RSF a obtenu que le procureur de la Cour pénale internationale inclue les crimes contre les journalistes dans son enquête sur la Palestine

À la suite des deux dernières plaintes déposées par Reporters sans frontières (RSF) auprès de la Cour pénale internationale (CPI), le bureau du procureur Karim Khan assure à l’organisation que les crimes contre les journalistes sont inclus dans son enquête sur la Palestine. Dès 2018, l’action de RSF avait été déterminante pour obtenir que la CPI enquête sur les crimes contre les journalistes.

Au lendemain de la mort du vidéaste indépendant Moustafa Thuraya et du journaliste d’Al Jazeera Hamza Waël Dahdouh, qui porte à au moins 79 le nombre total de journalistes tués en trois mois, RSF est en mesure de révéler que les crimes contre les journalistes font l’objet d’une attention particulière dans l’enquête de la Cour pénale internationale sur la situation en Palestine. 

Depuis le 7 octobre, le procureur de la CPI Karim Khan ne s’était jamais exprimé publiquement sur le sort des journalistes. Dans un message adressé le 5 janvier 2024 à RSF, son bureau  affirme pour la première fois que les crimes contre ces derniers sont inclus dans son enquête. C’est bien entendu une information cruciale dans un contexte terrible pour les journalistes à Gaza.

Dans sa déclaration, le bureau du procureur de la CPI assure que “les crimes contre les journalistes sont examinés par le bureau du procureur, parmi d’autres crimes potentiels, dans le cadre de l’enquête en cours sur la situation en Palestine, et les objectifs et les actions de RSF doivent être soutenus et revêtent une importance cruciale à Gaza et ailleurs. Les journalistes sont protégés par le droit international humanitaire et le Statut de Rome et ne doivent en aucun cas être pris pour cibles dans l’exercice de leur importante mission.”

Dès 2018, RSF avait déposé une première plainte sur les tirs de snipers israéliens sur des journalistes palestiniens lors de la “grande marche du retour” à Gaza. RSF faisait valoir que deux journalistes tués et 18 blessés avaient été délibérément ciblés et que ces actes relevaient de la qualification de crimes de guerre. En décembre 2019, le rapport annuel d’étape sur l’enquête préliminaire de la procureure de la CPI de l’époque, Fatou Bensouda, à propos de la Palestine, mentionnait pour la première fois les journalistes comme inclus dans cette enquête. 

Dans un message adressé à RSF le 21 décembre 2023, Fatou Bensouda assure que l’inclusion des crimes contre les journalistes dans son enquête préliminaire “a résulté de la communication de RSF de mai 2018” à la CPI. Le 3 mars 2021, le procureur annonçait l’ouverture d’une enquête formelle sur la situation en Palestine. 

Le procureur de la CPI Karim Khan et sa prédécesseure Fatou Bensouda avaient été sollicités en décembre par RSF qui souhaitait s’assurer de leur compréhension de l’ampleur et la gravité des crimes contre les journalistes palestiniens.

“L’hécatombe de journalistes à Gaza, dont au moins 79 ont été tués depuis le 7 octobre, exige une réponse déterminée de la CPI. Nous avons établi qu’au moins 18 d’entre eux ont été tués dans l’exercice ou en raison de leurs fonctions de journaliste, mais seule une enquête approfondie permettra d’établir avec précision les crimes de guerre contre les professionnels de l’information. L’annonce du bureau du procureur de la CPI à RSF est une bonne nouvelle, que nous saluons. Nous espérons que son enquête avance et débouche rapidement.

Christophe Deloire, secrétaire général de RSF

RSF n’a eu de cesse de documenter les crimes commis en Palestine contre des journalistes. En mai 2021, à la suite des bombardements d’une vingtaine de médias dans la bande de Gaza par les forces israéliennes, l’organisation a déposé une deuxième plainte pour crimes de guerre. En décembre 2022, RSF a accompagné la plainte déposée par Al Jazeera concernant l’assassinat de la journaliste palestinienne Shirin Abu Akleh en Cisjordanie. Depuis le 7 octobre 2023, RSF a déposé deux plaintes auprès de la CPI – une première le 31 octobre et une seconde le 22 décembre – appelant le procureur à enquêter sur l’ensemble des journalistes palestiniens tués par l’armée israélienne.

« Nous soutenons l’action intentée par l’Afrique du Sud contre Israël dans le cadre de la convention sur le génocide ».

Plus de 1 000 mouvements populaires, partis politiques, syndicats et autres organisations appellent les États du monde entier à soutenir la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud contre Israël. 08 01 2024 (texte disponible en anglais et en espagnol)

https://progressive.international/wire/2024-01-08-we-support-south-africas-genocide-convention-case-against-israel/en

Nous, les organisations soussignées, félicitons l’Afrique du Sud pour sa requête auprès de la Cour internationale de justice (CIJ) invoquant la Convention sur le génocide à l’encontre d’Israël.

Nous exhortons maintenant les autres pays à renforcer cette plainte fermement formulée et bien argumentée en déposant immédiatement une déclaration d’intervention auprès de la CIJ, également appelée Cour mondiale.

De nombreux pays ont exprimé à juste titre leur horreur face aux actions génocidaires, aux crimes de guerre et aux crimes contre l’humanité commis par l’État d’Israël à l’encontre des Palestiniens. Les forces d’occupation israéliennes ont bombardé des hôpitaux, des résidences, des centres de réfugiés des Nations unies, des écoles, des lieux de culte et des voies d’évacuation, tuant et blessant des dizaines de milliers de Palestiniens depuis le 7 octobre 2023. Plus de la moitié des morts sont des femmes et des enfants. Les dirigeants israéliens ont fait des déclarations génocidaires effrontées, déclarant ouvertement leur intention de déplacer définitivement et complètement les Palestiniens de leur propre terre.

L’Afrique du Sud a raison d’affirmer qu’en vertu de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, les actions d’Israël « ont un caractère génocidaire, car elles sont commises avec l’intention spécifique requise […] de détruire les Palestiniens de Gaza en tant que partie du groupe national, racial et ethnique palestinien au sens large ».

Une déclaration d’intervention déposée auprès de la CIJ à l’appui de la plainte de l’Afrique du Sud contre Israël est un moyen de garantir que tous les actes de génocide cessent et que les responsables soient tenus de rendre compte de leurs actes.

Le fait qu’Israël tue, blesse, traumatise et déplace un grand nombre de Palestiniens et qu’il prive une population occupée d’eau, de nourriture, de médicaments et de carburant répond aux critères du crime de génocide. Si la majorité des nations du monde appellent à un cessez-le-feu, mais ne font pas pression pour qu’Israël soit poursuivi, qu’est-ce qui empêchera Israël de procéder à un nettoyage ethnique de tous les Palestiniens ?

D’ailleurs, qu’est-ce qui empêcherait d’autres nations de répéter une horreur de cette ampleur ?

Nous demandons instamment aux gouvernements nationaux de déposer immédiatement une déclaration d’intervention pour soutenir la plainte de l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de justice afin de mettre un terme aux massacres dans les territoires palestiniens occupés.

Liste des 1010 signataires :

  1. Mouvement du 11 mars (11 maart-beweging), Belgique
  2. Institut commémoratif A.J. Muste, États-Unis
  3. Fondation A.M. Qattan, Palestine
  4. AAPSS.Asociación Amistad con el Pueblo Saharaui de Sevilla, Espagne
  5. Abolition Feminism for Ending Sexual Violence, Royaume-Uni
  6. Academy Alive, Australie
  7. Acción Ecológica, Équateur
  8. ACT Musulmans Australie
  9. Addameer Prisoner Support and Human Rights Association (Association de soutien aux prisonniers et de défense des droits de l’homme), Palestine
  10. Organisation des femmes afghanes pour la paix et la liberté (AWPFO), Afghanistan
  11. Association des ingénieurs agronomes, Palestine
  12. Collectif de recherche-action en agroécologie, États-Unis
  13. Agrupación ESPERANZA Revolucionaria y Socialista, Argentine
  14. Organisation Ahel, Jordanie
  15. Aktiv für Frieden Bad Kreuznach, Allemagne
  16. Association Al Baraem pour le travail caritatif, Liban
  17. Al-Awda, la coalition pour le droit au retour des Palestiniens
  18. ALBA Movimientos, Amérique latine
  19. ALCE (Abolición de Lógicas de Castigo y Encierro), Colombie
  20. Campagne de solidarité avec l’Algérie
  21. AlgérieRévolte
  22. Alianza Latinoamericana Por Palestina contra el Apartheid (Alliance latino-américaine pour la Palestine contre l’apartheid)
  23. Alkarama (Movimiento de Mujeres Palestinas), Espagne
  24. Parti révolutionnaire populaire panafricain
  25. Programme Allende de médecine sociale, États-Unis
  26. Alliance pour les femmes arabes
  27. Alliance pour la démocratie, États-Unis
  28. Société culturelle et artistique Alrowwad, Palestine
  29. Association du barreau musulman américain
  30. Musulmans américains pour la justice, États-Unis
  31. Musulmans américains pour la Palestine – Chapitre de Richmond VA, États-Unis
  32. American Student Union, États-Unis
  33. Amigos de la Tierra América Latina y el Caribe (ATALC)
  34. Centre d’études des droits de l’homme d’Amman (ACHRS), Jordanie
  35. AMUMI (Abrazando al Mundo Migrante), Espagne
  36. Anticapitalistas del estado Español, Espagne
  37. Antipoverty Centre, Australie
  38. APDHA Asociación Pro Derechos Humanos de Andalucía, Espagne
  39. Association des agronomes arabes, Palestine
  40. Conseil civique arabo-américain
  41. Commission arabe des droits de l’homme
  42. Réseau d’OSC et de féministes des États arabes
  43. Arab Theatre Studio, Australie
  44. Organisation des femmes arabes de Jordanie
  45. Observatoire de la démocratie et des élections dans le monde arabe (Al Marsad), Palestine
  46. ARCH Jerusalem (Genève, Suisse)
  47. Arte Sin Frontera, Espagne
  48. Asamblea Antibelicista de Teruel, Espagne
  49. Asamblea antimilitarista de madrid, Espagne
  50. Asamblea de Disminuidos Físicos, Grenade, Espagne
  51. Assemblée pour la défense de notre terre – ADNT, Espagne
  52. Forum social mondial Assemblée mondiale des luttes et des résistances
  53. Forum des peuples d’Asie et d’Europe
  54. Asociación ActivaT en DDHH, Espagne
  55. Association Alnakba, Venezuela
  56. Association américaine des juristes
  57. Asociación Atenea Chamberí, Espagne
  58. Asociacion Canaria Siembra, Espagne
  59. Association colombienne des économistes noirs – Mano Cambiada
  60. Asociación Comunidad Palestina en Canarias, Espagne
  61. Association culturelle brésilienne Maloka, Espagne
  62. Asociación de amistad con Cuba « Bartolomé de las Casas » de Séville (Andalousie) (Espagne)
  63. Association des parents de détenus disparus du Mexique (Fedefam-Mexico)
  64. Asociación de Mujeres Campesinas y Populares AMUCAP-C, Paraguay
  65. Association de femmes musulmanes al Amal, Espagne
  66. Asociación Ecuatoriana de Amistad con el Pueblo Saharaui (AEAPS) (Association équatorienne d’amitié avec le peuple sahraoui)
  67. Association El Patio de las Culturas, Espagne
  68. Association GeoAlternative, Espagne
  69. Association des avocats d’Argentine (Asociación Gremial de Abogados y Abogadas de Argentina)
  70. Association Intervillage de l’État espagnol
  71. Asociación Memoria Histórica Ronda y Serranía, Espagne
  72. Asociación Otra Escuela, Espagne
  73. Asociación para la convivencia intercultural Amazonas, Cadix (Espagne)
  74. Association pour la défense des pensions publiques dans les îles Canaries 29 octobre, Espagne
  75. Association pour la taxation des transactions financières et l’action citoyenne (ATTAC) Madrid, Espagne
  76. Asociación Salvadoreña Palestina, El Salvador
  77. Asociacion Sobrarbense la Bolsa (Espagne)
  78. Asociación Sociocultural Malagueña Malac, Espagne
  79. Asociación Transformando Entre Mujeres, Espagne
  80. Association Tu Agua, Tu Tierra / Zureur, Zurelur, Espagne
  81. Assemblée féministe transnationale, France
  82. Associação Brasileira Interdisciplinar de AIDS – ABIA, Brésil
  83. Associaçāo de Amizade e Solidariedade com a Palestina, Mozambique
  84. Associação Nacional de Travestis e Transexuais – ANTRA, Brasil (Association nationale des travestis et des personnes transgenres du Brésil)
  85. Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)
  86. Association Égalité-Wardah Boutros, Liban
  87. Association pour l’investissement dans les comités d’action populaire, États-Unis
  88. Association France Colombie Solidarité, France
  89. Association France Palestine Solidarité AFPS 13
  90. Association Joussour de Citoyenneté, Tunisie
  91. Association de l’action des femmes, Palestine
  92. Association pour l’activation de la société civile (هيئة تفعيل المجتمع المدني), Liban
  93. Aufstehen, Allemagne
  94. Réseau australien de défense de la Palestine
  95. Syndicat des chômeurs australiens
  96. AVICGE – Euskal Herria, Pays Basque (Espagne)
  97. AWPFO (Organisation des femmes afghanes pour la paix et la liberté), Afghanistan
  98. Forum du Bahreïn pour les droits de l’homme
  99. Société des droits de l’homme du Bahreïn
  100. Association du Bangladesh du Territoire du Nord, Australie
  101. Fondation du Centre Barnard-Boecker, Canada
  102. BDS Canarias, Espagne
  103. BDS Vancouver/Territoires Salish de la côte, États-Unis
  104. Belfast Iqraa Masjid, Irlande du Nord (UK)
  105. Parti vert du comté de Bergen, États-Unis
  106. Bienvenidxs Refugiadxs Huesca, Espagne
  107. Bizilur – Lankidetzarako eta Herrien Garapenerako Erakundea, Pays Basque (Espagne)
  108. Björkåfrihet, Suède
  109. Alliance noire pour la paix
  110. Black Lives Matter UK
  111. Chrétiens radicaux noirs, États-Unis
  112. Travailleurs noirs pour la justice (BWFJ), États-Unis
  113. Mouvement souverain Blak, Australie
  114. Livres contre les frontières
  115. Bosque Fluir – permacultura, Pérou
  116. Boycott from Within (Israeli citizens for BDS)  
  117. Brainerd Area Coalition for Peace and Brainerd Lakes United Environmentalists (BACP-BLUE), USA 
  118. Brighton & Hove Palestine Solidarity Campaign UK 
  119. Bronx Anti War Coalition, USA 
  120. Broome County Peace Action, USA 
  121. Bruxelles Panthères, Belgium 
  122. CADFA (Camden Abu Dis Friendship Association), UK 
  123. CADTM International Network (Committee for the Abolition of Illegitimate Debt)
  124. CAGE International  
  125. California Scholars for Academic Freedom, USA 
  126. Campaign against Misrepresentation in Public Affairs, Information and the News, UK 
  127. Campaign Against Sanctions and Military Intervention in Iran 
  128. Campaign for Nuclear Disarmament (UK) 
  129. Campaign for Peace, Disarmament and Common Security, USA
  130. Canada Palestine Association  
  131. Canadian Lebanese Academic Forum, Canada 
  132. Canadian Voice of Women for Peace, Canada 
  133. Capítulo Cuba de la Red en Defensa de la Humanidad  
  134. Casa de Cultura y Participación Ciudadana de Chamberí, Spain 
  135. Casa de la Solidaritat, Barcelona (Spain) 
  136. Casa Tecmilco, México 
  137. Católicas pelo Direito de Decidir, Brazil 
  138. Center for Defending Freedom of Journalists, Jordan 
  139. Center for Refugee Rights/ Aidoun (CRR), Lebanon 
  140. Center for the Study of Islam and Decoloniality, Pakistan 
  141. Central Jersey Coalition Against Endless War, U.S.A. 
  142. Centre Europe – Tiers Monde (CETIM), Suisse
  143. Centre for Social Change (Université de Johannesburg), Afrique du Sud
  144. Centro de Amigos para la Paz (CAP), Costa Rica
  145. Centro de Documentación en Derechos Humanos Segundo Montes Mozo S.J., Équateur
  146. Centro de Educación e Investigación para la Paz (CEIPAZ), Espagne
  147. Centre d’études et de recherches sur les femmes, Espagne
  148. Centre d’études géopolitiques CENAC – Bolivie
  149. Centre Martin Luther King de l’Uruguay
  150. Centre national de la photographie (Cenaf) Venezuela
  151. CGT – Confederación General del Trabajo, Espagne
  152. Aide mutuelle de Charlottetown
  153. Chicago Area Peace Action, États-Unis
  154. Chicago Faith Coalition on Middle East Policy (Coalition religieuse de Chicago sur la politique au Moyen-Orient), États-Unis
  155. Conseil communautaire Chin de QLD, Australie
  156. Alliés judéo-chrétiens pour une paix juste en Israël/Palestine, États-Unis
  157. Femmes de l’Église unies dans l’État de New York, États-Unis
  158. Citizens International, Malaisie
  159. Réseau de ressources médicales civiles, États-Unis
  160. Mosquée de Claremont Main Road, Le Cap, Afrique du Sud
  161. Coalition contre le fascisme en Inde (International)
  162. Coalition pour la responsabilité et l’intégrité – AMAN, Palestine
  163. Coalition Tunisienne Contre la Peine de Mort CTCPM, Tunisie
  164. CODEPINK
  165. CODEPINK – Section de la vallée de la rivière, États-Unis
  166. CODEPINK, ÉTATS-UNIS
  167. Cohabitants MX, Mexique
  168. Col.lectiu Agudells, Barcelone (Espagne)
  169. Collectif pour le droit à la décision Costa Rica
  170. Colectivo Autogestionario de Solidaridad entre el Área Latina (CASAL), Catalogne (Espagne)
  171. Collectif de réfugiés colombiens dans les Asturies, Espagne
  172. Collectif de solidarité pour la justice et la dignité des peuples – Coliche, Espagne
  173. Black Dignity Collective, Espagne
  174. Collectif féministe Les femmes à la rencontre. Tenerife, Îles Canaries, Espagne
  175. Collectif républicain de Redondela, Espagne
  176. Colectivo Shalom, Mexique
  177. Colectivo Voces Ecológicas COVEC, Panama
  178. Coletivo Advogadas e Advogados pela Democracia (CAAD), Brésil
  179. Collectif Judeo Arabe et Citoyen pour la Palestine, France
  180. Columbus Democratic Socialists of America (Socialistes démocrates d’Amérique), États-Unis
  181. Commission des droits de l’homme des Chiliens en Argentine
  182. Commission ethnique pour la paix et la défense des droits territoriaux, Colombie
  183. Comité colombien de solidarité avec la Palestine, Colombie
  184. Comité de Defensa de los Derechos de la Mujer (CODEM) Mexique
  185. Comité de solidarité avec la cause arabe, Espagne
  186. Comité de solidarité des peuples – Interpueblos Cantabria, Espagne
  187. Comité de solidarité avec la Palestine, Mexique
  188. Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie, Tunisie
  189. Comité européen de solidarité avec la révolution populaire sandiniste ESC RPS
  190. Comitê Goiano de Direitos Humanos Dom Tomás Balduino, Brésil
  191. Comité international pour la paix, la justice et la dignité des peuples, Cuba/États-Unis
  192. Comité Palestine 47 AFPS, France
  193. Comité Panameño de Solidaridad con Palestina (CPSP), Panama
  194. Comite permanente por la defensa de los derechos humanos CPDH Colombia  
  195. Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient (CPJPO), Luxembourg 
  196. Comité Pro Rescate y Defensa de la Soberanía Nacional (Panamá)  
  197. Committee of Anti-Imperialists in Solidarity with Iran 
  198. Committees of Correspondence for Democracy and Socialism, Covallis, OR Chapter, USA 
  199. Communist Party of Kenya 
  200. Communist Workers League, USA 
  201. Community Action Center, Al-Quds University, Palestine 
  202. Community Peace Association, Jordan 
  203. Community Peacemaker Teams 
  204. Comunidad Ecuménica Martin Luther King, Chile 
  205. Comunidad para el Desarrollo Humano, Chile
  206. Confederación Intersindical, Spain 
  207. Confédération Internationale Solidaire et Écologiste, France 
  208. Congreso de los Pueblos, Colombia 
  209. Congreso de los Pueblos/Raíz, Colombia 
  210. Conseil National des Comités Populaires (CNCP Martinique) 
  211. Consejo Nacional para la Defensa de la Soberanía y la Paz CONADESOPAZ, Panama 
  212. Convocatoria SEGUNDA INDEPENDENCIA de Argentina  
  213. Coop Anti-War Café, Berlin, Germany 
  214. Cooperation Jackson, USA 
  215. Coordinación de Solidaridad con Palestina en México (CORSOPAL) 
  216. Coordinadora de Barrios y Pueblos de Madrid en Defensa de la Sanidad Pública, Spain 
  217. Coordinadora por la Paz, la Soberanía la Integración y la No Injerencia CPAZ Movimiento Social de DDHH, Ecuador 
  218. Coordination Maghrebine des Organisations des Droits Humains, Algeria/Morocco/Tunisia 
  219. Corporación Campo de Concentración 3y4Álamos, Chile 
  220. Corporate Accountability (International) 
  221. Corvallis Palestine Solidarity, USA 
  222. Coulee Region Coalition for Palestinian Rights (CRCPR), USA 
  223. Courant Populaire Tunis, Tunisia 
  224. Critical Refugee Studies Collective, USA 
  225. Cuba en Resumen, Cuba 
  226. CUNY for Palestine , USA 
  227. Damascus Center for Theoretical and Civil Rights, Syria 
  228. Damj, the Tunisian Association for Justice and Equality 
  229. DAWN (Development Alternatives with Women for a New Era) 
  230. Dayenu: New Zealand Jews Against Occupation 
  231. De-Colonizer, Israel  
  232. Defence for Children International 
  233. Deir Yassin Remembered, USA 
  234. Democracy for the Arab World Now (DAWN) 
  235. Democracy Works, USA 
  236. Democratic Socialists of America – International Committee 
  237. Desarma Madrid, Spain 
  238. Dialogue block party كتلة الحوار, Egypt
  239. Diáspora Pa’lante Collective, Puerto Rico 
  240. Doctors Against Genocide 
  241. Doctors in Unite national branch of Unite UK 
  242. Dr. Martin Luther King Jr. Memorial Center (CMMLK), Cuba 
  243. Driftless Palestinian Solidarity, USA 
  244. Ecologistas en Acción, Spain
  245. Educators For Humanity, Afrique du Sud
  246. Fondation égyptienne pour l’avancement des conditions de l’enfance
  247. Socialistes révolutionnaires égyptiens
  248. El Ágora de Moratalaz, Espagne
  249. El col.lectiu la Ribera en Bici-Ecologistes en Acció, Valencia (Espagne)
  250. El Grupo de Tiempo Libre Irrintzi Atseden Taldea, Pays Basque (Espagne)
  251. Centre El Nadim contre la violence et la torture, Égypte
  252. Embrasser le monde, France
  253. Association des ingénieurs, Palestine
  254. Ensenyants Solidaris, Espagne
  255. Entrepueblos/Entrepobles/Entrepobos/Herriarte (Espagne)
  256. Les écologistes contre la guerre, États-Unis
  257. Espace interreligieux Patrick Rice. République d’Argentine
  258. Espai Roig del Bages, Espagne
  259. Estado Nacional Soberano de Borinken, Puerto Rico
  260. Les Éthiopiens contre l’apartheid
  261. Eugene PeaceWorks, États-Unis
  262. EUPV de Crevillent Alacant (Espagne)
  263. Centre européen de soutien juridique (ELSC)
  264. Euskadi, Cuba
  265. Extinction Rebellion Eugene, USA
  266. Faith Strategies, États-Unis
  267. Familles per la pau, Catalogne (Espagne)
  268. Federación Nacional de Cooperativas Agropecuarias (FENACOA), Colombie
  269. Fédération des travailleurs et syndicats mexicains (Confederación de Trabajadores y Sindicatos de Mexico)
  270. Conversations féministes au Kenya (FCK)
  271. Internationalistes féministes, États-Unis
  272. Femmes contre l’Empire, Canada
  273. Filastiniyat, Palestine
  274. FILEF (Sydney) Fédération des travailleurs migrants italiens et de leurs familles, Australie
  275. Focus sur le Sud mondial
  276. Forum sur la construction républicaine à Utrers
  277. Foro de Transiciones, Espagne
  278. Foro Itinerante de Participación Popular, Venezuela
  279. Fórum de Política Feminista, Espagne
  280. Fórum Latino Palestino, Brésil
  281. Foundation for Refugee Economic Empowerment FREE, Royaume-Uni/Nigeria
  282. Observatoire français des droits de l’homme
  283. Frente Antiimperialista Internacionalista, Espagne
  284. Frente de Abogados Socialistas Para la Protección de Los Pueblos y Comunidades Indigenas, Venezuela
  285. Frente socialista « Carlos Escarra », Venezuela
  286. Frente Unido América Latina Berlin, Allemagne
  287. Fresh Eyes – People to People Travel, Royaume-Uni
  288. Les vendredis pour le futur Liban
  289. Amis de Ben Salmon, États-Unis
  290. Amis de Coldwater : Mni Waconi (L’eau c’est la vie), USA
  291. Amis de l’Amérique latine, États-Unis
  292. Amis de la Chine socialiste
  293. Amis de la liberté du Swaziland, Swaziland
  294. Les Amis du Congo
  295. Bureau d’amitié des Amériques
  296. Fundación Arcoiris por el respeto a la diversidad sexual, Mexique
  297. Fondation Future Economic Index, Jordanie
  298. Futuro Alternativo, Spain 
  299. Gauteng SA Football Federation Legends, South Africa 
  300. Gaza Freedom Flotilla 
  301. Geneva Centre for Democracy & Human Rights 
  302. Geneva Council For International Affairs and Development  
  303. Georgia Human Rights Clinic, USA 
  304. German Drone Campaign, Germany 
  305. German Freethinkers’ Association, Germany 
  306. Gerrarik Ez Eibar, Basque Country (Spain) 
  307. Global Afrikan Congress uk (GACuk) 
  308. Global Afrikan Congresseu (GACeu) europe 
  309. Global Legal Alliance for Palestine 
  310. Global Network Against Weapons & Nuclear Power in Space 
  311. Global Pan African Movement, North America
  312. GRAIN, International
  313. Grassroots Dawah NYC, USA
  314. Green Mountain Solidarity With Palestine 
  315. Green Party of Monroe County, USA 
  316. groundWork, Friends of the Earth, South Africa
  317. Groupe Révolution Socialiste (Martinique)  
  318. Grupo de investigacion Kavilando // Red Interuniversitaria por la paz REDIPAZ, Colombia 
  319. Grupo de Salud Chamberí, Spain 
  320. Grupo de Seguimiento a las Reparaciones por Esterilizaciones Forzadas (GREF), Peru 
  321. Haiti Action Committee, USA 
  322. Haqooq-e-Khalq Party, Pakistan 
  323. Hastings & District Trades Union Council, UK 
  324. Hastings and District Palestine Solidarity Campaign, UK 
  325. Hawai’i Peace and Justice, USA 
  326. Healthcare Workers 4 Palestine 
  327. Healthcare Workers 4 Palestine South Africa 
  328. Helena Service for Peace and Justice, USA 
  329. Hillingdon Palestine Solidarity Campaign, UK 
  330. Hindus for Human Rights, USA 
  331. Historians for Peace and Democracy, USA 
  332. HOPE (Health Over Profit for Everyone) in the Midwest, USA 
  333. Horan Rencontre por la Citoyennete, France 
  334. Housing and Land Rights Network – Habitat International Coalition, MENA+ 
  335. HUMANITAS: The Africana Ethical Society 
  336. IBBY (International Board on Books for Young People) Palestine 
  337. IBN-E-SINA R&D Kabul, Afghanistan 
  338. Independent Jewish Voices Canada 
  339. Indiana Center for Middle East Peace, USA 
  340. Indiana Center for Middle East Peace, USA 
  341. Initiatives for International Dialogue, Phillipines 
  342. Inminds Human Rights Group, UK 
  343. Institute for Economic Research on Innovation, South Africa 
  344. Institute for the Advancement of Hawaiian Affairs
  345. Institute for the Critical Study of Zionism 
  346. Instituto Brasil Palestina IBRASPAL  
  347. Instituto de Estudios Ecologistas del Tercer Mundo (Institut d’études écologiques du troisième monde)
  348. Instituto Simón Bolívar para la Paz y la Solidaridad entre los Pueblos, Venezuela
  349. Intal Globalize Solidarity, Belgique
  350. Centre d’action internationale
  351. Association internationale des juristes démocrates
  352. Conseil international des musulmans indiens
  353. Institut international pour les droits de l’homme, l’environnement et le développement (INHURED International), Népal
  354. Institut international pour la paix, la justice et les droits de l’homme – IIPJHR, Suisse
  355. Assemblée internationale des femmes irakiennes
  356. Réseau international juif antisioniste
  357. Union internationale des juristes – Genève
  358. Groupe international du Manifeste
  359. Organisation internationale de la confrérie Tijjaniyya, Yola, Nigeria
  360. Assemblée populaire internationale
  361. Tribunal international des peuples sur l’impérialisme américain
  362. Volontaires internationaux pour la paix, Australie
  363. Centre islamique du sud-ouest de l’Ontario, Canada
  364. Conseil islamique du Territoire du Nord, Australie
  365. Conseil islamique de Victoria, Australie
  366. Forum islamique pour les musulmans australiens (IFAM)
  367. Commission islamique des droits de l’homme, Royaume-Uni
  368. Association des écoles islamiques d’Australie
  369. Conseil islamique chiite du Queensland Australie
  370. Société islamique de Belconnen, Australie
  371. Société islamique de Palmerston (ISP), Australie
  372. Réseau de mission Israël/Palestine de l’Église presbytérienne (États-Unis)
  373. Israel/Palestine Mission Network of the Presbyterian Church (USA) Bay Area (Réseau de mission Israël/Palestine de l’Église presbytérienne (USA) de la région de la baie)
  374. Comité israélien contre les démolitions de maisons (ICAHD) (Israël/International)
  375. Comité israélien contre les démolitions de maisons ICAHD – Allemagne
  376. Comité israélien contre les démolitions de maisons Royaume-Uni
  377. Israéliens contre l’apartheid, Israël
  378. Izquierda Libertaria – Chili
  379. Izquierda Republicana de España, Espagne
  380. Izquierda Unida IU Comunidad de Madrid y Comunidades Obreras CCUU, Espagne
  381. JA!Justica Ambiental, Mozambique
  382. Janjira Habsani Mohammedan Educational Society (JHESS), Afrique du Sud
  383. Jersey Shore Food Not Bombs, États-Unis
  384. Centre de Jérusalem pour les femmes, Palestine
  385. Centre d’aide juridique de Jérusalem
  386. Réseau juif pour la Palestine (Royaume-Uni)
  387. Voix juive pour une paix juste au Moyen-Orient (Allemagne)
  388. Jewish Voice for Labour (Royaume-Uni)
  389. Jewish Voice For Peace – Westchester, États-Unis
  390. Jewish Voice for Peace – Mid-Hudson Valley, USA
  391. Jewish Voice for Peace Northern New Jersey, États-Unis
  392. Jewish Voice for Peace Vermont / New Hampshire Chapter, USA
  393. Jewish Voice for Peace-Milwaukee, États-Unis
  394. Jewish Voice for Peace/Madison Chapter (Voix juive pour la paix/chapitre de Madison), États-Unis
  395. Groupe de dialogue juif-palestinien Munich, Allemagne
  396. Les Juifs contre l’occupation ’48 Australie
  397. Juifs pour le droit au retour des Palestiniens, États-Unis
  398. Les Juifs disent non, États-Unis
  399. Jisoor
  400. Fédération jordanienne des syndicats indépendants
  401. Forum jordanien au Royaume-Uni
  402. Journée continentale pour la démocratie et contre le néolibéralisme
  403. Jubileo Sur/Américas
  404. JUST (Mouvement international pour un monde juste), Malaisie
  405. Just Peace Advocates/Mouvement pour une paix juste
  406. JUST-IS Solidarité interconfessionnelle pour la justice et contre le militarisme, Pakistan
  407. Justiça Ambiental JA ! – Mozambique
  408. Justice pour tous, États-Unis
  409. Justice pour la Palestine-LA, États-Unis
  410. KAFA (Assez) Violence et exploitation, Liban
  411. Kairos Irlande
  412. Kairos Puget Sound Coalition, États-Unis
  413. Kairos USA
  414. Association islamique de Kamloops, Canada
  415. Katribu Kalipunan ng Katutubong Mamamayan ng Pilipinas, Philippines
  416. Kenyans pour la Palestine
  417. Kuagro Ri Changaina, Colombie
  418. Kvindernes Internationale Liga for Fred og Frihed WILPF Denmarked (Danemark)
  419. L’Union de l’Action Féministe, Maroc
  420. La Vía Campesina
  421. Travailler pour la Palestine
  422. Labour For Palestine – Canada
  423. Mouvement des travailleurs sans terre MST, Brésil
  424. Droit pour la Palestine
  425. Conseil libanais des femmes
  426. Leuvense Actiegroep Palestina, Belgique
  427. Libération pour un, libération pour tous (LOLA), États-Unis
  428. Forum des femmes libyennes
  429. Liga Argentina por los Derechos Humanos (Ligue argentine pour les droits de l’homme)
  430. Liga Argentina por los Derechos Humanos, Argentine
  431. Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos, LIMEDDH
  432. Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH), Tunisie
  433. Lignes linéaires, Liban
  434. Llegat Jaume Botey i Vallès, Catalogne (Espagne)
  435. London Ontario Activism, Canada
  436. Madison pour un monde au-delà de la guerre, États-Unis
  437. Projet de ville jumelle Madison-Rafah, États-Unis
  438. Madres Contra la Represión (Espagne)
  439. Maestra Productions, États-Unis
  440. Voix du Maine pour les droits des Palestiniens
  441. Mains Libres, Maroc
  442. Majdel Balhis Social Club, Canada
  443. Mouvement de solidarité avec la Palestine au Malawi
  444. Centre Malcolm X pour l’autodétermination, États-Unis
  445. Marche mondiale des femmes
  446. Marche mondiale des femmes Macronorte, Pérou
  447. Marea Blanca Malaga (Espagne)
  448. Groupe de paix de Marrickville, Australie
  449. Martigues-Palestine, France
  450. Le marxisme-léninisme aujourd’hui, États-Unis
  451. Ligue de la jeunesse marxiste, États-Unis
  452. Más Madrid Cercedilla, Espagne
  453. Mai First Movement Technology, États-Unis
  454. Association médicale pour la prévention de la guerre (Australie)
  455. Association médicale, Palestine
  456. Medicina Democratica GNO – Italie
  457. Membres de la faculté des sciences de la santé de l’université de Witwatersrand, personnel, étudiants et anciens étudiants signataires d’un appel à l’action à l’université de Wits, Afrique du Sud
  458. Église congrégationaliste de Meriden, UCC, États-Unis
  459. Mesa de DDHH de Villa Cerro Azul – Colón- Córdoba Argentina
  460. Mesa Unidad Agraria (MUA) filiale Cumbre Agraria, Colombie
  461. Mouvement de réconciliation du Mid-Missouri (FOR), États-Unis
  462. Le Moyen-Orient en point de mire, KPFK, États-Unis
  463. Middle East Justice and Peace Group of Central Pennsylvania (Groupe pour la justice et la paix au Moyen-Orient de Pennsylvanie centrale), États-Unis
  464. Middle East Peace Now, États-Unis
  465. Les milléniaux tuent le capitalisme, États-Unis
  466. Milwaukee Muslim Women’s Coalition (Coalition des femmes musulmanes de Milwaukee), États-Unis
  467. Projet de paix du Minnesota, États-Unis
  468. Alliance des droits des immigrés du Mississippi (MIRA), États-Unis
  469. Mississippiens pour la Palestine, États-Unis
  470. Coalition du MIT contre l’apartheid, États-Unis
  471. MLN – Mouvement pour la libération de la Nakba, Malaisie
  472. Comité anti-guerre de MN, États-Unis
  473. Communauté MN BDS, États-Unis
  474. Mobilisation contre la guerre et l’occupation – MAWO, Canada
  475. Mobilisation4Mumia
  476. Fondation Mom vision prodeca (MVPF), Sénégal
  477. Món sense Guerres i sense Violència (MSG), International
  478. Centre de paix et de justice de Monterey, États-Unis
  479. Montréal pour un monde au-delà de la guerre, Canada
  480. Société de l’école maternelle, Palestine
  481. Mountada Ettajdid, Tunisie
  482. MOUSSAWAT Tunisie (Pour les droits de la femme)
  483. Mouvement Citoyen Palestine, France
  484. Mouvement pour la liberté et la démocratie en Palestine, Palestine
  485. Mouvement des personnes affectées par les barrages (MAR), Hémisphère occidental
  486. Movimento de Trabalhadores Sem Teto (MTST Brasil)
  487. Movimiento cultural campesino los Arangues, Venezuela
  488. Movimiento de Pequeños Agricultores, MPA Brésil
  489. Movimiento Estudiantil Cristiano de Cuba
  490. Mouvement mexicain de solidarité avec la Palestine (MMSP)
  491. Mouvement PeaceWAY, Espagne
  492. Mouvement pour un monde sans guerre ni violence (MSGySV)
  493. Movimiento Somos Barrios Uruguay
  494. Femmes en noir contre la guerre – Madrid, Espagne
  495. Femmes en noir contre la guerre, Isbilya, Andalousie (Espagne)
  496. Femmes pour la paix
  497. MUSAWA – Centre palestinien pour l’indépendance de la justice et de la profession juridique
  498. Centre musulman du comté de Middlesex (MCMC), États-Unis
  499. Fondation caritative musulmane
  500. Ligne d’assistance de la communauté musulmane, Royaume-Uni
  501. Journal musulman, États-Unis
  502. Muslimmatters
  503. Mütter contre la guerre de Berlin-Brandebourg
  504. Aide mutuelle Medway, Royaume-Uni
  505. Nation andalouse
  506. Naco Nius México. M. N. N.
  507. Nahostgruppe Mannheim, Allemagne
  508. Nahuatl elkartea, Espagne
  509. Mouvement national de Jéricho, États-Unis
  510. National Lawyers Guild – St. Louis Chapter
  511. National Lawyers Guild-San Francisco Bay Area Chapter, États-Unis
  512. National Lawyers Guild, Université Loyola de Chicago, États-Unis
  513. National Lawyers Guild, Faculté de droit de l’Université de Chicago, États-Unis
  514. National Lawyers Guild, États-Unis
  515. Réseau national sur Cuba, États-Unis
  516. Payeur unique national, États-Unis
  517. National Students for Justice in Palestine (NSJP), États-Unis
  518. Nebraskans For Peace Palestinian Rights Task Force (groupe de travail sur les droits des Palestiniens), États-Unis
  519. Réseau des démocrates du monde arabe
  520. Plus jamais ça, États-Unis
  521. Église du nouveau millénaire, États-Unis
  522. New Paltz Femmes en noir, USA
  523. New Unity Movement, Afrique du Sud
  524. Conseil de la paix de New York
  525. Centre culturel islamique de Newtownards (NICC), Royaume-Uni
  526. Mouvement de Niagara pour la justice en Palestine-Israël (NMJPI) ON Canada
  527. Centre d’action communautaire du Nicaragua, Nicaragua/États-Unis
  528. Mouvement de solidarité avec la Palestine (NiPaSoM)
  529. Conseil de l’union industrielle de l’État du New Jersey, États-Unis
  530. Nonviolence International
  531. Noor Educational and Capacity Development Organization (NECDO), Afghanistan
  532. Réseau de justice environnementale de Caroline du Nord, États-Unis
  533. Parti vert de Caroline du Nord, États-Unis
  534. Coalition de la côte nord pour la Palestine, États-Unis
  535. Association des familles musulmanes d’Irlande du Nord (NIMFA)
  536. Coalition pour la paix du nord-ouest de l’Ohio
  537. Nyan-Ko-Pong Maroon Global Tribal Nation Territories, Jamaïque
  538. Association des droits des Palestiniens d’Oakville (Canada)
  539. Observatorio de Derechos Humanos de los Pueblos (Observatoire des droits de l’homme des peuples)
  540. Observatorio Etico International- OBETI, Madrid (España)
  541. Observatoire de la fermeture de l’école des Amériques au Chili
  542. Occupy Bergen County, États-Unis
  543. Réseau d’action sur le pétrole et le gaz, États-Unis
  544. One Justice – France
  545. Assemblée de l’État unique, Palestine
  546. Ongi etorri errefuxiatuak araba, Pays basque (Espagne)
  547. Ongi Etorri Errefuxiatuak Araba, Espagne
  548. Ordre National des Avocats de Tunisie
  549. Organisation Contre la Torture en Tunisie OCTT, Tunisie
  550. Organizacija za participatorno družbo, Slovénie
  551. Organización Política Venezuela Humana
  552. Organisation pour la liberté des médias et de l’expression OFME – Hatim / Maroc
  553. Organisation pour la victoire du peuple, Guyane
  554. Notre Révolution – Dakota du Nord, États-Unis
  555. Parti vert du Pacifique, section Linn-Benton, États-Unis
  556. PAH (Plataforma de Afectats per la Hipoteca) Barcelone (Espagne)
  557. Pajaro Valley Pride, États-Unis
  558. Société canadienne des femmes pakistanaises
  559. Commission PAL sur les crimes de guerre, la justice, les réparations et le retour
  560. Palabras de poeta/ Revista de poesía/ Argentina
  561. Palästina-Forum Nahost Francfort, Allemagne
  562. Palestijnse gemeenschap in Nederland PGN, Pays-Bas
  563. Palestina Toma la Calle, Espagne
  564. Palestine 13, Marseille, France
  565. Caucus Palestine Arabe et Musulmane (PAM) de l’association des professeurs de Californie, USA
  566. Palestine Ceasefire Dayton, États-Unis
  567. Palestine Hurra Collective Nashville, États-Unis
  568. Institut palestinien de recherche sur la sécurité nationale, Palestine
  569. Coalition pour la justice en Palestine, Santa Cruz, États-Unis
  570. Palestine Museum US (Woodbridge, CT), États-Unis
  571. Société pour la paix en Palestine
  572. Plate-forme pour la Palestine, Irlande du Nord (UK)
  573. Alliance de solidarité avec la Palestine, Afrique du Sud
  574. Campagne de solidarité avec la Palestine (Cape Town), Afrique du Sud
  575. Campagne de solidarité avec la Palestine Thaïlande
  576. Coalition de solidarité avec la Palestine – Université du New Hampshire, États-Unis
  577. Palestine Solidarity Kamloops, Canada
  578. Réseau de solidarité avec la Palestine Aotearoa, Nouvelle-Zélande
  579. Palestine Solidarity, St. John’s NL, Canada
  580. Palestine Speaks, Allemagne
  581. Taskforce Palestine Conférence CA/Nevada de l’Église méthodiste unie, États-Unis
  582. Festival littéraire Palestine Writes (Philadelphie, PA), États-Unis
  583. Conseil américano-palestinien
  584. Réseau des organisations américano-palestiniennes (PAON)
  585. Unité palestinienne et juive (PAJU), Canada
  586. Assemblée palestinienne de libération
  587. Association du barreau palestinien, Palestine
  588. Alliance chrétienne palestinienne pour la paix, États-Unis
  589. Union des entrepreneurs palestiniens, Palestine
  590. Association dentaire palestinienne, Palestine
  591. Collectif féministe palestinien
  592. Forum palestinien en Grande-Bretagne
  593. Union palestinienne de lutte pour le travail
  594. Réseaux palestiniens Almere, Pays-Bas
  595. Réseau d’ONG palestiniennes, PNGO, Palestine
  596. Association palestinienne des infirmières et des sages-femmes, Palestine
  597. Parti populaire palestinien, Palestine
  598. Union palestinienne des psychologues et des travailleurs sociaux, Palestine
  599. Société des femmes travailleuses palestiniennes pour le développement PWWSD, Palestine
  600. Société des femmes travailleuses palestiniennes pour le développement PWWSD, Palestine
  601. Mouvement de la jeunesse palestinienne
  602. Pallasos en Rebeldia (Espagne)
  603. Action de la communauté panafricaine (PACA), États-Unis
  604. Pan-Afrikan Liberation Program (Programme de libération panafricaine), États-Unis
  605. Partido Comunes (Delegado en México)
  606. Partido Comunista de los Pueblos de España (PCPE), Espagne
  607. Partido Comunista de los Trabajadores de Argentina (Parti communiste des travailleurs d’Argentine)
  608. Partido del Trabajo Unificado, Espagne
  609. Partido político Alianza Verde, Espagne
  610. Partidul Socialist Român, Roumanie
  611. Parti pour le socialisme et la libération (PSL), États-Unis
  612. Parva Arba Paracuellos — Asociación para la Recuperación de la Vegetación Autóctona de Paracuellos, Espagne
  613. Pax Christi Canada
  614. Pax Christi Rhode Island, États-Unis
  615. Pax Christi Texas, USA
  616. Paz con Dignidad, Espagne
  617. Peace Action Montgomery, États-Unis
  618. Peace Action of San Mateo County, États-Unis
  619. Peace Action Wisconsin, États-Unis
  620. Comité pour la paix et la justice sociale, at Friends Meeting Cambridge, USA
  621. Peace Fresno (Californie, États-Unis)
  622. Mouvement pour la paix Aotearoa, Nouvelle-Zélande
  623. Peace People, Irlande
  624. Paix, justice, durabilité, NOW, USA
  625. Peacemaker Trust, Royaume-Uni
  626. PeaceWorks Brunswick Maine, USA
  627. Pekarna Magdalenske mreže, Slovénie
  628. PEN International-Palestine
  629. Académie populaire de droit international, États-Unis
  630. Association des pharmaciens, Palestine
  631. Philly Boricuas, États-Unis
  632. Physicians for Social Responsibility/Sacramento, États-Unis
  633. Comité de solidarité avec la Palestine de Pittsburgh, États-Unis
  634. Planète contre Pentagone, USA
  635. Plataforma Bienvenid@s Refugiad@s de la Rioja, Espagne
  636. Plataforma Ciudadana Caudete se Mueve, Espagne
  637. Plataforma Ciudadana de Córdoba por la Defensa del Sistema Público de Pensiones, Espagne
  638. Plataforma contra la violencia Apoyamos Milagros, Espagne
  639. Plataforma de Solidaridad con la Causa Palestina (Venezuela)
  640. Plataforma Feminista 8M de Tenerife, Espagne
  641. Plataforma Pensiones Fernán Núñez, Espagne
  642. Plataforma Tenerife con Palestina, Espagne
  643. Plataforma Villena por la Paz, Espagne
  644. Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA), Haïti
  645. Terrains de jeux pour la Palestine, États-Unis
  646. Conseil d’administration du PNHP-WA, États-Unis
  647. Poetas de Norte Entero, Argentine
  648. Résistance populaire, États-Unis
  649. Por la Libertad del Pueblo Saharaui (ALPS), Espagne
  650. Prevención, Capacitación y Defensa del Migrante A.C., Mexique
  651. Proceso de Comunidades Negras (PCN), Colombie
  652. Programme Paso a Paso, Honduras
  653. Démocrates progressistes d’Amérique, section de l’Oregon, États-Unis
  654. Progressive International
  655. Association des juristes progressistes, Turquie (CHD)
  656. Projet de technologie progressive, États-Unis
  657. Projet Enduring Peace, États-Unis
  658. Public Intellectuals for Social and Spare Change (Intellectuels publics pour le changement social et économique), États-Unis
  659. Puentes (Amérique latine, international)
  660. Collectif QSR, Australie
  661. Mosquée de Queanbeyan, Australie
  662. Queen’s Malay Club, Irlande du Nord
  663. Société islamique de l’université Queen’s de Belfast, Royaume-Uni
  664. Musulmans du Queensland, Australie
  665. Coalition pour la paix et la justice de Racine
  666. Radical Hospitality, États-Unis
  667. Raíces (Grupo cultural raíces de Guasá), Équateur
  668. Raising Peace, Australie
  669. Rebel-lió o Extinció BCN/Extinction Rebellion Barcelona (Espagne)
  670. Red Católicas por el Derecho a Decidir de América Latina y el Caribe (Réseau des catholiques pour le libre choix en Amérique latine et dans les Caraïbes)
  671. Réseau communautaire d’écologistes du Salvador RACDES
  672. Réseau d’intellectuels et d’artistes pour la défense de l’humanité – Section paraguayenne
  673. Réseau La Clase Trabayadora (Espagne)
  674. Réseau de solidarité avec la Palestine – Costa Rica
  675. Réseau Décolonialité et Autogouvernance (International)
  676. Red Migrante Tenerife, Espagne
  677. Red SOS Refugiados Europa (Espagne/International)
  678. Rede Jubileu Sul Brasil
  679. Plate-forme pour les réfugiés en Egypte (RPE)
  680. Regroupement de citoyens pour un monde meilleur, Canada
  681. Rencontres Marx, France
  682. Réserve indigène coloniale du village Zenú de Toluviejo, Sucre, Colombie
  683. Resistance Kitchen, Royaume-Uni
  684. Résumé latino-américain
  685. Retour à la terre – Costa Rica
  686. RighteousJews.org, États-Unis
  687. Majorité montante, États-Unis
  688. Rising Together, États-Unis
  689. Comité de solidarité noire des syndicats RMT, Royaume-Uni
  690. Association des femmes Roa’a Jordanie
  691. Groupe de paix de Rochdale et Littleborough, Royaume-Uni
  692. Rochester Witness for Palestine, États-Unis
  693. Rockland pour la Palestine
  694. Roots Action, États-Unis
  695. Roots Society for Citizen Right, Jordanie
  696. Rumbo a Gaza-Freedom Flotilla Coalition (en anglais)
  697. Centre œcuménique de théologie de la libération Sabeel, Palestine
  698. Coalition régionale de Sacramento pour les droits des Palestiniens, États-Unis
  699. Fondation Sahel
  700. SALAM SHALOM Arbeitskreis Palästina-Israel eV, Allemagne
  701. Société du patrimoine de Salt River, Afrique du Sud
  702. Réseau de solidarité avec les prisonniers palestiniens Samidoun
  703. Sanitari@s con Palestina en Canarias, Espagne
  704. Ferme Sankara, États-Unis
  705. Centre de bien-être Sankofa, États-Unis
  706. Santa Feans for Justice in Palestine, Santa Fe, NM, USA
  707. Faculté Sarah Lawrence pour la justice en Palestine
  708. Sare Lesbianista, Pays Basque (Espagne)
  709. Saskatoon Chapter of Canadians for Justice and Peace in the Middle East, Canada (Section de Saskatoon des Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient)
  710. SAT Sindicato Andaluz de Trabajadores (Espagne)
  711. Sauver nos terres sacrées, Afrique du Sud
  712. Sauver l’humanité et la planète Terre – SHAPE, Australie
  713. SB4Palestine (SJP à l’université de Stony Brook), États-Unis
  714. Institut scandinave des droits de l’homme/Fondation Haytham Manna
  715. Scholars Against the War on Palestine, Canada/International
  716. Science for the People, États-Unis
  717. SDS (SOAS DETAINEE SUPPORT), UK
  718. SE London Friends Of Palestine, Royaume-Uni
  719. Coalition anti-guerre de Seattle
  720. Secours Catholique, France
  721. Sécuriser l’Écosse
  722. Prix Serena Shim
  723. Service chrétien international de solidarité avec l’Amérique latine (SICSAL Mexico)
  724. Sexual Rights Initiative (International)
  725. Sh’ma Koleinu – Voix juives alternatives d’Aotearoa Nouvelle-Zélande
  726. Fondation Shaikh Hasan pour la culture et la science, Palestine
  727. Siglo XXI – Repenser la Bolivie (Canada, Bolivie)
  728. Sindicato Aeroespacial SP, Brésil
  729. Sindicato Andaluz de Trabajadores (SAT), Espagne
  730. Sindicato de trabajadoras y trabajadores de la Unidad de búsqueda de personas dadas por desaparecidas Omaira Montoya Henao- SINTRAUBPD (Colombie)
  731. Sindicato na Televisão, Brésil
  732. Sindicato Único de Trabajadores Solidaridad Obrera, Espagne
  733. Sínodo luterano salvadoreño
  734. SJP Université de Purdue, États-Unis
  735. Slow Factory, États-Unis
  736. SNEP-FSU 93, Syndicat National de l’Education Physique de Seine-Saint-Denis, France
  737. Intifada sociale, Afrique du Sud
  738. Socialist Action USA
  739. Socialist Educational Association (Royaume-Uni)
  740. Parti socialiste travailliste, Royaume-Uni
  741. Sodepau Pais Valencia
  742. SodePaz Andalucía (Espagne)
  743. SOLI (Red de Lucha Por la Paz y Solidaridad Internacional) Puerto Rico
  744. Solidaridad Internacional Andalucía (Espagne)
  745. Solidaridad y Unidad de los Trabajadores (SUT), Espagne
  746. Solidarité Laïque/Méditerranée. Tunisie
  747. Solidarité artisanale, États-Unis
  748. Solidarity Is Global Institute (SIGI), Jordanie
  749. Solidarité avec la Palestine (Rochester, MN), États-Unis
  750. Juifs sud-africains pour une Palestine libre
  751. Réseau antiraciste du Sud
  752. Coalition du sud-ouest pour la Palestine, États-Unis
  753. Esprit d’Eureka, Australie
  754. Vétérans de la paix de Spokane #035
  755. Louis Friends of Bethlehem, États-Unis
  756. Comité pour la paix et la justice de Saint-Nicolas
  757. État 55 Afrique
  758. Stop Desahucios 15M Valladolid, Espagne
  759. STOP à la guerre ! Coalition Philippines
  760. Étudiants et professeurs pour la justice en Palestine à l’université d’Hawaï (SFJP@UH), États-Unis
  761. Étudiants pour la justice en Palestine à l’Université de New York, États-Unis
  762. Étudiants pour la justice en Palestine à l’Université de Chicago, États-Unis
  763. Étudiants pour la justice en Palestine, UCLA Law, États-Unis
  764. Suffolk University Students for Justice in Palestine (étudiants de l’université de Suffolk pour la justice en Palestine), États-Unis
  765. Conseil musulman suprême du Zimbabwe
  766. Surgentes, colectivo de DDHH (Venezuela)
  767. Centre de droit des économies durables, États-Unis
  768. Swords into Plowshares Peace Center and Gallery, Détroit, États-Unis
  769. Coalition anti_AUKUS de Sydney, Australie
  770. Syndicat National des Journalistes Tunisien (SNJT), Tunis
  771. Syria Direct, Allemagne
  772. Mouvement de soutien à la Syrie
  773. Centre syrien pour les médias et la liberté d’expression
  774. Comité médical syrien
  775. Changement de système et non changement climatique, USA/Canada
  776. Tadhamun Solidarité des femmes irakiennes
  777. Take Action Advocacy Group, États-Unis
  778. Institut Tamer pour l’éducation communautaire, Palestine
  779. Tamkeen pour l’aide juridique et les droits de l’homme, Jordanie
  780. Task Force sur les Amériques, États-Unis
  781. Tatuy Tv, Venezuela
  782. Enseigner la Palestine : Praxis pédagogique et indivisibilité de la justice, Palestine/International
  783. Tenute il Maggese, Az ag Stefania Demurtas, Italie
  784. Terreiro Pindorama, Brésil
  785. Territorians for Palestine, Australie
  786. The Basket Hauraki, Thames (Hauraki), Nouvelle-Zélande
  787. Campagne pour le retour de Mumia à la maison, États-Unis
  788. Campagne pour l’invocation de la convention sur le génocide, États-Unis
  789. La coalition canadienne BDS
  790. L’Union des Peuples Canadiens
  791. Commission civile pour l’indépendance du pouvoir judiciaire et l’État de droit « ISTIQLAL », Palestine
  792. Le parti de la constitution en Egypte/حزب الدستور المصرى
  793. Fondation Cordoba, Royaume-Uni
  794. Le jour d’après, Syrie
  795. Mouvement pour la Palestine libre (FPM), États-Unis
  796. L’Union générale des centres culturels (GUCC), Palestine
  797. L’Alliance mondiale Canada Org
  798. La campagne mondiale pour le retour en Palestine
  799. The Independent and Peaceful Australia Network Inc
  800. Commission indépendante des droits de l’homme, Palestine
  801. La Commission internationale de soutien aux droits du peuple palestinien « Hashd »
  802. Le Conseil latino-américain et caribéen de l’éducation populaire (CEAAL)
  803. The Literacy Project (Projet d’alphabétisation), États-Unis
  804. La mobilisation pour la libération de Mumia Abu-Jamal
  805. Association des musulmans d’Ottawa, Canada
  806. Association de la communauté palestinienne pour les titulaires d’un doctorat dans la fonction publique / Palestine – Ramallah
  807. Fédération palestinienne du comité d’action des femmes, Palestine
  808. Fédération générale palestinienne des syndicats, PGFTU, Palestine
  809. Initiative palestinienne pour la promotion du dialogue mondial et de la démocratie – MIFTAH
  810. Musée palestinien, Palestine
  811. Le Pentagone de la paix / Oracle Institute, États-Unis
  812. Le peuple pour la Palestine, États-Unis
  813. The People’s Forum, États-Unis
  814. Le Forum des droits, international
  815. L’Église éthicienne universelle
  816. Comité américain pour mettre fin à la répression politique en Égypte
  817. Thornhill Community Trust, Royaume-Uni
  818. Thus – An organization to Unite Israelis and Palestinians, Israël
  819. Tierra y Culturas, ONG, Espagne
  820. Top End Peace Alliance, Australie
  821. Trade Justice Alliance, États-Unis
  822. Institut transnational
  823. Centre Traprock pour la paix et la justice, États-Unis
  824. Tribal Strategies, Australie
  825. Tribunal Internacional de Conciencia de los Pueblos en Movimiento (TICPM), Mexique
  826. Trident Ploughshares
  827. Église luthérienne de la Trinité, Brooklyn NY, États-Unis
  828. Union générale tunisienne du travail UGTT
  829. Association nationale du barreau tunisien
  830. Réseau de la communauté palestinienne aux États-Unis
  831. Conseil de paix des États-Unis
  832. Liberté Ubuntu
  833. UCLA Law NLG, États-Unis
  834. Syndicat des enseignants libéraux de l’Ouganda ULITU
  835. UMass Amherst Faculty for Justice in Palestine, États-Unis
  836. Unión Comunera (Venezuela)
  837. Unión de estudiantes progresistas-estudiantes de izquierdas (UEP-ei), Espagne
  838. Union Juive Française pour la Paix (UJFP)
  839. Union des organisations palestiniennes d’Amérique latine (UPAL)
  840. Union des diplômés chômeurs, Tunisie
  841. Unitarian Universalists for a Just Economic Community (Universaliste unitaire pour une communauté économique juste)
  842. Méthodistes unis pour la réponse Kairos (UMKR)
  843. Musulmans unis du Territoire du Nord, Australie
  844. United National Antiwar Coalition (UNAC), États-Unis
  845. Réseau universitaire pour les droits de l’homme
  846. Boycott académique et culturel d’Israël (USACBI)
  847. Bateaux américains pour Gaza
  848. Réseau de santé mentale USA-Palestine
  849. Utahns for a Just Peace in the Holy Land, États-Unis
  850. Vallekas Obrera, Espagne
  851. Mouvement féministe populaire vénézuélien (Plataforma de Feminismo Popular de Venezuela)
  852. Analyse du Venezuela
  853. Verdes de Europa
  854. Veterans For Peace Chapter 90, États-Unis
  855. Veterans For Peace Linus Pauling Chapter, USA
  856. Veterans for Peace Madison, Wisconsin ~ Clarence Kailin Ch 25, USA
  857. Vétérans pour la paix, section irlandaise
  858. Veterans For Peace, Rochester, NY Chapter 23, USA
  859. Vétérans pour la paix, États-Unis
  860. Syndicat des vétérinaires, Palestine
  861. Vigilance pour la démocratie et l’État civique, Tunisie
  862. Fonds VIP
  863. Vocesenlucha – Comunicación Popular, Espagne/Amérique latine
  864. Voix pour la justice en Palestine, États-Unis
  865. Vrede vzw, Belgique
  866. WBW Capitulo Bolivia
  867. Fondation WESPAC, États-Unis
  868. Comité de solidarité avec la Palestine de Wits, Afrique du Sud
  869. Promotion des femmes pour l’émancipation économique et le leadership en Afrique (WAELE AFRICA)
  870. Les femmes contre la folie militaire
  871. Association Femmes et Société, Egypte
  872. Front démocratique des femmes, Pakistan
  873. Femmes pour la paix – Finlande
  874. Réseau de femmes aidant les femmes, Jordanie
  875. Femmes en noir Louvain, Belgique
  876. Women In Islam Inc, États-Unis
  877. Forum d’action des femmes au Pakistan
  878. Coalition des femmes pour la justice et l’égalité / ERADA, Palestine
  879. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF – Madison WI (USA)
  880. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF – Section Guinée
  881. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF – International
  882. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF – ITALIE , Italie
  883. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF – Sénégal
  884. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF section AFGHANISTAN
  885. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF Aotearoa Nouvelle-Zélande
  886. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF España (Espagne)
  887. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF, section Palestine
  888. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF, Afrique du Sud
  889. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF, section britannique
  890. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF, section américaine
  891. Marche mondiale des femmes – Région des Amériques
  892. Centre des femmes pour l’aide juridique et le conseil, Palestine
  893. Centre d’études féminines, Palestine
  894. Travailleurs contre le sectarisme, Irak
  895. Réseau des travailleurs de l’économie informelle en Ouganda
  896. Workers Voice Socialist Movement, États-Unis
  897. Parti du monde ouvrier, États-Unis
  898. Parti du Travail de Belgique (PVDA-PTB)
  899. Monde au-delà de la guerre, international
  900. Le monde au-delà de la guerre. Ciudad de México, Mexique
  901. Union mondiale des libres penseurs
  902. Yalla Arabi (Allemagne)
  903. Yay@flautas de Córdoba, Espagne
  904. Réseau des jeunes WILPF
  905. Groupe consultatif de la jeunesse, Palestine
  906. Association pour le développement de la jeunesse, Palestine
  907. Jeunesse pour la paix et le dialogue, Maroc
  908. Zero Waste Jackson (MI), États-Unis
  909. Mouvement des socialistes panafricains du Zimbabwe
  910. Conseil de solidarité avec la Palestine au Zimbabwe
  911. ZUBIAK ERAIKIZ ELKARTEA, Plataforma ciudadana por la participación y el cambio en Euskadi (Espagne)
  912. المجلس الدولى الأعلى لمنظمات المجتمع المدنى (Le Conseil Suprême International des Organisations de la Société Civile)
  913. انصار فاطمة الزهراء سلام الله عليها (partisans de Fatima Al-Zahra, que la paix soit avec elle), Iran/International
  914. Tzedek Chicago, États-Unis
  915. Pax Christi El Paso (Texas), États-Unis
  916. Iniciativa Mestni Zbor, Slovénie
  917. Juntanza Feminista de Mujeres y Disidencias Sexuales y de Género, Colombie
  918. Comté de Howard pour une Palestine libre, États-Unis
  919. Canadiens pour la justice et la paix au Moyen-Orient (CJPMO), Canada
  920. Palestine Legal, États-Unis
  921. Los Ronderos de las Redes, USA/Pérou
  922. Initiative pour la justice en matière de santé – Afrique du Sud
  923. National Lawyers Guild – Indiana Chapter, États-Unis
  924. Movimiento humanista México
  925. Asociación Americana de Juristas Rama Costa Rica
  926. Asociacion nacional de pensionados petroleros de Colombia
  927. Comitê Popular de Luta Lula Livre Itália, Italie
  928. Comitê Carioca de Solidariedade a Cuba e às Causas Justas, Brésil
  929. Asociacion Nacional de Amistad Italia-Cuba, Italie
  930. Voix juive pour la paix – Nouvelle-Orléans
  931. Alliance mondiale pour la justice de base
  932. KOMOKODA (Comité de mobilisation contre la dictature en Haïti)
  933. Ethnic Peoples & Peace -Global Network, International
  934. South Feminist Futures, International
  935. Institut Schiller, États-Unis
  936. La science au service des citoyens – Canada
  937. Parents pour la justice sociale, États-Unis
  938. Conseillers du parti vert de Sheffield, Royaume-Uni
  939. Capitulo belga de la Red de Intelectuales y Artistas en Defensa de la Humanidad, Belgium
  940. MCEP (Movimiento Cooperativo de Escuela Popular), Espagne
  941. Bartolina Sisa Resistance Solidarity Group, Royaume-Uni
  942. Instituto Brasil-Palestina IBRASPAL, Brésil
  943. Centre d’études Che Guevara, Cuba
  944. PLAN 8, Espagne
  945. Birlikte Yaşamak İstiyoruz İnisiyatifi (Initiative « Nous voulons vivre ensemble »), Turkiye
  946. Infokolpa, Slovénie
  947. Centre régional pour les droits de l’homme et la justice de genre – Corporación Humanas, Chili
  948. Amis de Sabeel Amérique du Nord (FOSNA)
  949. Église unie du Christ – Réseau Palestine Israël, États-Unis
  950. Asociación REDES, Espagne
  951. Réseau des intellectuels pour la défense de l’humanité – Équateur
  952. Mouvement de soutien à la Syrie, Espagne
  953. Collectif Solidarité de Genève, Suisse
  954. Consejo Cívico de Organizaciones Populares e Indígenas de Honduras (COPINH), Honduras
  955. Stopdesahucios 15M Cordoue, Espagne
  956. Centre latino-américain pour la pensée critique, Mexique
  957. Rojava Azadî Madrid, Espagne
  958. Asociación de Amistad con Cuba Miguel Hernández, Alicante, Espagne
  959. Asociación Socicultural ni un Pas Enrere, El Campello, Espagne
  960. Asociación Uruguayo Catalana Los Botijas, Espagne
  961. Association des immigrés du Sahara occidental pour Alicante – AISOA, Espagne
  962. Asociación La Vecinal, Espagne
  963. Mataró Acull (Coordinadora obrim fronteres), Espagne
  964. Coordinadora d’aturats de Catalunya (Espagne)
  965. Procés Constituent, Catalogne (Espagne)
  966. CATAC-CTS sindicat de sanitat pública, Espagne
  967. Rencontre avec le Galego contre l’OTAN, Espagne
  968. Collectif Anaxonas, Venezuela
  969. Madrid en solidarité avec la Palestine
  970. Plate-forme de la classe ouvrière anti-impérialiste du Costa Rica, PCOA-COSTA RICA
  971. Centro Brasileiro de Solidariedade aos Povos e Luta pela Paz CEBRAPAZ – Paraná – Brésil
  972. Proactif conseil, France
  973. Société Haldane des juristes socialistes, Londres
  974. Leuvense Vredesbeweging, Belgique
  975. Institut d’études féminines, Université de Birzeit, Palestine
  976. L’organisation LaRouche
  977. Comité Montreuil Palestine, France
  978. Parti de la gauche démocratique syrienne, Syrie
  979. Al Kamandjati, Palestine
  980. Parti vert de l’État de Washington, États-Unis
  981. Parti communiste d’Australie
  982. Parti conservateur égyptien, Égypte
  983. Coop Anti-War Cafe Berlin, Allemagne
  984. Fundación Mundubat, Espagne
  985. Coalition SWVA pour la Palestine, États-Unis
  986. Centre de conseil et de formation Naseej, Égypte
  987. Unis pour la paix et la justice, États-Unis
  988. Parti vert indépendant du Maine, États-Unis
  989. Parti des communistes des États-Unis
  990. Solidarité de l’Australie avec l’Amérique latine
  991. Alliance for Global Justice, États-Unis
  992. Centre d’éducation marxiste, Bethel, VT, États-Unis
  993. Programme de politique autochtone de l’Université d’Hawaï, États-Unis
  994. Projet de bibliothèque et d’archives de la Licorne noire, États-Unis
  995. Anciens élèves de l’université de New York pour la Palestine, États-Unis
  996. Réseau de thérapeutes musulmans de la région de Bay Area, États-Unis
  997. National Jewish Coalition for Immediate Ceasefire (Coalition juive nationale pour un cessez-le-feu immédiat), États-Unis
  998. Procida Per La Palestina – Stop au génocide, Italie
  999. Les femmes à l’espace de travail, NJ-USA
  1000. Moratoire MAINTENANT ! Coalition, États-Unis
  1001. Comité israélien contre les démolitions de maisons USA
  1002. Jewish Voice for Peace Atlanta, États-Unis
  1003. Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté WILPF Australie
  1004. BC Civil Liberties Association, Canada
  1005. Ordre du peuple juif unifié, Canada
  1006. Jamaa’aatul Asr, États-Unis
  1007. Comité de commémoration de Malcolm X NYC
  1008. Sumar, Espagne
  1009. Réseau australien indépendant et pacifique
  1010. Mazdoor Kisan Shakti Sangathan – MKSS, Inde

Rétrospective 2023 : neuf données à retenir

2023 en neuf graphiques : les inégalités se creusent dans le monde

Alors que 2022 avait été une année de fortes incertitudes, 2023 sera placée sous le signe des inégalités. Après la pandémie de COVID-19 et des pertes dévastatrices, les économies peinent globalement à reprendre de la vigueur, plombées par les effets conjugués de multiples crises : changement climatique, conflits, insécurité alimentaire, pour n’en citer que quelques-unes.

Comme souvent cependant, ce sont les pays les plus pauvres du monde qui sont les plus durement touchés. Beaucoup d’entre eux, déjà surendettés, se trouvent toujours plus à court de ressources financières. Sur le front de l’emploi, les plateformes numériques occupent désormais une place essentielle sur les marchés du travail du monde entier, mais seuls ceux qui sont en mesure d’y accéder peuvent tirer parti de cette nouvelle source de revenu. À tous ces défis vient s’ajouter la crise des réfugiés et avec elle le besoin impératif d’améliorer les politiques migratoires afin de non seulement trouver des solutions, mais aussi stimuler la croissance économique et la prospérité.

1. Pauvreté

L’extrême pauvreté a certes baissé dans les pays à revenu intermédiaire, mais elle s’est aggravée dans les pays les plus pauvres et ceux en situation de fragilité, conflit et violence. La persistance de la pauvreté dans ces pays complique d’autant plus la réalisation d’autres grands objectifs de développement mondiaux.

2. Dette

La dette extérieure n’a cessé d’augmenter depuis dix ans dans toutes les régions du monde

L’édition 2022 avait révélé des risques croissants pour l’ensemble des économies en développement (qu’elles soient à revenu faible ou intermédiaire), tout en soulignant des tensions de plus en plus aiguës dans les pays les plus pauvres du monde, accablés par le fardeau croissant du service de la dette.

Une tendance qui s’est poursuivie cette année : selon le rapport publié en décembre 2023, les pays en développement ont dépensé en 2022 un montant record de 443,5 milliards de dollars pour assurer le service de leur dette publique extérieure et des dettes garanties par l’État. Dans les pays les plus pauvres admis à emprunter auprès de l’Association internationale de développement (IDA), le coût total du service de la dette a atteint le niveau sans précédent de 88,9 milliards de dollars, soit une hausse de 4,8 % par rapport à 2021. La hausse des coûts d’emprunt fait courir un risque de crise de la dette aux pays les plus pauvres, où elle détourne le peu de ressources disponibles au détriment de secteurs critiques comme la santé, l’éducation et l’environnement.

3. Perspectives économiques mondiales

Selon l’édition de janvier 2023 des Perspectives économiques mondiales, la croissance marque fortement le pas sous l’effet de l’inflation, de la hausse des taux d’intérêt, de la diminution des investissements et des perturbations causées par l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Les prévisions de la Banque mondiale tablent sur une croissance de l’économie mondiale de 1,7 % en 2023 et 2,7 % en 2024, avec un ralentissement marqué et généralisé. Elles ont été revues à la baisse pour 95 % des économies avancées et près de 70 % des économies de marché émergentes et en développement.

Les perspectives économiques des pays en développement se sont assombries en 2023. Les quatre premières années de la décennie 2020 ont affiché des taux de croissance parmi les plus faibles depuis trente ans.

4. Une croissance à long terme en perte de vitesse

Falling Long-Term Growth Prospects: Trends, Expectations, and Policies : c’est le titre d’une étude de la Banque mondiale qui évalue pour la première fois les taux de croissance potentielle à long terme après la pandémie de COVID-19 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Les conclusions sont préoccupantes : au rythme actuel, la « vitesse limite » de l’économie mondiale, c’est-à-dire le taux de croissance maximal à long terme sans risque d’inflation, devrait tomber à son niveau le plus bas depuis trois décennies d’ici 2030. En cause, le déclin de la quasi-totalité des forces qui ont favorisé la prospérité depuis le début des années 1990, dont notamment une diminution de la population en âge de travailler.

5. Climat

Le changement climatique n’épargne personne ni aucune économie. D’ici à 2050, les dérèglements du climat risquent de contraindre 216 millions de personnes à migrer à l’intérieur de leur pays. Le stress hydrique va s’aggraver et les rendements agricoles diminuer, en particulier dans les régions du monde qui souffrent déjà d’une insécurité alimentaire. Par ailleurs, les systèmes agroalimentaires sont responsables d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre. Pour lutter contre le changement climatique et permettre en même temps aux populations, écoles, hôpitaux et entreprises d’avoir accès à l’électricité, il faut produire des énergies propres. Cela passe par le développement des renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique, et par des investissements dans l’électrification à grande échelle, tout en évitant la construction de nouvelles centrales au charbon et la mise hors service des anciennes installations. (…)

Il est possible de réduire les émissions et d’accroître la résilience, mais cela suppose des évolutions sociales, économiques et technologiques majeures.

Dans un monde où les crises et les chocs frappent plus durement les populations les plus pauvres, le changement climatique n’échappe pas à la règle. Et la lutte contre le changement climatique revêt une importance capitale pour relever le défi du développement et bâtir une planète vivable.

6. Perspectives des marchés des produits de base

Une escalade du conflit en cours au Moyen-Orient, qui vient s’ajouter aux bouleversements causés par l’invasion russe de l’Ukraine, risque d’entraîner les marchés mondiaux des matières premières en terrain inconnu, a alerté le dernier rapport Commodity Markets Outlook.

Les prix mondiaux des produits de base ont chuté de près de 25 % en 2023 par rapport à 2022, la plus forte baisse depuis la pandémie. Le déclenchement du conflit au Moyen-Orient au début du mois d’octobre a entraîné une remontée initiale des cours, mais l’impact a été globalement limité jusqu’ici. Pour la plupart des produits de base, les prix restent supérieurs à leur niveau moyen sur la période 2015-2019.

7. Les Femmes, l’Entreprise et le Droit

Près de 2,4 milliards de femmes en âge de travailler dans le monde ne bénéficient toujours pas des mêmes droits que les hommes. Le rapport sur Les Femmes, l’Entreprise et le Droit (WBL) analyse l’évolution des lois et réglementations ayant des répercussions sur les opportunités économiques qui s’offrent aux femmes dans 190 pays. L’objectif est de mettre en évidence les obstacles qui entravent la participation des femmes à la vie économique et la manière dont on peut réformer des législations discriminatoires.

Le rythme des réformes en faveur des droits des femmes chute à son niveau le plus bas depuis 20 ans.

8. Rapport sur le développement dans le monde — Migrations

La question migratoire est l’un des défis du développement les plus urgents. Environ 184 millions de personnes — soit 2,3 % de la population mondiale — vivent actuellement en dehors de leur pays de nationalité, la majeure partie se trouvant dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. La manière dont on aborde les flux migratoires et les moyens mis en œuvre pour protéger ceux qui quittent leur pays d’origine jouent un rôle essentiel dans le développement économique et la réussite des migrants et des communautés d’accueil.

9. Travailler sans frontières

Le microtravail en ligne représente déjà 12 % du marché de l’emploi mondial. Il constitue une source croissante de revenus pour des millions de personnes, qui y voient comme principaux avantages la flexibilité et la possibilité d’un revenu supplémentaire. La demande de main-d’œuvre sur le marché du microtravail augmente plus rapidement dans les pays en développement que dans les pays industrialisés.

Mais si les plateformes numériques locales jouent un rôle essentiel, elles ont du mal à établir un modèle économique viable.

La Nouvelle Guerre froide

Mon conseil de lecture : le dernier livre de Gilbert Achcar

Les éditions du Croquant – 360 pages, 24 euros.

Avec l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 et la dégradation des relations entre les États-Unis et la Chine, le constat d’une nouvelle guerre froide est devenu un lieu commun. En fait, affirme Gilbert Achcar, cette nouvelle guerre froide est en cours depuis la fin du siècle dernier.

En s’efforçant de consolider sa position hégémonique après la fin de l’URSS, Washington s’est aliéné la Russie et la Chine, poussant les deux pays à se rapprocher. L’ascension de Vladimir Poutine et la réinvention impérialiste de la Russie, ainsi que l’ascension de Xi Jinping et la dérive répressive du pouvoir chinois, se sont conjuguées avec l’exacerbation des tensions autour de l’Ukraine et de Taiwan.

Un autre monde, plus pacifique, était-il possible ? Dans cet ouvrage essentiel traduit de l’anglais, l’auteur, spécialiste reconnu des relations internationales, soutient que ce n’est qu’en comprenant comment nous en sommes arrivés là que nous pouvons commencer à imaginer les contours d’un autre monde

Gilbert Achcar est professeur en relations internationales et études du développement à l’École des études orientales et africaines (SOAS) de l’Université de Londres. Originaire du Liban, il a été enseignant à l’université de Paris-8 et chercheur au Centre Marc Bloch de Berlin avant de s’établir à Londres en 2007. Il est l’auteur de nombreux ouvrages traduits dans plusieurs langues, parmi lesquels, en édition française : Le Choc des barbaries (2002, 2004, 2017), La Poudrière du Moyen-Orient avec Noam Chomsky (2007), Les Arabes et la Shoah (2009) et Le Peuple veut (2013).

Construire la paix : un colloque de la FSU à Saint Malo.

« Construire la paix, lutter sans violence, une idée révolutionnaire » : un colloque syndical réussi et prometteur. Les 18 et 19 octobre derniers, à St Malo, la FSU Bretagne a organisé un grand colloque régional avec la collaboration des militant.es du Mouvement de la Paix de Bretagne

Conflits d’aujourd’hui et espoirs pour demain

La première partie des échanges a porté sur la faillite des logiques de puissance dans la conception des relations internationales et sur la nécessité de leur substituer un véritable multilatéralisme pour le règlement pacifique des conflits dans un monde de plus en plus globalisé. La guerre menée par la Russie en Ukraine comme les violences qui déchirent actuellement le proche-Orient ont été largement évoquées ainsi que les questions posées par la future Loi de Programmation militaire voulue par Emmanuel Macron.

Bertrand Badie – Penser le monde au-delà de la puissance et de ses échecs, par Bertrand Badie, chercheur associé au CERI, professeur émérite à Sciences Po Paris

Jacques Fath – Quelques enseignements pour la paix de demain à la lumière de la « sale guerre » d’Ukraine et de ses causes : auteur du livre « Poutine, l’OTAN et la guerre ».

Venance Journé – Des-équilibres de la terreur : la dissuasion nucléaire et la « doctrine française », par (physicienne, chercheuse au CNRS, représentante du Réseau Action Climat au CESE)

La Loi de Programmation Militaire 2024-2030 : la voix de la France dans le nouveau concert militariste, avec Frédéric Mathieu, parlementaire, membre de la commission de la Défense à l’Assemblée nationale, et Daniel Durand, ancien Président du Mouvement de la Paix, directeur de l’Institut de documentation et recherches pour la Paix

Que faire des armes ? Passer des économies guerrières à une économie de la paix, avec Roland Nivet porte -parole national du Mouvement de la Paix, et Stéphane Créach représentant de la FNTE-CGT

Aller du NON à la guerre vers une véritable politique de la paix

De nombreuses interventions ont également porté sur la possibilité de mener des démarches non-violentes en règlement ou en prévention des conflits. Appuyées sur diverses types d’expériences menées à travers le monde, ces interventions ont permis de nourrir la réflexion sur la richesses des pratiques de maintien ou de construction de la paix tout en prenant conscience de la diversité des conceptions de celle-ci. Elles ont également permis de poser la question d’actions concrètes à mener auprès de la jeunesse notamment dans le cadre scolaire.

Préparer le terrain pour la construction de la paix, avec David Adams, ancien chargé de programme à l’Unesco et animateur du réseau Decade for a Culture of Peace, et Roland Nivet (Mouvement de la Paix) – La culture de la Paix (texte de l’intervention de R Nivet à télécharger ici)

Confronter les principales méthodes de défense non-violentes au conflit ukrainien par François Marchand (Institut de Recherche sur la résolution non-violente des conflits IRNC)

Mémoires des guerres, culture de paix, expériences de non-violence ici et ailleurs, table-ronde avec Laura Lema Silva, chercheuse, responsable des études à l’Institut pour la Paix

Laura Lema Silva et JP Dardaud, ancien Président de Frères des Hommes et Shura Dumanic, journaliste, animatrice du Réseau des femmes contre la guerre en ex-Yougoslavie

De nombreuses interventions ont également porté sur la possibilité de mener des démarches non-violentes en règlement ou en prévention des conflits. Appuyées sur diverses types d’expériences menées à travers le monde, ces interventions ont permis de nourrir la réflexion sur la richesses des pratiques de maintien ou de construction de la paix tout en prenant conscience de la diversité des conceptions de celle-ci. Elles ont également permis de poser la question d’actions concrètes à mener auprès de la jeunesse notamment dans le cadre scolaire.

Préparer le terrain pour la construction de la paix, avec David Adams, ancien chargé de programme à l’Unesco et animateur du réseau Decade for a Culture of Peace, et Roland Nivet (Mouvement de la Paix)

Chanter par temps de guerre, chanter pour la paix

Parce que la réflexion avance aussi en passant par le sensible, la FSU a proposé aux participant.es resté.es sur place de participer à une soirée musicale et historique sur le thème des chansons pacifistes. Alain Bergerat, agrégé d’histoire, ayant enseigné dans les classes préparatoires à l’Ecole Normale Supérieure au Lycée Guist’hau de Nantes, Alain Bergerat, est un passionné de chanson. Militant syndical depuis toujours au SNES-FSU, animateur infatigable de nombreuses rencontres autour de la chanson française, il est le créateur du festival des Giboulées de Goulaine axé sur la belle chanson française et également l’auteur d’un livre important sur le sujet : L’Histoire de France à travers chants.

« Terrorisme. Réalités, causes et mystifications idéologiques »

Dans le contexte actuel de la guerre Israël / Hamas, un livre qui permet d’analyser le sens et l’usage de cette notion de terrorisme.

Éditions du Croquant -172 pages – 2019 – 12 euros
Disponible en librairie. Commandes possibles (franco de port) par mail:  contact@editions-croquant.org   ou sur le site de l’éditeur: https://croquant.atheles.org /    

Le terrorisme, depuis le début des années 2000, a pris la dimension d’une menace majeure. Pourtant, le débat sur cet enjeu de sécurité publique et internationale semble rarement à la mesure des questions posées sur les origines de cette violence politique et sociale, et par conséquent sur la nature des réponses qu’il faut lui apporter.

La notion même de terrorisme reste sans définition qui fasse consensus international. Les confrontations sur la question de Palestine et les conflits au Proche-Orient y sont d’ailleurs historiquement pour quelque chose. Alors, que recouvre ce mot de terrorisme ? Qu’est-ce que cette chose que l’on nomme mais que l’on ne parvient pas à définir, alors que certains refusent même d’en chercher les causes ? Pourquoi fait-on du terrorisme, avec autant d’insistance, une violence politique très spécifique ?

Ce livre est une réflexion critique sur la définition du terrorisme, et en particulier sur la façon dont il fait l’objet d’une instrumentalisation idéologique permanente. Il est vrai que cette violence criminelle est d’abord un terrible révélateur de la crise de société, de la crise des politiques de domination, et d’un ordre mondial de précarités, de déliquescences, de tensions géopolitiques et de guerres. (janvier 2019)

L’ONU veut un plan d’action commun pour un monde sans armes nucléaires.

L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté (147 pour, 6 contre et 27 abstentions) le 12 octobre 2023 une résolution détaillée prescrivant des « Mesures visant à établir un plan d’action commun pour l’avènement d’un monde exempt d’armes nucléaires ». Ci-dessous quelques extraits significatifs.

https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/LTD/N23/301/63/PDF/N2330163.pdf?OpenElement

L’Assemblée générale,

Réaffirmant que l’avènement d’un monde exempt d’armes nucléaires est un

objectif commun de la communauté internationale,

Rappelant que 78 ans se sont écoulés depuis l’emploi d’armes nucléaires à

Hiroshima et à Nagasaki,

(…)

Sachant que le risque nucléaire persistera tant que les armes nucléaires

existeront, et réaffirmant que l’élimination totale des armes nucléaires est le seul

moyen d’éliminer tous les risques liés à ces armes,

(…)

Affirmant que les États dotés d’armes nucléaires doivent prendre des mesures

concrètes pour honorer les engagements qui sont énoncés dans la Déclaration

conjointe des chefs d’État et de gouvernement des cinq États dotés d’armes nucléaires

pour prévenir la guerre nucléaire et éviter les courses aux armements, en date du

3 janvier 2022, et prenant note des engagements pris par les États dotés d’armes

nucléaires concernant la poursuite d’efforts structurés aux fins d’échanges de vues

sur les concepts, doctrines et politiques nucléaires, ainsi que sur la réduction des

risques dans ce domaine,

(…)

Sachant que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires a été adopté le

7 juillet 2017, et notant qu’il a été ouvert à la signature le 20 septembre 2017 par le

Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, qu’il est entré en vigueur le

22 janvier 2021 et que la première Réunion des États parties au Traité a eu lieu du

21 au 23 juin 2022

(…)

1. Invite instamment tous les États, en particulier les États dotés d’armes

nucléaires, à faire tout leur possible pour que les armes nucléaires ne soient plus

jamais utilisées, en attendant leur élimination totale, et à s’abstenir de toutes

déclarations incendiaires concernant l’emploi d’armes nucléaires, sachant qu’il est

dans l’intérêt de tous les États d’éviter une guerre nucléaire.

Salah Hammouri

Prisonnier de Jérusalem

Un détenu politique en Palestine occupée.

« Les interrogatoires, les incarcérations, les transferts, tout est conçu dans l’objectif de détruire psychologiquement les prisonniers palestiniens, afin qu’une fois sortis, ils soient dociles et renoncent à lutter pour leurs droits. Mais c’est un très mauvais calcul, les autorités israéliennes d’occupation se trompent complètement. Pour moi comme pour beaucoup de mes camarades, la prison est devenue un défi : plus ils ont essayé de me faire plier, plus j’ai concentré mes forces à rester fidèle à mes convictions. » Né en 1985 à Jérusalem, Salah Hammouri est franco-palestinien. Il a passé plus de dix ans dans les prisons israéliennes, d’abord condamné à tort par un tribunal militaire, puis emprisonné sous le régime de la détention administrative (sans inculpation, ni procès). En décembre 2022, le gouvernement israélien a signé l’ordre de déportation de Salah Hammouri vers la France, créant un précédent inquiétant. Dans ce récit poignant, il raconte la vie carcérale des détenus palestiniens et souligne l’importance de la solidarité internationale.

Propos recueillis par Armelle Laborie-Sivan

édition ORIENT XXI et Libertalia – 144 pages — 10 €

Désarmement nucléaire : un rappel à l’ordre de l’Assemblée générale de l’ONU.

Résolution de Assemblée générale des Nations Unies du 9 octobre 2023 :

https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/LTD/N23/292/80/PDF/N2329280.pdf?OpenElement

Désarmement général et complet : suite donnée à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur la licéité de la menace ou de l’emploi d’armes nucléaires en 1996.

L’Assemblée générale,

(…)

1. Souligne de nouveau la conclusion unanime de la Cour internationale de Justice selon laquelle il existe une obligation de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations conduisant au désarmement nucléaire sous tous ses aspects, assorti d’un contrôle international strict et efficace ;

2. Demande de nouveau à tous les États d’engager des négociations multilatérales afin de parvenir sans tarder au désarmement nucléaire dans tous ses aspects, sous un contrôle international strict et efficace, y compris dans le cadre du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires ;

3. Prie tous les États de tenir le Secrétaire général informé des efforts qu’ils font et des mesures qu’ils prennent en application de la présente résolution et aux fins du désarmement nucléaire, et prie le Secrétaire général de lui communiquer ces informations à sa soixante-dix-neuvième session ;

4. Décide d’inscrire à l’ordre du jour provisoire de sa soixante-dix-neuvième session, au titre de la question intitulée « Désarmement général et complet », la question subsidiaire intitulée « Suite donnée à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur la licéité de la menace ou de l’emploi d’armes nucléaires »

Comment en finir avec les logiques de guerre ?

Journées d’étude de l’Université Européenne de la Paix : comment en finir avec les logiques de guerre ? Maison de l’Internationale de Brest, 11 et 12 octobre 2023.

Document – discours du Pape François à Marseille, 23 09 2023

« Ceux qui risquent leur vie en mer n’envahissent pas, ils cherchent l’hospitalité »

Je vous salue cordialement et vous suis, à chacun, reconnaissant d’avoir accepté l’invitation du cardinal Aveline à participer à ces rencontres. Je vous remercie pour votre travail et pour les réflexions précieuses que vous avez partagées. Après Bari et Florence, le chemin au service des peuples méditerranéens se poursuit : les responsables ecclésiastiques et civils sont encore ici réunis, non pas pour traiter d’intérêts mutuels, mais animés par le désir de s’occuper de l’homme ; merci de le faire avec les jeunes qui sont le présent et l’avenir de l’Église comme de la société.

La ville de Marseille est très ancienne. Fondée par des navigateurs grecs venus d’Asie Mineure, le mythe la fait remonter à une histoire d’amour entre un marin émigré et une princesse locale. Elle présente dès ses origines un caractère composite et cosmopolite : elle accueille les richesses de la mer et donne une patrie à ceux qui n’en ont plus. Marseille nous dit que, malgré les difficultés, la convivialité est possible et qu’elle est source de joie. Sur la carte, entre Nice et Montpellier, elle semble presque dessiner un sourire ; et j’aime à la considérer ainsi : Marseille est « le sourire de la Méditerranée ». Je voudrais donc vous proposer quelques réflexions autour de trois réalités qui caractérisent Marseille : la mer, le port et le phare. Ce sont trois symboles.

1. La mer. Une marée de peuples a fait de cette ville une mosaïque d’espérance, avec sa grande tradition multiethnique et multiculturelle, représentée par plus de 60 consulats présents sur son territoire. Marseille est une ville à la fois plurielle et singulière, car c’est sa pluralité, fruit de sa rencontre avec le monde, qui rend son histoire singulière. On entend souvent dire aujourd’hui que l’histoire de la Méditerranée est un entrelacement de conflits entre différentes civilisations, religions et visions. Nous n’ignorons pas les problèmes – il y en a – mais ne nous y trompons pas : les échanges entre peuples ont fait de la Méditerranée un berceau de civilisations, une mer qui regorge de trésors, au point que, comme l’écrivait un grand historien français, elle n’est pas « un paysage, mais d’innombrables paysages. Ce n’est pas une mer, mais une succession de mers » ; « depuis des millénaires, tout s’y est engouffré, compliquant et enrichissant son histoire » (F. Braudel, La Méditerranée, Paris 1985, p. 16). La mare nostrum est un espace de rencontres : entre les religions abrahamiques, entre les pensées grecque, latine et arabe, entre la science, la philosophie et le droit, et entre bien d’autres réalités. Elle a diffusé dans le monde la haute valeur de l’être humain, doté de liberté, ouvert à la vérité et en mal de salut, qui voit le monde comme une merveille à découvrir et un jardin à habiter, sous le signe d’un Dieu qui fait alliance avec les hommes.

Un grand Maire voyait dans la Méditerranée non pas une question conflictuelle, mais une réponse de paix, mieux encore, « le commencement et le fondement de la paix entre toutes les nations du monde » (G. La Pira, Paroles en conclusion du premier Colloque Méditerranéen, 6 octobre 1958). Il disait en effet : « La réponse […] est possible si l’on considère la vocation historique commune et pour ainsi dire permanente que la Providence a assignée dans le passé, assigne dans le présent et, en un certain sens, assignera dans l’avenir aux peuples et aux nations qui vivent sur les rives de ce mystérieux lac de Tibériade élargi qu’est la Méditerranée » (Discours d’ouverture du 1er Colloque méditerranéen, 3 octobre 1958). Lac de Tibériade, ou Mer de Galilée : un lieu, c’est-à-dire, où se concentrait à l’époque du Christ une grande variété de peuples, de cultes et de traditions. C’est là, dans la « Galilée des nations » (cf. Mt 4, 15), traversée par la Route de la Mer, que se déroula la plus grande partie de la vie publique de Jésus. Un contexte multiforme et, à bien des égards, instable, fut le lieu de la proclamation universelle des Béatitudes, au nom d’un Dieu Père de tous, qui « fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes » (Mt 5, 45). C’était aussi une invitation à élargir les frontières du cœur, en dépassant les barrières ethniques et culturelles. Voici donc la réponse qui vient de la Méditerranée : cette mer pérenne de Galilée invite à opposer la « convivialité des différences » à la division des conflits (T. Bello, Benedette inquietudini, Milano 2001, p. 73). La mare nostrum, au carrefour du Nord et du Sud, de l’Est et de l’Ouest, concentre les défis du monde entier comme en témoignent ses « cinq rives » sur lesquelles vous avez réfléchi : l’Afrique du Nord, le Proche-Orient, la mer Noire-Égée, les Balkans et l’Europe latine. Elle est à l’avant-poste de défis qui concernent tout le monde : nous pensons au défi climatique, la Méditerranée représentant un hotspot où les changements se font sentir plus rapidement. Comme il est important de sauvegarder le maquis méditerranéen, écrin unique de biodiversité ! Bref, cette mer, environnement qui offre une approche unique de la complexité, est un « miroir du monde », et elle porte en elle une vocation mondiale à la fraternité, vocation unique et unique voie pour prévenir et surmonter les conflits.

Frères et sœurs, sur la mer actuelle des conflits, nous sommes ici pour valoriser la contribution de la Méditerranée, afin qu’elle redevienne un laboratoire de paix. Car telle est sa vocation : être un lieu où des pays et des réalités différentes se rencontrent sur la base de l’humanité que nous partageons tous, et non d’idéologies qui opposent. Oui, la Méditerranée exprime une pensée qui n’est pas uniforme ni idéologique, mais polyédrique et adhérente à la réalité ; une pensée vitale, ouverte et conciliante : une pensée communautaire, c’est le mot. Comme nous avons besoin de cela dans les circonstances actuelles où des nationalismes archaïques et belliqueux veulent faire disparaître le rêve de la communauté des nations ! Mais – rappelons-le – avec les armes on fait la guerre, pas la paix, et avec l’avidité du pouvoir on retourne toujours au passé, on ne construit pas l’avenir.

Par où commencer alors pour enraciner la paix ? Sur les rives de la Mer de Galilée, Jésus commença par donner de l’espérance aux pauvres, en les proclamant bienheureux : il écouta leurs besoins, il soigna leurs blessures, il leur annonça avant tout la bonne nouvelle du Royaume. C’est de là qu’il faut repartir, du cri souvent silencieux des derniers, et non des premiers de la classe qui élèvent la voix même s’ils sont bien lotis. Repartons, Église et communauté civile, de l’écoute des pauvres qui sont à « s’embrasser, et non pas à compter » (P. Mazzolari, La parola ai poveri, Bologne 2016, p. 39), car ils sont des visages et non des numéros. Le changement de rythme de nos communautés consiste à les traiter comme des frères dont nous devons connaître l’histoire, et non comme des problèmes gênants, en les expulsant, en les renvoyant chez eux ; il consiste à les accueillir, et non les cacher ; à les intégrer, et non s’en débarrasser ; à leur donner de la dignité. Et Marseille, je veux le répéter, est la capitale de l’intégration des peuples. C’est votre fierté ! Aujourd’hui, la mer de la coexistence humaine est polluée par la précarité qui blesse même la splendide Marseille. Et là où il y a précarité il y a criminalité : là où il y a pauvreté matérielle, éducative, professionnelle, culturelle, religieuse, le terrain des mafias et des trafics illicites est déblayé. L’engagement des seules institutions ne suffit pas, il faut un sursaut de conscience pour dire « non » à l’illégalité et « oui » à la solidarité, ce qui n’est pas une goutte d’eau dans la mer, mais l’élément indispensable pour en purifier les eaux.

En effet, le véritable mal social n’est pas tant l’augmentation des problèmes que le déclin de la prise en charge. Qui aujourd’hui est proche des jeunes livrés à eux-mêmes, proies faciles de la délinquance et de la prostitution ? Qui les prend en charge ? Qui est proche des personnes asservies par un travail qui devrait les rendre plus libres ? Qui s’occupe des familles effrayées, qui ont peur de l’avenir et de mettre au monde de nouvelles créatures ? Qui écoute les gémissements des personnes âgées isolées qui, au lieu d’être valorisées, sont parquées dans la perspective faussement digne d’une mort douce, en réalité plus salée que les eaux de la mer ? Qui pense aux enfants à naître, rejetés au nom d’un faux droit au progrès, qui est au contraire une régression de l’individu ? Aujourd’hui, nous avons le drame de confondre les enfants avec les petits chiens. Mon secrétaire me disait qu’en passant par la place Saint-Pierre, il avait vu des femmes qui portaient des enfants dans des poussettes… mais ce n’étaient pas des enfants, c’étaient des petits chiens ! Cette confusion nous dit quelque chose de mauvais. Qui regarde avec compassion au-delà de ses frontières pour entendre les cris de douleur qui montent d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ? Combien de personnes vivent plongées dans les violences et souffrent de situations d’injustice et de persécution ! Et je pense à tant de chrétiens, souvent contraints de quitter leur terre ou d’y vivre sans que leurs droits soient reconnus, sans qu’ils jouissent d’une citoyenneté à part entière. S’il vous plaît, engageons-nous pour que ceux qui font partie de la société puissent en devenir les citoyens de plein droit. Et puis il y a un cri de douleur qui résonne plus que tout autre, et qui transforme la mare nostrum en mare mortuum, la Méditerranée, berceau de la civilisation en tombeau de la dignité. C’est le cri étouffé des frères et sœurs migrants, auxquels je voudrais consacrer mon attention en réfléchissant sur la deuxième image que nous offre Marseille, celle de son port.

2. Le port de Marseille est depuis des siècles une porte grand-ouverte sur la mer, sur la France et sur l’Europe. C’est d’ici que beaucoup sont partis chercher du travail et un avenir à l’étranger, c’est d’ici que beaucoup ont franchi la porte du continent avec des bagages chargés d’espérance. Marseille a un grand port et elle est une grande porte qui ne peut être fermée. Plusieurs ports méditerranéens, en revanche, se sont fermés. Et deux mots ont résonné, alimentant la peur des gens : « invasion » et « urgence ». Et on ferme les ports. Mais ceux qui risquent leur vie en mer n’envahissent pas, ils cherchent hospitalité, ils cherchent la vie. Quant à l’urgence, le phénomène migratoire n’est pas tant une urgence momentanée, toujours bonne à susciter une propagande alarmiste, mais un fait de notre temps, un processus qui concerne trois continents autour de la Méditerranée et qui doit être géré avec une sage prévoyance, avec une responsabilité européenne capable de faire face aux difficultés objectives. Je regarde, ici, sur cette carte, les ports privilégiés pour les migrants : Chypre, la Grèce, Malte, l’Italie et l’Espagne… Ils font face à la Méditerranée et accueillent les migrants. La mare nostrum crie justice, avec ses rivages où, d’un côté, règnent l’opulence, le consumérisme et le gaspillage et, de l’autre, la pauvreté et la précarité. Là encore, la Méditerranée est un reflet du monde : le Sud qui se tourne vers le Nord, avec beaucoup de pays en développement, en proie à l’instabilité, aux régimes, aux guerres et à la désertification, qui regardent les plus aisés, dans un monde globalisé où nous sommes tous connectés mais où les fossés n’ont jamais été aussi profonds. Pourtant, cette situation n’est pas nouvelle de ces dernières années, et ce n’est pas ce Pape venu de l’autre bout du monde à avoir le premier à l’alerté, avec urgence et préoccupation. Cela fait plus de cinquante ans que l’Église en parle de manière pressante.

Le concile Vatican II venait de se conclure lorsque saint Paul VI, dans l’encyclique Populorum progressio, écrivait : « Les peuples de la faim interpellent aujourd’hui de façon dramatique les peuples de l’opulence. L’Église tressaille devant ce cri d’angoisse et appelle chacun à répondre avec amour à l’appel de son frère » (n. 3). Le Pape Montini énuméra « trois devoirs » des nations les plus développées, « enracinés dans la fraternité humaine et surnaturelle » : « devoir de solidarité, c’est à dire l’aide que les nations riches doivent apporter aux pays en voie de développement ; devoir de justice sociale, c’est-à-dire le redressement des relations commerciales défectueuses entre peuples forts et peuples faibles ; devoir de charité universelle, c’est-à-dire la promotion d’un monde plus humain pour tous, où tous auront à donner et à recevoir, sans que le progrès des uns soit un obstacle au développement des autres » (n. 44). À la lumière de l’Évangile et de ces considérations, Paul VI, en 1967, soulignait le « devoir de l’accueil », sur lequel il écrivait : « nous ne saurions trop insister » (n. 67). Pie XII avait encouragé à cela quinze années auparavant en écrivant que : « La famille de Nazareth en exile, Jésus, Marie et Joseph émigrés en Égypte […] sont le modèle, l’exemple et le soutien de tous les émigrés et pèlerins de tous les temps et de tous les pays, de tous les réfugiés de toute condition qui, poussés par la persécution ou par le besoin, se voient contraints d’abandonner leur patrie, les personnes qui leurs sont chères, […] et se rendre en terre étrangère » (Const. ap. Exsul Familia de spirituali emigrantium cura, 1er août 1952).

Certes, les difficultés d’accueil sont sous les yeux de tous. Les migrants doivent être accueillis, protégés ou accompagnés, promus et intégrés. Dans le cas contraire, le migrant se retrouve dans l’orbite de la société. Accueillis, accompagnés, promus et intégrés : tel est le style. Il est vrai qu’il n’est pas facile d’avoir ce style ou d’intégrer des personnes non attendues. Cependant le critère principal ne peut être le maintien de leur bien-être, mais la sauvegarde de la dignité humaine. Ceux qui se réfugient chez nous ne doivent pas être considérés comme un fardeau à porter : si nous les considérons comme des frères, ils nous apparaîtront surtout comme des dons. La Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié sera célébrée demain. Laissons-nous toucher par l’histoire de tant de nos frères et sœurs en difficulté qui ont le droit tant d’émigrer que de ne pas émigrer, et ne nous enfermons pas dans l’indifférence. L’histoire nous interpelle à un sursaut de conscience pour prévenir le naufrage de civilisation. L’avenir, en effet, ne sera pas dans la fermeture qui est un retour au passé, une inversion de marche sur le chemin de l’histoire. Contre le terrible fléau de l’exploitation des êtres humains, la solution n’est pas de rejeter, mais d’assurer, selon les possibilités de chacun, un grand nombre d’entrées légales et régulières, durables grâce à un accueil équitable de la part du continent européen, dans le cadre d’une collaboration avec les pays d’origine. Dire « assez » c’est au contraire fermer les yeux ; tenter maintenant de « se sauver » se transformera demain en tragédie. Alors que les générations futures nous remercieront pour avoir su créer les conditions d’une intégration indispensable, elles nous accuseront pour n’avoir favorisé que des assimilations stériles. L’intégration, même des migrants, est difficile, mais clairvoyante : elle prépare l’avenir qui, qu’on le veuille ou non, se fera ensemble ou ne sera pas ; l’assimilation, qui ne tient pas compte des différences et reste rigide dans ses paradigmes, fait prévaloir l’idée sur la réalité et compromet l’avenir en augmentant les distances et en provoquant la ghettoïsation, provoquant hostilité et intolérance. Nous avons besoin de fraternité comme de pain. Le mot même « frère », dans sa dérivation indo-européenne, révèle une racine liée à la nutrition et à la subsistance. Nous ne nous soutiendrons qu’en nourrissant d’espérance les plus faibles, en les accueillant comme des frères. « N’oubliez pas l’hospitalité » (He 13, 2), nous dit l’Écriture. Et dans l’Ancien Testament, il est répété : la veuve, l’orphelin et l’étranger. Les trois devoirs de charité : assister la veuve, assister l’orphelin et assister l’étranger, le migrant.

À cet égard, le port de Marseille est aussi une « porte de la foi ». Selon la tradition, les saints Marthe, Marie et Lazare ont débarqué ici, et ont semé l’Évangile sur ces terres. La foi vient de la mer, comme l’évoque la suggestive tradition marseillaise de la chandeleur avec la procession maritime. Lazare, dans l’Évangile, est l’ami de Jésus, mais c’est aussi le nom du protagoniste d’une parabole très actuelle qui ouvre les yeux sur l’inégalité qui ronge la fraternité et nous parle de la prédilection du Seigneur pour les pauvres. Eh bien, nous chrétiens qui croyons au Dieu fait homme, à l’homme unique et inimitable qui, sur les rives de la Méditerranée, s’est dit chemin, vérité et vie (cf. Jn 14, 6), nous ne pouvons pas accepter que les voies de la rencontre soient fermées. Ne fermons pas les voies de la rencontre, s’il vous plaît ! Nous ne pouvons accepter que la vérité du dieu argent l’emporte sur la dignité de l’homme, que la vie se transforme en mort ! L’Église, en confessant que Dieu, en Jésus Christ, « s’est en quelque sorte uni à tout homme » (Gaudium et spes, n. 22), croit, avec saint Jean-Paul II, que son chemin est l’homme (cf. Lett. enc. Redemptor hominis, n. 14). Elle adore Dieu et sert les plus fragiles qui sont ses trésors. Adorer Dieu et servir le prochain, voilà ce qui compte : non pas la pertinence sociale ou l’importance numérique, mais la fidélité au Seigneur et à l’homme !

Voilà le témoignage chrétien et, bien souvent, il est héroïque. Je pense par exemple à saint Charles de Foucauld, le « frère universel », aux martyrs de l’Algérie, mais aussi à tant d’artisans de la charité d’aujourd’hui. Dans ce style de vie scandaleusement évangélique, l’Église retrouve le port sûr auquel accoster et d’où repartir pour tisser des liens avec les personnes de tous les peuples, en recherchant partout les traces de l’Esprit et en offrant ce qu’elle a reçu par grâce. Voilà la réalité la plus pure de l’Église, voilà – écrivait Bernanos – « l’Église des saints », ajoutant que « tout ce grand appareil de sagesse, de force, de souple discipline, de magnificence et de majesté n’est rien de lui-même, si la charité ne l’anime » (Jeanne d’Arc relapse et sainte, Paris 1994, p. 74). J’aime exalter cette perspicacité française, génie croyant et créatif qui a affirmé ces vérités à travers une multitude de gestes et d’écrits. Saint Césaire d’Arles disait : « Si tu as la charité, tu as Dieu ; et si tu as Dieu, que ne possèdes-tu pas ? » (Sermo 22, 2). Pascal reconnaissait que « l’unique objet de l’Écriture est la charité » (Pensées, n. 301) et que « la vérité hors de la charité, n’est pas Dieu ; elle est son image, et une idole qu’il ne faut point aimer, ni adorer » (Pensées, n. 767). Et saint Jean Cassien, qui est mort ici, écrivait que « tout, même ce qu’on estime utile et nécessaire, vaut moins que ce bien qu’est la paix et la charité » (Conférences spirituelles XVI, 6).

Il est bon, par conséquent, que les chrétiens ne viennent pas en deuxième position en matière de charité ; et que l’Évangile de la charité soit la magna charta de la pastorale. Nous ne sommes pas appelés à regretter les temps passés ou à redéfinir une importance ecclésiale, nous sommes appelés au témoignage : non pas broder l’Évangile de paroles, mais lui donner de la chair ; non pas mesurer la visibilité, mais nous dépenser dans la gratuité, croyant que « la mesure de Jésus est l’amour sans mesure » (Homélie, 23 février 2020). Saint Paul, l’Apôtre des nations qui passa une bonne partie de sa vie à traverser la Méditerranée d’un port à l’autre, enseignait que pour accomplir la loi du Christ, il faut porter mutuellement le poids des uns des autres (cf. Ga 6, 2). Chers frères évêques, ne chargeons pas les personnes de fardeaux, mais soulageons leurs efforts au nom de l’Évangile de la miséricorde, pour distribuer avec joie le soulagement de Jésus à une humanité fatiguée et blessée. Que l’Église ne soit pas un ensemble de prescriptions, que l’Église soit un port d’espérance pour les personnes découragées. Élargissez vos cœurs, s’il vous plaît ! Que l’Église soit un port de ravitaillement, où les personnes se sentent encouragées à prendre le large dans la vie avec la force incomparable de la joie du Christ. Que l’Église ne soit pas une douane. Souvenons-nous du Seigneur : tous, tous, tous sont invités.

3. Et j’en viens brièvement ainsi à la dernière image, celle du phare. Il illumine la mer et fait voir le port. Quelles traces lumineuses peuvent orienter le cap des Églises dans la Méditerranée ? En pensant à la mer qui unit tant de communautés croyantes différentes, je pense que l’on peut réfléchir sur des parcours plus synergiques, en évaluant peut-être aussi l’opportunité d’une Conférence ecclésiale de la Méditerranée, comme l’a dit le Cardinal [Aveline], qui permettrait de nouvelles possibilités d’échanges et qui donnerait une plus grande représentativité ecclésiale à la région. En pensant au port et au thème migratoire, il pourrait être profitable de travailler à une pastorale spécifique encore plus reliée, afin que les diocèses les plus exposés puissent assurer une meilleure assistance spirituelle et humaine aux sœurs et aux frères qui arrivent dans le besoin.

Le phare, dans ce prestigieux palais qui porte son nom, me fait enfin penser surtout aux jeunes : ce sont eux la lumière qui indique la route de l’avenir. Marseille est une grande ville universitaire qui abrite quatre campus : sur les quelque 35000 étudiants qui les fréquentent, 5000 sont étrangers. Par où commencer à tisser des liens entre les cultures, sinon par l’université ? Là, les jeunes ne sont pas fascinés par les séductions du pouvoir, mais par le rêve de construire l’avenir. Que les universités méditerranéennes soient des laboratoires de rêves et des chantiers d’avenir, où les jeunes grandissent en se rencontrant, en se connaissant et en découvrant des cultures et des contextes à la fois proches et différents. On abat ainsi les préjugés, on guérit les blessures et on conjure des rhétoriques fondamentalistes. Faites attention à la prédication de tant de fondamentalismes qui sont à la mode aujourd’hui ! Des jeunes bien formés et orientés à fraterniser pourront ouvrir des portes inespérées de dialogue. Si nous voulons qu’ils se consacrent à l’Évangile et au haut service de la politique, il faut avant tout que nous soyons crédibles : oublieux de nous-mêmes, libérés de l’autoréférentialité, prêts à nous dépenser sans cesse pour les autres. Mais le défi prioritaire de l’éducation concerne tous les âges de la formation : dès l’enfance, « en se mélangeant » avec les autres, on peut surmonter beaucoup de barrières et de préjugés en développant sa propre identité dans le contexte d’un enrichissement mutuel. L’Église peut bien y contribuer en mettant au service ses réseaux de formation et en animant une « créativité de la fraternité ».

Frères et sœurs, le défi est aussi celui d’une théologie méditerranéenne – la théologie doit être enracinée dans la vie ; une théologie de laboratoire ne fonctionne pas – qui développe une pensée qui adhère au réel, « maison » de l’humain et pas seulement des données techniques, en mesure d’unir les générations en reliant mémoire et avenir, et de promouvoir avec originalité le chemin œcuménique entre chrétiens et le dialogue entre croyants de religions différentes. Il est beau de s’aventurer dans une recherche philosophique et théologique qui, en puisant aux sources culturelles méditerranéennes, redonne espérance à l’homme, mystère de liberté en mal de Dieu et de l’autre, pour donner un sens à son existence. Et il est également nécessaire de réfléchir sur le mystère de Dieu, que personne ne peut prétendre posséder ou maîtriser, et qui doit même être soustrait à tout usage violent et instrumental, conscients que la confession de sa grandeur présuppose en nous l’humilité des chercheurs.

Chers frères et sœurs, je suis heureux d’être ici à Marseille ! Un jour, Monsieur le Président m’a invité à visiter la France et m’a dit : « Mais il est important que vous veniez à Marseille ! ». Et je l’ai fait. Je vous remercie de votre écoute patiente et de votre engagement. Allez de l’avant, courageux ! Soyez une mer de bien, pour faire face aux pauvretés d’aujourd’hui avec une synergie solidaire ; soyez un port accueillant, pour embrasser ceux qui cherchent un avenir meilleur ; soyez un phare de paix, pour anéantir, à travers la culture de la rencontre, les abîmes ténébreux de la violence et de la guerre. Merci beaucoup !

Les lois internationales qui protègent le droit d’asile doivent être respectées.

Lampedusa, photo prise devant le hotspot, 14 septembre 2023. Crédit : Maldusa

Solidarité et résistance face à la crise de l’accueil en Europe.

C’est l’appel de 90 organisations d’Europe et d’Afrique suite à la grave crise de l’accueil des migrants et des demandeurs d’asile en Europe, telle qu’elle s’est récemment manifestée à Lampedusa.

Suite à l’arrivée d’un nombre record de personnes migrantes à Lampedusa, la société civile exprime sa profonde inquiétude face à la réponse sécuritaire des États européens, la crise de l’accueil et réaffirme sa solidarité avec les personnes qui arrivent en Europe.

Plus de 5 000 personnes et 112 bateaux : c’est le nombre d’arrivées enregistrées sur l’île italienne de Lampedusa le mardi 12 septembre. Les embarcations, dont la plupart sont arrivées de manière autonome, sont parties de Tunisie ou de Libye. Au total, plus de 118 500 personnes ont atteint les côtes italiennes depuis le début de l’année, soit près du double des 64 529 enregistrées à la même période en 2022 (1). L’accumulation des chiffres ne nous fait pas oublier que, derrière chaque numéro, il y a un être humain, une histoire individuelle et que des personnes perdent encore la vie en essayant de rejoindre l’Europe.

Si Lampedusa est depuis longtemps une destination pour les bateaux de centaines de personnes cherchant refuge en Europe, les infrastructures d’accueil de l’île font défaut. Mardi, le sauvetage chaotique d’un bateau a causé la mort d’un bébé de 5 mois. Celui-ci est tombé à l’eau et s’est immédiatement noyé, alors que des dizaines de bateaux continuaient d’accoster dans le port commercial. Pendant plusieurs heures, des centaines de personnes sont restées bloquées sur la jetée, sans eau ni nourriture, avant d’être transférées vers le hotspot de Lampedusa.

Le hotspot, centre de triage où les personnes nouvellement arrivées sont tenues à l’écart de la population locale et pré-identifiées avant d’être transférées sur le continent, avec ses 389 places, n’a absolument pas la capacité d’accueillir dignement les personnes qui arrivent quotidiennement sur l’île. Depuis mardi, le personnel du centre est complètement débordé par la présence de 6 000 personnes. La Croix-Rouge et le personnel d’autres organisations ont été empêchés d’entrer dans le centre pour des « raisons de sécurité ».

Jeudi matin, de nombreuses personnes ont commencé à s’échapper du hotspot en sautant les clôtures en raison des conditions inhumaines dans lesquelles elles y étaient détenues. Face à l’incapacité des autorités italiennes à offrir un accueil digne, la solidarité locale a pris le relais. De nombreux habitants et habitantes se sont mobilisés pour organiser des distributions de nourriture aux personnes réfugiées dans la ville (2).

Différentes organisations dénoncent également la crise politique qui sévit en Tunisie et l’urgence humanitaire dans la ville de Sfax, d’où partent la plupart des bateaux pour l’Italie. Actuellement, environ 500 personnes dorment sur la place Beb Jebli et n’ont pratiquement aucun accès à la nourriture ou à une assistance médicale (3). La plupart d’entre elles ont été contraintes de fuir le Soudan, l’Éthiopie, la Somalie, le Tchad, l’Érythrée ou le Niger. Depuis les déclarations racistes du président tunisien, Kais Saied, de nombreuses personnes migrantes ont été expulsées de leur domicile et ont perdu leur travail (4). D’autres ont été déportées dans le désert où certaines sont mortes de soif.

Alors que ces déportations massives se poursuivent et que la situation à Sfax continue de se détériorer, l’UE a conclu un nouvel accord avec le gouvernement tunisien il y a trois mois afin de coopérer « plus efficacement en matière de migration », de gestion des frontières et de « lutte contre la contrebande », au moyen d’une enveloppe de plus de 100 millions d’euros. L’UE a accepté ce nouvel accord en pleine connaissance des atrocités commises par le gouvernement tunisien ainsi que les attaques perpétrées par les garde-côtes tunisiens sur les bateaux de migrants (5).

Pendant ce temps, nous observons avec inquiétude comment les différents gouvernements européens ferment leurs frontières et continuent de violer le droit d’asile et les droits humains les plus fondamentaux. Alors que le ministre français de l’Intérieur a annoncé son intention de renforcer les contrôles à la frontière italienne, plusieurs autres États membres de l’UE ont également déclaré qu’ils fermeraient leurs portes. En août, les autorités allemandes ont décidé d’arrêter les processus de relocalisation des demandeurs et demandeuses d’asile arrivant en Allemagne depuis l’Italie dans le cadre du « mécanisme de solidarité volontaire »(6).

Invitée à Lampedusa dimanche par la première ministre Meloni, la Présidente de la Commission européenne Von der Leyen a annoncé la mise en place d’un plan d’action en 10 points qui vient confirmer cette réponse ultra-sécuritaire (7).

Renforcer les contrôles en mer au détriment de l’obligation de sauvetage, augmenter la cadence des expulsions et accroître le processus d’externalisation des frontières… autant de vieilles recettes que l’Union européenne met en place depuis des dizaines années et qui ont prouvé leur échec, ne faisant qu’aggraver la crise de la solidarité et la situation des personnes migrantes.

Les organisations soussignées appellent à une Europe ouverte et accueillante et exhortent les États membres de l’UE à fournir des voies d’accès sûres et légales ainsi que des conditions d’accueil dignes. Nous demandons que des mesures urgentes soient prises à Lampedusa et que les lois internationales qui protègent le droit d’asile soient respectées. Nous sommes dévastés par les décès continus en mer causés par les politiques frontalières de l’UE et réaffirmons notre solidarité avec les personnes en mouvement.

Voici la liste des 90 organisations ayant signé cet appel :

Afrique-Europe-Interact

Alarme Phone Sahara (APS)

Alarme Phone Sahara – Mali

Alternative Espaces Citoyen – Niger

Anafé (association nationale d’assistance aux frontières pour les personnes étrangères)

Another Europe is Possible

ARCOM – association des réfugiés et communautés migrantes au Maroc

Are You Syrious?

Associazione studi giuridici sull’immigrazione (ASGI)

Association AFRIQUE INTELLIGENCE

Association Beity

Association d’aide des Migrants en Situation Vulnérable (AMSV) Oujda / Maroc

Association Damj

Association des Etudiants et Stagiaires Africains en Tunisie (AESAT)

Association Féministe Tanit

Association Lina Ben Mhenni

Association de solidarité avec les travailleurS/euses immigré.es (ASTI) des Ulis / France

Association pour la promotion du droit à la différence (ADD)

Association pour les Migrants-AMI, Nîmes, France

Association Sentiers-Massarib

Association Tunisienne de défense des libertés individuelles (ADLI)

Association Tunisienne pour les droits et les libertés (ADL)

Aswat Nissa

Avocats Sans Frontières (ASF)

Association Tunisienne de l’Action Culturelle (ATAC)

BELREFUGEES, Plateforme Citoyenne / Belgium

borderline-europe- Menschenrechte ohne Grenzen

Boza Fii – Sénégal

CCFD-Terre Solidaire

CGTM Mauritanie

Chkoun Collective

Coalition des Associations Humanitaires de Médenine

Coalition Marocaine pour la Justice Climatique

Collectif Droit de Rester, Lausanne

Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie – Belgique

Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT)

CompassCollective

Connexion

Damj l’association tunisienne de la justice et légalité

DZ Fraternité

E-Joussour Portail Maghreb-Machrek

Emmaüs Europe

European Alternatives

Euromed Rights

Fédération des tunIsiens citoyens des deux rives (FTCR)

Forum des Alternatives Maroc

Groupe de Recherche et d’Actions sur les Migrations (GRAM), Bamako / Mali

Groupe d’information et de soutien des immigré.e.s (Gisti)

iuventa-crew

Jeunesse Nigérienne au service du Développement Durable (JNSDD) – Agadez / Niger

Komitee für Grundrechte und Demokratie e.V.

La Cimade

La coalition tunisienne contre la peine de la mort

LasciateCIEntrare

Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH)

Ligue des droits de l’Homme (LDH) – France

Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH)

Maldusa

medico international

Mem.med : mémoire Méditerranée

Mediterranea Saving Humans

Migrants’ Rights Network

migration-control.info project

Migreurop

Mouvement des Progressistes

MV Louise Michel

Observatoire Marocain de la Protection Sociale

Paris d’Exil

Pro-Asyl

Push-Back Alarm Austria

r42-SailAndRescue

Refugees in Libya

Refugees in Tunisia

ResQ – People Saving People

RESQSHIP

Salvamento Marítimo Humanitario (SMH)

Sea-Watch

Sea-Eye

Seebrücke – Schafft sichere Häfen

Solidarité sans frontières (Sosf)

SOS Balkanroute

SOS Humanity

Statewatch

Tunisian Forum for Social and Economic Rights (FTDES)

Union des travailleurs immigrés tunisiens (UTIT)

United4Rescue

Vivre Ensemble | asile.ch

Watch the Med Alarm Phone

Welcome to Europe network

Zusammenland gUG/ MARE*GO

DOCUMENT. Vision d’enfer, et vision d’avenir.

Pour Antonio Guterres, l’ONU a été créée précisément pour des moments comme aujourd’hui, où les dangers sont à leur paroxysme et le niveau de consensus au plus bas…

Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, multiplie les appels et ne cesse de sonner l’alarme devant les urgences, les nouvelles menaces et les risques de la situation mondiale. Le 19 septembre 2023, dans son intervention devant l’Assemblée générale, il montre que des réponses sont possibles et que la crise globale actuelle n’est pas une fatalité. Il s’agit d’un texte important qui mérite d’être lu attentivement pour la vision positive et progressiste qu’il contient. Il lance un appel à surmonter les divisions, défendre la dignité humaine, réaliser le développement durable, agir pour le désarmement et réformer le multilatéralisme. Une fois encore, il rappelle ainsi aux États membres de l’ONU la nécessité de respecter leurs engagements.

On trouvera ci-après, en intégralité, cette allocution du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, devant l’Assemblée générale, à New York, le 19 septembre 2023 :

https://press.un.org/fr/2023/sgsm21947.doc.htm

Il y a tout juste neuf jours, nous avons découvert une vision d’enfer, un paysage terrible, conséquence d’une compilation de nombre des problèmes auxquels le monde est confronté.

Des milliers de personnes ont perdu la vie à Derna, en Libye, dans des inondations sans précédent aux proportions épiques. Elles ont été victimes de plusieurs fléaux. Victimes d’années de conflit. Victimes du chaos climatique. Victimes des leaders, qui, là et ailleurs, n’ont pas su trouver la voie de la paix.

Les habitantes et les habitants de Derna ont vécu et sont morts à l’épicentre de cette indifférence: en 24 heures, le ciel a déversé l’équivalent de 100 fois le volume d’un mois de précipitations… les barrages ont lâché après des années de guerre et de négligence… et tout ce que la population connaissait a été rayé de la carte.

En ce moment même, les corps des victimes s’échouent sur les plages de la Méditerranée, tandis que des milliardaires prennent le soleil sur leurs super-yachts.

Derna est un triste instantané de l’état de notre monde, emporté par le torrent des inégalités et des injustices, et paralysé devant les défis à relever. Notre monde est sens dessus dessous. Les tensions géopolitiques s’aggravent. Les défis de portée mondiale se multiplient. Et nous semblons incapables d’unir nos forces pour y faire face.

Nous sommes aux prises avec une multitude de menaces existentielles – de la crise climatique aux technologies de rupture – alors même que nous traversons une période de transition chaotique.

Pendant la majeure partie de la guerre froide, les relations internationales ont été largement perçues à travers le prisme des deux superpuissances. Puis vint une brève période d’unipolarité. Nous nous dirigeons maintenant rapidement vers un monde multipolaire.

C’est une évolution positive à bien des égards, porteuse de nouvelles perspectives de justice et d’équilibre dans les relations internationales. Mais la multipolarité ne peut à elle seule être gage de paix.

Au début du XXe siècle, l’Europe était composée de nombreuses puissances. Elle était véritablement multipolaire. Mais elle ne disposait pas d’institutions multilatérales solides. Et quel a été le résultat? La Première Guerre mondiale.

Un monde multipolaire a besoin d’institutions multilatérales fortes et efficaces. Pourtant, la gouvernance mondiale est figée dans le temps.

Il suffit de regarder le Conseil de sécurité de l’ONU et le système de Bretton Woods. Ils reflètent les réalités politiques et économiques de 1945, lorsque de nombreux pays présents dans cette salle étaient encore sous domination coloniale. Le monde a changé. Nos institutions, non.

Nous ne pouvons pas traiter efficacement les problèmes tels qu’ils sont si les institutions ne reflètent pas le monde tel qu’il est.

Au lieu de nous aider à régler les problèmes, nos institutions risquent d’en être une des sources. Et de fait, les clivages ne cessent de s’accentuer. Les clivages entre puissances économiques et militaires. Les clivages entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest.

Nous nous rapprochons dangereusement d’une Grande Fracture dans les systèmes économiques et financiers et les relations commerciales, qui met en péril l’existence d’un Internet ouvert et unique, et s’accompagne de stratégies divergentes concernant les technologies et l’intelligence artificielle, le risque étant que les cadres de sécurité soient en conflit.

Il est grand temps de renouveler les institutions multilatérales sur la base des réalités économiques et politiques du XXIe siècle – et de les ancrer dans l’équité, la solidarité et l’universalité – conformément aux principes de la Charte des Nations Unies et du droit international.

Cela demande de réformer le Conseil de sécurité pour l’adapter au monde d’aujourd’hui.

Cela demande de repenser l’architecture financière internationale pour qu’elle devienne véritablement universelle et soit un filet de sécurité mondial pour les pays en développement en difficulté.

Je ne me fais pas d’illusions. Les réformes sont affaire de pouvoir. Je sais qu’il existe de nombreux intérêts concurrents et priorités contradictoires. Mais l’alternative n’est pas entre la réforme et le statu quo. L’alternative est entre la réforme et une fragmentation encore plus grande. C’est la réforme ou la rupture.

Dans le même temps, les fossés se creusent aussi à l’intérieur des pays. La démocratie est menacée. L’autoritarisme est en marche. Les inégalités s’aggravent. Et les discours de haine se propagent.

Face à tous ces défis et à bien d’autres encore, le mot « compromis » semble être devenu tabou.

Ce dont notre monde a besoin, c’est d’une vision politique, pas de manœuvres ni d’une impasse.

Comme je l’ai dit au G20, il est temps de parvenir à un compromis mondial. La politique, c’est le compromis. La diplomatie, c’est le compromis. Un leadership efficace, c’est le compromis.

Les dirigeants du monde ont le devoir de parvenir à un compromis pour construire un avenir commun de paix et de prospérité, dans l’intérêt commun.

Au cours de l’année écoulée, nous avons montré que l’action multilatérale était riche de promesses.

J’en veux pour preuve les nouveaux accords importants sur la sauvegarde de la biodiversité… sur la protection de la haute mer… sur les pertes et les dommages climatiques… sur le droit à un environnement propre, sain et durable.

Nous avons tous les outils et toutes les ressources dont nous avons besoin pour relever ces défis communs. Ce qui nous manque, c’est de la détermination.

Agir avec détermination fait partie de l’ADN de notre Organisation des Nations Unies, comme le montrent les premiers mots de la Charte, en forme d’exhortation:

« Nous, peuples des Nations Unies […] résolus » :

Résolus à en finir avec le fléau de la guerre.

Résolus à proclamer à nouveau leur foi dans les droits humains.

Résolus à faire respecter la justice et le droit international.

Et résolus à favoriser le progrès social et à permettre à tout le monde de vivre une vie meilleure, en restant fidèles à la charte des Nations unies.

Face aux défis d’aujourd’hui, il est de notre devoir d’agir avec détermination.

Cela commence par la détermination de faire respecter la promesse de paix énoncée dans la Charte.

Pourtant, loin d’être débarrassés du fléau de la guerre, nous assistons à une recrudescence des conflits, des coups d’État et du chaos.

Si chaque pays s’acquittait des obligations que lui fait la Charte, le droit à la paix serait garanti.

Lorsque les pays ne respectent pas leurs engagements, ils créent un monde d’insécurité pour toutes et tous.

Preuve numéro 1: l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

La guerre, en violation de la Charte des Nations Unies et du droit international, a déclenché une série d’atrocités: des vies détruites, des droits humains bafoués, des familles déchirées, des enfants traumatisés, des espoirs et des rêves brisés.

Au-delà de l’Ukraine, la guerre a de graves répercussions pour tout le monde. Les menaces nucléaires nous mettent toutes et tous en danger. Le mépris des accords et des traités mondiaux nous fragilise collectivement. Et l’empoisonnement de la diplomatie mondiale empêche l’accomplissement de progrès dans tous les domaines.

Nous devons continuer d’œuvrer inlassablement à la recherche de la paix, une paix juste et conforme à la Charte des Nations Unies et au droit international.

Et même si les combats font rage, nous devons explorer toutes les voies possibles pour alléger les souffrances des populations civiles, en Ukraine et au-delà.

L’Initiative de la mer Noire était l’une de ces voies. Le monde a cruellement besoin de denrées alimentaires ukrainiennes et de denrées alimentaires et d’engrais russes pour stabiliser les marchés et garantir la sécurité alimentaire. Je n’abandonnerai pas mes efforts pour y parvenir.

Partout dans le monde, les anciennes tensions s’enveniment et de nouveaux risques voient le jour. Le désarmement nucléaire est au point mort alors que les pays développent de nouvelles armes et profèrent de nouvelles menaces.

Au Sahel, une série de coups d’État déstabilise encore davantage la région, tandis que le terrorisme gagne du terrain.

Le Soudan s’enfonce dans une guerre civile totale, des millions de personnes ont fui et le pays est au bord de l’implosion.

Dans l’est de la République démocratique du Congo, des millions de personnes sont déplacées et les violences de genre sont monnaie courante.

Haïti, un pays qui a subi des siècles d’exploitation coloniale, est aujourd’hui débordé par la violence en bande organisée – et attend toujours l’aide de la communauté internationale.

En Afghanistan, 70% de la population a besoin d’une aide humanitaire, un pourcentage qui donne le vertige, et les droits des femmes et des filles sont systématiquement bafoués.

Au Myanmar, les violences brutales, l’aggravation de la pauvreté et la répression réduisent à néant les espoirs de retour à la démocratie.

Au Moyen-Orient, l’escalade de la violence et l’effusion de sang dans le Territoire palestinien occupé font payer un lourd tribut à la population civile.

Les actions unilatérales se multiplient et éloignent la possibilité d’une solution des deux États, pourtant la seule voie possible vers une paix et une sécurité durables pour les Palestiniens et les Israéliens.

Quant à la Syrie, le pays est toujours un champ de ruines et la paix demeure lointaine.

Pendant ce temps, les conflits –catastrophes créées par l’homme– sont aggravées par les catastrophes naturelles.

Face à toutes ces crises, le système humanitaire mondial est au bord de l’effondrement. Les besoins augmentent. Et les financements se tarissent. Nos opérations humanitaires sont obligées de se résoudre à des coupes massives. Mais si nous ne donnons pas à manger à celles et ceux qui ont faim, c’est le conflit que nous alimentons.

Je demande instamment à tous les pays de se mobiliser et de financer intégralement notre Appel humanitaire mondial. L’architecture de paix et de sécurité est soumise à des pressions sans précédent.

C’est la raison pour laquelle, à l’occasion des préparatifs du Sommet de l’avenir, nous proposons aux États Membres des idées dans le cadre d’un Nouvel Agenda pour la paix, fondé sur la Charte et le droit international.

Ce Nouvel Agenda offre une vision unifiée pour faire face aux menaces qui existent déjà et à celles qui se profilent dans ce monde en transition.

Ce qu’il faut, c’est appeler les États à renouveler leur engagement en faveur d’un monde exempt d’armes nucléaires et à mettre fin à l’érosion du régime de désarmement nucléaire et de maîtrise des armements; renforcer la prévention à l’échelle mondiale en misant le plus possible sur les capacités et le pouvoir de rassemblement de l’ONU et sur nos bons offices pour combler les fossés géopolitiques; renforcer la prévention à l’échelle nationale en faisant le lien entre les actions menées en faveur de la paix et les progrès réalisés sur la voie des objectifs de développement durable; placer le leadership et la participation des femmes au cœur des processus décisionnels et s’engager à éradiquer toutes les formes de violences faites aux femmes; susciter une vaste réflexion sur le maintien de la paix, pour qu’il soit plus souple et plus adaptable et qu’il prévoie, dès le départ, des stratégies de transition et de sortie tournées vers l’avenir; et soutenir les initiatives prises par des organisations régionales –notamment l’Union africaine– pour faire respecter la paix, grâce à des mandats clairs du Conseil de sécurité et à un financement prévisible.

La détermination en faveur de la paix nécessite également de nouveaux cadres de gouvernance pour faire face aux menaces émergentes – qu’il s’agisse de l’intelligence artificielle ou d’armes létales autonomes, qui fonctionnent sans contrôle humain. La paix est inextricablement liée au développement durable.

Dans le monde entier, c’est le même paradigme que l’on observe: plus un pays se rapproche d’un conflit, plus il s’éloigne des objectifs de développement durable.

En vertu de la Charte, nous devons nous montrer résolus à favoriser le progrès social. Au XXIe siècle, cela veut dire œuvrer à la réalisation des objectifs de développement durable. Pourtant, les inégalités sont la caractéristique de notre époque.

Pensons à ces villes, où des gratte-ciel ont une vue surplombante sur des taudis; à ces pays en proie à un dilemme: servir leur peuple ou le sacrifier au service de la dette.

Aujourd’hui, l’Afrique dépense davantage de ressources au remboursement des intérêts de sa dette qu’à la santé.

Le Sommet sur les objectifs de développement durable qui s’est tenu hier était consacré à l’adoption d’un plan de sauvetage mondial, pour que le soutien apporté ne se chiffre plus en milliards, mais en milliers de milliards.

L’architecture financière internationale reste dysfonctionnelle, dépassée et injuste. Les réformes profondes qui sont nécessaires ne pourront pas être menées à bien du jour au lendemain.

Mais nous pouvons dès à présent prendre des mesures énergiques pour aider les pays à surmonter des crises comme la pandémie de COVID-19 et ses conséquences dramatiques.

En faisant progresser d’urgence le Plan de relance des objectifs de développement durable de 500 milliards de dollars par an et en allégeant le fardeau financier qui pèse sur les pays en développement et les économies émergentes.

En augmentant le financement du développement et de l’action climatique, en relevant la base de capital et en changeant le modèle d’activité des banques multilatérales de développement.

En garantissant des mécanismes efficaces d’allégement de la dette et en canalisant l’aide financière d’urgence vers celles et ceux qui en ont le plus besoin.

Nous devons agir avec détermination pour nous attaquer à la menace qui compromet le plus directement notre avenir: la surchauffe de la planète. Les changements climatiques ne sont pas que des changements météorologiques. Les changements climatiques bouleversent ce qu’est la vie même sur notre planète. Ils altèrent chaque aspect de notre travail. Ils tuent des êtres humains et dévaste des communautés.

Partout dans le monde, les thermomètres s’affolent, l’élévation du niveau des mers s’accélère, les glaciers reculent, des maladies mortelles se propagent, des espèces disparaissent et les villes sont menacées. Et ce n’est que le début.

Les jours, les mois et l’été que nous venons de vivre ont été les plus chauds jamais enregistrés. Et à chaque nouveau record de température, ce sont des économies détruites, des vies détruites et des nations entières qui se rapprochent du point de rupture. Aucun continent, aucune région et aucun pays du monde n’est épargné par l’urgence climatique, mais je ne suis pas certain que les leaders se rendent bien toutes et tous compte de l’urgence de la situation.

Les mesures prises ne sont pas du tout à la hauteur de l’enjeu. Il est encore temps de contenir la hausse des températures dans la limite des 1,5 degré fixée dans l’Accord de Paris.

Mais pour cela, il faut prendre dès maintenant des mesures radicales pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et garantir la justice climatique pour celles et ceux qui ont le moins contribué à la crise, mais qui paient le prix fort.

Les preuves sont là. Les pays du G20 sont responsables de 80% des émissions de gaz à effet de serre. C’est à eux de montrer l’exemple. Ils doivent s’affranchir de leur dépendance aux combustibles fossiles, mettre fin à tout nouveau projet d’exploitation du charbon et tenir compte des conclusions de l’Agence internationale de l’énergie, à savoir que toute nouvelle licence d’exploitation du pétrole et du gaz n’est pas compatible avec l’objectif consistant à limiter l’augmentation de la température à 1,5 degré.

Pour avoir une chance d’endiguer l’augmentation de la température mondiale, nous devons renoncer progressivement au charbon, au pétrole et au gaz selon un processus juste et équitable, et stimuler massivement les énergies renouvelables. C’est la seule voie envisageable pour que tout le monde puisse avoir accès aux énergies renouvelables à un coût abordable. Malheureusement, beaucoup d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité.

L’ère des combustibles fossiles est révolue. Si les entreprises de combustibles fossiles veulent faire partie de la solution, elles doivent être en première ligne de la transition vers les énergies renouvelables. Il faut en finir avec les productions polluantes, les fausses solutions, le financement du déni climatique.

J’ai proposé un Pacte de solidarité climatique afin que tous les grands émetteurs redoublent d’efforts pour réduire leurs émissions et que les pays les plus riches accompagnent les économies émergentes en mettant à leur disposition les financements et technologies dont elles ont besoin sur la voie de la décarbonation.

Par exemple, l’Afrique abrite 60% de la capacité solaire mondiale, mais elle ne reçoit que 2% des investissements dans les énergies renouvelables.

J’ai proposé un Programme d’accélération, pour décupler ces efforts.

Les pays développés doivent atteindre l’objectif de zéro émission nette dès 2040, et les économies émergentes dès 2050, conformément aux responsabilités communes mais différenciées.

Certaines mesures doivent être prises immédiatement: il faut en finir avec le charbon – d’ici à 2030 pour les pays de l’OCDE et à 2040 pour le reste du monde. En finir avec le subventionnement des combustibles fossiles. Et donner un prix au carbone.

Les pays développés doivent aussi consacrer 100 milliards de dollars à l’action climatique dans les pays en développement, comme ils l’ont promis. Ils doivent doubler le montant des financements pour l’adaptation d’ici à 2025, comme ils l’ont encore promis. Et ils doivent reconstituer les ressources du Fonds vert pour le climat, comme ils l’ont promis là encore. Tous les pays doivent s’efforcer de rendre opérationnel cette année le fonds pour les pertes et dommages, et garantir la couverture universelle des systèmes d’alerte rapide d’ici à 2027.

Demain, j’accueillerai des acteurs susceptibles de faire bouger les lignes au Sommet sur l’ambition climatique. La COP28 arrive à grands pas. Le chaos climatique fait exploser de nouveaux records. Nous ne pouvons pas nous permettre la même rengaine que d’habitude et désigner des boucs émissaires ou attendre que d’autres agissent en premier.

Et vous toutes et tous qui vous dépensez sans compter, qui manifestez dans la rue et qui défendez une réelle action climatique, je veux que vous sachiez que vous êtes du bon côté de l’Histoire. Je suis avec vous. Je n’abandonnerai pas cette lutte qui est celle de nos vies.

Nous devons également être déterminés à honorer l’engagement de la Charte en faveur des droits humains fondamentaux.

Seules quatre femmes ont signé notre document fondateur. Un coup d’œil dans cette salle permet de voir que les choses n’ont pas suffisamment changé.

« Nous, les peuples » ne signifie pas « Nous, les hommes ».

Les femmes attendent toujours l’égalité des chances et des salaires; l’égalité devant la loi; la pleine valorisation de leur travail et la prise en compte de leurs opinions. À travers le monde, les droits des femmes –y compris les droits sexuels et reproductifs– sont réduits voire supprimés; leurs libertés, restreintes. Dans certains pays, les femmes et les filles sont punies parce qu’elles portent trop de vêtements; dans d’autres, parce qu’elles n’en portent pas assez.

Grâce aux générations de militantes des droits de femmes, les temps changent. Des terrains de sport aux écoles en passant par les places publiques, les filles et les femmes défient le patriarcat – et triomphent. Je suis à leurs côtés.

J’ai pris mes fonctions en m’engageant à garantir la parité hommes-femmes au sein des Nations unies. Nous y sommes parvenus aux échelons supérieurs et sommes en bonne voie pour le faire à travers l’ensemble du système des Nations unies. Car l’égalité des genres n’est pas un problème. L’égalité des genres est la solution. L’égalité, ce n’est pas une faveur faite aux femmes, mais une condition fondamentale pour assurer un meilleur avenir pour tous.

Nous devons être déterminés à répondre à l’Appel à l’action pour placer les droits humains au cœur de notre travail. Soixante-quinze ans après la Déclaration universelle des droits de l’homme, d’énormes progrès ont été accomplis sur certains sujets – qu’il s’agisse de mettre fin à la colonisation et à la ségrégation ou de garantir le droit de vote des femmes.

Mais nous n’avons pas atteint les droits fondamentaux pour tous, quand 1,2 milliard de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté et que la faim atteint des niveaux inégalés depuis 2005. Quand la discrimination fondée sur la couleur de peau et l’origine ethnique est parfaitement légale dans bien des pays. Quand des personnes doivent risquer la mort pour chercher une vie meilleure. Quand les réfugiés, les migrants et les minorités sont régulièrement traqués et diabolisés. Quand déclarer son identité de genre ou simplement qui l’on aime peut conduire à l’emprisonnement, voire à l’exécution. Quand le fait même de s’exprimer peut avoir des conséquences dangereuses.

Les droits humains –politiques, civils, économiques, sociaux et culturels– sont la clef de voûte pour résoudre de nombreux problèmes mondiaux interdépendants. Il faut que des lois visant à protéger les personnes vulnérables soient adoptées et appliquées; il faut cesser de cibler les minorités et il faut placer les droits et la dignité humaine au cœur des politiques sociales, économiques et migratoires. Il faut que tous les gouvernements respectent engagements qu’ils ont pris dans la Déclaration universelle des droits de l’homme

Nous devons également faire face aux menaces imminentes que les nouvelles technologies font peser sur les droits humains. L’intelligence artificielle générative, quoique riche de promesses, risque de nous faire franchir le Rubicon et de nous exposer à des dangers face auxquels nous serions démunis. Lorsque j’ai évoqué l’intelligence artificielle dans mon discours à l’Assemblée générale en 2017, seuls deux autres dirigeants ont mentionné le terme.

Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est sur toutes les lèvres, suscitant à la fois la fascination et la crainte. Même certains des concepteurs de l’intelligence artificielle générative réclament une plus grande réglementation.

Or, nombre des dangers liés aux technologies numériques ne sont pas imminents. Ils sont déjà là. La fracture numérique aggrave les inégalités. Les discours de haine, la désinformation et les théories du complot sur les réseaux sociaux sont propagés et amplifiés par l’intelligence artificielle, sapant ainsi la démocratie et attisant la violence et les conflits dans le monde réel. La surveillance en ligne et la collecte de données donnent lieu à des violations massives des droits humains.

Les entreprises de technologie et les gouvernements sont loin d’avoir trouvé des solutions. Nous devons agir vite et réparer les dégâts. Les nouvelles technologies exigent des formes de gouvernance nouvelles et innovantes, auxquelles doivent contribuer les créateurs de ces technologies et les parties prenantes chargées de la surveillance des violations.

Nous avons besoin de toute urgence d’un pacte numérique mondial qui engagerait les gouvernements, les organisations régionales, le secteur privé et la société civile à atténuer les risques liés aux technologies numériques et à déterminer les moyens de mettre les atouts de ces outils au service de l’humanité.

Il a aussi été demandé que l’on envisage la possibilité de créer une nouvelle entité mondiale sur l’intelligence artificielle, qui pourrait constituer une source d’information et d’expertise pour les États Membres.

Il existe de nombreux modèles différents, inspirés notamment de l’Agence internationale de l’énergie atomique, de l’Organisation de l’aviation civile internationale ou du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

L’ONU est prête à accueillir les discussions mondiales et inclusives qui s’imposent, en fonction de ce que décideront les États Membres.

Pour faire avancer la recherche de solutions concrètes en matière de gouvernance, je mettrai sur pied ce mois-ci un organe consultatif de haut niveau sur l’intelligence artificielle, qui sera chargé de formuler des recommandations d’ici à la fin de l’année.

Le Sommet de l’avenir qui aura lieu l’an prochain (septembre 2024) est une occasion unique de progresser dans la lutte contre ces nouvelles menaces, conformément à la vision énoncée dans la Charte des Nations Unies.

Les États Membres décideront de la suite à donner au Nouvel Agenda pour la paix, au pacte numérique mondial, aux réformes de l’architecture financière internationale et à de nombreuses autres propositions visant à relever les défis et à ancrer davantage la gouvernance mondiale dans la justice et l’équité.

L’ONU a été créée précisément pour des moments comme aujourd’hui, où les dangers sont à leur paroxysme et le niveau de consensus au plus bas. Nous pouvons et devons utiliser les outils à notre disposition en faisant preuve de souplesse et de créativité.

Le mois dernier, notre détermination a porté ses fruits au large des côtes du Yémen. Le FSO Safer, un superpétrolier en décomposition chargé d’un million de barils de pétrole, était une véritable bombe à retardement et faisait craindre une catastrophe écologique imminente en mer Rouge.

Mais personne n’a proposé de solution. L’ONU a alors pris les devants et rassemblé la communauté internationale. Nous avons mobilisé des ressources, réuni des experts, facilité des négociations difficiles et instauré un climat de confiance. Il nous reste encore beaucoup à faire, et davantage de ressources sont nécessaires.

Mais le mois dernier, la cargaison de pétrole du Safer a été transbordée avec succès. Cet effort mené par l’ONU a sauvé la mer Rouge. Lorsque personne d’autre n’en avait la capacité ou la volonté, la détermination des Nations Unies a permis d’accomplir cette tâche.

Malgré la longue liste des problèmes mondiaux, ce même esprit de détermination peut guider notre action future. Montrons-nous résolus à surmonter les divisions et à bâtir la paix. Résolus à défendre la dignité et la valeur de chaque personne. Résolus à atteindre les Objectifs de développement durable et à ne vraiment laisser personne de côté. Résolus à réformer le multilatéralisme au XXIe siècle et à unir nos forces afin d’agir pour le bien commun.

DOCUMENT. Pour le développement durable.

Objectifs de développement durable (ODD) : à mi-parcours de l’échéance de 2030, « les yeux du monde sont rivés sur vous », déclare le Secrétaire général des Nations Unies aux délégations.

On trouvera, ci-après, en intégralité, l’allocution du Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, prononcée au forum politique de haut niveau pour le développement durable, à New York, le 18 septembre 2023.

https://press.un.org/fr/2023/sgsm21945.doc.htm

Il y a huit ans, les États Membres se sont réunis dans cette salle pour adopter les objectifs de développement durable. Sous le regard du monde entier -dont 193 jeunes dans la tribune tenant des lampes bleues d’espoir- vous avez fait une promesse solennelle. La promesse de construire un monde de santé, de progrès et d’opportunités pour tous. La promesse de ne laisser personne de côté. Et la promesse de financer cela.

Il ne s’agissait pas d’une promesse faite aux uns et aux autres en tant que diplomates dans le confort de cette salle. C’était -toujours- une promesse envers les gens. Des personnes écrasées sous les roues implacables de la pauvreté. Des personnes qui meurent de faim dans un monde d’abondance. Des enfants privés d’une place dans une salle de classe. Des familles fuyant les conflits, à la recherche d’une vie meilleure. Des parents qui assistent, impuissants, à la mort de leurs enfants, victimes de maladies évitables. Des personnes qui perdent espoir parce qu’elles ne trouvent pas d’emploi – ou de filet de sécurité lorsqu’elles en ont besoin. Des communautés entières aux portes de la dévastation en raison du changement climatique.

Les ODD ne sont pas qu’une simple liste d’objectifs. Ils portent les espoirs, les rêves, les droits et les attentes de personnes du monde entier. Et ils constituent le moyen le plus sûr de respecter nos obligations envers la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont nous célébrons le soixante-quinzième anniversaire.

Pourtant, aujourd’hui, seuls 15% des objectifs sont en bonne voie. Nombre d’entre eux reculent. Au lieu de ne laisser personne de côté, nous risquons de laisser les ODD de côté. Les ODD ont besoin d’un plan de sauvetage mondial. Je suis profondément encouragé par le projet de déclaration politique détaillée et de grande ampleur dont nous discutons ici aujourd’hui, en particulier par son engagement à améliorer l’accès des pays en développement au carburant nécessaire à la réalisation des ODD: le financement.

Cela inclut un soutien clair à un plan de relance des ODD d’au moins 500 milliards de dollars par an, ainsi qu’à un mécanisme efficace d’allègement de la dette qui soutienne les suspensions de paiement, des conditions de prêt prolongées et des taux plus bas.

Cela inclut un appel à recapitaliser et à modifier le modèle économique des Banques multilatérales de développement afin qu’elles puissent mobiliser massivement des financements privés à des taux abordables au profit des pays en développement.

Cela inclut également un accord sur la nécessité d’une réforme de l’architecture financière internationale, que je considère aujourd’hui dépassée, dysfonctionnelle et injuste. Cela peut changer la donne et accélérer la réalisation des ODD.

J’ai appelé à un nouveau Bretton Woods et à l’élaboration de solutions pratiques d’ici au Sommet de l’avenir en septembre prochain. Mais les pays peuvent agir dès maintenant pour mettre les ODD sur la bonne voie.

Avec les entreprises, les autorités locales, le système de développement des Nations unies et d’autres, vous avez contribué à montrer la voie avec des initiatives à fort impact pour soutenir six domaines ciblés où des transitions urgentes sont nécessaires.

Premièrement, nous devons agir contre la faim. Dans notre monde d’abondance, la faim est une tache choquante sur l’humanité et une violation monumentale des droits humains. Le fait que des millions de personnes meurent de faim à notre époque est un acte d’accusation à l’égard de chacun d’entre nous. En nous appuyant sur le bilan du Sommet sur les systèmes alimentaires de juillet dernier, nous mobilisons des moyens financiers, scientifiques, des données, des innovations, ainsi qu’un soutien en matière de politique et de gouvernance pour aider les pays à transformer les systèmes alimentaires afin que chaque personne puisse avoir accès à une alimentation saine et nutritive.

Deuxièmement, la transition vers les énergies renouvelables n’est pas assez rapide. Nous proposons de nouveaux Pactes énergétiques dans lesquels les gouvernements, les entreprises et les organisations mondiales unissent leurs forces pour investir dans la décarbonisation des systèmes énergétiques et assurer une transition juste et équitable des combustibles fossiles vers les énergies renouvelables.

Troisièmement, les avantages et les possibilités du numérique ne sont pas assez largement partagés. Pour combler ce fossé, nous avons lancé une initiative visant à stimuler la transformation numérique dans 100 pays, en soutenant le renforcement des capacités technologiques, une meilleure gouvernance et un financement innovant. Le Pacte mondial pour le numérique que nous proposons aidera également les pays à mettre en place des systèmes numériques sûrs offrant un accès à Internet pour tous, y compris aux étudiants des communautés difficiles d’accès.

Quatrièmement, trop d’enfants et de jeunes pâtissent d’une éducation de mauvaise qualité, ou ne reçoivent aucune éducation. Nous devons bâtir de véritables « sociétés apprenantes » ancrées dans une éducation de qualité, et notamment sur la formation continue – dès le plus jeune âge et tout au long de la vie, réduisant la fracture numérique et soutenant les enseignants à chaque étape. Un groupe émergent de « pays pionniers » montre la voie pour stimuler les investissements et transformer les systèmes éducatifs du monde entier.

Cinquièmement, chaque personne a besoin d’un travail décent et d’une protection sociale. Grâce à la collaboration avec les gouvernements et le secteur privé, notre Accélérateur mondial pour l’emploi et la protection sociale pour des transitions justes vise à créer 400 millions de nouveaux emplois décents –en particulier dans l’économie verte, les services à la personne et l’économie numérique– ainsi qu’à étendre la protection sociale à plus de quatre milliards de personnes. Les investissements dans la protection sociale doivent massivement augmenter.

Sixièmement, la guerre menée contre la nature doit cesser. Nous devons mettre fin à la triple crise planétaire du changement climatique, de la pollution et de la perte de biodiversité. Nous mettons sur pied un groupe de pays champions qui étudiera les mesures à prendre pour réformer les politiques économiques et placer la nature et la biodiversité au cœur de toute décision. Le besoin d’assurer une égalité totale entre les hommes et les femmes est au cœur de toutes ces transitions. Il est grand temps de mettre fin à la discrimination, de garantir la pleine participation des femmes et des filles à la prise de décisions et de mettre fin au fléau des violences fondées sur le genre.

À mi-parcours de l’échéance pour la réalisation des Objectifs de développement durable, les yeux du monde sont de nouveau rivés sur vous. Au cours du week-end, des jeunes et des groupes de la société civile se sont rendus à l’ONU –ou défilé à travers le monde– pour réclamer une action urgente. L’heure est venue de prouver que vous êtes à leur écoute.

Nous pouvons réussir. Si nous agissons maintenant. Si nous agissons ensemble. Si nous tenons notre promesse envers les milliards de personnes dont les espoirs, les rêves et l’avenir sont entre vos mains. L’heure est venue.

DOCUMENT. Un nouveau Bretton Woods…

Un nouveau Bretton Woods : le Secrétaire général des Nations Unies renouvelle son appel à réformer l’architecture financière mondiale et à sauver les Objectifs du Développement Durable (ODD).

Ci-après, l’intégralité du texte de l’allocution du Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, prononcée à l’occasion du Dialogue de haut niveau de l’Assemblée générale sur le financement du développement, à New York, le 20 septembre 2023 :

https://press.un.org/fr/2023/sgsm21950.doc.htm

De toutes les questions que nous aborderons cette semaine, la finance est peut-être la plus cruciale.

Car le financement du développement est le carburant qui fait avancer le Programme 2030 et l’Accord de Paris.

Aujourd’hui, ce carburant s’épuise et le moteur du développement durable a des ratés, cale, s’enflamme.

Alors que nous arrivons à mi-parcours de l’échéance fixée pour la réalisation des Objectifs de développement durable, nous constatons, pour la première fois depuis des décennies, un recul des progrès accomplis dans la réduction de la pauvreté et de la faim, nos priorités les plus fondamentales.

La pandémie de COVID-19 et la crise climatique ont un effet dévastateur et durable sur les économies en développement.

L’invasion russe de l’Ukraine a exacerbé la volatilité et augmenté les prix des denrées alimentaires, de l’énergie et du financement.

Une crise mondiale du coût de la vie affecte des milliards de personnes.

Les États croulent sous la dette. La flambée des taux d’intérêt étrangle les pays en développement.

Les engagements en matière d’aide publique au développement et de financement de l’action climatique ne sont pas respectés.

Le fossé se creuse entre les pays qui peuvent accéder à des financements à des conditions raisonnables et ceux qui ne le peuvent pas et se retrouvent encore plus à la traîne.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En voici trois exemples.

Le déficit de financement des Objectifs de développement durable est devenu un gouffre, estimé à 3,900 milliards de dollars par an.

Les pays en développement se trouvent face à des coûts d’emprunt jusqu’à huit fois supérieurs à ceux notamment des pays européens et c’est le piège de l’endettement.

Et un pays sur trois dans le monde est aujourd’hui exposé à un risque élevé de crise budgétaire. Plus de 40% des personnes vivant dans l’extrême pauvreté se trouvent dans des pays confrontés à de graves problèmes d’endettement.

Plusieurs mesures de bonne foi ont été prises pour aider les économies en développement à survivre à cette crise du financement, comme l’Initiative du G20 pour la suspension du service de la dette et l’allocation de droits de tirage spéciaux par le Fonds monétaire international.

Mais cela n’a pas suffi.

Il est évident que les problèmes systémiques du financement du développement durable exigent une solution systémique: une réforme de l’architecture financière mondiale.

Cette architecture a été créée à une époque où de nombreux pays en développement étaient encore sous domination coloniale. Elle est profondément déséquilibrée en faveur des pays développés.

Et elle n’a pas évolué au même rythme que la croissance de l’économie mondiale. Le capital versé de la Banque mondiale, par exemple, exprimé en pourcentage du PIB mondial, représente un cinquième de ce qu’il était en 1960.

Je renouvelle mon appel en faveur d’un nouveau Bretton Woods, une occasion pour les pays de se réunir pour convenir d’une architecture financière mondiale qui reflète les réalités économiques et les rapports de force d’aujourd’hui.

Je compte sur vous pour soutenir ces propositions de réformes, tout au long du Sommet de l’avenir et par la suite.

Mais ces réformes structurelles essentielles prendront du temps. Or, le temps presse.

Le Programme 2030 risque d’être hors de notre portée avant de pouvoir porter ses fruits.

C’est pourquoi j’exhorte les États à prendre immédiatement des mesures pour sauver les objectifs de développement durable.

Le plan de relance des objectifs que je propose permettrait de dégager au moins 500 milliards de dollars par an de financements à long terme abordables au profit du développement durable et de l’action climatique.

L’augmentation du capital des banques multilatérales de développement et la modification de leur modèle économique permettraient aux États d’accroître considérablement les investissements dans les domaines du climat et du développement.

La recapitalisation et un engagement plus fort auprès des agences de notation de crédit permettraient aux banques de transformer leur approche du risque, en améliorant leurs conditions de prêt et en mobilisant des quantités massives de financements privés à un coût raisonnable pour les pays en développement.

Les États pourraient mettre en place un mécanisme efficace de renégociation de la dette qui permette les suspensions de paiement, associe les créanciers privés et soit ouvert aux pays à revenu intermédiaire.

Ils peuvent également accroître les financements d’urgence lorsque les pays rencontrent des difficultés. Je préconise la réorientation de 100 milliards de dollars supplémentaires de droits de tirage spéciaux, principalement par l’intermédiaire des banques multilatérales de développement, ainsi que la mise au point d’autres moyens innovants d’aider les pays dans le besoin.

Les pays développés doivent respecter leurs engagements financiers à l’égard des pays en développement, y compris en ce qui concerne le climat.

Ils doivent tenir la promesse de mobiliser 100 milliards de dollars, augmenter considérablement le financement de l’adaptation, reconstituer les ressources du Fonds vert pour le climat, et rendre opérationnel le fonds pour les pertes et les préjudices d’ici à la COP28.

Et tous les pays doivent aligner les budgets nationaux sur les objectifs de développement durable et s’attaquer aux problèmes du dégrèvement fiscal et des flux financiers illicites.

De Bridgetown à Paris en passant par Delhi, la réforme de l’architecture de financement est au cœur des discussions.

Je me félicite du soutien que le G20 a apporté au plan de relance des objectifs de développement durable, au renforcement des banques multilatérales de développement et à l’augmentation du financement du développement et de l’action climatique.

La déclaration du Sommet sur les objectifs de développement durable traduit un appui retentissant en faveur de mesures de financement solides pour sauver les objectifs.

Il nous faut maintenant passer d’urgence des paroles aux actes.

Parce que les Objectifs de développement durable – cette promesse faite aux peuples du monde – ne peuvent pas attendre.

Un monde à deux vitesses, partagé entre nantis et démunis, est déjà à l’origine d’une crise de confiance à l’échelle mondiale.

Je vous demande instamment de faire de ce dialogue de haut niveau une plateforme d’engagement constructif, en mettant l’accent sur des solutions de financement créatives et pratiques qui peuvent être mises en œuvre dans les mois et les années à venir.

Ensemble, nous devons transformer la crise actuelle en opportunité, trouver des solutions de financement communes pour rebâtir la solidarité mondiale et insuffler un nouvel élan en faveur du développement durable et de l’action climatique.

L’ONU, Mayotte et le colonialisme français…

Le Secrétariat de l’ONU a diffusé ce mardi 19 septembre l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations Unies, en sa 78ème session. Doc A/78/251

https://documents-dds-ny.un.org/doc/UNDOC/GEN/N23/264/29/PDF/N2326429.pdf?OpenElement

Cet ordre du jour comporte une originalité à remarquer. Son point 37 est en effet rédigé ainsi :

« 37. Question de l’île comorienne de Mayotte (2). »

Remarquons qu’en note de bas de page (2) il est précisé que cette question figure dans la liste des questions mises à l’ordre du jour, mais qu’elle ne sera pas examinée.

Qu’est-ce que cela veut dire ? Ce point 37 de l’ordre du jour signifie que l’Assemblée Générale de l’ONU ne reconnaît pas la souveraineté de la France sur l’île de Mayotte, ou qu’il n’y a pas de consensus de l’Assemblée pour reconnaître un tel fait. Ce qui revient au même. Il s’agit effectivement d’un fait accompli du colonialisme français. On se souvient en effet que l’île de Mayotte a été extorquée, on peut dire volée, aux Comores à l’occasion d’un référendum d’autodétermination organisé par la France en 1974. Les autorités coloniales ont utilisé les résultats de ce référendum dans une seule île pour pouvoir manipuler le droit international et conserver ainsi la main-mise sur Mayotte, une des quatre îles de l’archipel. Ces quatre îles devaient pourtant constituer ensemble la République des Comores. Oui, ensemble car la souveraineté ne peut faire l’objet de tels charcutages pour convenance politiques au mépris des réalités nationales et historiques. La souveraineté ne peut se découper au gré des intérêts stratégiques du colonisateur. Le peuple comoriens a vu ainsi son intégrité bafouée et son unité brisée. Ce vol, cette manipulation constituent une forfaiture acceptée, voire revendiquée par tous les Présidents de la République depuis Valérie Giscard d’Estaing. De plus, comme la violente crise sociale à Mayotte le montre, force est de constater que la « départementalisation » de Mayotte, et son intégration forcée dans la souveraineté française n’ont pas apporté les réponses politiques, sociales, économiques et démocratiques attendues et promises… Il est nécessaire que ces choses-là soient rappelées.

Vous trouverez sur ce blog un article daté du 24 octobre 2019 sur la question. Cet article avait été écrit à l’occasion d’une visite d’Emmanuel Macron à Mayotte.

Sur les indignités officielles françaises en Afrique…

Résumons…

Premièrement, fin août, la France suspend les « mobilités étudiantes » avec le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Des étudiants de ces trois pays ont reçu un message du Ministère des affaires étrangères les informant de l’annulation de leur séjour en France en raison de la crise diplomatique en cours. Le problème est d’abord politique, mais des étudiants sont ainsi mis dans des situations très difficiles sur les plans universitaire et financier.

Deuxièmement, à la mi-septembre, la consternante suspension de la coopération culturelle avec les artistes du Mali, du Niger et du Burkina Faso (les trois mêmes pays) suscite l’indignation du monde de la culture. Un courrier des directions générales des affaires culturelles (DRAC) demande effectivement l’arrêt immédiat de tout projet de coopération avec les ressortissants de ces trois pays.

Ainsi les autorités françaises, malgré les dénégations gênées à posteriori, sanctionnent les artistes et les étudiants de ces trois pays alors qu’ils n’ont pas de responsabilité dans les coups d’État intervenus. C’est inacceptable.

La prise du pouvoir par des militaires dans ces trois pays pose de multiples et sérieux problèmes, notamment celui de la « gestion » de la relation franco-africaine. Et le traitement de l’enjeu démocratique, évidemment. Mais une question se pose. Si la France, pour cause de coup d’État, croit légitime de sanctionner les artistes et les étudiants du Mali, du Burkina et du Niger…pourquoi ne le fait-elle pas pour le Gabon ? Y aurait-il des coups d’État condamnables… et des coups d’État acceptables, ou défendables ? Est-ce qu’il y aurait, aussi, des changements dynastiques et autoritaires du pouvoir qui soient tolérables, comme au Tchad ? Décidément, les autorités françaises perdent leur crédibilité.

La politique de la France… Où est-elle ?.. Quelle est -elle ?.. Les valeurs et les principes seraient-ils à géométrie variable ? Ce chaos présidentiel et ministériel face aux crises politiques en Afrique ferait pitié s’il n’était pas synonyme de mépris pour des peuples africains. C’est indigne. Mesurons cependant, c’est le plus important, qu’il s’agit des derniers soubresauts d’un néocolonialisme en perdition dans un monde qui n’en veut plus. JFi 16 09 2023

En homage à Jelloul Ben Hamida.

NOTRE AMI ET CAMARADE JELLOUL BEN HAMIDA NOUS A QUITTE.

PAIX A SON ÂME ET RESPECT POUR SON ENGAGEMENT !

J’ai bien connu Jelloul. Pour lui rendre hommage, je me joins à la déclaration de la Fédération des Tunisiens des Deux Rives (FTCR) :

Nous avons appris le décès ce Jeudi 14 Septembre 2023 de Jelloul Ben Hamida suite à une longue maladie.

Jelloul Ben Hamida a été durant de longues années un des membres actifs et dirigeant de la FTCR (ex UTIT) et un militant exigeant sur les valeurs et les principes qui guidaient son engagement au sein de notre association comme dans sa vie politique.

Jelloul Ben Hamida a été, notamment dans les années 80 à 2000, celui qui a impulsé les nombreuses actions et initiatives qui ont conduit à la constitution des sections dans le sud de la France et notamment à Nîmes et Marseille.

Jelloul Ben Hamida a également joué un rôle important dans la dynamique des Marches contre le racisme et en particulier lors de l’accueil de la 3ème Marche à Marseille en 1985.

De même Jelloul est connu pour son combat pour les libertés et la démocratie en Tunisie et au Maghreb. Adhérant au CRLDHT et ce jusqu’à la veille de la Révolution de la liberté et de la dignité en Tunisie, il a participé à la création du Forum social Maghrébin et a été très actif dans l’organisation du 1er Forum social maghrébin à El Jadida au Maroc en 2008.

De plus chacun sait la position de Jelloul au sujet de la cause palestinienne et son soutien indéfectible au combat du peuple palestinien.

De même – et il faut le rappeler – Jelloul Ben Hamida a été aussi et surtout un homme, intransigeant certes, mais un homme généreux, disponible et plein de vie, qualités que lui reconnaissent tous ceux et celles qui l’ont connu.

Certes nos chemins s’étaient séparés il y a de cela quelques années mais cela n’occulte en rien le respect que nous portons à notre ami et camarade et à ses multiples engagements tant associatifs, syndicaux que politiques. Et pour cela nous lui rendons hommage.

La FTCR, ses militant.e.s, ses ancien.e.s militant.e.s, lui expriment tout leur respect à la mémoire de Jelloul et ses plus sincères condoléances à sa fille Sophie et ses petits-enfants, toute sa famille, ses proches et ami.e.s.

La FTCR Paris, le 14 Septembre 2023

Niger : Une contribution française à une intervention militaire serait une tragique imbécillité.

N’a-t’on rien appris des guerres en Afghanistan, en Irak, en Libye, au Yémen ?..

N’a-t’on pas encore compris à quel point l’intervention militaire occidentale, y compris française, a pu déstabiliser durablement le Sahel ?

Quels désastres géopolitiques, sociaux et humains faudra-t-il encore provoquer en Afrique pour que l’on prenne enfin la mesure des échecs stratégiques associés à des guerres conduites au nom d’un anti-terrorisme qui montre sa vanité et son hypocrisie ?

Est-ce vraiment aux pays de la CEDEAO, divisés, de décider et de préparer, en dehors de la légalité et la légitimité internationale, une intervention militaire aussi périlleuse qui demanderait d’ailleurs des moyens opérationnels très conséquents?

Alassane Ouatara, Président ivoirien, est le plus va-t-en-guerre dans cette crise dangereuse. Lui qui doit son pouvoir à l’intervention des blindés et des militaires de la France de Nicolas Sarkozy en 2011… est-il bien placé pour donner des leçons de démocratie ?

Il est consternant que la France ait pu s’aventurer à appuyer les décisions inconsidérées de certains régimes africains ayant peur pour leur propre pérennité et stabilité. Après tant de coups d’État ou de successions dynastiques dans une Afrique où la politique de la France est en faillite, n’est-il pas temps de réfléchir aux causes véritables de ces crises, aux vulnérabilités du développement, aux dérives politiques de certains régimes, aux grands intérêts économiques qui les ont entretenues ? Et cesser de prétendre que l’ingérence néocoloniale pourrait apporter des solutions alors qu’elle est elle-même à l’origine des problèmes.

La France et ses partenaires de l’Union européenne auront-ils le courage de mettre sur la table leurs déroutes politiques communes et respectives : la Françafrique jamais démantelée pour l’une, et la débâcle néolibérale de la coopération UE/ACP née à Lomé en 1975 ? Aujourd’hui, on peut évidemment en douter… C’est une bataille à mener.

Dans l’immédiat, la France ne doit pas contribuer, de quelque manière que ce soit, à une opération militaire au Niger au côté de certains États de la CEDEAO. Une telle politique serait d’une tragique imbécillité. Ne pas ajouter un fiasco politique aux autres déjà consommés…

Les autorités de notre pays doivent, enfin, prendre la mesure des changements mondiaux et des grands défis globaux, de la fin du néocolonialisme français et de l’exigence dans ce contexte d’une nouvelle politique internationale. Dans les meilleurs délais les forces françaises doivent être retirées des pays d’Afrique où elles stationnent encore. C’est un premier acte nécessaire qui devrait appeler d’autres radicales transformations. JF 24 août 2023

Pour l’arrêt des opérations militaires et des ingérences de la France au Niger et en Afrique.

Mediapart – Les invités le 23 août 2023

Face à l’escalade dangereuse au Niger voulue par le président Macron, nous estimons que les organisations politiques, syndicales, associatives et les forces pacifistes ou anti-impérialistes peuvent et doivent employer tous les recours pour exiger de l’exécutif et de la représentation parlementaire des réponses claires, avertissent plusieurs personnalités du mouvement social.

https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/230823/pour-l-arret-des-operations-militaires-et-des-ingerences-de-la-france-au-niger-et-en-a

L’heure est grave : le président Macron tente d’utiliser les réseaux de la Françafrique (certains pays de la CEDEAO [1]) pour fomenter une guerre au Niger suite au coup d’État militaire [2]. C’est l’un des pays les plus pauvres de la planète, dans une région, le Sahel, déjà traumatisée par deux décennies de guerre du fait du djihadisme. Cela dans l’ignorance voire l’indifférence de l’opinion publique nationale et au cœur de l’été, saison des congés parlementaires.

Face à cette escalade dangereuse, nous estimons que les organisations politiques, syndicales, associatives et les forces pacifistes ou anti-impérialistes peuvent et doivent employer tous les recours pour exiger de l’exécutif et de la représentation parlementaire des réponses à ces questions impérieuses :

– Quel est le bilan des opérations militaires menées depuis 2013 (Serval au Mali, Barkhane au Sahel, Sangaris en Centrafrique) pour éradiquer le terrorisme islamiste dans ces régions ? Comment expliquer le manque de résultats probants de ces opérations ?

– Quelle relation établir entre ces opérations militaires et les putschs menés au Mali en 2020, au Burkina-Faso en 2021 et désormais au Niger ? N’y aurait-il pas là une relation de cause à effet, dans le sens d’établir un rapport de forces proportionné à l’égard d’une armée d’occupation de facto, armée dont le budget est le 7e ou le 8e du monde et le 2e de l’Union européenne ? Les accords historiques de coopération militaire contractés avec la France de même que la sujétion de la CEDEAO sont rejetés dans la dernière période. Ceci dans un contexte où les annonces de processus démocratiques maintes fois répétées par les dirigeants ne sont pas respectées – y compris par les militaires qui s’emparent fréquemment du pouvoir – et qu’elles s’effacent devant les rivalités géopolitiques et la capture du pouvoir d’État par les élites, en violation de la volonté de souveraineté nationale exprimée par les peuples.

– Comment expliquer que l’exécutif invoque à la fois la souveraineté de l’Ukraine et s’ingère dans les affaires intérieures du Niger ? Comment expliquer qu’il condamne le coup d’État au Niger et qu’il soutienne des processus électoraux frauduleux, qui maintiennent des dictatures au pouvoir, comme au Gabon et au Togo ? Ces “deux poids et deux mesures” en matière de relations internationales ne sont-ils pas révélateurs d’une politique néocoloniale menée au nom d’intérêts illégitimes en matière d’exploitation de richesses minières ? Il est avéré que, loin d’enrichir le pays, l’exploitation de l’uranium par ORANO (ex AREVA) a et aura des conséquences considérables sur les populations en matière de santé publique et de contamination de l’environnement (conséquences passées sous silence jusqu’à présent).

– Une intervention militaire au Niger ne serait-elle pas insupportable pour un peuple déjà durement impacté tant par les crises climatique qu’économique du fait des répercussions de la guerre en Ukraine ? Et ne serait-elle pas source de déstabilisation d’une région dont les jeunes n’ont plus souvent déjà que le choix de l’émigration ou du djihadisme pour survivre ?

– L’exécutif a dû accepter de retirer ses troupes du Mali et du Burkina-Faso. Pourquoi fomenterait-il une guerre au Niger ?

– Les peuples du Sahel doivent-ils subir la concurrence des pays impérialistes comme la France, la Russie (dont le groupe Wagner est au Mali depuis la fin de l’opération Barkhane), les USA (qui ont des bases au Niger)…?

– N’est-ce pas le rôle de la France, si elle ne veut pas une fois de plus tourner le dos à son héritage historique comme « pays de la déclaration des droits de l’homme », de privilégier avec d’autres acteurs la diplomatie ? Cela dans un contexte international marqué par la progression parasite des conflits armés et des budgets militaires correspondants. Au profit du lobby militaro-industriel, pour lequel devraient s’endetter les pays de la CEDAO.

A tous ces titres, face à ce diktat présidentiel, il est urgent :

– de sortir d’un certain silence relatif aux questions Afrique-France comme à celles qui relèvent de la gestion du secteur militaire. Ainsi, la loi de programmation, qui prévoit le doublement du budget des armées et l’instauration d’une « économie de guerre », a été votée sans opposition organisée et avec l’appui des droites.

– D’exiger l’ouverture :

⋅ d’une commission d’enquête parlementaire qui fasse le bilan des OPEX (opérations extérieures) en Afrique et notamment au Sahel ;

commission d’enquête parlementaire qui fasse le bilan de la gestion d’Orano (ex-Areva) au Niger ;

⋅ d’une commission d’enquête parlementaire sur le bilan de la gestion de la monnaie franc CFA, objet comme les opérations militaires, d’une hostilité grandissante des peuples francophones.

– De collaborer activement et de manière pérenne avec les organisations démocratiques nigériennes, sahéliennes et africaines, dans l’objectif d’en finir avec cette gestion néocoloniale et de respecter les souverainetés nationales et régionales.

– de médiatiser largement une pétition inter-organisationnelle qui, dans une perspective de mobilisation sous une forme ou une autre, informe le peuple français de la politique menée en son nom, politique criminelle et de ce fait nuisible à ses intérêts bien compris.

Une telle démarche d’élargissement de nos objectifs démocratiques ne peut que favoriser le renouveau du débat citoyen et politique, qui est largement dominé actuellement par les programmes autoritaires et xénophobes des droites.

Premier·es signataires :

Abderrahim AFARKI, défenseur des droits humains

Nils ANDERSSON, ancien éditeur, spécialiste de géo-politique, auteur de Le capitalisme c’est la guerre (2021)

Adda BEKKOUCHE maire-adjoint de Colombes, co-auteur de La Colère des peuples ou la mondialisation du ras-le-bol (2021

Jean-Louis BERLAND, retraité fonction publique, conseiller municipal militant

Gilles BOSCA, citoyen région Occitanie, Gérant SSII

Martine BOUDET didacticienne (université de Paris Diderot), directrice de Résistances africaines à la domination néo-coloniale (2021)

Michel CAHEN, directeur de recherche émérite du CNRS à Sciences Po Bordeaux, membre de la Gauche démocratique et sociale

Claude CALAME historien anthropologue, directeur d’études EHESS Paris, CS d’ATTAC, LDH, Ensemble! codirecteur de Migrations forcées, discriminations et exclusions (2021)

Anne CAUWEL militante altermondialiste

Eliane CESARIN MAYOUSSIER citoyenne militante, membre d’Attac

Françoise CLEMENT économiste

Gérard COLLET enseignant retraité, militant associatif

Patrice COULON membre du réseau « international » du MAN, de la commission Paix et désarmement (EELV), de Abolition des armes nucléaires, d’Attac

Pierre COURS-SALIES sociologue, professeur émérite Paris 8, CS d’ATTAC, LDH, Ensemble !

Alexis CUKIER philosophe

Christian DELARUE membre du Conseil national du MRAP-Délégué à l’altermondialisme (ATTAC – CADTM – Forum)

Monique DEMARE membre de la commission Démocratie Attac

Françoise DUTHU, ancienne députée au Parlement Européen du groupe Verts/ALE, membre du bureau de la commission Paix et Désarmement EELV

Didier EPSZTAJN, animateur du blog « Entre les lignes entre les mots »

Tosse EKUE animateur culturel (Toulouse)

Jules FALQUET, philosophie, Université Paris 9 St Denis

Patrick FARBIAZ PEPS Pour une Ecologie Populaire et Sociale

Jacques FATH spécialiste en relations internationales

Georges Yoram FEDERMANN psychiatre –Fondation Copernic (Strasbourg)

Gérard FILOCHE Gauche démocratique et sociale

Sylviane FRANZETTI citoyenne occitaniste

Michelle GARCIA, Rejoignons-nous

Jean-Luc GAUTERO, maître de conférences en philosophie des sciences, Université Côte d’Azur (Nice)

Charlotte GEHIN, enseignante, syndiquée au Snes

Robert JOUMARD, directeur de recherche retraité

Frédéric LEBARON professeur en sociologie, université Paris-Saclay- Association Savoir/Agir

Laurent LINTANF, membre du bureau de la commission Paix et désarmement d’EELV, militant antinucléaire

Michèle LECLERC-OLIVE chercheure CNRS-EHESS, présidente de CORENS (Collectif Régional pour la Coopération Nord-Sud – Hauts de France) et de CIBELE (Collectif Régional pour la Coopération Nord-Sud – Ile de France) ‌‌

Philippe LE CLERRE co-secrétaire de la commission Paix et Désarmement (EELV)

Olivier LONG artiste plasticien, universitaire Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Pascal MAILLARD, universitaire, militant syndical

Jean MALIFAUD militant écosocialiste

Fabien MARCOT, Rejoignons-nous

Jean-Pierre MARTIN, psychiatre, militant d’Ensemble !

Gustave MASSIAH économiste

Christophe MILESCHI professeur des universités, Nanterre

Martine MONIER, retraitée d’un Groupement d’Intérêt Public (formation professionnelle)

Luigi MOSCA, physicien, membre de l’association Abolition des Armes Nucléaires – Maison de Vigilance, partenaire d’ICAN

Alain MOUETAUX retraité, ancien syndicaliste Sudptt et bureau d’Attac Réunion.

Evelyne PERRIN présidente de Stop Précarité

Jean-Luc PICARD-BACHELLERIE membre de la commission Démocratie d’Attac

Alain REFALO co-porte-parole du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN), auteur de Démilitariser la France : un projet politique au service de la paix (2022)

Patrick SAURIN, employé de banque retraité, Syndicaliste Sud Solidaires BPCE

Claude SERFATI, économiste, auteur de L’Etat radicalisé : La France à l’ère de la mondialisation armée (2022)

Nicole SMOLSKI médecin hospitalier en retraite

Gérard TAUTIL militant et auteur occitaniste (Le roman national français au défi de l’extrême-droite, 2016)

Jacques TESTART directeur de recherches honoraire Inserm

Jean-Michel TOULOUSE, directeur d’hôpital honoraire. Essayiste

Jean-Paul VANHOOVE militant du commerce équitable avec l’Afrique

Pedro VIANNA économiste, poète, homme de théâtre, enseignant universitaire

Christiane VOLLAIRE philosophe (laboratoire CRTD du CNAM et Institut Convergences Migrations au Collège de France), auteure de Pour une philosophie de terrain (2017)

Documents ressources :

Aminata Dramane Traoré, figure de l’altermondialisme africain 
CEDEAO,  : faites taire les armes, pas les peuples  

Niger : la France doit cesser de jouer les incendiaires et sortir du déni en évacuant ses militaires (Survie, 14 août 2023)

Au Niger, développons la démocratie, protégeons les droits des travailleur·euse·s ! (CGT, 1er août)

La Confédération paysanne dénonce le risque d’intervention militaire au Niger et affirme son soutien aux populations et paysans du Sahel (17 août 2023)

La France ne doit pas s’ingérer dans les affaires internes au Niger ! (MAN, Mouvement pour une alternative non-violente, 18 août) 


Beaucoup en France semblent ne pas mesurer ce qu’a été la colonisation au Niger (Mediapart, entretien avec Camille Lefebvre du CNRS)

Kako Nubukpo économiste (UEMOA), La Cedeao connaît une dérive 


Le projet de loi de programmation militaire: vers une « économie de guerre » parasite et dangereuse (tribune collective, avril 2023)


Loi de programmation militaire 2024-2030 : la France se prépare à la guerre (Alain Refalo)

Notes :

(1) CEDEAO : Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Des sanctions économiques très dures ont été mises en place, dont l’ONU demande l’arrêt.

(2) L’armée a destitué le 26 juillet dernier le président Mohamed Barzoum, qui avait été élu en 2021. Le Niger a connu cinq coups d’État depuis son indépendance et six des dix présidents ont été des militaires.