjom du 27 avril 2018, la RPDC s’engage à travailler à une complète dénucléarisation de la péninsule coréenne.

  4. Les États-Unis et la RPDC s’engagent à restituer les restes des prisonniers de guerre et des portés disparus au combat, avec un rapatriement immédiat de ceux déjà identifiés.

Reconnaissant que le sommet E.-U. – RPDC – le premier – est un événement historique d’une grande portée surmontant des décennies de tensions et d’hostilités entre les deux pays et ouvrant une nouvelle ère, le président Trump et le président Kim Jong-un s’engagent à mettre en œuvre totalement et rapidement les dispositions de cette déclaration commune. Les États-Unis et la RPDC s’engagent à des négociations à venir conduites par le secrétaire D’État, Mike Pompeo, et par un responsable de haut rang de la RPDC, à une date la plus proche possible, pour appliquer les résultats du sommet États-Unis – République populaire et démocratique de Corée.

Donald J. Trump, président des États-Unis d’Amérique, et Kim Jong-un, président de la Commission des affaires d’État de la République populaire démocratique de Corée, s’engagent à coopérer au développement de nouvelles relations E.-U. – RPDC et à la promotion de la paix, la prospérité et la sécurité de la péninsule coréenne et du monde. 

 

Déclaration conjointe du sommet inter-coréen de Panmunjom adoptée par le Président sud-coréen Moon Jae-in et le Dirigeant nord-coréen Kim Jong-un à l’issue du sommet de Panmunjom, dans la zone démilitarisée séparant les deux Corée. (Texte intégral)

Déclaration de Panmunjom pour la paix, la prospérité et l’unification de la péninsule coréenne 

Durant cette période significative de transformation historique sur la péninsule coréenne, reflétant l’aspiration immuable du peuple coréen pour la paix, la prospérité et l’unification, le président Moon Jae-in de la république de Corée et le président Kim Jong-un de la Commission des affaires de l’Etat de la République populaire démocratique de Corée ont tenu un sommet intercoréen à la Maison de la paix de Panmunjom le 27 avril 2018.

Les deux dirigeants déclarent solennellement devant les 80 millions de personnes de notre nation et devant le monde entier qu’il n’y aura plus de guerre sur la péninsule coréenne et qu’une nouvelle ère de paix a débuté.

Les deux dirigeants, partageant l’engagement ferme de mettre rapidement fin au vestige de la division et de la confrontation de longue date de la guerre froide, pour s’approcher audacieusement d’une nouvelle ère de réconciliation nationale, de paix et de prospérité, et pour améliorer et cultiver les relations intercoréennes de manière plus active, ont déclaré en ce site historique de Panmunjom les choses suivantes :

1. Le Sud et le Nord reconnecteront les relations de sang du peuple et réaliseront un futur de prospérité commune et d’unification mené par des Coréens en facilitant une avancée exhaustive et novatrice dans les relations intercoréennes. Améliorer et cultiver les relations intercoréennes est le principal désir de toute la nation et l’appel urgent de l’époque qui ne peut plus être remis à plus tard.

Le Sud et le Nord ont affirmé le principe de déterminer par eux-mêmes la destinée de la nation coréenne et sont convenues d’arriver au tournant décisif de l’amélioration des relations intercoréennes en mettant en œuvre de façon exhaustive tous les accords et déclarations existants adoptés jusqu’à présent entre les deux pays.

Le Sud et le Nord sont convenus de tenir des dialogues et négociations à plusieurs niveaux et dans divers domaines et de prendre des mesures actives pour mettre en œuvre les accords du sommet.

Le Sud et le Nord sont convenus d’établir un bureau de liaison à Kaesong où sont stationnés des représentants des deux côtés afin de promouvoir des consultations étroites ainsi que la coopération et les échanges entre civils.

Le Sud et le Nord sont convenus d’encourager une coopération active, des échanges, des visites et des contacts à tous les niveaux afin de raviver l’esprit de réconciliation et d’unité nationales. Les deux côtés encourageront entre eux une atmosphère d’amitié et de coopération en organisant activement des événements conjoints aux dates ayant une signification particulière au Sud comme au Nord, telles que le 15 juin, auxquels prendront part des participants de tous les niveaux, notamment des gouvernements central et local, des Parlements, des partis politiques et des organisations civiles. Sur le plan international, les deux côtés vont démontrer leurs sagesse, solidarité et talents communs en participant conjointement à des événements sportifs internationaux tels que les Jeux asiatiques 2018.

Le Sud et le Nord se sont mis d’accord pour tenter de résoudre les sujets humanitaires liés à la division intercoréenne et tenir des réunions entre les Croix-Rouge afin de discuter de divers sujets, comme les familles séparées et leurs réunions. Le Sud et le Nord sont convenus d’organiser des réunions de familles séparées à l’occasion du 15 août (jour de Libération).

Le Sud et le Nord sont convenus de mettre en œuvre activement les projets qui ont fait l’objet d’un accord dans la déclaration du 4-Octobre 2007 pour promouvoir une croissance économique équilibrée et la prospérité commune de la nation. Dans un premier temps, les deux côtés vont prendre des mesures concrètes pour connecter et moderniser les chemins de fer et les routes du corridor de transport oriental ainsi qu’entre Séoul et Sinuiju.

2. Le Sud et le Nord vont chercher à soulager les tensions militaires élevées et à pratiquement éliminer le risque de guerre sur la péninsule coréenne. Soulager les tensions militaires et éliminer le risque de guerre est un défi très significatif qui est directement lié au destin du peuple coréen et qui est aussi une tâche essentielle pour garantir son existence paisible et stable.

Le Sud et le Nord sont convenus de mettre fin à tout acte hostile l’un envers l’autre à tous les niveaux, y compris dans le ciel, sur terre et en mer, qui est la source de la tension et des conflits militaires. Les deux côtés ont décidé de transformer la zone démilitarisée en zone de paix en cessant à partir du 1er mai cette année tous les actes hostiles et en éliminant leurs moyens, dont la diffusion de messages par haut-parleurs et la distribution de prospectus, dans les zones bordant la Ligne de démarcation militaire.

Le Sud et le Nord sont convenus de mettre en place un plan pour faire des zones près de la Ligne de limite Nord en mer Jaune une zone de paix maritime afin de prévenir les affrontements militaires et garantir une pêche sûre.

Le Sud et le Nord vont prendre diverses mesures militaires pour assurer une coopération mutuelle, des échanges, des visites et des contacts actifs. Les deux côtés vont tenir de fréquentes réunions entre leurs autorités militaires, y compris entre leurs ministres de la Défense, afin de discuter et résoudre immédiatement les problèmes militaires entre eux. A cette fin, ils vont organiser les premières discussions militaires de niveau général en mai.

3. Le Sud et le Nord vont coopérer activement pour établir un régime de paix solide et permanent sur la péninsule coréenne. Mettre fin à l’état actuel anormal d’armistice et instaurer un solide régime de paix sur la péninsule coréenne est une mission historique qui ne peut plus être retardée.

Le Sud et le Nord ont réaffirmé leur accord de non-agression, qu’ils n’utiliseront aucune espèce de force l’un contre l’autre, et se sont engagés à respecter strictement l’accord.

Le Sud et le Nord sont convenus de réduire graduellement leur armement une fois les tensions militaires dissipées et la confiance rétablie en pratique.

En cette année du 65e anniversaire de l’Armistice, le Sud et le Nord sont convenus de promouvoir activement des réunions trilatérales impliquant les deux Corées, les Etats-Unis, ou des réunions quadrilatérales avec les deux Corées, les Etats-Unis et la Chine en vue de déclarer la fin de la guerre, changer l’armistice en traité de paix et instaurer une paix permanente et solide.

Le Sud et le Nord ont confirmé leur objectif partagé de réaliser une péninsule coréenne sans nucléaire à travers une dénucléarisation complète. Ils ont estimé que les mesures initiées par la Corée du Nord sont très significatives et cruciales pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne et ont décidé de jouer leur rôle respectif à cet égard. Le Sud et le Nord vont rechercher le soutien et la coopération de la communauté internationale pour dénucléariser la péninsule coréenne.

Les deux dirigeants sont convenus de tenir des discussions franches et fréquentes sur des questions vitales pour la nation, à travers des rencontres régulières et des conversations téléphoniques, de renforcer la confiance mutuelle et de s’efforcer de renforcer la dynamique de progrès continu des relations inter-coréennes ainsi que la paix, la prospérité et l’unification de la péninsule coréenne.

Dans ce contexte, le président Moon Jae-in a accepté de se rendre à Pyongyang cet automne.

27 avril 2018

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