À la suite des deux dernières plaintes déposées par Reporters sans frontières (RSF) auprès de la Cour pénale internationale (CPI), le bureau du procureur Karim Khan assure à l’organisation que les crimes contre les journalistes sont inclus dans son enquête sur la Palestine. Dès 2018, l’action de RSF avait été déterminante pour obtenir que la CPI enquête sur les crimes contre les journalistes.
Au lendemain de la mort du vidéaste indépendant Moustafa Thuraya et du journaliste d’Al Jazeera Hamza Waël Dahdouh, qui porte à au moins 79 le nombre total de journalistes tués en trois mois, RSF est en mesure de révéler que les crimes contre les journalistes font l’objet d’une attention particulière dans l’enquête de la Cour pénale internationale sur la situation en Palestine.
Depuis le 7 octobre, le procureur de la CPI Karim Khan ne s’était jamais exprimé publiquement sur le sort des journalistes. Dans un message adressé le 5 janvier 2024 à RSF, son bureau affirme pour la première fois que les crimes contre ces derniers sont inclus dans son enquête. C’est bien entendu une information cruciale dans un contexte terrible pour les journalistes à Gaza.
Dans sa déclaration, le bureau du procureur de la CPI assure que “les crimes contre les journalistes sont examinés par le bureau du procureur, parmi d’autres crimes potentiels, dans le cadre de l’enquête en cours sur la situation en Palestine, et les objectifs et les actions de RSF doivent être soutenus et revêtent une importance cruciale à Gaza et ailleurs. Les journalistes sont protégés par le droit international humanitaire et le Statut de Rome et ne doivent en aucun cas être pris pour cibles dans l’exercice de leur importante mission.”
Dès 2018, RSF avait déposé une première plainte sur les tirs de snipers israéliens sur des journalistes palestiniens lors de la “grande marche du retour” à Gaza. RSF faisait valoir que deux journalistes tués et 18 blessés avaient été délibérément ciblés et que ces actes relevaient de la qualification de crimes de guerre. En décembre 2019, le rapport annuel d’étape sur l’enquête préliminaire de la procureure de la CPI de l’époque, Fatou Bensouda, à propos de la Palestine, mentionnait pour la première fois les journalistes comme inclus dans cette enquête.
Dans un message adressé à RSF le 21 décembre 2023, Fatou Bensouda assure que l’inclusion des crimes contre les journalistes dans son enquête préliminaire “a résulté de la communication de RSF de mai 2018” à la CPI. Le 3 mars 2021, le procureur annonçait l’ouverture d’une enquête formelle sur la situation en Palestine.
Le procureur de la CPI Karim Khan et sa prédécesseure Fatou Bensouda avaient été sollicités en décembre par RSF qui souhaitait s’assurer de leur compréhension de l’ampleur et la gravité des crimes contre les journalistes palestiniens.
“L’hécatombe de journalistes à Gaza, dont au moins 79 ont été tués depuis le 7 octobre, exige une réponse déterminée de la CPI. Nous avons établi qu’au moins 18 d’entre eux ont été tués dans l’exercice ou en raison de leurs fonctions de journaliste, mais seule une enquête approfondie permettra d’établir avec précision les crimes de guerre contre les professionnels de l’information. L’annonce du bureau du procureur de la CPI à RSF est une bonne nouvelle, que nous saluons. Nous espérons que son enquête avance et débouche rapidement.
Christophe Deloire, secrétaire général de RSF
RSF n’a eu de cesse de documenter les crimes commis en Palestine contre des journalistes. En mai 2021, à la suite des bombardements d’une vingtaine de médias dans la bande de Gaza par les forces israéliennes, l’organisation a déposé une deuxième plainte pour crimes de guerre. En décembre 2022, RSF a accompagné la plainte déposée par Al Jazeera concernant l’assassinat de la journaliste palestinienne Shirin Abu Akleh en Cisjordanie. Depuis le 7 octobre 2023, RSF a déposé deux plaintes auprès de la CPI – une première le 31 octobre et une seconde le 22 décembre – appelant le procureur à enquêter sur l’ensemble des journalistes palestiniens tués par l’armée israélienne.
Plus de 1 000 mouvements populaires, partis politiques, syndicats et autres organisations appellent les États du monde entier à soutenir la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud contre Israël. 08 01 2024 (texte disponible en anglais et en espagnol)
Nous, les organisations soussignées, félicitons l’Afrique du Sud pour sa requête auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) invoquant la Convention sur le génocide à l’encontre d’Israël.
Nous exhortons maintenant les autres pays à renforcer cette plainte fermement formulée et bien argumentée en déposant immédiatement une déclaration d’intervention auprès de la CIJ, également appelée Cour mondiale.
De nombreux pays ont exprimé à juste titre leur horreur face aux actions génocidaires, aux crimes de guerre et aux crimes contre l’humanité commis par l’État d’Israël à l’encontre des Palestiniens. Les forces d’occupation israéliennes ont bombardé des hôpitaux, des résidences, des centres de réfugiés des Nations unies, des écoles, des lieux de culte et des voies d’évacuation, tuant et blessant des dizaines de milliers de Palestiniens depuis le 7 octobre 2023. Plus de la moitié des morts sont des femmes et des enfants. Les dirigeants israéliens ont fait des déclarations génocidaires effrontées, déclarant ouvertement leur intention de déplacer définitivement et complètement les Palestiniens de leur propre terre.
L’Afrique du Sud a raison d’affirmer qu’en vertu de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, les actions d’Israël « ont un caractère génocidaire, car elles sont commises avec l’intention spécifique requise […] de détruire les Palestiniens de Gaza en tant que partie du groupe national, racial et ethnique palestinien au sens large ».
Une déclaration d’intervention déposée auprès de la CIJ à l’appui de la plainte de l’Afrique du Sud contre Israël est un moyen de garantir que tous les actes de génocide cessent et que les responsables soient tenus de rendre compte de leurs actes.
Le fait qu’Israël tue, blesse, traumatise et déplace un grand nombre de Palestiniens et qu’il prive une population occupée d’eau, de nourriture, de médicaments et de carburant répond aux critères du crime de génocide. Si la majorité des nations du monde appellent à un cessez-le-feu, mais ne font pas pression pour qu’Israël soit poursuivi, qu’est-ce qui empêchera Israël de procéder à un nettoyage ethnique de tous les Palestiniens ?
D’ailleurs, qu’est-ce qui empêcherait d’autres nations de répéter une horreur de cette ampleur ?
Nous demandons instamment aux gouvernements nationaux de déposer immédiatement une déclaration d’intervention pour soutenir la plainte de l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice afin de mettre un terme aux massacres dans les territoires palestiniens occupés.
Liste des 1010 signataires :
Mouvement du 11 mars (11 maart-beweging), Belgique
Institut commémoratif A.J. Muste, États-Unis
Fondation A.M. Qattan, Palestine
AAPSS.Asociación Amistad con el Pueblo Saharaui de Sevilla, Espagne
Abolition Feminism for Ending Sexual Violence, Royaume-Uni
Academy Alive, Australie
Acción Ecológica, Équateur
ACT Musulmans Australie
Addameer Prisoner Support and Human Rights Association (Association de soutien aux prisonniers et de défense des droits de l’homme), Palestine
Organisation des femmes afghanes pour la paix et la liberté (AWPFO), Afghanistan
Association des ingénieurs agronomes, Palestine
Collectif de recherche-action en agroécologie, États-Unis
Agrupación ESPERANZA Revolucionaria y Socialista, Argentine
Organisation Ahel, Jordanie
Aktiv für Frieden Bad Kreuznach, Allemagne
Association Al Baraem pour le travail caritatif, Liban
Al-Awda, la coalition pour le droit au retour des Palestiniens
ALBA Movimientos, Amérique latine
ALCE (Abolición de Lógicas de Castigo y Encierro), Colombie
Campagne de solidarité avec l’Algérie
AlgérieRévolte
Alianza Latinoamericana Por Palestina contra el Apartheid (Alliance latino-américaine pour la Palestine contre l’apartheid)
Alkarama (Movimiento de Mujeres Palestinas), Espagne
Parti révolutionnaire populaire panafricain
Programme Allende de médecine sociale, États-Unis
Alliance pour les femmes arabes
Alliance pour la démocratie, États-Unis
Société culturelle et artistique Alrowwad, Palestine
Association du barreau musulman américain
Musulmans américains pour la justice, États-Unis
Musulmans américains pour la Palestine – Chapitre de Richmond VA, États-Unis
American Student Union, États-Unis
Amigos de la Tierra América Latina y el Caribe (ATALC)
Centre d’études des droits de l’homme d’Amman (ACHRS), Jordanie
AMUMI (Abrazando al Mundo Migrante), Espagne
Anticapitalistas del estado Español, Espagne
Antipoverty Centre, Australie
APDHA Asociación Pro Derechos Humanos de Andalucía, Espagne
Association des agronomes arabes, Palestine
Conseil civique arabo-américain
Commission arabe des droits de l’homme
Réseau d’OSC et de féministes des États arabes
Arab Theatre Studio, Australie
Organisation des femmes arabes de Jordanie
Observatoire de la démocratie et des élections dans le monde arabe (Al Marsad), Palestine
ARCH Jerusalem (Genève, Suisse)
Arte Sin Frontera, Espagne
Asamblea Antibelicista de Teruel, Espagne
Asamblea antimilitarista de madrid, Espagne
Asamblea de Disminuidos Físicos, Grenade, Espagne
Assemblée pour la défense de notre terre – ADNT, Espagne
Forum social mondial Assemblée mondiale des luttes et des résistances
Forum des peuples d’Asie et d’Europe
Asociación ActivaT en DDHH, Espagne
Association Alnakba, Venezuela
Association américaine des juristes
Asociación Atenea Chamberí, Espagne
Asociacion Canaria Siembra, Espagne
Association colombienne des économistes noirs – Mano Cambiada
Asociación Comunidad Palestina en Canarias, Espagne
Association culturelle brésilienne Maloka, Espagne
Asociación de amistad con Cuba « Bartolomé de las Casas » de Séville (Andalousie) (Espagne)
Association des parents de détenus disparus du Mexique (Fedefam-Mexico)
Asociación de Mujeres Campesinas y Populares AMUCAP-C, Paraguay
Association de femmes musulmanes al Amal, Espagne
Asociación Ecuatoriana de Amistad con el Pueblo Saharaui (AEAPS) (Association équatorienne d’amitié avec le peuple sahraoui)
Association El Patio de las Culturas, Espagne
Association GeoAlternative, Espagne
Association des avocats d’Argentine (Asociación Gremial de Abogados y Abogadas de Argentina)
Association Intervillage de l’État espagnol
Asociación Memoria Histórica Ronda y Serranía, Espagne
Asociación Otra Escuela, Espagne
Asociación para la convivencia intercultural Amazonas, Cadix (Espagne)
Association pour la défense des pensions publiques dans les îles Canaries 29 octobre, Espagne
Association pour la taxation des transactions financières et l’action citoyenne (ATTAC) Madrid, Espagne
Asociación Salvadoreña Palestina, El Salvador
Asociacion Sobrarbense la Bolsa (Espagne)
Asociación Sociocultural Malagueña Malac, Espagne
Asociación Transformando Entre Mujeres, Espagne
Association Tu Agua, Tu Tierra / Zureur, Zurelur, Espagne
Assemblée féministe transnationale, France
Associação Brasileira Interdisciplinar de AIDS – ABIA, Brésil
Associaçāo de Amizade e Solidariedade com a Palestina, Mozambique
Associação Nacional de Travestis e Transexuais – ANTRA, Brasil (Association nationale des travestis et des personnes transgenres du Brésil)
Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)
Association Égalité-Wardah Boutros, Liban
Association pour l’investissement dans les comités d’action populaire, États-Unis
Association France Colombie Solidarité, France
Association France Palestine Solidarité AFPS 13
Association Joussour de Citoyenneté, Tunisie
Association de l’action des femmes, Palestine
Association pour l’activation de la société civile (هيئة تفعيل المجتمع المدني), Liban
Aufstehen, Allemagne
Réseau australien de défense de la Palestine
Syndicat des chômeurs australiens
AVICGE – Euskal Herria, Pays Basque (Espagne)
AWPFO (Organisation des femmes afghanes pour la paix et la liberté), Afghanistan
Forum du Bahreïn pour les droits de l’homme
Société des droits de l’homme du Bahreïn
Association du Bangladesh du Territoire du Nord, Australie
Fondation du Centre Barnard-Boecker, Canada
BDS Canarias, Espagne
BDS Vancouver/Territoires Salish de la côte, États-Unis
Belfast Iqraa Masjid, Irlande du Nord (UK)
Parti vert du comté de Bergen, États-Unis
Bienvenidxs Refugiadxs Huesca, Espagne
Bizilur – Lankidetzarako eta Herrien Garapenerako Erakundea, Pays Basque (Espagne)
Björkåfrihet, Suède
Alliance noire pour la paix
Black Lives Matter UK
Chrétiens radicaux noirs, États-Unis
Travailleurs noirs pour la justice (BWFJ), États-Unis
Mouvement souverain Blak, Australie
Livres contre les frontières
Bosque Fluir – permacultura, Pérou
Boycott from Within (Israeli citizens for BDS)
Brainerd Area Coalition for Peace and Brainerd Lakes United Environmentalists (BACP-BLUE), USA
Brighton & Hove Palestine Solidarity Campaign UK
Bronx Anti War Coalition, USA
Broome County Peace Action, USA
Bruxelles Panthères, Belgium
CADFA (Camden Abu Dis Friendship Association), UK
CADTM International Network (Committee for the Abolition of Illegitimate Debt)
CAGE International
California Scholars for Academic Freedom, USA
Campaign against Misrepresentation in Public Affairs, Information and the News, UK
Campaign Against Sanctions and Military Intervention in Iran
Campaign for Nuclear Disarmament (UK)
Campaign for Peace, Disarmament and Common Security, USA
Canada Palestine Association
Canadian Lebanese Academic Forum, Canada
Canadian Voice of Women for Peace, Canada
Capítulo Cuba de la Red en Defensa de la Humanidad
Casa de Cultura y Participación Ciudadana de Chamberí, Spain
Casa de la Solidaritat, Barcelona (Spain)
Casa Tecmilco, México
Católicas pelo Direito de Decidir, Brazil
Center for Defending Freedom of Journalists, Jordan
Center for Refugee Rights/ Aidoun (CRR), Lebanon
Center for the Study of Islam and Decoloniality, Pakistan
Central Jersey Coalition Against Endless War, U.S.A.
Centre Europe – Tiers Monde (CETIM), Suisse
Centre for Social Change (Université de Johannesburg), Afrique du Sud
Centro de Amigos para la Paz (CAP), Costa Rica
Centro de Documentación en Derechos Humanos Segundo Montes Mozo S.J., Équateur
Centro de Educación e Investigación para la Paz (CEIPAZ), Espagne
Centre d’études et de recherches sur les femmes, Espagne
Centre d’études géopolitiques CENAC – Bolivie
Centre Martin Luther King de l’Uruguay
Centre national de la photographie (Cenaf) Venezuela
CGT – Confederación General del Trabajo, Espagne
Aide mutuelle de Charlottetown
Chicago Area Peace Action, États-Unis
Chicago Faith Coalition on Middle East Policy (Coalition religieuse de Chicago sur la politique au Moyen-Orient), États-Unis
Conseil communautaire Chin de QLD, Australie
Alliés judéo-chrétiens pour une paix juste en Israël/Palestine, États-Unis
Femmes de l’Église unies dans l’État de New York, États-Unis
Citizens International, Malaisie
Réseau de ressources médicales civiles, États-Unis
Mosquée de Claremont Main Road, Le Cap, Afrique du Sud
Coalition contre le fascisme en Inde (International)
Coalition pour la responsabilité et l’intégrité – AMAN, Palestine
Coalition Tunisienne Contre la Peine de Mort CTCPM, Tunisie
CODEPINK
CODEPINK – Section de la vallée de la rivière, États-Unis
CODEPINK, ÉTATS-UNIS
Cohabitants MX, Mexique
Col.lectiu Agudells, Barcelone (Espagne)
Collectif pour le droit à la décision Costa Rica
Colectivo Autogestionario de Solidaridad entre el Área Latina (CASAL), Catalogne (Espagne)
Collectif de réfugiés colombiens dans les Asturies, Espagne
Collectif de solidarité pour la justice et la dignité des peuples – Coliche, Espagne
Black Dignity Collective, Espagne
Collectif féministe Les femmes à la rencontre. Tenerife, Îles Canaries, Espagne
Collectif républicain de Redondela, Espagne
Colectivo Shalom, Mexique
Colectivo Voces Ecológicas COVEC, Panama
Coletivo Advogadas e Advogados pela Democracia (CAAD), Brésil
Collectif Judeo Arabe et Citoyen pour la Palestine, France
Columbus Democratic Socialists of America (Socialistes démocrates d’Amérique), États-Unis
Commission des droits de l’homme des Chiliens en Argentine
Commission ethnique pour la paix et la défense des droits territoriaux, Colombie
Comité colombien de solidarité avec la Palestine, Colombie
Comité de Defensa de los Derechos de la Mujer (CODEM) Mexique
Comité de solidarité avec la cause arabe, Espagne
Comité de solidarité des peuples – Interpueblos Cantabria, Espagne
Comité de solidarité avec la Palestine, Mexique
Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie, Tunisie
Comité européen de solidarité avec la révolution populaire sandiniste ESC RPS
Comitê Goiano de Direitos Humanos Dom Tomás Balduino, Brésil
Comité international pour la paix, la justice et la dignité des peuples, Cuba/États-Unis
Comité Palestine 47 AFPS, France
Comité Panameño de Solidaridad con Palestina (CPSP), Panama
Comite permanente por la defensa de los derechos humanos CPDH Colombia
Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient (CPJPO), Luxembourg
Comité Pro Rescate y Defensa de la Soberanía Nacional (Panamá)
Committee of Anti-Imperialists in Solidarity with Iran
Committees of Correspondence for Democracy and Socialism, Covallis, OR Chapter, USA
Communist Party of Kenya
Communist Workers League, USA
Community Action Center, Al-Quds University, Palestine
Community Peace Association, Jordan
Community Peacemaker Teams
Comunidad Ecuménica Martin Luther King, Chile
Comunidad para el Desarrollo Humano, Chile
Confederación Intersindical, Spain
Confédération Internationale Solidaire et Écologiste, France
Congreso de los Pueblos, Colombia
Congreso de los Pueblos/Raíz, Colombia
Conseil National des Comités Populaires (CNCP Martinique)
Consejo Nacional para la Defensa de la Soberanía y la Paz CONADESOPAZ, Panama
Convocatoria SEGUNDA INDEPENDENCIA de Argentina
Coop Anti-War Café, Berlin, Germany
Cooperation Jackson, USA
Coordinación de Solidaridad con Palestina en México (CORSOPAL)
Coordinadora de Barrios y Pueblos de Madrid en Defensa de la Sanidad Pública, Spain
Coordinadora por la Paz, la Soberanía la Integración y la No Injerencia CPAZ Movimiento Social de DDHH, Ecuador
Coordination Maghrebine des Organisations des Droits Humains, Algeria/Morocco/Tunisia
Corporación Campo de Concentración 3y4Álamos, Chile
Corporate Accountability (International)
Corvallis Palestine Solidarity, USA
Coulee Region Coalition for Palestinian Rights (CRCPR), USA
Courant Populaire Tunis, Tunisia
Critical Refugee Studies Collective, USA
Cuba en Resumen, Cuba
CUNY for Palestine , USA
Damascus Center for Theoretical and Civil Rights, Syria
Damj, the Tunisian Association for Justice and Equality
DAWN (Development Alternatives with Women for a New Era)
Dayenu: New Zealand Jews Against Occupation
De-Colonizer, Israel
Defence for Children International
Deir Yassin Remembered, USA
Democracy for the Arab World Now (DAWN)
Democracy Works, USA
Democratic Socialists of America – International Committee
Desarma Madrid, Spain
Dialogue block party كتلة الحوار, Egypt
Diáspora Pa’lante Collective, Puerto Rico
Doctors Against Genocide
Doctors in Unite national branch of Unite UK
Dr. Martin Luther King Jr. Memorial Center (CMMLK), Cuba
Driftless Palestinian Solidarity, USA
Ecologistas en Acción, Spain
Educators For Humanity, Afrique du Sud
Fondation égyptienne pour l’avancement des conditions de l’enfance
Socialistes révolutionnaires égyptiens
El Ágora de Moratalaz, Espagne
El col.lectiu la Ribera en Bici-Ecologistes en Acció, Valencia (Espagne)
El Grupo de Tiempo Libre Irrintzi Atseden Taldea, Pays Basque (Espagne)
Centre El Nadim contre la violence et la torture, Égypte
Espace interreligieux Patrick Rice. République d’Argentine
Espai Roig del Bages, Espagne
Estado Nacional Soberano de Borinken, Puerto Rico
Les Éthiopiens contre l’apartheid
Eugene PeaceWorks, États-Unis
EUPV de Crevillent Alacant (Espagne)
Centre européen de soutien juridique (ELSC)
Euskadi, Cuba
Extinction Rebellion Eugene, USA
Faith Strategies, États-Unis
Familles per la pau, Catalogne (Espagne)
Federación Nacional de Cooperativas Agropecuarias (FENACOA), Colombie
Fédération des travailleurs et syndicats mexicains (Confederación de Trabajadores y Sindicatos de Mexico)
Conversations féministes au Kenya (FCK)
Internationalistes féministes, États-Unis
Femmes contre l’Empire, Canada
Filastiniyat, Palestine
FILEF (Sydney) Fédération des travailleurs migrants italiens et de leurs familles, Australie
Focus sur le Sud mondial
Forum sur la construction républicaine à Utrers
Foro de Transiciones, Espagne
Foro Itinerante de Participación Popular, Venezuela
Fórum de Política Feminista, Espagne
Fórum Latino Palestino, Brésil
Foundation for Refugee Economic Empowerment FREE, Royaume-Uni/Nigeria
Observatoire français des droits de l’homme
Frente Antiimperialista Internacionalista, Espagne
Frente de Abogados Socialistas Para la Protección de Los Pueblos y Comunidades Indigenas, Venezuela
Frente socialista « Carlos Escarra », Venezuela
Frente Unido América Latina Berlin, Allemagne
Fresh Eyes – People to People Travel, Royaume-Uni
Les vendredis pour le futur Liban
Amis de Ben Salmon, États-Unis
Amis de Coldwater : Mni Waconi (L’eau c’est la vie), USA
Amis de l’Amérique latine, États-Unis
Amis de la Chine socialiste
Amis de la liberté du Swaziland, Swaziland
Les Amis du Congo
Bureau d’amitié des Amériques
Fundación Arcoiris por el respeto a la diversidad sexual, Mexique
Fondation Future Economic Index, Jordanie
Futuro Alternativo, Spain
Gauteng SA Football Federation Legends, South Africa
Gaza Freedom Flotilla
Geneva Centre for Democracy & Human Rights
Geneva Council For International Affairs and Development
Georgia Human Rights Clinic, USA
German Drone Campaign, Germany
German Freethinkers’ Association, Germany
Gerrarik Ez Eibar, Basque Country (Spain)
Global Afrikan Congress uk (GACuk)
Global Afrikan Congresseu (GACeu) europe
Global Legal Alliance for Palestine
Global Network Against Weapons & Nuclear Power in Space
Global Pan African Movement, North America
GRAIN, International
Grassroots Dawah NYC, USA
Green Mountain Solidarity With Palestine
Green Party of Monroe County, USA
groundWork, Friends of the Earth, South Africa
Groupe Révolution Socialiste (Martinique)
Grupo de investigacion Kavilando // Red Interuniversitaria por la paz REDIPAZ, Colombia
Grupo de Salud Chamberí, Spain
Grupo de Seguimiento a las Reparaciones por Esterilizaciones Forzadas (GREF), Peru
Haiti Action Committee, USA
Haqooq-e-Khalq Party, Pakistan
Hastings & District Trades Union Council, UK
Hastings and District Palestine Solidarity Campaign, UK
Hawai’i Peace and Justice, USA
Healthcare Workers 4 Palestine
Healthcare Workers 4 Palestine South Africa
Helena Service for Peace and Justice, USA
Hillingdon Palestine Solidarity Campaign, UK
Hindus for Human Rights, USA
Historians for Peace and Democracy, USA
HOPE (Health Over Profit for Everyone) in the Midwest, USA
Horan Rencontre por la Citoyennete, France
Housing and Land Rights Network – Habitat International Coalition, MENA+
HUMANITAS: The Africana Ethical Society
IBBY (International Board on Books for Young People) Palestine
IBN-E-SINA R&D Kabul, Afghanistan
Independent Jewish Voices Canada
Indiana Center for Middle East Peace, USA
Indiana Center for Middle East Peace, USA
Initiatives for International Dialogue, Phillipines
Inminds Human Rights Group, UK
Institute for Economic Research on Innovation, South Africa
Institute for the Advancement of Hawaiian Affairs
Institute for the Critical Study of Zionism
Instituto Brasil Palestina IBRASPAL
Instituto de Estudios Ecologistas del Tercer Mundo (Institut d’études écologiques du troisième monde)
Instituto Simón Bolívar para la Paz y la Solidaridad entre los Pueblos, Venezuela
Intal Globalize Solidarity, Belgique
Centre d’action internationale
Association internationale des juristes démocrates
Conseil international des musulmans indiens
Institut international pour les droits de l’homme, l’environnement et le développement (INHURED International), Népal
Institut international pour la paix, la justice et les droits de l’homme – IIPJHR, Suisse
Assemblée internationale des femmes irakiennes
Réseau international juif antisioniste
Union internationale des juristes – Genève
Groupe international du Manifeste
Organisation internationale de la confrérie Tijjaniyya, Yola, Nigeria
Assemblée populaire internationale
Tribunal international des peuples sur l’impérialisme américain
Volontaires internationaux pour la paix, Australie
Centre islamique du sud-ouest de l’Ontario, Canada
Conseil islamique du Territoire du Nord, Australie
Conseil islamique de Victoria, Australie
Forum islamique pour les musulmans australiens (IFAM)
Commission islamique des droits de l’homme, Royaume-Uni
Association des écoles islamiques d’Australie
Conseil islamique chiite du Queensland Australie
Société islamique de Belconnen, Australie
Société islamique de Palmerston (ISP), Australie
Réseau de mission Israël/Palestine de l’Église presbytérienne (États-Unis)
Israel/Palestine Mission Network of the Presbyterian Church (USA) Bay Area (Réseau de mission Israël/Palestine de l’Église presbytérienne (USA) de la région de la baie)
Comité israélien contre les démolitions de maisons (ICAHD) (Israël/International)
Comité israélien contre les démolitions de maisons ICAHD – Allemagne
Comité israélien contre les démolitions de maisons Royaume-Uni
Israéliens contre l’apartheid, Israël
Izquierda Libertaria – Chili
Izquierda Republicana de España, Espagne
Izquierda Unida IU Comunidad de Madrid y Comunidades Obreras CCUU, Espagne
JA!Justica Ambiental, Mozambique
Janjira Habsani Mohammedan Educational Society (JHESS), Afrique du Sud
Jersey Shore Food Not Bombs, États-Unis
Centre de Jérusalem pour les femmes, Palestine
Centre d’aide juridique de Jérusalem
Réseau juif pour la Palestine (Royaume-Uni)
Voix juive pour une paix juste au Moyen-Orient (Allemagne)
Jewish Voice for Labour (Royaume-Uni)
Jewish Voice For Peace – Westchester, États-Unis
Jewish Voice for Peace – Mid-Hudson Valley, USA
Jewish Voice for Peace Northern New Jersey, États-Unis
Jewish Voice for Peace Vermont / New Hampshire Chapter, USA
Jewish Voice for Peace-Milwaukee, États-Unis
Jewish Voice for Peace/Madison Chapter (Voix juive pour la paix/chapitre de Madison), États-Unis
Groupe de dialogue juif-palestinien Munich, Allemagne
Les Juifs contre l’occupation ’48 Australie
Juifs pour le droit au retour des Palestiniens, États-Unis
Les Juifs disent non, États-Unis
Jisoor
Fédération jordanienne des syndicats indépendants
Forum jordanien au Royaume-Uni
Journée continentale pour la démocratie et contre le néolibéralisme
Jubileo Sur/Américas
JUST (Mouvement international pour un monde juste), Malaisie
Just Peace Advocates/Mouvement pour une paix juste
JUST-IS Solidarité interconfessionnelle pour la justice et contre le militarisme, Pakistan
Justiça Ambiental JA ! – Mozambique
Justice pour tous, États-Unis
Justice pour la Palestine-LA, États-Unis
KAFA (Assez) Violence et exploitation, Liban
Kairos Irlande
Kairos Puget Sound Coalition, États-Unis
Kairos USA
Association islamique de Kamloops, Canada
Katribu Kalipunan ng Katutubong Mamamayan ng Pilipinas, Philippines
Kenyans pour la Palestine
Kuagro Ri Changaina, Colombie
Kvindernes Internationale Liga for Fred og Frihed WILPF Denmarked (Danemark)
L’Union de l’Action Féministe, Maroc
La Vía Campesina
Travailler pour la Palestine
Labour For Palestine – Canada
Mouvement des travailleurs sans terre MST, Brésil
Droit pour la Palestine
Conseil libanais des femmes
Leuvense Actiegroep Palestina, Belgique
Libération pour un, libération pour tous (LOLA), États-Unis
Forum des femmes libyennes
Liga Argentina por los Derechos Humanos (Ligue argentine pour les droits de l’homme)
Liga Argentina por los Derechos Humanos, Argentine
Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos, LIMEDDH
Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH), Tunisie
Lignes linéaires, Liban
Llegat Jaume Botey i Vallès, Catalogne (Espagne)
London Ontario Activism, Canada
Madison pour un monde au-delà de la guerre, États-Unis
Projet de ville jumelle Madison-Rafah, États-Unis
Madres Contra la Represión (Espagne)
Maestra Productions, États-Unis
Voix du Maine pour les droits des Palestiniens
Mains Libres, Maroc
Majdel Balhis Social Club, Canada
Mouvement de solidarité avec la Palestine au Malawi
Centre Malcolm X pour l’autodétermination, États-Unis
Marche mondiale des femmes
Marche mondiale des femmes Macronorte, Pérou
Marea Blanca Malaga (Espagne)
Groupe de paix de Marrickville, Australie
Martigues-Palestine, France
Le marxisme-léninisme aujourd’hui, États-Unis
Ligue de la jeunesse marxiste, États-Unis
Más Madrid Cercedilla, Espagne
Mai First Movement Technology, États-Unis
Association médicale pour la prévention de la guerre (Australie)
Association médicale, Palestine
Medicina Democratica GNO – Italie
Membres de la faculté des sciences de la santé de l’université de Witwatersrand, personnel, étudiants et anciens étudiants signataires d’un appel à l’action à l’université de Wits, Afrique du Sud
Église congrégationaliste de Meriden, UCC, États-Unis
Mesa de DDHH de Villa Cerro Azul – Colón- Córdoba Argentina
Mouvement de réconciliation du Mid-Missouri (FOR), États-Unis
Le Moyen-Orient en point de mire, KPFK, États-Unis
Middle East Justice and Peace Group of Central Pennsylvania (Groupe pour la justice et la paix au Moyen-Orient de Pennsylvanie centrale), États-Unis
Middle East Peace Now, États-Unis
Les milléniaux tuent le capitalisme, États-Unis
Milwaukee Muslim Women’s Coalition (Coalition des femmes musulmanes de Milwaukee), États-Unis
Projet de paix du Minnesota, États-Unis
Alliance des droits des immigrés du Mississippi (MIRA), États-Unis
Mississippiens pour la Palestine, États-Unis
Coalition du MIT contre l’apartheid, États-Unis
MLN – Mouvement pour la libération de la Nakba, Malaisie
Comité anti-guerre de MN, États-Unis
Communauté MN BDS, États-Unis
Mobilisation contre la guerre et l’occupation – MAWO, Canada
Mobilisation4Mumia
Fondation Mom vision prodeca (MVPF), Sénégal
Món sense Guerres i sense Violència (MSG), International
Centre de paix et de justice de Monterey, États-Unis
Montréal pour un monde au-delà de la guerre, Canada
Société de l’école maternelle, Palestine
Mountada Ettajdid, Tunisie
MOUSSAWAT Tunisie (Pour les droits de la femme)
Mouvement Citoyen Palestine, France
Mouvement pour la liberté et la démocratie en Palestine, Palestine
Mouvement des personnes affectées par les barrages (MAR), Hémisphère occidental
Movimento de Trabalhadores Sem Teto (MTST Brasil)
Movimiento cultural campesino los Arangues, Venezuela
Movimiento de Pequeños Agricultores, MPA Brésil
Movimiento Estudiantil Cristiano de Cuba
Mouvement mexicain de solidarité avec la Palestine (MMSP)
Mouvement PeaceWAY, Espagne
Mouvement pour un monde sans guerre ni violence (MSGySV)
Movimiento Somos Barrios Uruguay
Femmes en noir contre la guerre – Madrid, Espagne
Femmes en noir contre la guerre, Isbilya, Andalousie (Espagne)
Femmes pour la paix
MUSAWA – Centre palestinien pour l’indépendance de la justice et de la profession juridique
Centre musulman du comté de Middlesex (MCMC), États-Unis
Fondation caritative musulmane
Ligne d’assistance de la communauté musulmane, Royaume-Uni
Journal musulman, États-Unis
Muslimmatters
Mütter contre la guerre de Berlin-Brandebourg
Aide mutuelle Medway, Royaume-Uni
Nation andalouse
Naco Nius México. M. N. N.
Nahostgruppe Mannheim, Allemagne
Nahuatl elkartea, Espagne
Mouvement national de Jéricho, États-Unis
National Lawyers Guild – St. Louis Chapter
National Lawyers Guild-San Francisco Bay Area Chapter, États-Unis
National Lawyers Guild, Université Loyola de Chicago, États-Unis
National Lawyers Guild, Faculté de droit de l’Université de Chicago, États-Unis
National Lawyers Guild, États-Unis
Réseau national sur Cuba, États-Unis
Payeur unique national, États-Unis
National Students for Justice in Palestine (NSJP), États-Unis
Nebraskans For Peace Palestinian Rights Task Force (groupe de travail sur les droits des Palestiniens), États-Unis
Réseau des démocrates du monde arabe
Plus jamais ça, États-Unis
Église du nouveau millénaire, États-Unis
New Paltz Femmes en noir, USA
New Unity Movement, Afrique du Sud
Conseil de la paix de New York
Centre culturel islamique de Newtownards (NICC), Royaume-Uni
Mouvement de Niagara pour la justice en Palestine-Israël (NMJPI) ON Canada
Centre d’action communautaire du Nicaragua, Nicaragua/États-Unis
Mouvement de solidarité avec la Palestine (NiPaSoM)
Conseil de l’union industrielle de l’État du New Jersey, États-Unis
Nonviolence International
Noor Educational and Capacity Development Organization (NECDO), Afghanistan
Réseau de justice environnementale de Caroline du Nord, États-Unis
Parti vert de Caroline du Nord, États-Unis
Coalition de la côte nord pour la Palestine, États-Unis
Association des familles musulmanes d’Irlande du Nord (NIMFA)
Coalition pour la paix du nord-ouest de l’Ohio
Nyan-Ko-Pong Maroon Global Tribal Nation Territories, Jamaïque
Association des droits des Palestiniens d’Oakville (Canada)
Observatorio de Derechos Humanos de los Pueblos (Observatoire des droits de l’homme des peuples)
Observatorio Etico International- OBETI, Madrid (España)
Observatoire de la fermeture de l’école des Amériques au Chili
Occupy Bergen County, États-Unis
Réseau d’action sur le pétrole et le gaz, États-Unis
One Justice – France
Assemblée de l’État unique, Palestine
Ongi etorri errefuxiatuak araba, Pays basque (Espagne)
Ongi Etorri Errefuxiatuak Araba, Espagne
Ordre National des Avocats de Tunisie
Organisation Contre la Torture en Tunisie OCTT, Tunisie
Organizacija za participatorno družbo, Slovénie
Organización Política Venezuela Humana
Organisation pour la liberté des médias et de l’expression OFME – Hatim / Maroc
Organisation pour la victoire du peuple, Guyane
Notre Révolution – Dakota du Nord, États-Unis
Parti vert du Pacifique, section Linn-Benton, États-Unis
PAH (Plataforma de Afectats per la Hipoteca) Barcelone (Espagne)
Pajaro Valley Pride, États-Unis
Société canadienne des femmes pakistanaises
Commission PAL sur les crimes de guerre, la justice, les réparations et le retour
Palabras de poeta/ Revista de poesía/ Argentina
Palästina-Forum Nahost Francfort, Allemagne
Palestijnse gemeenschap in Nederland PGN, Pays-Bas
Palestina Toma la Calle, Espagne
Palestine 13, Marseille, France
Caucus Palestine Arabe et Musulmane (PAM) de l’association des professeurs de Californie, USA
Palestine Ceasefire Dayton, États-Unis
Palestine Hurra Collective Nashville, États-Unis
Institut palestinien de recherche sur la sécurité nationale, Palestine
Coalition pour la justice en Palestine, Santa Cruz, États-Unis
Palestine Museum US (Woodbridge, CT), États-Unis
Société pour la paix en Palestine
Plate-forme pour la Palestine, Irlande du Nord (UK)
Alliance de solidarité avec la Palestine, Afrique du Sud
Campagne de solidarité avec la Palestine (Cape Town), Afrique du Sud
Campagne de solidarité avec la Palestine Thaïlande
Coalition de solidarité avec la Palestine – Université du New Hampshire, États-Unis
Palestine Solidarity Kamloops, Canada
Réseau de solidarité avec la Palestine Aotearoa, Nouvelle-Zélande
Palestine Solidarity, St. John’s NL, Canada
Palestine Speaks, Allemagne
Taskforce Palestine Conférence CA/Nevada de l’Église méthodiste unie, États-Unis
Festival littéraire Palestine Writes (Philadelphie, PA), États-Unis
Conseil américano-palestinien
Réseau des organisations américano-palestiniennes (PAON)
Unité palestinienne et juive (PAJU), Canada
Assemblée palestinienne de libération
Association du barreau palestinien, Palestine
Alliance chrétienne palestinienne pour la paix, États-Unis
Union des entrepreneurs palestiniens, Palestine
Association dentaire palestinienne, Palestine
Collectif féministe palestinien
Forum palestinien en Grande-Bretagne
Union palestinienne de lutte pour le travail
Réseaux palestiniens Almere, Pays-Bas
Réseau d’ONG palestiniennes, PNGO, Palestine
Association palestinienne des infirmières et des sages-femmes, Palestine
Parti populaire palestinien, Palestine
Union palestinienne des psychologues et des travailleurs sociaux, Palestine
Société des femmes travailleuses palestiniennes pour le développement PWWSD, Palestine
Société des femmes travailleuses palestiniennes pour le développement PWWSD, Palestine
Mouvement de la jeunesse palestinienne
Pallasos en Rebeldia (Espagne)
Action de la communauté panafricaine (PACA), États-Unis
Pan-Afrikan Liberation Program (Programme de libération panafricaine), États-Unis
Partido Comunes (Delegado en México)
Partido Comunista de los Pueblos de España (PCPE), Espagne
Partido Comunista de los Trabajadores de Argentina (Parti communiste des travailleurs d’Argentine)
Partido del Trabajo Unificado, Espagne
Partido político Alianza Verde, Espagne
Partidul Socialist Român, Roumanie
Parti pour le socialisme et la libération (PSL), États-Unis
Parva Arba Paracuellos — Asociación para la Recuperación de la Vegetación Autóctona de Paracuellos, Espagne
Pax Christi Canada
Pax Christi Rhode Island, États-Unis
Pax Christi Texas, USA
Paz con Dignidad, Espagne
Peace Action Montgomery, États-Unis
Peace Action of San Mateo County, États-Unis
Peace Action Wisconsin, États-Unis
Comité pour la paix et la justice sociale, at Friends Meeting Cambridge, USA
Peace Fresno (Californie, États-Unis)
Mouvement pour la paix Aotearoa, Nouvelle-Zélande
Peace People, Irlande
Paix, justice, durabilité, NOW, USA
Peacemaker Trust, Royaume-Uni
PeaceWorks Brunswick Maine, USA
Pekarna Magdalenske mreže, Slovénie
PEN International-Palestine
Académie populaire de droit international, États-Unis
Association des pharmaciens, Palestine
Philly Boricuas, États-Unis
Physicians for Social Responsibility/Sacramento, États-Unis
Comité de solidarité avec la Palestine de Pittsburgh, États-Unis
Planète contre Pentagone, USA
Plataforma Bienvenid@s Refugiad@s de la Rioja, Espagne
Plataforma Ciudadana Caudete se Mueve, Espagne
Plataforma Ciudadana de Córdoba por la Defensa del Sistema Público de Pensiones, Espagne
Plataforma contra la violencia Apoyamos Milagros, Espagne
Plataforma de Solidaridad con la Causa Palestina (Venezuela)
Plataforma Feminista 8M de Tenerife, Espagne
Plataforma Pensiones Fernán Núñez, Espagne
Plataforma Tenerife con Palestina, Espagne
Plataforma Villena por la Paz, Espagne
Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA), Haïti
Terrains de jeux pour la Palestine, États-Unis
Conseil d’administration du PNHP-WA, États-Unis
Poetas de Norte Entero, Argentine
Résistance populaire, États-Unis
Por la Libertad del Pueblo Saharaui (ALPS), Espagne
Prevención, Capacitación y Defensa del Migrante A.C., Mexique
Proceso de Comunidades Negras (PCN), Colombie
Programme Paso a Paso, Honduras
Démocrates progressistes d’Amérique, section de l’Oregon, États-Unis
Progressive International
Association des juristes progressistes, Turquie (CHD)
Projet de technologie progressive, États-Unis
Projet Enduring Peace, États-Unis
Public Intellectuals for Social and Spare Change (Intellectuels publics pour le changement social et économique), États-Unis
Puentes (Amérique latine, international)
Collectif QSR, Australie
Mosquée de Queanbeyan, Australie
Queen’s Malay Club, Irlande du Nord
Société islamique de l’université Queen’s de Belfast, Royaume-Uni
Musulmans du Queensland, Australie
Coalition pour la paix et la justice de Racine
Radical Hospitality, États-Unis
Raíces (Grupo cultural raíces de Guasá), Équateur
Raising Peace, Australie
Rebel-lió o Extinció BCN/Extinction Rebellion Barcelona (Espagne)
Red Católicas por el Derecho a Decidir de América Latina y el Caribe (Réseau des catholiques pour le libre choix en Amérique latine et dans les Caraïbes)
Réseau communautaire d’écologistes du Salvador RACDES
Réseau d’intellectuels et d’artistes pour la défense de l’humanité – Section paraguayenne
Réseau La Clase Trabayadora (Espagne)
Réseau de solidarité avec la Palestine – Costa Rica
Réseau Décolonialité et Autogouvernance (International)
Red Migrante Tenerife, Espagne
Red SOS Refugiados Europa (Espagne/International)
Rede Jubileu Sul Brasil
Plate-forme pour les réfugiés en Egypte (RPE)
Regroupement de citoyens pour un monde meilleur, Canada
Rencontres Marx, France
Réserve indigène coloniale du village Zenú de Toluviejo, Sucre, Colombie
Resistance Kitchen, Royaume-Uni
Résumé latino-américain
Retour à la terre – Costa Rica
RighteousJews.org, États-Unis
Majorité montante, États-Unis
Rising Together, États-Unis
Comité de solidarité noire des syndicats RMT, Royaume-Uni
Association des femmes Roa’a Jordanie
Groupe de paix de Rochdale et Littleborough, Royaume-Uni
Rochester Witness for Palestine, États-Unis
Rockland pour la Palestine
Roots Action, États-Unis
Roots Society for Citizen Right, Jordanie
Rumbo a Gaza-Freedom Flotilla Coalition (en anglais)
Centre œcuménique de théologie de la libération Sabeel, Palestine
Coalition régionale de Sacramento pour les droits des Palestiniens, États-Unis
Société du patrimoine de Salt River, Afrique du Sud
Réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun
Sanitari@s con Palestina en Canarias, Espagne
Ferme Sankara, États-Unis
Centre de bien-être Sankofa, États-Unis
Santa Feans for Justice in Palestine, Santa Fe, NM, USA
Faculté Sarah Lawrence pour la justice en Palestine
Sare Lesbianista, Pays Basque (Espagne)
Saskatoon Chapter of Canadians for Justice and Peace in the Middle East, Canada (Section de Saskatoon des Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient)
SAT Sindicato Andaluz de Trabajadores (Espagne)
Sauver nos terres sacrées, Afrique du Sud
Sauver l’humanité et la planète Terre – SHAPE, Australie
SB4Palestine (SJP à l’université de Stony Brook), États-Unis
Institut scandinave des droits de l’homme/Fondation Haytham Manna
Scholars Against the War on Palestine, Canada/International
Science for the People, États-Unis
SDS (SOAS DETAINEE SUPPORT), UK
SE London Friends Of Palestine, Royaume-Uni
Coalition anti-guerre de Seattle
Secours Catholique, France
Sécuriser l’Écosse
Prix Serena Shim
Service chrétien international de solidarité avec l’Amérique latine (SICSAL Mexico)
Alors que 2022 avait été une année de fortes incertitudes, 2023 sera placée sous le signe des inégalités. Après la pandémie de COVID-19 et des pertes dévastatrices, les économies peinent globalement à reprendre de la vigueur, plombées par les effets conjugués de multiples crises : changement climatique, conflits, insécurité alimentaire, pour n’en citer que quelques-unes.
Comme souvent cependant, ce sont les pays les plus pauvres du monde qui sont les plus durement touchés. Beaucoup d’entre eux, déjà surendettés, se trouvent toujours plus à court de ressources financières. Sur le front de l’emploi, les plateformes numériques occupent désormais une place essentielle sur les marchés du travail du monde entier, mais seuls ceux qui sont en mesure d’y accéder peuvent tirer parti de cette nouvelle source de revenu. À tous ces défis vient s’ajouter la crise des réfugiés et avec elle le besoin impératif d’améliorer les politiques migratoires afin de non seulement trouver des solutions, mais aussi stimuler la croissance économique et la prospérité.
1. Pauvreté
L’extrême pauvreté a certes baissé dans les pays à revenu intermédiaire, mais elle s’est aggravée dans les pays les plus pauvres et ceux en situation de fragilité, conflit et violence. La persistance de la pauvreté dans ces pays complique d’autant plus la réalisation d’autres grands objectifs de développement mondiaux.
2. Dette
La dette extérieure n’a cessé d’augmenter depuis dix ans dans toutes les régions du monde
L’édition 2022 avait révélé des risques croissants pour l’ensemble des économies en développement (qu’elles soient à revenu faible ou intermédiaire), tout en soulignant des tensions de plus en plus aiguës dans les pays les plus pauvres du monde, accablés par le fardeau croissant du service de la dette.
Une tendance qui s’est poursuivie cette année : selon le rapport publié en décembre 2023, les pays en développement ont dépensé en 2022 un montant record de 443,5 milliards de dollars pour assurer le service de leur dette publique extérieure et des dettes garanties par l’État. Dans les pays les plus pauvres admis à emprunter auprès de l’Association internationale de développement (IDA), le coût total du service de la dette a atteint le niveau sans précédent de 88,9 milliards de dollars, soit une hausse de 4,8 % par rapport à 2021. La hausse des coûts d’emprunt fait courir un risque de crise de la dette aux pays les plus pauvres, où elle détourne le peu de ressources disponibles au détriment de secteurs critiques comme la santé, l’éducation et l’environnement.
3. Perspectives économiques mondiales
Selon l’édition de janvier 2023 des Perspectives économiques mondiales, la croissance marque fortement le pas sous l’effet de l’inflation, de la hausse des taux d’intérêt, de la diminution des investissements et des perturbations causées par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Les prévisions de la Banque mondiale tablent sur une croissance de l’économie mondiale de 1,7 % en 2023 et 2,7 % en 2024, avec un ralentissement marqué et généralisé. Elles ont été revues à la baisse pour 95 % des économies avancées et près de 70 % des économies de marché émergentes et en développement.
Les perspectives économiques des pays en développement se sont assombries en 2023. Les quatre premières années de la décennie 2020 ont affiché des taux de croissance parmi les plus faibles depuis trente ans.
4. Une croissance à long terme en perte de vitesse
Falling Long-Term Growth Prospects: Trends, Expectations, and Policies : c’est le titre d’une étude de la Banque mondiale qui évalue pour la première fois les taux de croissance potentielle à long terme après la pandémie de COVID-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
Les conclusions sont préoccupantes : au rythme actuel, la « vitesse limite » de l’économie mondiale, c’est-à-dire le taux de croissance maximal à long terme sans risque d’inflation, devrait tomber à son niveau le plus bas depuis trois décennies d’ici 2030. En cause, le déclin de la quasi-totalité des forces qui ont favorisé la prospérité depuis le début des années 1990, dont notamment une diminution de la population en âge de travailler.
5. Climat
Le changement climatique n’épargne personne ni aucune économie. D’ici à 2050, les dérèglements du climat risquent de contraindre 216 millions de personnes à migrer à l’intérieur de leur pays. Le stress hydrique va s’aggraver et les rendements agricoles diminuer, en particulier dans les régions du monde qui souffrent déjà d’une insécurité alimentaire. Par ailleurs, les systèmes agroalimentaires sont responsables d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Pour lutter contre le changement climatique et permettre en même temps aux populations, écoles, hôpitaux et entreprises d’avoir accès à l’électricité, il faut produire des énergies propres. Cela passe par le développement des renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique, et par des investissements dans l’électrification à grande échelle, tout en évitant la construction de nouvelles centrales au charbon et la mise hors service des anciennes installations. (…)
Il est possible de réduire les émissions et d’accroître la résilience, mais cela suppose des évolutions sociales, économiques et technologiques majeures.
Dans un monde où les crises et les chocs frappent plus durement les populations les plus pauvres, le changement climatique n’échappe pas à la règle. Et la lutte contre le changement climatique revêt une importance capitale pour relever le défi du développement et bâtir une planète vivable.
6. Perspectives des marchés des produits de base
Une escalade du conflit en cours au Moyen-Orient, qui vient s’ajouter aux bouleversements causés par l’invasion russe de l’Ukraine, risque d’entraîner les marchés mondiaux des matières premières en terrain inconnu, a alerté le dernier rapport Commodity Markets Outlook.
Les prix mondiaux des produits de base ont chuté de près de 25 % en 2023 par rapport à 2022, la plus forte baisse depuis la pandémie. Le déclenchement du conflit au Moyen-Orient au début du mois d’octobre a entraîné une remontée initiale des cours, mais l’impact a été globalement limité jusqu’ici. Pour la plupart des produits de base, les prix restent supérieurs à leur niveau moyen sur la période 2015-2019.
7. Les Femmes, l’Entreprise et le Droit
Près de 2,4 milliards de femmes en âge de travailler dans le monde ne bénéficient toujours pas des mêmes droits que les hommes. Le rapport sur Les Femmes, l’Entreprise et le Droit (WBL) analyse l’évolution des lois et réglementations ayant des répercussions sur les opportunités économiques qui s’offrent aux femmes dans 190 pays. L’objectif est de mettre en évidence les obstacles qui entravent la participation des femmes à la vie économique et la manière dont on peut réformer des législations discriminatoires.
Le rythme des réformes en faveur des droits des femmes chute à son niveau le plus bas depuis 20 ans.
8. Rapport sur le développement dans le monde — Migrations
La question migratoire est l’un des défis du développement les plus urgents. Environ 184 millions de personnes — soit 2,3 % de la population mondiale — vivent actuellement en dehors de leur pays de nationalité, la majeure partie se trouvant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. La manière dont on aborde les flux migratoires et les moyens mis en œuvre pour protéger ceux qui quittent leur pays d’origine jouent un rôle essentiel dans le développement économique et la réussite des migrants et des communautés d’accueil.
9. Travailler sans frontières
Le microtravail en ligne représente déjà 12 % du marché de l’emploi mondial. Il constitue une source croissante de revenus pour des millions de personnes, qui y voient comme principaux avantages la flexibilité et la possibilité d’un revenu supplémentaire. La demande de main-d’œuvre sur le marché du microtravail augmente plus rapidement dans les pays en développement que dans les pays industrialisés.
Mais si les plateformes numériques locales jouent un rôle essentiel, elles ont du mal à établir un modèle économique viable.
Mon conseil de lecture : le dernier livre de Gilbert Achcar
Les éditions du Croquant – 360 pages, 24 euros.
Avec l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 et la dégradation des relations entre les États-Unis et la Chine, le constat d’une nouvelle guerre froide est devenu un lieu commun. En fait, affirme Gilbert Achcar, cette nouvelle guerre froide est en cours depuis la fin du siècle dernier.
En s’efforçant de consolider sa position hégémonique après la fin de l’URSS, Washington s’est aliéné la Russie et la Chine, poussant les deux pays à se rapprocher. L’ascension de Vladimir Poutine et la réinvention impérialiste de la Russie, ainsi que l’ascension de Xi Jinping et la dérive répressive du pouvoir chinois, se sont conjuguées avec l’exacerbation des tensions autour de l’Ukraine et de Taiwan.
Un autre monde, plus pacifique, était-il possible ? Dans cet ouvrage essentiel traduit de l’anglais, l’auteur, spécialiste reconnu des relations internationales, soutient que ce n’est qu’en comprenant comment nous en sommes arrivés là que nous pouvons commencer à imaginer les contours d’un autre monde
Gilbert Achcar est professeur en relations internationales et études du développement à l’École des études orientales et africaines (SOAS) de l’Université de Londres. Originaire du Liban, il a été enseignant à l’université de Paris-8 et chercheur au Centre Marc Bloch de Berlin avant de s’établir à Londres en 2007. Il est l’auteur de nombreux ouvrages traduits dans plusieurs langues, parmi lesquels, en édition française : Le Choc des barbaries (2002, 2004, 2017), La Poudrière du Moyen-Orient avec Noam Chomsky (2007), Les Arabes et la Shoah (2009) et Le Peuple veut (2013).
« Construire la paix, lutter sans violence, une idée révolutionnaire » : un colloque syndical réussi et prometteur.Les 18 et 19 octobre derniers, à St Malo, la FSU Bretagne a organisé un grand colloque régional avec la collaboration des militant.es du Mouvement de la Paix de Bretagne
Conflits d’aujourd’hui et espoirs pour demain
La première partie des échanges a porté sur la faillite des logiques de puissance dans la conception des relations internationales et sur la nécessité de leur substituer un véritable multilatéralisme pour le règlement pacifique des conflits dans un monde de plus en plus globalisé. La guerre menée par la Russie en Ukraine comme les violences qui déchirent actuellement le proche-Orient ont été largement évoquées ainsi que les questions posées par la future Loi de Programmation militaire voulue par Emmanuel Macron.
Bertrand Badie – Penser le monde au-delà de la puissance et de ses échecs, par Bertrand Badie, chercheur associé au CERI, professeur émérite à Sciences Po Paris
Jacques Fath – Quelques enseignements pour la paix de demain à la lumière de la « sale guerre » d’Ukraine et de ses causes : auteur du livre « Poutine, l’OTAN et la guerre ».
Venance Journé – Des-équilibres de la terreur : la dissuasion nucléaire et la « doctrine française », par (physicienne, chercheuse au CNRS, représentante du Réseau Action Climat au CESE)
La Loi de Programmation Militaire 2024-2030 : la voix de la France dans le nouveau concert militariste, avec Frédéric Mathieu, parlementaire, membre de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale, et Daniel Durand, ancien Président du Mouvement de la Paix, directeur de l’Institut de documentation et recherches pour la Paix
Que faire des armes ? Passer des économies guerrières à une économie de la paix, avec Roland Nivet porte -parole national du Mouvement de la Paix, et Stéphane Créach représentant de la FNTE-CGT
Aller du NON à la guerre vers une véritable politique de la paix
De nombreuses interventions ont également porté sur la possibilité de mener des démarches non-violentes en règlement ou en prévention des conflits. Appuyées sur diverses types d’expériences menées à travers le monde, ces interventions ont permis de nourrir la réflexion sur la richesses des pratiques de maintien ou de construction de la paix tout en prenant conscience de la diversité des conceptions de celle-ci. Elles ont également permis de poser la question d’actions concrètes à mener auprès de la jeunesse notamment dans le cadre scolaire.
Préparer le terrain pour la construction de la paix, avec David Adams, ancien chargé de programme à l’Unesco et animateur du réseau Decade for a Culture of Peace, et Roland Nivet (Mouvement de la Paix) – La culture de la Paix (texte de l’intervention de R Nivet à télécharger ici)
Confronter les principales méthodes de défense non-violentes au conflit ukrainien par François Marchand (Institut de Recherche sur la résolution non-violente des conflits IRNC)
Mémoires des guerres, culture de paix, expériences de non-violence ici et ailleurs, table-ronde avec Laura Lema Silva, chercheuse, responsable des études à l’Institut pour la Paix
Laura Lema Silva et JP Dardaud, ancien Président de Frères des Hommes et Shura Dumanic, journaliste, animatrice du Réseau des femmes contre la guerre en ex-Yougoslavie
De nombreuses interventions ont également porté sur la possibilité de mener des démarches non-violentes en règlement ou en prévention des conflits. Appuyées sur diverses types d’expériences menées à travers le monde, ces interventions ont permis de nourrir la réflexion sur la richesses des pratiques de maintien ou de construction de la paix tout en prenant conscience de la diversité des conceptions de celle-ci. Elles ont également permis de poser la question d’actions concrètes à mener auprès de la jeunesse notamment dans le cadre scolaire.
Préparer le terrain pour la construction de la paix, avec David Adams, ancien chargé de programme à l’Unesco et animateur du réseau Decade for a Culture of Peace, et Roland Nivet (Mouvement de la Paix)
Chanter par temps de guerre, chanter pour la paix
Parce que la réflexion avance aussi en passant par le sensible, la FSU a proposé aux participant.es resté.es sur place de participer à une soirée musicale et historique sur le thème des chansons pacifistes. Alain Bergerat, agrégé d’histoire, ayant enseigné dans les classes préparatoires à l’Ecole Normale Supérieure au Lycée Guist’hau de Nantes, Alain Bergerat, est un passionné de chanson. Militant syndical depuis toujours au SNES-FSU, animateur infatigable de nombreuses rencontres autour de la chanson française, il est le créateur du festival des Giboulées de Goulaine axé sur la belle chanson française et également l’auteur d’un livre important sur le sujet : L’Histoire de France à travers chants.
Dans le contexte actuel de la guerre Israël / Hamas, un livre qui permet d’analyser le sens et l’usage de cette notion de terrorisme.
Éditions du Croquant -172 pages – 2019 – 12 euros Disponible en librairie. Commandes possibles (franco de port) par mail: contact@editions-croquant.org ou sur le site de l’éditeur: https://croquant.atheles.org / Le terrorisme, depuis le début des années 2000, a pris la dimension d’une menace majeure. Pourtant, le débat sur cet enjeu de sécurité publique et internationale semble rarement à la mesure des questions posées sur les origines de cette violence politique et sociale, et par conséquent sur la nature des réponses qu’il faut lui apporter.
La notion même de terrorisme reste sans définition qui fasse consensus international. Les confrontations sur la question de Palestine et les conflits au Proche-Orient y sont d’ailleurs historiquement pour quelque chose. Alors, que recouvre ce mot de terrorisme ? Qu’est-ce que cette chose que l’on nomme mais que l’on ne parvient pas à définir, alors que certains refusent même d’en chercher les causes ? Pourquoi fait-on du terrorisme, avec autant d’insistance, une violence politique très spécifique ?
Ce livre est une réflexion critique sur la définition du terrorisme, et en particulier sur la façon dont il fait l’objet d’une instrumentalisation idéologique permanente. Il est vrai que cette violence criminelle est d’abord un terrible révélateur de la crise de société, de la crise des politiques de domination, et d’un ordre mondial de précarités, de déliquescences, de tensions géopolitiques et de guerres. (janvier 2019)
L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté (147 pour, 6 contre et 27 abstentions) le 12 octobre 2023 une résolution détaillée prescrivant des « Mesures visant à établir un plan d’action commun pour l’avènement d’un monde exempt d’armes nucléaires ». Ci-dessous quelques extraits significatifs.
« Les interrogatoires, les incarcérations, les transferts, tout est conçu dans l’objectif de détruire psychologiquement les prisonniers palestiniens, afin qu’une fois sortis, ils soient dociles et renoncent à lutter pour leurs droits. Mais c’est un très mauvais calcul, les autorités israéliennes d’occupation se trompent complètement. Pour moi comme pour beaucoup de mes camarades, la prison est devenue un défi : plus ils ont essayé de me faire plier, plus j’ai concentré mes forces à rester fidèle à mes convictions. » Né en 1985 à Jérusalem, Salah Hammouri est franco-palestinien. Il a passé plus de dix ans dans les prisons israéliennes, d’abord condamné à tort par un tribunal militaire, puis emprisonné sous le régime de la détention administrative (sans inculpation, ni procès). En décembre 2022, le gouvernement israélien a signé l’ordre de déportation de Salah Hammouri vers la France, créant un précédent inquiétant. Dans ce récit poignant, il raconte la vie carcérale des détenus palestiniens et souligne l’importance de la solidarité internationale.
Propos recueillis par Armelle Laborie-Sivan
édition ORIENT XXI et Libertalia – 144 pages — 10 €
Désarmement général et complet : suite donnée à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur la licéité de la menace ou de l’emploi d’armes nucléaires en 1996.
L’Assemblée générale,
(…)
1. Souligne de nouveau la conclusion unanime de la Cour internationale de Justice selon laquelle il existe une obligation de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations conduisant au désarmement nucléaire sous tous ses aspects, assorti d’un contrôle international strict et efficace ;
2. Demande de nouveau à tous les États d’engager des négociations multilatérales afin de parvenir sans tarder au désarmement nucléaire dans tous ses aspects, sous un contrôle international strict et efficace, y compris dans le cadre du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires ;
3. Prie tous les États de tenir le Secrétaire général informé des efforts qu’ils font et des mesures qu’ils prennent en application de la présente résolution et aux fins du désarmement nucléaire, et prie le Secrétaire général de lui communiquer ces informations à sa soixante-dix-neuvième session ;
4. Décide d’inscrire à l’ordre du jour provisoire de sa soixante-dix-neuvième session, au titre de la question intitulée « Désarmement général et complet », la question subsidiaire intitulée « Suite donnée à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur la licéité de la menace ou de l’emploi d’armes nucléaires »
Journées d’étude de l’Université Européenne de la Paix : comment en finir avec les logiques de guerre ? Maison de l’Internationale de Brest, 11 et 12 octobre 2023.
« Ceux qui risquent leur vie en mer n’envahissent pas, ils cherchent l’hospitalité »
Je vous salue cordialement et vous suis, à chacun, reconnaissant d’avoir accepté l’invitation du cardinal Aveline à participer à ces rencontres. Je vous remercie pour votre travail et pour les réflexions précieuses que vous avez partagées. Après Bari et Florence, le chemin au service des peuples méditerranéens se poursuit : les responsables ecclésiastiques et civils sont encore ici réunis, non pas pour traiter d’intérêts mutuels, mais animés par le désir de s’occuper de l’homme ; merci de le faire avec les jeunes qui sont le présent et l’avenir de l’Église comme de la société.
La ville de Marseille est très ancienne. Fondée par des navigateurs grecs venus d’Asie Mineure, le mythe la fait remonter à une histoire d’amour entre un marin émigré et une princesse locale. Elle présente dès ses origines un caractère composite et cosmopolite : elle accueille les richesses de la mer et donne une patrie à ceux qui n’en ont plus. Marseille nous dit que, malgré les difficultés, la convivialité est possible et qu’elle est source de joie. Sur la carte, entre Nice et Montpellier, elle semble presque dessiner un sourire ; et j’aime à la considérer ainsi : Marseille est « le sourire de la Méditerranée ». Je voudrais donc vous proposer quelques réflexions autour de trois réalités qui caractérisent Marseille : la mer, le port et le phare. Ce sont trois symboles.
1. La mer. Une marée de peuples a fait de cette ville une mosaïque d’espérance, avec sa grande tradition multiethnique et multiculturelle, représentée par plus de 60 consulats présents sur son territoire. Marseille est une ville à la fois plurielle et singulière, car c’est sa pluralité, fruit de sa rencontre avec le monde, qui rend son histoire singulière. On entend souvent dire aujourd’hui que l’histoire de la Méditerranée est un entrelacement de conflits entre différentes civilisations, religions et visions. Nous n’ignorons pas les problèmes – il y en a – mais ne nous y trompons pas : les échanges entre peuples ont fait de la Méditerranée un berceau de civilisations, une mer qui regorge de trésors, au point que, comme l’écrivait un grand historien français, elle n’est pas « un paysage, mais d’innombrables paysages. Ce n’est pas une mer, mais une succession de mers » ; « depuis des millénaires, tout s’y est engouffré, compliquant et enrichissant son histoire » (F. Braudel, La Méditerranée, Paris 1985, p. 16). La mare nostrum est un espace de rencontres : entre les religions abrahamiques, entre les pensées grecque, latine et arabe, entre la science, la philosophie et le droit, et entre bien d’autres réalités. Elle a diffusé dans le monde la haute valeur de l’être humain, doté de liberté, ouvert à la vérité et en mal de salut, qui voit le monde comme une merveille à découvrir et un jardin à habiter, sous le signe d’un Dieu qui fait alliance avec les hommes.
Un grand Maire voyait dans la Méditerranée non pas une question conflictuelle, mais une réponse de paix, mieux encore, « le commencement et le fondement de la paix entre toutes les nations du monde » (G. La Pira, Paroles en conclusion du premier Colloque Méditerranéen, 6 octobre 1958). Il disait en effet : « La réponse […] est possible si l’on considère la vocation historique commune et pour ainsi dire permanente que la Providence a assignée dans le passé, assigne dans le présent et, en un certain sens, assignera dans l’avenir aux peuples et aux nations qui vivent sur les rives de ce mystérieux lac de Tibériade élargi qu’est la Méditerranée » (Discours d’ouverture du 1er Colloque méditerranéen, 3 octobre 1958). Lac de Tibériade, ou Mer de Galilée : un lieu, c’est-à-dire, où se concentrait à l’époque du Christ une grande variété de peuples, de cultes et de traditions. C’est là, dans la « Galilée des nations » (cf. Mt 4, 15), traversée par la Route de la Mer, que se déroula la plus grande partie de la vie publique de Jésus. Un contexte multiforme et, à bien des égards, instable, fut le lieu de la proclamation universelle des Béatitudes, au nom d’un Dieu Père de tous, qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 45). C’était aussi une invitation à élargir les frontières du cœur, en dépassant les barrières ethniques et culturelles. Voici donc la réponse qui vient de la Méditerranée : cette mer pérenne de Galilée invite à opposer la « convivialité des différences » à la division des conflits (T. Bello, Benedette inquietudini, Milano 2001, p. 73). La mare nostrum, au carrefour du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest, concentre les défis du monde entier comme en témoignent ses « cinq rives » sur lesquelles vous avez réfléchi : l’Afrique du Nord, le Proche-Orient, la mer Noire-Égée, les Balkans et l’Europe latine. Elle est à l’avant-poste de défis qui concernent tout le monde : nous pensons au défi climatique, la Méditerranée représentant un hotspot où les changements se font sentir plus rapidement. Comme il est important de sauvegarder le maquis méditerranéen, écrin unique de biodiversité ! Bref, cette mer, environnement qui offre une approche unique de la complexité, est un « miroir du monde », et elle porte en elle une vocation mondiale à la fraternité, vocation unique et unique voie pour prévenir et surmonter les conflits.
Frères et sœurs, sur la mer actuelle des conflits, nous sommes ici pour valoriser la contribution de la Méditerranée, afin qu’elle redevienne un laboratoire de paix. Car telle est sa vocation : être un lieu où des pays et des réalités différentes se rencontrent sur la base de l’humanité que nous partageons tous, et non d’idéologies qui opposent. Oui, la Méditerranée exprime une pensée qui n’est pas uniforme ni idéologique, mais polyédrique et adhérente à la réalité ; une pensée vitale, ouverte et conciliante : une pensée communautaire, c’est le mot. Comme nous avons besoin de cela dans les circonstances actuelles où des nationalismes archaïques et belliqueux veulent faire disparaître le rêve de la communauté des nations ! Mais – rappelons-le – avec les armes on fait la guerre, pas la paix, et avec l’avidité du pouvoir on retourne toujours au passé, on ne construit pas l’avenir.
Par où commencer alors pour enraciner la paix ? Sur les rives de la Mer de Galilée, Jésus commença par donner de l’espérance aux pauvres, en les proclamant bienheureux : il écouta leurs besoins, il soigna leurs blessures, il leur annonça avant tout la bonne nouvelle du Royaume. C’est de là qu’il faut repartir, du cri souvent silencieux des derniers, et non des premiers de la classe qui élèvent la voix même s’ils sont bien lotis. Repartons, Église et communauté civile, de l’écoute des pauvres qui sont à « s’embrasser, et non pas à compter » (P. Mazzolari, La parola ai poveri, Bologne 2016, p. 39), car ils sont des visages et non des numéros. Le changement de rythme de nos communautés consiste à les traiter comme des frères dont nous devons connaître l’histoire, et non comme des problèmes gênants, en les expulsant, en les renvoyant chez eux ; il consiste à les accueillir, et non les cacher ; à les intégrer, et non s’en débarrasser ; à leur donner de la dignité. Et Marseille, je veux le répéter, est la capitale de l’intégration des peuples. C’est votre fierté ! Aujourd’hui, la mer de la coexistence humaine est polluée par la précarité qui blesse même la splendide Marseille. Et là où il y a précarité il y a criminalité : là où il y a pauvreté matérielle, éducative, professionnelle, culturelle, religieuse, le terrain des mafias et des trafics illicites est déblayé. L’engagement des seules institutions ne suffit pas, il faut un sursaut de conscience pour dire « non » à l’illégalité et « oui » à la solidarité, ce qui n’est pas une goutte d’eau dans la mer, mais l’élément indispensable pour en purifier les eaux.
En effet, le véritable mal social n’est pas tant l’augmentation des problèmes que le déclin de la prise en charge. Qui aujourd’hui est proche des jeunes livrés à eux-mêmes, proies faciles de la délinquance et de la prostitution ? Qui les prend en charge ? Qui est proche des personnes asservies par un travail qui devrait les rendre plus libres ? Qui s’occupe des familles effrayées, qui ont peur de l’avenir et de mettre au monde de nouvelles créatures ? Qui écoute les gémissements des personnes âgées isolées qui, au lieu d’être valorisées, sont parquées dans la perspective faussement digne d’une mort douce, en réalité plus salée que les eaux de la mer ? Qui pense aux enfants à naître, rejetés au nom d’un faux droit au progrès, qui est au contraire une régression de l’individu ? Aujourd’hui, nous avons le drame de confondre les enfants avec les petits chiens. Mon secrétaire me disait qu’en passant par la place Saint-Pierre, il avait vu des femmes qui portaient des enfants dans des poussettes… mais ce n’étaient pas des enfants, c’étaient des petits chiens ! Cette confusion nous dit quelque chose de mauvais. Qui regarde avec compassion au-delà de ses frontières pour entendre les cris de douleur qui montent d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ? Combien de personnes vivent plongées dans les violences et souffrent de situations d’injustice et de persécution ! Et je pense à tant de chrétiens, souvent contraints de quitter leur terre ou d’y vivre sans que leurs droits soient reconnus, sans qu’ils jouissent d’une citoyenneté à part entière. S’il vous plaît, engageons-nous pour que ceux qui font partie de la société puissent en devenir les citoyens de plein droit. Et puis il y a un cri de douleur qui résonne plus que tout autre, et qui transforme la mare nostrum en mare mortuum, la Méditerranée, berceau de la civilisation en tombeau de la dignité. C’est le cri étouffé des frères et sœurs migrants, auxquels je voudrais consacrer mon attention en réfléchissant sur la deuxième image que nous offre Marseille, celle de son port.
2. Le port de Marseille est depuis des siècles une porte grand-ouverte sur la mer, sur la France et sur l’Europe. C’est d’ici que beaucoup sont partis chercher du travail et un avenir à l’étranger, c’est d’ici que beaucoup ont franchi la porte du continent avec des bagages chargés d’espérance. Marseille a un grand port et elle est une grande porte qui ne peut être fermée. Plusieurs ports méditerranéens, en revanche, se sont fermés. Et deux mots ont résonné, alimentant la peur des gens : « invasion » et « urgence ». Et on ferme les ports. Mais ceux qui risquent leur vie en mer n’envahissent pas, ils cherchent hospitalité, ils cherchent la vie. Quant à l’urgence, le phénomène migratoire n’est pas tant une urgence momentanée, toujours bonne à susciter une propagande alarmiste, mais un fait de notre temps, un processus qui concerne trois continents autour de la Méditerranée et qui doit être géré avec une sage prévoyance, avec une responsabilité européenne capable de faire face aux difficultés objectives. Je regarde, ici, sur cette carte, les ports privilégiés pour les migrants : Chypre, la Grèce, Malte, l’Italie et l’Espagne… Ils font face à la Méditerranée et accueillent les migrants. La mare nostrum crie justice, avec ses rivages où, d’un côté, règnent l’opulence, le consumérisme et le gaspillage et, de l’autre, la pauvreté et la précarité. Là encore, la Méditerranée est un reflet du monde : le Sud qui se tourne vers le Nord, avec beaucoup de pays en développement, en proie à l’instabilité, aux régimes, aux guerres et à la désertification, qui regardent les plus aisés, dans un monde globalisé où nous sommes tous connectés mais où les fossés n’ont jamais été aussi profonds. Pourtant, cette situation n’est pas nouvelle de ces dernières années, et ce n’est pas ce Pape venu de l’autre bout du monde à avoir le premier à l’alerté, avec urgence et préoccupation. Cela fait plus de cinquante ans que l’Église en parle de manière pressante.
Le concile Vatican II venait de se conclure lorsque saint Paul VI, dans l’encyclique Populorum progressio, écrivait : « Les peuples de la faim interpellent aujourd’hui de façon dramatique les peuples de l’opulence. L’Église tressaille devant ce cri d’angoisse et appelle chacun à répondre avec amour à l’appel de son frère » (n. 3). Le Pape Montini énuméra « trois devoirs » des nations les plus développées, « enracinés dans la fraternité humaine et surnaturelle » : « devoir de solidarité, c’est à dire l’aide que les nations riches doivent apporter aux pays en voie de développement ; devoir de justice sociale, c’est-à-dire le redressement des relations commerciales défectueuses entre peuples forts et peuples faibles ; devoir de charité universelle, c’est-à-dire la promotion d’un monde plus humain pour tous, où tous auront à donner et à recevoir, sans que le progrès des uns soit un obstacle au développement des autres » (n. 44). À la lumière de l’Évangile et de ces considérations, Paul VI, en 1967, soulignait le « devoir de l’accueil », sur lequel il écrivait : « nous ne saurions trop insister » (n. 67). Pie XII avait encouragé à cela quinze années auparavant en écrivant que : « La famille de Nazareth en exile, Jésus, Marie et Joseph émigrés en Égypte […] sont le modèle, l’exemple et le soutien de tous les émigrés et pèlerins de tous les temps et de tous les pays, de tous les réfugiés de toute condition qui, poussés par la persécution ou par le besoin, se voient contraints d’abandonner leur patrie, les personnes qui leurs sont chères, […] et se rendre en terre étrangère » (Const. ap. Exsul Familia de spirituali emigrantium cura, 1er août 1952).
Certes, les difficultés d’accueil sont sous les yeux de tous. Les migrants doivent être accueillis, protégés ou accompagnés, promus et intégrés. Dans le cas contraire, le migrant se retrouve dans l’orbite de la société. Accueillis, accompagnés, promus et intégrés : tel est le style. Il est vrai qu’il n’est pas facile d’avoir ce style ou d’intégrer des personnes non attendues. Cependant le critère principal ne peut être le maintien de leur bien-être, mais la sauvegarde de la dignité humaine. Ceux qui se réfugient chez nous ne doivent pas être considérés comme un fardeau à porter : si nous les considérons comme des frères, ils nous apparaîtront surtout comme des dons. La Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié sera célébrée demain. Laissons-nous toucher par l’histoire de tant de nos frères et sœurs en difficulté qui ont le droit tant d’émigrer que de ne pas émigrer, et ne nous enfermons pas dans l’indifférence. L’histoire nous interpelle à un sursaut de conscience pour prévenir le naufrage de civilisation. L’avenir, en effet, ne sera pas dans la fermeture qui est un retour au passé, une inversion de marche sur le chemin de l’histoire. Contre le terrible fléau de l’exploitation des êtres humains, la solution n’est pas de rejeter, mais d’assurer, selon les possibilités de chacun, un grand nombre d’entrées légales et régulières, durables grâce à un accueil équitable de la part du continent européen, dans le cadre d’une collaboration avec les pays d’origine. Dire « assez » c’est au contraire fermer les yeux ; tenter maintenant de « se sauver » se transformera demain en tragédie. Alors que les générations futures nous remercieront pour avoir su créer les conditions d’une intégration indispensable, elles nous accuseront pour n’avoir favorisé que des assimilations stériles. L’intégration, même des migrants, est difficile, mais clairvoyante : elle prépare l’avenir qui, qu’on le veuille ou non, se fera ensemble ou ne sera pas ; l’assimilation, qui ne tient pas compte des différences et reste rigide dans ses paradigmes, fait prévaloir l’idée sur la réalité et compromet l’avenir en augmentant les distances et en provoquant la ghettoïsation, provoquant hostilité et intolérance. Nous avons besoin de fraternité comme de pain. Le mot même « frère », dans sa dérivation indo-européenne, révèle une racine liée à la nutrition et à la subsistance. Nous ne nous soutiendrons qu’en nourrissant d’espérance les plus faibles, en les accueillant comme des frères. « N’oubliez pas l’hospitalité » (He 13, 2), nous dit l’Écriture. Et dans l’Ancien Testament, il est répété : la veuve, l’orphelin et l’étranger. Les trois devoirs de charité : assister la veuve, assister l’orphelin et assister l’étranger, le migrant.
À cet égard, le port de Marseille est aussi une « porte de la foi ». Selon la tradition, les saints Marthe, Marie et Lazare ont débarqué ici, et ont semé l’Évangile sur ces terres. La foi vient de la mer, comme l’évoque la suggestive tradition marseillaise de la chandeleur avec la procession maritime. Lazare, dans l’Évangile, est l’ami de Jésus, mais c’est aussi le nom du protagoniste d’une parabole très actuelle qui ouvre les yeux sur l’inégalité qui ronge la fraternité et nous parle de la prédilection du Seigneur pour les pauvres. Eh bien, nous chrétiens qui croyons au Dieu fait homme, à l’homme unique et inimitable qui, sur les rives de la Méditerranée, s’est dit chemin, vérité et vie (cf. Jn 14, 6), nous ne pouvons pas accepter que les voies de la rencontre soient fermées. Ne fermons pas les voies de la rencontre, s’il vous plaît ! Nous ne pouvons accepter que la vérité du dieu argent l’emporte sur la dignité de l’homme, que la vie se transforme en mort ! L’Église, en confessant que Dieu, en Jésus Christ, « s’est en quelque sorte uni à tout homme » (Gaudium et spes, n. 22), croit, avec saint Jean-Paul II, que son chemin est l’homme (cf. Lett. enc. Redemptor hominis, n. 14). Elle adore Dieu et sert les plus fragiles qui sont ses trésors. Adorer Dieu et servir le prochain, voilà ce qui compte : non pas la pertinence sociale ou l’importance numérique, mais la fidélité au Seigneur et à l’homme !
Voilà le témoignage chrétien et, bien souvent, il est héroïque. Je pense par exemple à saint Charles de Foucauld, le « frère universel », aux martyrs de l’Algérie, mais aussi à tant d’artisans de la charité d’aujourd’hui. Dans ce style de vie scandaleusement évangélique, l’Église retrouve le port sûr auquel accoster et d’où repartir pour tisser des liens avec les personnes de tous les peuples, en recherchant partout les traces de l’Esprit et en offrant ce qu’elle a reçu par grâce. Voilà la réalité la plus pure de l’Église, voilà – écrivait Bernanos – « l’Église des saints », ajoutant que « tout ce grand appareil de sagesse, de force, de souple discipline, de magnificence et de majesté n’est rien de lui-même, si la charité ne l’anime » (Jeanne d’Arc relapse et sainte, Paris 1994, p. 74). J’aime exalter cette perspicacité française, génie croyant et créatif qui a affirmé ces vérités à travers une multitude de gestes et d’écrits. Saint Césaire d’Arles disait : « Si tu as la charité, tu as Dieu ; et si tu as Dieu, que ne possèdes-tu pas ? » (Sermo 22, 2). Pascal reconnaissait que « l’unique objet de l’Écriture est la charité » (Pensées, n. 301) et que « la vérité hors de la charité, n’est pas Dieu ; elle est son image, et une idole qu’il ne faut point aimer, ni adorer » (Pensées, n. 767). Et saint Jean Cassien, qui est mort ici, écrivait que « tout, même ce qu’on estime utile et nécessaire, vaut moins que ce bien qu’est la paix et la charité » (Conférences spirituelles XVI, 6).
Il est bon, par conséquent, que les chrétiens ne viennent pas en deuxième position en matière de charité ; et que l’Évangile de la charité soit la magna charta de la pastorale. Nous ne sommes pas appelés à regretter les temps passés ou à redéfinir une importance ecclésiale, nous sommes appelés au témoignage : non pas broder l’Évangile de paroles, mais lui donner de la chair ; non pas mesurer la visibilité, mais nous dépenser dans la gratuité, croyant que « la mesure de Jésus est l’amour sans mesure » (Homélie, 23 février 2020). Saint Paul, l’Apôtre des nations qui passa une bonne partie de sa vie à traverser la Méditerranée d’un port à l’autre, enseignait que pour accomplir la loi du Christ, il faut porter mutuellement le poids des uns des autres (cf. Ga 6, 2). Chers frères évêques, ne chargeons pas les personnes de fardeaux, mais soulageons leurs efforts au nom de l’Évangile de la miséricorde, pour distribuer avec joie le soulagement de Jésus à une humanité fatiguée et blessée. Que l’Église ne soit pas un ensemble de prescriptions, que l’Église soit un port d’espérance pour les personnes découragées. Élargissez vos cœurs, s’il vous plaît ! Que l’Église soit un port de ravitaillement, où les personnes se sentent encouragées à prendre le large dans la vie avec la force incomparable de la joie du Christ. Que l’Église ne soit pas une douane. Souvenons-nous du Seigneur : tous, tous, tous sont invités.
3. Et j’en viens brièvement ainsi à la dernière image, celle du phare. Il illumine la mer et fait voir le port. Quelles traces lumineuses peuvent orienter le cap des Églises dans la Méditerranée ? En pensant à la mer qui unit tant de communautés croyantes différentes, je pense que l’on peut réfléchir sur des parcours plus synergiques, en évaluant peut-être aussi l’opportunité d’une Conférence ecclésiale de la Méditerranée, comme l’a dit le Cardinal [Aveline], qui permettrait de nouvelles possibilités d’échanges et qui donnerait une plus grande représentativité ecclésiale à la région. En pensant au port et au thème migratoire, il pourrait être profitable de travailler à une pastorale spécifique encore plus reliée, afin que les diocèses les plus exposés puissent assurer une meilleure assistance spirituelle et humaine aux sœurs et aux frères qui arrivent dans le besoin.
Le phare, dans ce prestigieux palais qui porte son nom, me fait enfin penser surtout aux jeunes : ce sont eux la lumière qui indique la route de l’avenir. Marseille est une grande ville universitaire qui abrite quatre campus : sur les quelque 35000 étudiants qui les fréquentent, 5000 sont étrangers. Par où commencer à tisser des liens entre les cultures, sinon par l’université ? Là, les jeunes ne sont pas fascinés par les séductions du pouvoir, mais par le rêve de construire l’avenir. Que les universités méditerranéennes soient des laboratoires de rêves et des chantiers d’avenir, où les jeunes grandissent en se rencontrant, en se connaissant et en découvrant des cultures et des contextes à la fois proches et différents. On abat ainsi les préjugés, on guérit les blessures et on conjure des rhétoriques fondamentalistes. Faites attention à la prédication de tant de fondamentalismes qui sont à la mode aujourd’hui ! Des jeunes bien formés et orientés à fraterniser pourront ouvrir des portes inespérées de dialogue. Si nous voulons qu’ils se consacrent à l’Évangile et au haut service de la politique, il faut avant tout que nous soyons crédibles : oublieux de nous-mêmes, libérés de l’autoréférentialité, prêts à nous dépenser sans cesse pour les autres. Mais le défi prioritaire de l’éducation concerne tous les âges de la formation : dès l’enfance, « en se mélangeant » avec les autres, on peut surmonter beaucoup de barrières et de préjugés en développant sa propre identité dans le contexte d’un enrichissement mutuel. L’Église peut bien y contribuer en mettant au service ses réseaux de formation et en animant une « créativité de la fraternité ».
Frères et sœurs, le défi est aussi celui d’une théologie méditerranéenne – la théologie doit être enracinée dans la vie ; une théologie de laboratoire ne fonctionne pas – qui développe une pensée qui adhère au réel, « maison » de l’humain et pas seulement des données techniques, en mesure d’unir les générations en reliant mémoire et avenir, et de promouvoir avec originalité le chemin œcuménique entre chrétiens et le dialogue entre croyants de religions différentes. Il est beau de s’aventurer dans une recherche philosophique et théologique qui, en puisant aux sources culturelles méditerranéennes, redonne espérance à l’homme, mystère de liberté en mal de Dieu et de l’autre, pour donner un sens à son existence. Et il est également nécessaire de réfléchir sur le mystère de Dieu, que personne ne peut prétendre posséder ou maîtriser, et qui doit même être soustrait à tout usage violent et instrumental, conscients que la confession de sa grandeur présuppose en nous l’humilité des chercheurs.
Chers frères et sœurs, je suis heureux d’être ici à Marseille ! Un jour, Monsieur le Président m’a invité à visiter la France et m’a dit : « Mais il est important que vous veniez à Marseille ! ». Et je l’ai fait. Je vous remercie de votre écoute patiente et de votre engagement. Allez de l’avant, courageux ! Soyez une mer de bien, pour faire face aux pauvretés d’aujourd’hui avec une synergie solidaire ; soyez un port accueillant, pour embrasser ceux qui cherchent un avenir meilleur ; soyez un phare de paix, pour anéantir, à travers la culture de la rencontre, les abîmes ténébreux de la violence et de la guerre. Merci beaucoup !
Lampedusa, photo prise devant le hotspot, 14 septembre 2023. Crédit : Maldusa
Solidarité et résistance face à la crise de l’accueil en Europe.
C’est l’appel de 90 organisations d’Europe et d’Afrique suite à la grave crise de l’accueil des migrants et des demandeurs d’asile en Europe, telle qu’elle s’est récemment manifestée à Lampedusa.
Suite à l’arrivée d’un nombre record de personnes migrantes à Lampedusa, la société civile exprime sa profonde inquiétude face à la réponse sécuritaire des États européens, la crise de l’accueil et réaffirme sa solidarité avec les personnes qui arrivent en Europe.
Plus de 5 000 personnes et 112 bateaux : c’est le nombre d’arrivées enregistrées sur l’île italienne de Lampedusa le mardi 12 septembre. Les embarcations, dont la plupart sont arrivées de manière autonome, sont parties de Tunisie ou de Libye. Au total, plus de 118 500 personnes ont atteint les côtes italiennes depuis le début de l’année, soit près du double des 64 529 enregistrées à la même période en 2022 (1). L’accumulation des chiffres ne nous fait pas oublier que, derrière chaque numéro, il y a un être humain, une histoire individuelle et que des personnes perdent encore la vie en essayant de rejoindre l’Europe.
Si Lampedusa est depuis longtemps une destination pour les bateaux de centaines de personnes cherchant refuge en Europe, les infrastructures d’accueil de l’île font défaut. Mardi, le sauvetage chaotique d’un bateau a causé la mort d’un bébé de 5 mois. Celui-ci est tombé à l’eau et s’est immédiatement noyé, alors que des dizaines de bateaux continuaient d’accoster dans le port commercial. Pendant plusieurs heures, des centaines de personnes sont restées bloquées sur la jetée, sans eau ni nourriture, avant d’être transférées vers le hotspot de Lampedusa.
Le hotspot, centre de triage où les personnes nouvellement arrivées sont tenues à l’écart de la population locale et pré-identifiées avant d’être transférées sur le continent, avec ses 389 places, n’a absolument pas la capacité d’accueillir dignement les personnes qui arrivent quotidiennement sur l’île. Depuis mardi, le personnel du centre est complètement débordé par la présence de 6 000 personnes. La Croix-Rouge et le personnel d’autres organisations ont été empêchés d’entrer dans le centre pour des « raisons de sécurité ».
Jeudi matin, de nombreuses personnes ont commencé à s’échapper du hotspot en sautant les clôtures en raison des conditions inhumaines dans lesquelles elles y étaient détenues. Face à l’incapacité des autorités italiennes à offrir un accueil digne, la solidarité locale a pris le relais. De nombreux habitants et habitantes se sont mobilisés pour organiser des distributions de nourriture aux personnes réfugiées dans la ville (2).
Différentes organisations dénoncent également la crise politique qui sévit en Tunisie et l’urgence humanitaire dans la ville de Sfax, d’où partent la plupart des bateaux pour l’Italie. Actuellement, environ 500 personnes dorment sur la place Beb Jebli et n’ont pratiquement aucun accès à la nourriture ou à une assistance médicale (3). La plupart d’entre elles ont été contraintes de fuir le Soudan, l’Éthiopie, la Somalie, le Tchad, l’Érythrée ou le Niger. Depuis les déclarations racistes du président tunisien, Kais Saied, de nombreuses personnes migrantes ont été expulsées de leur domicile et ont perdu leur travail (4). D’autres ont été déportées dans le désert où certaines sont mortes de soif.
Alors que ces déportations massives se poursuivent et que la situation à Sfax continue de se détériorer, l’UE a conclu un nouvel accord avec le gouvernement tunisien il y a trois mois afin de coopérer « plus efficacement en matière de migration », de gestion des frontières et de « lutte contre la contrebande », au moyen d’une enveloppe de plus de 100 millions d’euros. L’UE a accepté ce nouvel accord en pleine connaissance des atrocités commises par le gouvernement tunisien ainsi que les attaques perpétrées par les garde-côtes tunisiens sur les bateaux de migrants (5).
Pendant ce temps, nous observons avec inquiétude comment les différents gouvernements européens ferment leurs frontières et continuent de violer le droit d’asile et les droits humains les plus fondamentaux. Alors que le ministre français de l’Intérieur a annoncé son intention de renforcer les contrôles à la frontière italienne, plusieurs autres États membres de l’UE ont également déclaré qu’ils fermeraient leurs portes. En août, les autorités allemandes ont décidé d’arrêter les processus de relocalisation des demandeurs et demandeuses d’asile arrivant en Allemagne depuis l’Italie dans le cadre du « mécanisme de solidarité volontaire »(6).
Invitée à Lampedusa dimanche par la première ministre Meloni, la Présidente de la Commission européenne Von der Leyen a annoncé la mise en place d’un plan d’action en 10 points qui vient confirmer cette réponse ultra-sécuritaire (7).
Renforcer les contrôles en mer au détriment de l’obligation de sauvetage, augmenter la cadence des expulsions et accroître le processus d’externalisation des frontières… autant de vieilles recettes que l’Union européenne met en place depuis des dizaines années et qui ont prouvé leur échec, ne faisant qu’aggraver la crise de la solidarité et la situation des personnes migrantes.
Les organisations soussignées appellent à une Europe ouverte et accueillante et exhortent les États membres de l’UE à fournir des voies d’accès sûres et légales ainsi que des conditions d’accueil dignes. Nous demandons que des mesures urgentes soient prises à Lampedusa et que les lois internationales qui protègent le droit d’asile soient respectées. Nous sommes dévastés par les décès continus en mer causés par les politiques frontalières de l’UE et réaffirmons notre solidarité avec les personnes en mouvement.
Voici la liste des 90 organisations ayant signé cet appel :
Afrique-Europe-Interact
Alarme Phone Sahara (APS)
Alarme Phone Sahara – Mali
Alternative Espaces Citoyen – Niger
Anafé (association nationale d’assistance aux frontières pour les personnes étrangères)
Another Europe is Possible
ARCOM – association des réfugiés et communautés migrantes au Maroc
Are You Syrious?
Associazione studi giuridici sull’immigrazione (ASGI)
Association AFRIQUE INTELLIGENCE
Association Beity
Association d’aide des Migrants en Situation Vulnérable (AMSV) Oujda / Maroc
Association Damj
Association des Etudiants et Stagiaires Africains en Tunisie (AESAT)
Association Féministe Tanit
Association Lina Ben Mhenni
Association de solidarité avec les travailleurS/euses immigré.es (ASTI) des Ulis / France
Association pour la promotion du droit à la différence (ADD)
Association pour les Migrants-AMI, Nîmes, France
Association Sentiers-Massarib
Association Tunisienne de défense des libertés individuelles (ADLI)
Association Tunisienne pour les droits et les libertés (ADL)
Aswat Nissa
Avocats Sans Frontières (ASF)
Association Tunisienne de l’Action Culturelle (ATAC)
BELREFUGEES, Plateforme Citoyenne / Belgium
borderline-europe- Menschenrechte ohne Grenzen
Boza Fii – Sénégal
CCFD-Terre Solidaire
CGTM Mauritanie
Chkoun Collective
Coalition des Associations Humanitaires de Médenine
Coalition Marocaine pour la Justice Climatique
Collectif Droit de Rester, Lausanne
Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie – Belgique
Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT)
CompassCollective
Connexion
Damj l’association tunisienne de la justice et légalité
DZ Fraternité
E-Joussour Portail Maghreb-Machrek
Emmaüs Europe
European Alternatives
Euromed Rights
Fédération des tunIsiens citoyens des deux rives (FTCR)
Forum des Alternatives Maroc
Groupe de Recherche et d’Actions sur les Migrations (GRAM), Bamako / Mali
Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s (Gisti)
iuventa-crew
Jeunesse Nigérienne au service du Développement Durable (JNSDD) – Agadez / Niger
Komitee für Grundrechte und Demokratie e.V.
La Cimade
La coalition tunisienne contre la peine de la mort
LasciateCIEntrare
Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH)
Ligue des droits de l’Homme (LDH) – France
Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH)
Maldusa
medico international
Mem.med : mémoire Méditerranée
Mediterranea Saving Humans
Migrants’ Rights Network
migration-control.info project
Migreurop
Mouvement des Progressistes
MV Louise Michel
Observatoire Marocain de la Protection Sociale
Paris d’Exil
Pro-Asyl
Push-Back Alarm Austria
r42-SailAndRescue
Refugees in Libya
Refugees in Tunisia
ResQ – People Saving People
RESQSHIP
Salvamento Marítimo Humanitario (SMH)
Sea-Watch
Sea-Eye
Seebrücke – Schafft sichere Häfen
Solidarité sans frontières (Sosf)
SOS Balkanroute
SOS Humanity
Statewatch
Tunisian Forum for Social and Economic Rights (FTDES)
Pour Antonio Guterres, l’ONU a été créée précisément pour des moments comme aujourd’hui, où les dangers sont à leur paroxysme et le niveau de consensus au plus bas…
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, multiplie les appels et ne cesse de sonner l’alarme devant les urgences, les nouvelles menaces et les risques de la situation mondiale. Le 19 septembre 2023, dans son intervention devant l’Assemblée générale, il montre que des réponses sont possibles et que la crise globale actuelle n’est pas une fatalité. Il s’agit d’un texte important qui mérite d’être lu attentivement pour la vision positive et progressiste qu’il contient. Il lance un appel à surmonter les divisions, défendre la dignité humaine, réaliser le développement durable, agir pour le désarmement et réformer le multilatéralisme. Une fois encore, il rappelle ainsi aux États membres de l’ONU la nécessité de respecter leurs engagements.
On trouvera ci-après, en intégralité, cette allocution du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, devant l’Assemblée générale, à New York, le 19 septembre 2023 :
Il y a tout juste neuf jours, nous avons découvert une vision d’enfer, un paysage terrible, conséquence d’une compilation de nombre des problèmes auxquels le monde est confronté.
Des milliers de personnes ont perdu la vie à Derna, en Libye, dans des inondations sans précédent aux proportions épiques. Elles ont été victimes de plusieurs fléaux. Victimes d’années de conflit. Victimes du chaos climatique. Victimes des leaders, qui, là et ailleurs, n’ont pas su trouver la voie de la paix.
Les habitantes et les habitants de Derna ont vécu et sont morts à l’épicentre de cette indifférence: en 24 heures, le ciel a déversé l’équivalent de 100 fois le volume d’un mois de précipitations… les barrages ont lâché après des années de guerre et de négligence… et tout ce que la population connaissait a été rayé de la carte.
En ce moment même, les corps des victimes s’échouent sur les plages de la Méditerranée, tandis que des milliardaires prennent le soleil sur leurs super-yachts.
Derna est un triste instantané de l’état de notre monde, emporté par le torrent des inégalités et des injustices, et paralysé devant les défis à relever. Notre monde est sens dessus dessous. Les tensions géopolitiques s’aggravent. Les défis de portée mondiale se multiplient. Et nous semblons incapables d’unir nos forces pour y faire face.
Nous sommes aux prises avec une multitude de menaces existentielles – de la crise climatique aux technologies de rupture – alors même que nous traversons une période de transition chaotique.
Pendant la majeure partie de la guerre froide, les relations internationales ont été largement perçues à travers le prisme des deux superpuissances. Puis vint une brève période d’unipolarité. Nous nous dirigeons maintenant rapidement vers un monde multipolaire.
C’est une évolution positive à bien des égards, porteuse de nouvelles perspectives de justice et d’équilibre dans les relations internationales. Mais la multipolarité ne peut à elle seule être gage de paix.
Au début du XXe siècle, l’Europe était composée de nombreuses puissances. Elle était véritablement multipolaire. Mais elle ne disposait pas d’institutions multilatérales solides. Et quel a été le résultat? La Première Guerre mondiale.
Un monde multipolaire a besoin d’institutions multilatérales fortes et efficaces. Pourtant, la gouvernance mondiale est figée dans le temps.
Il suffit de regarder le Conseil de sécurité de l’ONU et le système de Bretton Woods. Ils reflètent les réalités politiques et économiques de 1945, lorsque de nombreux pays présents dans cette salle étaient encore sous domination coloniale. Le monde a changé. Nos institutions, non.
Nous ne pouvons pas traiter efficacement les problèmes tels qu’ils sont si les institutions ne reflètent pas le monde tel qu’il est.
Au lieu de nous aider à régler les problèmes, nos institutions risquent d’en être une des sources. Et de fait, les clivages ne cessent de s’accentuer. Les clivages entre puissances économiques et militaires. Les clivages entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest.
Nous nous rapprochons dangereusement d’une Grande Fracture dans les systèmes économiques et financiers et les relations commerciales, qui met en péril l’existence d’un Internet ouvert et unique, et s’accompagne de stratégies divergentes concernant les technologies et l’intelligence artificielle, le risque étant que les cadres de sécurité soient en conflit.
Il est grand temps de renouveler les institutions multilatérales sur la base des réalités économiques et politiques du XXIe siècle – et de les ancrer dans l’équité, la solidarité et l’universalité – conformément aux principes de la Charte des Nations Unies et du droit international.
Cela demande de réformer le Conseil de sécurité pour l’adapter au monde d’aujourd’hui.
Cela demande de repenser l’architecture financière internationale pour qu’elle devienne véritablement universelle et soit un filet de sécurité mondial pour les pays en développement en difficulté.
Je ne me fais pas d’illusions. Les réformes sont affaire de pouvoir. Je sais qu’il existe de nombreux intérêts concurrents et priorités contradictoires. Mais l’alternative n’est pas entre la réforme et le statu quo. L’alternative est entre la réforme et une fragmentation encore plus grande. C’est la réforme ou la rupture.
Dans le même temps, les fossés se creusent aussi à l’intérieur des pays. La démocratie est menacée. L’autoritarisme est en marche. Les inégalités s’aggravent. Et les discours de haine se propagent.
Face à tous ces défis et à bien d’autres encore, le mot « compromis » semble être devenu tabou.
Ce dont notre monde a besoin, c’est d’une vision politique, pas de manœuvres ni d’une impasse.
Comme je l’ai dit au G20, il est temps de parvenir à un compromis mondial. La politique, c’est le compromis. La diplomatie, c’est le compromis. Un leadership efficace, c’est le compromis.
Les dirigeants du monde ont le devoir de parvenir à un compromis pour construire un avenir commun de paix et de prospérité, dans l’intérêt commun.
Au cours de l’année écoulée, nous avons montré que l’action multilatérale était riche de promesses.
J’en veux pour preuve les nouveaux accords importants sur la sauvegarde de la biodiversité… sur la protection de la haute mer… sur les pertes et les dommages climatiques… sur le droit à un environnement propre, sain et durable.
Nous avons tous les outils et toutes les ressources dont nous avons besoin pour relever ces défis communs. Ce qui nous manque, c’est de la détermination.
Agir avec détermination fait partie de l’ADN de notre Organisation des Nations Unies, comme le montrent les premiers mots de la Charte, en forme d’exhortation:
« Nous, peuples des Nations Unies […] résolus » :
Résolus à en finir avec le fléau de la guerre.
Résolus à proclamer à nouveau leur foi dans les droits humains.
Résolus à faire respecter la justice et le droit international.
Et résolus à favoriser le progrès social et à permettre à tout le monde de vivre une vie meilleure, en restant fidèles à la charte des Nations unies.
Face aux défis d’aujourd’hui, il est de notre devoir d’agir avec détermination.
Cela commence par la détermination de faire respecter la promesse de paix énoncée dans la Charte.
Pourtant, loin d’être débarrassés du fléau de la guerre, nous assistons à une recrudescence des conflits, des coups d’État et du chaos.
Si chaque pays s’acquittait des obligations que lui fait la Charte, le droit à la paix serait garanti.
Lorsque les pays ne respectent pas leurs engagements, ils créent un monde d’insécurité pour toutes et tous.
Preuve numéro 1: l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
La guerre, en violation de la Charte des Nations Unies et du droit international, a déclenché une série d’atrocités: des vies détruites, des droits humains bafoués, des familles déchirées, des enfants traumatisés, des espoirs et des rêves brisés.
Au-delà de l’Ukraine, la guerre a de graves répercussions pour tout le monde. Les menaces nucléaires nous mettent toutes et tous en danger. Le mépris des accords et des traités mondiaux nous fragilise collectivement. Et l’empoisonnement de la diplomatie mondiale empêche l’accomplissement de progrès dans tous les domaines.
Nous devons continuer d’œuvrer inlassablement à la recherche de la paix, une paix juste et conforme à la Charte des Nations Unies et au droit international.
Et même si les combats font rage, nous devons explorer toutes les voies possibles pour alléger les souffrances des populations civiles, en Ukraine et au-delà.
L’Initiative de la mer Noire était l’une de ces voies. Le monde a cruellement besoin de denrées alimentaires ukrainiennes et de denrées alimentaires et d’engrais russes pour stabiliser les marchés et garantir la sécurité alimentaire. Je n’abandonnerai pas mes efforts pour y parvenir.
Partout dans le monde, les anciennes tensions s’enveniment et de nouveaux risques voient le jour. Le désarmement nucléaire est au point mort alors que les pays développent de nouvelles armes et profèrent de nouvelles menaces.
Au Sahel, une série de coups d’État déstabilise encore davantage la région, tandis que le terrorisme gagne du terrain.
Le Soudan s’enfonce dans une guerre civile totale, des millions de personnes ont fui et le pays est au bord de l’implosion.
Dans l’est de la République démocratique du Congo, des millions de personnes sont déplacées et les violences de genre sont monnaie courante.
Haïti, un pays qui a subi des siècles d’exploitation coloniale, est aujourd’hui débordé par la violence en bande organisée – et attend toujours l’aide de la communauté internationale.
En Afghanistan, 70% de la population a besoin d’une aide humanitaire, un pourcentage qui donne le vertige, et les droits des femmes et des filles sont systématiquement bafoués.
Au Myanmar, les violences brutales, l’aggravation de la pauvreté et la répression réduisent à néant les espoirs de retour à la démocratie.
Au Moyen-Orient, l’escalade de la violence et l’effusion de sang dans le Territoire palestinien occupé font payer un lourd tribut à la population civile.
Les actions unilatérales se multiplient et éloignent la possibilité d’une solution des deux États, pourtant la seule voie possible vers une paix et une sécurité durables pour les Palestiniens et les Israéliens.
Quant à la Syrie, le pays est toujours un champ de ruines et la paix demeure lointaine.
Pendant ce temps, les conflits –catastrophes créées par l’homme– sont aggravées par les catastrophes naturelles.
Face à toutes ces crises, le système humanitaire mondial est au bord de l’effondrement. Les besoins augmentent. Et les financements se tarissent. Nos opérations humanitaires sont obligées de se résoudre à des coupes massives. Mais si nous ne donnons pas à manger à celles et ceux qui ont faim, c’est le conflit que nous alimentons.
Je demande instamment à tous les pays de se mobiliser et de financer intégralement notre Appel humanitaire mondial. L’architecture de paix et de sécurité est soumise à des pressions sans précédent.
C’est la raison pour laquelle, à l’occasion des préparatifs du Sommet de l’avenir, nous proposons aux États Membres des idées dans le cadre d’un Nouvel Agenda pour la paix, fondé sur la Charte et le droit international.
Ce Nouvel Agenda offre une vision unifiée pour faire face aux menaces qui existent déjà et à celles qui se profilent dans ce monde en transition.
Ce qu’il faut, c’est appeler les États à renouveler leur engagement en faveur d’un monde exempt d’armes nucléaires et à mettre fin à l’érosion du régime de désarmement nucléaire et de maîtrise des armements; renforcer la prévention à l’échelle mondiale en misant le plus possible sur les capacités et le pouvoir de rassemblement de l’ONU et sur nos bons offices pour combler les fossés géopolitiques; renforcer la prévention à l’échelle nationale en faisant le lien entre les actions menées en faveur de la paix et les progrès réalisés sur la voie des objectifs de développement durable; placer le leadership et la participation des femmes au cœur des processus décisionnels et s’engager à éradiquer toutes les formes de violences faites aux femmes; susciter une vaste réflexion sur le maintien de la paix, pour qu’il soit plus souple et plus adaptable et qu’il prévoie, dès le départ, des stratégies de transition et de sortie tournées vers l’avenir; et soutenir les initiatives prises par des organisations régionales –notamment l’Union africaine– pour faire respecter la paix, grâce à des mandats clairs du Conseil de sécurité et à un financement prévisible.
La détermination en faveur de la paix nécessite également de nouveaux cadres de gouvernance pour faire face aux menaces émergentes – qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle ou d’armes létales autonomes, qui fonctionnent sans contrôle humain. La paix est inextricablement liée au développement durable.
Dans le monde entier, c’est le même paradigme que l’on observe: plus un pays se rapproche d’un conflit, plus il s’éloigne des objectifs de développement durable.
En vertu de la Charte, nous devons nous montrer résolus à favoriser le progrès social. Au XXIe siècle, cela veut dire œuvrer à la réalisation des objectifs de développement durable. Pourtant, les inégalités sont la caractéristique de notre époque.
Pensons à ces villes, où des gratte-ciel ont une vue surplombante sur des taudis; à ces pays en proie à un dilemme: servir leur peuple ou le sacrifier au service de la dette.
Aujourd’hui, l’Afrique dépense davantage de ressources au remboursement des intérêts de sa dette qu’à la santé.
Le Sommet sur les objectifs de développement durable qui s’est tenu hier était consacré à l’adoption d’un plan de sauvetage mondial, pour que le soutien apporté ne se chiffre plus en milliards, mais en milliers de milliards.
L’architecture financière internationale reste dysfonctionnelle, dépassée et injuste. Les réformes profondes qui sont nécessaires ne pourront pas être menées à bien du jour au lendemain.
Mais nous pouvons dès à présent prendre des mesures énergiques pour aider les pays à surmonter des crises comme la pandémie de COVID-19 et ses conséquences dramatiques.
En faisant progresser d’urgence le Plan de relance des objectifs de développement durable de 500 milliards de dollars par an et en allégeant le fardeau financier qui pèse sur les pays en développement et les économies émergentes.
En augmentant le financement du développement et de l’action climatique, en relevant la base de capital et en changeant le modèle d’activité des banques multilatérales de développement.
En garantissant des mécanismes efficaces d’allégement de la dette et en canalisant l’aide financière d’urgence vers celles et ceux qui en ont le plus besoin.
Nous devons agir avec détermination pour nous attaquer à la menace qui compromet le plus directement notre avenir: la surchauffe de la planète. Les changements climatiques ne sont pas que des changements météorologiques. Les changements climatiques bouleversent ce qu’est la vie même sur notre planète. Ils altèrent chaque aspect de notre travail. Ils tuent des êtres humains et dévaste des communautés.
Partout dans le monde, les thermomètres s’affolent, l’élévation du niveau des mers s’accélère, les glaciers reculent, des maladies mortelles se propagent, des espèces disparaissent et les villes sont menacées. Et ce n’est que le début.
Les jours, les mois et l’été que nous venons de vivre ont été les plus chauds jamais enregistrés. Et à chaque nouveau record de température, ce sont des économies détruites, des vies détruites et des nations entières qui se rapprochent du point de rupture. Aucun continent, aucune région et aucun pays du monde n’est épargné par l’urgence climatique, mais je ne suis pas certain que les leaders se rendent bien toutes et tous compte de l’urgence de la situation.
Les mesures prises ne sont pas du tout à la hauteur de l’enjeu. Il est encore temps de contenir la hausse des températures dans la limite des 1,5 degré fixée dans l’Accord de Paris.
Mais pour cela, il faut prendre dès maintenant des mesures radicales pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et garantir la justice climatique pour celles et ceux qui ont le moins contribué à la crise, mais qui paient le prix fort.
Les preuves sont là. Les pays du G20 sont responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre. C’est à eux de montrer l’exemple. Ils doivent s’affranchir de leur dépendance aux combustibles fossiles, mettre fin à tout nouveau projet d’exploitation du charbon et tenir compte des conclusions de l’Agence internationale de l’énergie, à savoir que toute nouvelle licence d’exploitation du pétrole et du gaz n’est pas compatible avec l’objectif consistant à limiter l’augmentation de la température à 1,5 degré.
Pour avoir une chance d’endiguer l’augmentation de la température mondiale, nous devons renoncer progressivement au charbon, au pétrole et au gaz selon un processus juste et équitable, et stimuler massivement les énergies renouvelables. C’est la seule voie envisageable pour que tout le monde puisse avoir accès aux énergies renouvelables à un coût abordable. Malheureusement, beaucoup d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité.
L’ère des combustibles fossiles est révolue. Si les entreprises de combustibles fossiles veulent faire partie de la solution, elles doivent être en première ligne de la transition vers les énergies renouvelables. Il faut en finir avec les productions polluantes, les fausses solutions, le financement du déni climatique.
J’ai proposé un Pacte de solidarité climatique afin que tous les grands émetteurs redoublent d’efforts pour réduire leurs émissions et que les pays les plus riches accompagnent les économies émergentes en mettant à leur disposition les financements et technologies dont elles ont besoin sur la voie de la décarbonation.
Par exemple, l’Afrique abrite 60% de la capacité solaire mondiale, mais elle ne reçoit que 2% des investissements dans les énergies renouvelables.
J’ai proposé un Programme d’accélération, pour décupler ces efforts.
Les pays développés doivent atteindre l’objectif de zéro émission nette dès 2040, et les économies émergentes dès 2050, conformément aux responsabilités communes mais différenciées.
Certaines mesures doivent être prises immédiatement: il faut en finir avec le charbon – d’ici à 2030 pour les pays de l’OCDE et à 2040 pour le reste du monde. En finir avec le subventionnement des combustibles fossiles. Et donner un prix au carbone.
Les pays développés doivent aussi consacrer 100 milliards de dollars à l’action climatique dans les pays en développement, comme ils l’ont promis. Ils doivent doubler le montant des financements pour l’adaptation d’ici à 2025, comme ils l’ont encore promis. Et ils doivent reconstituer les ressources du Fonds vert pour le climat, comme ils l’ont promis là encore. Tous les pays doivent s’efforcer de rendre opérationnel cette année le fonds pour les pertes et dommages, et garantir la couverture universelle des systèmes d’alerte rapide d’ici à 2027.
Demain, j’accueillerai des acteurs susceptibles de faire bouger les lignes au Sommet sur l’ambition climatique. La COP28 arrive à grands pas. Le chaos climatique fait exploser de nouveaux records. Nous ne pouvons pas nous permettre la même rengaine que d’habitude et désigner des boucs émissaires ou attendre que d’autres agissent en premier.
Et vous toutes et tous qui vous dépensez sans compter, qui manifestez dans la rue et qui défendez une réelle action climatique, je veux que vous sachiez que vous êtes du bon côté de l’Histoire. Je suis avec vous. Je n’abandonnerai pas cette lutte qui est celle de nos vies.
Nous devons également être déterminés à honorer l’engagement de la Charte en faveur des droits humains fondamentaux.
Seules quatre femmes ont signé notre document fondateur. Un coup d’œil dans cette salle permet de voir que les choses n’ont pas suffisamment changé.
« Nous, les peuples » ne signifie pas « Nous, les hommes ».
Les femmes attendent toujours l’égalité des chances et des salaires; l’égalité devant la loi; la pleine valorisation de leur travail et la prise en compte de leurs opinions. À travers le monde, les droits des femmes –y compris les droits sexuels et reproductifs– sont réduits voire supprimés; leurs libertés, restreintes. Dans certains pays, les femmes et les filles sont punies parce qu’elles portent trop de vêtements; dans d’autres, parce qu’elles n’en portent pas assez.
Grâce aux générations de militantes des droits de femmes, les temps changent. Des terrains de sport aux écoles en passant par les places publiques, les filles et les femmes défient le patriarcat – et triomphent. Je suis à leurs côtés.
J’ai pris mes fonctions en m’engageant à garantir la parité hommes-femmes au sein des Nations unies. Nous y sommes parvenus aux échelons supérieurs et sommes en bonne voie pour le faire à travers l’ensemble du système des Nations unies. Car l’égalité des genres n’est pas un problème. L’égalité des genres est la solution. L’égalité, ce n’est pas une faveur faite aux femmes, mais une condition fondamentale pour assurer un meilleur avenir pour tous.
Nous devons être déterminés à répondre à l’Appel à l’action pour placer les droits humains au cœur de notre travail. Soixante-quinze ans après la Déclaration universelle des droits de l’homme, d’énormes progrès ont été accomplis sur certains sujets – qu’il s’agisse de mettre fin à la colonisation et à la ségrégation ou de garantir le droit de vote des femmes.
Mais nous n’avons pas atteint les droits fondamentaux pour tous, quand 1,2 milliard de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté et que la faim atteint des niveaux inégalés depuis 2005. Quand la discrimination fondée sur la couleur de peau et l’origine ethnique est parfaitement légale dans bien des pays. Quand des personnes doivent risquer la mort pour chercher une vie meilleure. Quand les réfugiés, les migrants et les minorités sont régulièrement traqués et diabolisés. Quand déclarer son identité de genre ou simplement qui l’on aime peut conduire à l’emprisonnement, voire à l’exécution. Quand le fait même de s’exprimer peut avoir des conséquences dangereuses.
Les droits humains –politiques, civils, économiques, sociaux et culturels– sont la clef de voûte pour résoudre de nombreux problèmes mondiaux interdépendants. Il faut que des lois visant à protéger les personnes vulnérables soient adoptées et appliquées; il faut cesser de cibler les minorités et il faut placer les droits et la dignité humaine au cœur des politiques sociales, économiques et migratoires. Il faut que tous les gouvernements respectent engagements qu’ils ont pris dans la Déclaration universelle des droits de l’homme
Nous devons également faire face aux menaces imminentes que les nouvelles technologies font peser sur les droits humains. L’intelligence artificielle générative, quoique riche de promesses, risque de nous faire franchir le Rubicon et de nous exposer à des dangers face auxquels nous serions démunis. Lorsque j’ai évoqué l’intelligence artificielle dans mon discours à l’Assemblée générale en 2017, seuls deux autres dirigeants ont mentionné le terme.
Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est sur toutes les lèvres, suscitant à la fois la fascination et la crainte. Même certains des concepteurs de l’intelligence artificielle générative réclament une plus grande réglementation.
Or, nombre des dangers liés aux technologies numériques ne sont pas imminents. Ils sont déjà là. La fracture numérique aggrave les inégalités. Les discours de haine, la désinformation et les théories du complot sur les réseaux sociaux sont propagés et amplifiés par l’intelligence artificielle, sapant ainsi la démocratie et attisant la violence et les conflits dans le monde réel. La surveillance en ligne et la collecte de données donnent lieu à des violations massives des droits humains.
Les entreprises de technologie et les gouvernements sont loin d’avoir trouvé des solutions. Nous devons agir vite et réparer les dégâts. Les nouvelles technologies exigent des formes de gouvernance nouvelles et innovantes, auxquelles doivent contribuer les créateurs de ces technologies et les parties prenantes chargées de la surveillance des violations.
Nous avons besoin de toute urgence d’un pacte numérique mondial qui engagerait les gouvernements, les organisations régionales, le secteur privé et la société civile à atténuer les risques liés aux technologies numériques et à déterminer les moyens de mettre les atouts de ces outils au service de l’humanité.
Il a aussi été demandé que l’on envisage la possibilité de créer une nouvelle entité mondiale sur l’intelligence artificielle, qui pourrait constituer une source d’information et d’expertise pour les États Membres.
Il existe de nombreux modèles différents, inspirés notamment de l’Agence internationale de l’énergie atomique, de l’Organisation de l’aviation civile internationale ou du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.
L’ONU est prête à accueillir les discussions mondiales et inclusives qui s’imposent, en fonction de ce que décideront les États Membres.
Pour faire avancer la recherche de solutions concrètes en matière de gouvernance, je mettrai sur pied ce mois-ci un organe consultatif de haut niveau sur l’intelligence artificielle, qui sera chargé de formuler des recommandations d’ici à la fin de l’année.
Le Sommet de l’avenir qui aura lieu l’an prochain (septembre 2024) est une occasion unique de progresser dans la lutte contre ces nouvelles menaces, conformément à la vision énoncée dans la Charte des Nations Unies.
Les États Membres décideront de la suite à donner au Nouvel Agenda pour la paix, au pacte numérique mondial, aux réformes de l’architecture financière internationale et à de nombreuses autres propositions visant à relever les défis et à ancrer davantage la gouvernance mondiale dans la justice et l’équité.
L’ONU a été créée précisément pour des moments comme aujourd’hui, où les dangers sont à leur paroxysme et le niveau de consensus au plus bas. Nous pouvons et devons utiliser les outils à notre disposition en faisant preuve de souplesse et de créativité.
Le mois dernier, notre détermination a porté ses fruits au large des côtes du Yémen. Le FSO Safer, un superpétrolier en décomposition chargé d’un million de barils de pétrole, était une véritable bombe à retardement et faisait craindre une catastrophe écologique imminente en mer Rouge.
Mais personne n’a proposé de solution. L’ONU a alors pris les devants et rassemblé la communauté internationale. Nous avons mobilisé des ressources, réuni des experts, facilité des négociations difficiles et instauré un climat de confiance. Il nous reste encore beaucoup à faire, et davantage de ressources sont nécessaires.
Mais le mois dernier, la cargaison de pétrole du Safer a été transbordée avec succès. Cet effort mené par l’ONU a sauvé la mer Rouge. Lorsque personne d’autre n’en avait la capacité ou la volonté, la détermination des Nations Unies a permis d’accomplir cette tâche.
Malgré la longue liste des problèmes mondiaux, ce même esprit de détermination peut guider notre action future. Montrons-nous résolus à surmonter les divisions et à bâtir la paix. Résolus à défendre la dignité et la valeur de chaque personne. Résolus à atteindre les Objectifs de développement durable et à ne vraiment laisser personne de côté. Résolus à réformer le multilatéralisme au XXIe siècle et à unir nos forces afin d’agir pour le bien commun.
Objectifs de développement durable (ODD) : à mi-parcours de l’échéance de 2030, « les yeux du monde sont rivés sur vous », déclare le Secrétaire général des Nations Unies aux délégations.
On trouvera, ci-après, en intégralité, l’allocution du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, prononcée au forum politique de haut niveau pour le développement durable, à New York, le 18 septembre 2023.
Il y a huit ans, les États Membres se sont réunis dans cette salle pour adopter les objectifs de développement durable. Sous le regard du monde entier -dont 193 jeunes dans la tribune tenant des lampes bleues d’espoir- vous avez fait une promesse solennelle. La promesse de construire un monde de santé, de progrès et d’opportunités pour tous. La promesse de ne laisser personne de côté. Et la promesse de financer cela.
Il ne s’agissait pas d’une promesse faite aux uns et aux autres en tant que diplomates dans le confort de cette salle. C’était -toujours- une promesse envers les gens. Des personnes écrasées sous les roues implacables de la pauvreté. Des personnes qui meurent de faim dans un monde d’abondance. Des enfants privés d’une place dans une salle de classe. Des familles fuyant les conflits, à la recherche d’une vie meilleure. Des parents qui assistent, impuissants, à la mort de leurs enfants, victimes de maladies évitables. Des personnes qui perdent espoir parce qu’elles ne trouvent pas d’emploi – ou de filet de sécurité lorsqu’elles en ont besoin. Des communautés entières aux portes de la dévastation en raison du changement climatique.
Les ODD ne sont pas qu’une simple liste d’objectifs. Ils portent les espoirs, les rêves, les droits et les attentes de personnes du monde entier. Et ils constituent le moyen le plus sûr de respecter nos obligations envers la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont nous célébrons le soixante-quinzième anniversaire.
Pourtant, aujourd’hui, seuls 15% des objectifs sont en bonne voie. Nombre d’entre eux reculent. Au lieu de ne laisser personne de côté, nous risquons de laisser les ODD de côté. Les ODD ont besoin d’un plan de sauvetage mondial. Je suis profondément encouragé par le projet de déclaration politique détaillée et de grande ampleur dont nous discutons ici aujourd’hui, en particulier par son engagement à améliorer l’accès des pays en développement au carburant nécessaire à la réalisation des ODD: le financement.
Cela inclut un soutien clair à un plan de relance des ODD d’au moins 500 milliards de dollars par an, ainsi qu’à un mécanisme efficace d’allègement de la dette qui soutienne les suspensions de paiement, des conditions de prêt prolongées et des taux plus bas.
Cela inclut un appel à recapitaliser et à modifier le modèle économique des Banques multilatérales de développement afin qu’elles puissent mobiliser massivement des financements privés à des taux abordables au profit des pays en développement.
Cela inclut également un accord sur la nécessité d’une réforme de l’architecture financière internationale, que je considère aujourd’hui dépassée, dysfonctionnelle et injuste. Cela peut changer la donne et accélérer la réalisation des ODD.
J’ai appelé à un nouveau Bretton Woods et à l’élaboration de solutions pratiques d’ici au Sommet de l’avenir en septembre prochain. Mais les pays peuvent agir dès maintenant pour mettre les ODD sur la bonne voie.
Avec les entreprises, les autorités locales, le système de développement des Nations unies et d’autres, vous avez contribué à montrer la voie avec des initiatives à fort impact pour soutenir six domaines ciblés où des transitions urgentes sont nécessaires.
Premièrement, nous devons agir contre la faim. Dans notre monde d’abondance, la faim est une tache choquante sur l’humanité et une violation monumentale des droits humains. Le fait que des millions de personnes meurent de faim à notre époque est un acte d’accusation à l’égard de chacun d’entre nous. En nous appuyant sur le bilan du Sommet sur les systèmes alimentaires de juillet dernier, nous mobilisons des moyens financiers, scientifiques, des données, des innovations, ainsi qu’un soutien en matière de politique et de gouvernance pour aider les pays à transformer les systèmes alimentaires afin que chaque personne puisse avoir accès à une alimentation saine et nutritive.
Deuxièmement, la transition vers les énergies renouvelables n’est pas assez rapide. Nous proposons de nouveaux Pactes énergétiques dans lesquels les gouvernements, les entreprises et les organisations mondiales unissent leurs forces pour investir dans la décarbonisation des systèmes énergétiques et assurer une transition juste et équitable des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables.
Troisièmement, les avantages et les possibilités du numérique ne sont pas assez largement partagés. Pour combler ce fossé, nous avons lancé une initiative visant à stimuler la transformation numérique dans 100 pays, en soutenant le renforcement des capacités technologiques, une meilleure gouvernance et un financement innovant. Le Pacte mondial pour le numérique que nous proposons aidera également les pays à mettre en place des systèmes numériques sûrs offrant un accès à Internet pour tous, y compris aux étudiants des communautés difficiles d’accès.
Quatrièmement, trop d’enfants et de jeunes pâtissent d’une éducation de mauvaise qualité, ou ne reçoivent aucune éducation. Nous devons bâtir de véritables « sociétés apprenantes » ancrées dans une éducation de qualité, et notamment sur la formation continue – dès le plus jeune âge et tout au long de la vie, réduisant la fracture numérique et soutenant les enseignants à chaque étape. Un groupe émergent de « pays pionniers » montre la voie pour stimuler les investissements et transformer les systèmes éducatifs du monde entier.
Cinquièmement, chaque personne a besoin d’un travail décent et d’une protection sociale. Grâce à la collaboration avec les gouvernements et le secteur privé, notre Accélérateur mondial pour l’emploi et la protection sociale pour des transitions justes vise à créer 400 millions de nouveaux emplois décents –en particulier dans l’économie verte, les services à la personne et l’économie numérique– ainsi qu’à étendre la protection sociale à plus de quatre milliards de personnes. Les investissements dans la protection sociale doivent massivement augmenter.
Sixièmement, la guerre menée contre la nature doit cesser. Nous devons mettre fin à la triple crise planétaire du changement climatique, de la pollution et de la perte de biodiversité. Nous mettons sur pied un groupe de pays champions qui étudiera les mesures à prendre pour réformer les politiques économiques et placer la nature et la biodiversité au cœur de toute décision. Le besoin d’assurer une égalité totale entre les hommes et les femmes est au cœur de toutes ces transitions. Il est grand temps de mettre fin à la discrimination, de garantir la pleine participation des femmes et des filles à la prise de décisions et de mettre fin au fléau des violences fondées sur le genre.
À mi-parcours de l’échéance pour la réalisation des Objectifs de développement durable, les yeux du monde sont de nouveau rivés sur vous. Au cours du week-end, des jeunes et des groupes de la société civile se sont rendus à l’ONU –ou défilé à travers le monde– pour réclamer une action urgente. L’heure est venue de prouver que vous êtes à leur écoute.
Nous pouvons réussir. Si nous agissons maintenant. Si nous agissons ensemble. Si nous tenons notre promesse envers les milliards de personnes dont les espoirs, les rêves et l’avenir sont entre vos mains. L’heure est venue.
Un nouveau Bretton Woods : le Secrétaire général des Nations Unies renouvelle son appel à réformer l’architecture financière mondiale et à sauver les Objectifs du Développement Durable (ODD).
Ci-après, l’intégralité du texte de l’allocution du Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, prononcée à l’occasion du Dialogue de haut niveau de l’Assemblée générale sur le financement du développement, à New York, le 20 septembre 2023 :
De toutes les questions que nous aborderons cette semaine, la finance est peut-être la plus cruciale.
Car le financement du développement est le carburant qui fait avancer le Programme 2030 et l’Accord de Paris.
Aujourd’hui, ce carburant s’épuise et le moteur du développement durable a des ratés, cale, s’enflamme.
Alors que nous arrivons à mi-parcours de l’échéance fixée pour la réalisation des Objectifs de développement durable, nous constatons, pour la première fois depuis des décennies, un recul des progrès accomplis dans la réduction de la pauvreté et de la faim, nos priorités les plus fondamentales.
La pandémie de COVID-19 et la crise climatique ont un effet dévastateur et durable sur les économies en développement.
L’invasion russe de l’Ukraine a exacerbé la volatilité et augmenté les prix des denrées alimentaires, de l’énergie et du financement.
Une crise mondiale du coût de la vie affecte des milliards de personnes.
Les États croulent sous la dette. La flambée des taux d’intérêt étrangle les pays en développement.
Les engagements en matière d’aide publique au développement et de financement de l’action climatique ne sont pas respectés.
Le fossé se creuse entre les pays qui peuvent accéder à des financements à des conditions raisonnables et ceux qui ne le peuvent pas et se retrouvent encore plus à la traîne.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En voici trois exemples.
Le déficit de financement des Objectifs de développement durable est devenu un gouffre, estimé à 3,900 milliards de dollars par an.
Les pays en développement se trouvent face à des coûts d’emprunt jusqu’à huit fois supérieurs à ceux notamment des pays européens et c’est le piège de l’endettement.
Et un pays sur trois dans le monde est aujourd’hui exposé à un risque élevé de crise budgétaire. Plus de 40% des personnes vivant dans l’extrême pauvreté se trouvent dans des pays confrontés à de graves problèmes d’endettement.
Plusieurs mesures de bonne foi ont été prises pour aider les économies en développement à survivre à cette crise du financement, comme l’Initiative du G20 pour la suspension du service de la dette et l’allocation de droits de tirage spéciaux par le Fonds monétaire international.
Mais cela n’a pas suffi.
Il est évident que les problèmes systémiques du financement du développement durable exigent une solution systémique: une réforme de l’architecture financière mondiale.
Cette architecture a été créée à une époque où de nombreux pays en développement étaient encore sous domination coloniale. Elle est profondément déséquilibrée en faveur des pays développés.
Et elle n’a pas évolué au même rythme que la croissance de l’économie mondiale. Le capital versé de la Banque mondiale, par exemple, exprimé en pourcentage du PIB mondial, représente un cinquième de ce qu’il était en 1960.
Je renouvelle mon appel en faveur d’un nouveau Bretton Woods, une occasion pour les pays de se réunir pour convenir d’une architecture financière mondiale qui reflète les réalités économiques et les rapports de force d’aujourd’hui.
Je compte sur vous pour soutenir ces propositions de réformes, tout au long du Sommet de l’avenir et par la suite.
Mais ces réformes structurelles essentielles prendront du temps. Or, le temps presse.
Le Programme 2030 risque d’être hors de notre portée avant de pouvoir porter ses fruits.
C’est pourquoi j’exhorte les États à prendre immédiatement des mesures pour sauver les objectifs de développement durable.
Le plan de relance des objectifs que je propose permettrait de dégager au moins 500 milliards de dollars par an de financements à long terme abordables au profit du développement durable et de l’action climatique.
L’augmentation du capital des banques multilatérales de développement et la modification de leur modèle économique permettraient aux États d’accroître considérablement les investissements dans les domaines du climat et du développement.
La recapitalisation et un engagement plus fort auprès des agences de notation de crédit permettraient aux banques de transformer leur approche du risque, en améliorant leurs conditions de prêt et en mobilisant des quantités massives de financements privés à un coût raisonnable pour les pays en développement.
Les États pourraient mettre en place un mécanisme efficace de renégociation de la dette qui permette les suspensions de paiement, associe les créanciers privés et soit ouvert aux pays à revenu intermédiaire.
Ils peuvent également accroître les financements d’urgence lorsque les pays rencontrent des difficultés. Je préconise la réorientation de 100 milliards de dollars supplémentaires de droits de tirage spéciaux, principalement par l’intermédiaire des banques multilatérales de développement, ainsi que la mise au point d’autres moyens innovants d’aider les pays dans le besoin.
Les pays développés doivent respecter leurs engagements financiers à l’égard des pays en développement, y compris en ce qui concerne le climat.
Ils doivent tenir la promesse de mobiliser 100 milliards de dollars, augmenter considérablement le financement de l’adaptation, reconstituer les ressources du Fonds vert pour le climat, et rendre opérationnel le fonds pour les pertes et les préjudices d’ici à la COP28.
Et tous les pays doivent aligner les budgets nationaux sur les objectifs de développement durable et s’attaquer aux problèmes du dégrèvement fiscal et des flux financiers illicites.
De Bridgetown à Paris en passant par Delhi, la réforme de l’architecture de financement est au cœur des discussions.
Je me félicite du soutien que le G20 a apporté au plan de relance des objectifs de développement durable, au renforcement des banques multilatérales de développement et à l’augmentation du financement du développement et de l’action climatique.
La déclaration du Sommet sur les objectifs de développement durable traduit un appui retentissant en faveur de mesures de financement solides pour sauver les objectifs.
Il nous faut maintenant passer d’urgence des paroles aux actes.
Parce que les Objectifs de développement durable – cette promesse faite aux peuples du monde – ne peuvent pas attendre.
Un monde à deux vitesses, partagé entre nantis et démunis, est déjà à l’origine d’une crise de confiance à l’échelle mondiale.
Je vous demande instamment de faire de ce dialogue de haut niveau une plateforme d’engagement constructif, en mettant l’accent sur des solutions de financement créatives et pratiques qui peuvent être mises en œuvre dans les mois et les années à venir.
Ensemble, nous devons transformer la crise actuelle en opportunité, trouver des solutions de financement communes pour rebâtir la solidarité mondiale et insuffler un nouvel élan en faveur du développement durable et de l’action climatique.
Cet ordre du jour comporte une originalité à remarquer. Son point 37 est en effet rédigé ainsi :
« 37. Question de l’île comorienne de Mayotte (2). »
Remarquons qu’en note de bas de page (2) il est précisé que cette question figure dans la liste des questions mises à l’ordre du jour, mais qu’elle ne sera pas examinée.
Qu’est-ce que cela veut dire ? Ce point 37 de l’ordre du jour signifie que l’Assemblée Générale de l’ONU ne reconnaît pas la souveraineté de la France sur l’île de Mayotte, ou qu’il n’y a pas de consensus de l’Assemblée pour reconnaître un tel fait. Ce qui revient au même. Il s’agit effectivement d’un fait accompli du colonialisme français. On se souvient en effet que l’île de Mayotte a été extorquée, on peut dire volée, aux Comores à l’occasion d’un référendum d’autodétermination organisé par la France en 1974. Les autorités coloniales ont utilisé les résultats de ce référendum dans une seule île pour pouvoir manipuler le droit international et conserver ainsi la main-mise sur Mayotte, une des quatre îles de l’archipel. Ces quatre îles devaient pourtant constituer ensemble la République des Comores. Oui, ensemble car la souveraineté ne peut faire l’objet de tels charcutages pour convenance politiques au mépris des réalités nationales et historiques. La souveraineté ne peut se découper au gré des intérêts stratégiques du colonisateur. Le peuple comoriens a vu ainsi son intégrité bafouée et son unité brisée. Ce vol, cette manipulation constituent une forfaiture acceptée, voire revendiquée par tous les Présidents de la République depuis Valérie Giscard d’Estaing. De plus, comme la violente crise sociale à Mayotte le montre, force est de constater que la « départementalisation » de Mayotte, et son intégration forcée dans la souveraineté française n’ont pas apporté les réponses politiques, sociales, économiques et démocratiques attendues et promises… Il est nécessaire que ces choses-là soient rappelées.
Vous trouverez sur ce blog un article daté du 24 octobre 2019 sur la question. Cet article avait été écrit à l’occasion d’une visite d’Emmanuel Macron à Mayotte.
Premièrement, fin août, la France suspend les « mobilités étudiantes » avec le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Des étudiants de ces trois pays ont reçu un message du Ministère des affaires étrangères les informant de l’annulation de leur séjour en France en raison de la crise diplomatique en cours. Le problème est d’abord politique, mais des étudiants sont ainsi mis dans des situations très difficiles sur les plans universitaire et financier.
Deuxièmement, à la mi-septembre, la consternante suspension de la coopération culturelle avec les artistes du Mali, du Niger et du Burkina Faso (les trois mêmes pays) suscite l’indignation du monde de la culture. Un courrier des directions générales des affaires culturelles (DRAC) demande effectivement l’arrêt immédiat de tout projet de coopération avec les ressortissants de ces trois pays.
Ainsi les autorités françaises, malgré les dénégations gênées à posteriori, sanctionnent les artistes et les étudiants de ces trois pays alors qu’ils n’ont pas de responsabilité dans les coups d’État intervenus. C’est inacceptable.
La prise du pouvoir par des militaires dans ces trois pays pose de multiples et sérieux problèmes, notamment celui de la « gestion » de la relation franco-africaine. Et le traitement de l’enjeu démocratique, évidemment. Mais une question se pose. Si la France, pour cause de coup d’État, croit légitime de sanctionner les artistes et les étudiants du Mali, du Burkina et du Niger…pourquoi ne le fait-elle pas pour le Gabon ? Y aurait-il des coups d’État condamnables… et des coups d’État acceptables, ou défendables ? Est-ce qu’il y aurait, aussi, des changements dynastiques et autoritaires du pouvoir qui soient tolérables, comme au Tchad ? Décidément, les autorités françaises perdent leur crédibilité.
La politique de la France… Où est-elle ?.. Quelle est -elle ?.. Les valeurs et les principes seraient-ils à géométrie variable ? Ce chaos présidentiel et ministériel face aux crises politiques en Afrique ferait pitié s’il n’était pas synonyme de mépris pour des peuples africains. C’est indigne. Mesurons cependant, c’est le plus important, qu’il s’agit des derniers soubresauts d’un néocolonialisme en perdition dans un monde qui n’en veut plus. JFi 16 09 2023
NOTRE AMI ET CAMARADE JELLOUL BEN HAMIDA NOUS A QUITTE.
PAIX A SON ÂME ET RESPECT POUR SON ENGAGEMENT !
J’ai bien connu Jelloul. Pour lui rendre hommage, je me joins à la déclaration de la Fédération des Tunisiens des Deux Rives (FTCR) :
Nous avons appris le décès ce Jeudi 14 Septembre 2023 de Jelloul Ben Hamida suite à une longue maladie.
Jelloul Ben Hamida a été durant de longues années un des membres actifs et dirigeant de la FTCR (ex UTIT) et un militant exigeant sur les valeurs et les principes qui guidaient son engagement au sein de notre association comme dans sa vie politique.
Jelloul Ben Hamida a été, notamment dans les années 80 à 2000, celui qui a impulsé les nombreuses actions et initiatives qui ont conduit à la constitution des sections dans le sud de la France et notamment à Nîmes et Marseille.
Jelloul Ben Hamida a également joué un rôle important dans la dynamique des Marches contre le racisme et en particulier lors de l’accueil de la 3ème Marche à Marseille en 1985.
De même Jelloul est connu pour son combat pour les libertés et la démocratie en Tunisie et au Maghreb. Adhérant au CRLDHT et ce jusqu’à la veille de la Révolution de la liberté et de la dignité en Tunisie, il a participé à la création du Forum social Maghrébin et a été très actif dans l’organisation du 1er Forum social maghrébin à El Jadida au Maroc en 2008.
De plus chacun sait la position de Jelloul au sujet de la cause palestinienne et son soutien indéfectible au combat du peuple palestinien.
De même – et il faut le rappeler – Jelloul Ben Hamida a été aussi et surtout un homme, intransigeant certes, mais un homme généreux, disponible et plein de vie, qualités que lui reconnaissent tous ceux et celles qui l’ont connu.
Certes nos chemins s’étaient séparés il y a de cela quelques années mais cela n’occulte en rien le respect que nous portons à notre ami et camarade et à ses multiples engagements tant associatifs, syndicaux que politiques. Et pour cela nous lui rendons hommage.
La FTCR, ses militant.e.s, ses ancien.e.s militant.e.s, lui expriment tout leur respect à la mémoire de Jelloul et ses plus sincères condoléances à sa fille Sophie et ses petits-enfants, toute sa famille, ses proches et ami.e.s.
N’a-t’on rien appris des guerres en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Yémen ?..
N’a-t’on pas encore compris à quel point l’intervention militaire occidentale, y compris française, a pu déstabiliser durablement le Sahel ?
Quels désastres géopolitiques, sociaux et humains faudra-t-il encore provoquer en Afrique pour que l’on prenne enfin la mesure des échecs stratégiques associés à des guerres conduites au nom d’un anti-terrorisme qui montre sa vanité et son hypocrisie ?
Est-ce vraiment aux pays de la CEDEAO, divisés, de décider et de préparer, en dehors de la légalité et la légitimité internationale, une intervention militaire aussi périlleuse qui demanderait d’ailleurs des moyens opérationnels très conséquents?
Alassane Ouatara, Président ivoirien, est le plus va-t-en-guerre dans cette crise dangereuse. Lui qui doit son pouvoir à l’intervention des blindés et des militaires de la France de Nicolas Sarkozy en 2011… est-il bien placé pour donner des leçons de démocratie ?
Il est consternant que la France ait pu s’aventurer à appuyer les décisions inconsidérées de certains régimes africains ayant peur pour leur propre pérennité et stabilité. Après tant de coups d’État ou de successions dynastiques dans une Afrique où la politique de la France est en faillite, n’est-il pas temps de réfléchir aux causes véritables de ces crises, aux vulnérabilités du développement, aux dérives politiques de certains régimes, aux grands intérêts économiques qui les ont entretenues ? Et cesser de prétendre que l’ingérence néocoloniale pourrait apporter des solutions alors qu’elle est elle-même à l’origine des problèmes.
La France et ses partenaires de l’Union européenne auront-ils le courage de mettre sur la table leurs déroutes politiques communes et respectives : la Françafrique jamais démantelée pour l’une, et la débâcle néolibérale de la coopération UE/ACP née à Lomé en 1975 ? Aujourd’hui, on peut évidemment en douter… C’est une bataille à mener.
Dans l’immédiat, la France ne doit pas contribuer, de quelque manière que ce soit, à une opération militaire au Niger au côté de certains États de la CEDEAO. Une telle politique serait d’une tragique imbécillité. Ne pas ajouter un fiasco politique aux autres déjà consommés…
Les autorités de notre pays doivent, enfin, prendre la mesure des changements mondiaux et des grands défis globaux, de la fin du néocolonialisme français et de l’exigence dans ce contexte d’une nouvelle politique internationale. Dans les meilleurs délais les forces françaises doivent être retirées des pays d’Afrique où elles stationnent encore. C’est un premier acte nécessaire qui devrait appeler d’autres radicales transformations. JF 24 août 2023
Face à l’escalade dangereuse au Niger voulue par le président Macron, nous estimons que les organisations politiques, syndicales, associatives et les forces pacifistes ou anti-impérialistes peuvent et doivent employer tous les recours pour exiger de l’exécutif et de la représentation parlementaire des réponses claires, avertissent plusieurs personnalités du mouvement social.
L’heure est grave : le président Macron tente d’utiliser les réseaux de la Françafrique (certains pays de la CEDEAO [1]) pour fomenter une guerre au Niger suite au coup d’État militaire [2]. C’est l’un des pays les plus pauvres de la planète, dans une région, le Sahel, déjà traumatisée par deux décennies de guerre du fait du djihadisme. Cela dans l’ignorance voire l’indifférence de l’opinion publique nationale et au cœur de l’été, saison des congés parlementaires.
Face à cette escalade dangereuse, nous estimons que les organisations politiques, syndicales, associatives et les forces pacifistes ou anti-impérialistes peuvent et doivent employer tous les recours pour exiger de l’exécutif et de la représentation parlementaire des réponses à ces questions impérieuses :
– Quel est le bilan des opérations militaires menées depuis 2013 (Serval au Mali, Barkhane au Sahel, Sangaris en Centrafrique) pour éradiquer le terrorisme islamiste dans ces régions ? Comment expliquer le manque de résultats probants de ces opérations ?
– Quelle relation établir entre ces opérations militaires et les putschs menés au Mali en 2020, au Burkina-Faso en 2021 et désormais au Niger ? N’y aurait-il pas là une relation de cause à effet, dans le sens d’établir un rapport de forces proportionné à l’égard d’une armée d’occupation de facto, armée dont le budget est le 7e ou le 8e du monde et le 2e de l’Union européenne ? Les accords historiques de coopération militaire contractés avec la France de même que la sujétion de la CEDEAO sont rejetés dans la dernière période. Ceci dans un contexte où les annonces de processus démocratiques maintes fois répétées par les dirigeants ne sont pas respectées – y compris par les militaires qui s’emparent fréquemment du pouvoir – et qu’elles s’effacent devant les rivalités géopolitiques et la capture du pouvoir d’État par les élites, en violation de la volonté de souveraineté nationale exprimée par les peuples.
– Comment expliquer que l’exécutif invoque à la fois la souveraineté de l’Ukraine et s’ingère dans les affaires intérieures du Niger ? Comment expliquer qu’il condamne le coup d’État au Niger et qu’il soutienne des processus électoraux frauduleux, qui maintiennent des dictatures au pouvoir, comme au Gabon et au Togo ? Ces “deux poids et deux mesures” en matière de relations internationales ne sont-ils pas révélateurs d’une politique néocoloniale menée au nom d’intérêts illégitimes en matière d’exploitation de richesses minières ? Il est avéré que, loin d’enrichir le pays, l’exploitation de l’uranium par ORANO (ex AREVA) a et aura des conséquences considérables sur les populations en matière de santé publique et de contamination de l’environnement (conséquences passées sous silence jusqu’à présent).
– Une intervention militaire au Niger ne serait-elle pas insupportable pour un peuple déjà durement impacté tant par les crises climatique qu’économique du fait des répercussions de la guerre en Ukraine ? Et ne serait-elle pas source de déstabilisation d’une région dont les jeunes n’ont plus souvent déjà que le choix de l’émigration ou du djihadisme pour survivre ?
– L’exécutif a dû accepter de retirer ses troupes du Mali et du Burkina-Faso. Pourquoi fomenterait-il une guerre au Niger ?
– Les peuples du Sahel doivent-ils subir la concurrence des pays impérialistes comme la France, la Russie (dont le groupe Wagner est au Mali depuis la fin de l’opération Barkhane), les USA (qui ont des bases au Niger)…?
– N’est-ce pas le rôle de la France, si elle ne veut pas une fois de plus tourner le dos à son héritage historique comme « pays de la déclaration des droits de l’homme », de privilégier avec d’autres acteurs la diplomatie ? Cela dans un contexte international marqué par la progression parasite des conflits armés et des budgets militaires correspondants. Au profit du lobby militaro-industriel, pour lequel devraient s’endetter les pays de la CEDAO.
A tous ces titres, face à ce diktat présidentiel, il est urgent :
– de sortir d’un certain silence relatif aux questions Afrique-France comme à celles qui relèvent de la gestion du secteur militaire. Ainsi, la loi de programmation, qui prévoit le doublement du budget des armées et l’instauration d’une « économie de guerre », a été votée sans opposition organisée et avec l’appui des droites.
– D’exiger l’ouverture :
⋅ d’une commission d’enquête parlementaire qui fasse le bilan des OPEX (opérations extérieures) en Afrique et notamment au Sahel ;
commission d’enquête parlementaire qui fasse le bilan de la gestion d’Orano (ex-Areva) au Niger ;
⋅ d’une commission d’enquête parlementaire sur le bilan de la gestion de la monnaie franc CFA, objet comme les opérations militaires, d’une hostilité grandissante des peuples francophones.
– De collaborer activement et de manière pérenne avec les organisations démocratiques nigériennes, sahéliennes et africaines, dans l’objectif d’en finir avec cette gestion néocoloniale et de respecter les souverainetés nationales et régionales.
– de médiatiser largement une pétition inter-organisationnelle qui, dans une perspective de mobilisation sous une forme ou une autre, informe le peuple français de la politique menée en son nom, politique criminelle et de ce fait nuisible à ses intérêts bien compris.
Une telle démarche d’élargissement de nos objectifs démocratiques ne peut que favoriser le renouveau du débat citoyen et politique, qui est largement dominé actuellement par les programmes autoritaires et xénophobes des droites.
Premier·es signataires :
Abderrahim AFARKI, défenseur des droits humains
Nils ANDERSSON, ancien éditeur, spécialiste de géo-politique, auteur de Le capitalisme c’est la guerre (2021)
Adda BEKKOUCHE maire-adjoint de Colombes, co-auteur de La Colère des peuples ou la mondialisation du ras-le-bol (2021
Jean-Louis BERLAND, retraité fonction publique, conseiller municipal militant
Gilles BOSCA, citoyen région Occitanie, Gérant SSII
Martine BOUDET didacticienne (université de Paris Diderot), directrice de Résistances africaines à la domination néo-coloniale (2021)
Michel CAHEN, directeur de recherche émérite du CNRS à Sciences Po Bordeaux, membre de la Gauche démocratique et sociale
Claude CALAME historien anthropologue, directeur d’études EHESS Paris, CS d’ATTAC, LDH, Ensemble! codirecteur de Migrations forcées, discriminations et exclusions (2021)
Anne CAUWEL militante altermondialiste
Eliane CESARIN MAYOUSSIER citoyenne militante, membre d’Attac
Patrice COULON membre du réseau « international » du MAN, de la commission Paix et désarmement (EELV), de Abolition des armes nucléaires, d’Attac
Pierre COURS-SALIES sociologue, professeur émérite Paris 8, CS d’ATTAC, LDH, Ensemble !
Alexis CUKIER philosophe
Christian DELARUE membre du Conseil national du MRAP-Délégué à l’altermondialisme (ATTAC – CADTM – Forum)
Monique DEMARE membre de la commission Démocratie Attac
Françoise DUTHU, ancienne députée au Parlement Européen du groupe Verts/ALE, membre du bureau de la commission Paix et Désarmement EELV
Didier EPSZTAJN, animateur du blog « Entre les lignes entre les mots »
Tosse EKUE animateur culturel (Toulouse)
Jules FALQUET, philosophie, Université Paris 9 St Denis
Patrick FARBIAZ PEPS Pour une Ecologie Populaire et Sociale
Jacques FATH spécialiste en relations internationales
Georges Yoram FEDERMANN psychiatre –Fondation Copernic (Strasbourg)
Gérard FILOCHE Gauche démocratique et sociale
Sylviane FRANZETTI citoyenne occitaniste
Michelle GARCIA, Rejoignons-nous
Jean-Luc GAUTERO, maître de conférences en philosophie des sciences, Université Côte d’Azur (Nice)
Charlotte GEHIN, enseignante, syndiquée au Snes
Robert JOUMARD, directeur de recherche retraité
Frédéric LEBARON professeur en sociologie, université Paris-Saclay- Association Savoir/Agir
Laurent LINTANF, membre du bureau de la commission Paix et désarmement d’EELV, militant antinucléaire
Michèle LECLERC-OLIVE chercheure CNRS-EHESS, présidente de CORENS (Collectif Régional pour la Coopération Nord-Sud – Hauts de France) et de CIBELE (Collectif Régional pour la Coopération Nord-Sud – Ile de France)
Philippe LE CLERRE co-secrétaire de la commission Paix et Désarmement (EELV)
Olivier LONG artiste plasticien, universitaire Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Christophe MILESCHI professeur des universités, Nanterre
Martine MONIER, retraitée d’un Groupement d’Intérêt Public (formation professionnelle)
Luigi MOSCA, physicien, membre de l’association Abolition des Armes Nucléaires – Maison de Vigilance, partenaire d’ICAN
Alain MOUETAUX retraité, ancien syndicaliste Sudptt et bureau d’Attac Réunion.
Evelyne PERRIN présidente de Stop Précarité
Jean-Luc PICARD-BACHELLERIE membre de la commission Démocratie d’Attac
Alain REFALO co-porte-parole du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN), auteur de Démilitariser la France : un projet politique au service de la paix (2022)
Patrick SAURIN, employé de banque retraité, Syndicaliste Sud Solidaires BPCE
Claude SERFATI, économiste, auteur de L’Etat radicalisé : La France à l’ère de la mondialisation armée (2022)
Nicole SMOLSKI médecin hospitalier en retraite
Gérard TAUTIL militant et auteur occitaniste (Le roman national français au défi de l’extrême-droite, 2016)
Jacques TESTART directeur de recherches honoraire Inserm
Jean-Paul VANHOOVE militant du commerce équitable avec l’Afrique
Pedro VIANNA économiste, poète, homme de théâtre, enseignant universitaire
Christiane VOLLAIRE philosophe (laboratoire CRTD du CNAM et Institut Convergences Migrations au Collège de France), auteure de Pour une philosophie de terrain (2017)
(1) CEDEAO : Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Des sanctions économiques très dures ont été mises en place, dont l’ONU demande l’arrêt.
(2) L’armée a destitué le 26 juillet dernier le président Mohamed Barzoum, qui avait été élu en 2021. Le Niger a connu cinq coups d’État depuis son indépendance et six des dix présidents ont été des militaires.