«Comment une guerre nucléaire pourrait se produire» – Arms Control Association – Juillet-Août 2020.

Arms Control Today Vol 50 July-August 2020

https://www.armscontrol.org/act/2020-07/features/plan-nuclear-war-could-progress

Traductions: J. Fath

Il y a soixante-quinze ans, les États-Unis ont testé la première arme nucléaire au Nouveau-Mexique, ensuite, ils en ont utilisé une pour détruire Hiroshima, puis une autre pour détruire Nagasaki. Aussi dévastatrices soient-elles, ces bombes atomiques étaient petites par rapport aux caractéristiques de celles d’aujourd’hui, chacune d’entre elles explosait avec seulement un dixième de la puissance de détonation du type des ogives désormais déployées sur des missiles, des sous-marins et des avions par un certain nombre de pays. Heureusement, aucune arme nucléaire n’a été utilisée en situation de conflit depuis les bombardements sur le Japon, mais le risque de guerre nucléaire a reflué et remonté tout au long de la guerre froide. Il a augmenté au cours des trois dernières années. Les États-Unis et la Russie ont abandonné les traités en vigueur de longue date sur le contrôle des armes nucléaires. Ils ont commencé à développer de nouveaux types d’armes nucléaires, et élargi les circonstances dans lesquelles ils pourraient utiliser des armes nucléaires. Si un échange nucléaire devait s’engager, il pourrait rapidement dégénérer d’une catastrophe locale en catastrophe mondiale.

Pour illustrer comment cela pourrait se produire, le programme de l’Université de Princeton sur la science et la sécurité mondiale (SGS) a développé la simulation d’une escalade plausible et graduelle d’une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, et commençant en Europe. Les images qui suivent sont extraites de la vidéo de quatre minutes présentant cette simulation (voir à la fin de ce post).

Les chercheurs de SGS ont utilisé des évaluations indépendantes des postures appartenant actuellement aux forces américaines et russes, indépendantes des plans de guerre nucléaire et des cibles des armes nucléaires. La simulation a également été renforcée à l’aide de vastes ensembles de données portant sur les armes nucléaires actuellement déployées, sur la puissance des armes, sur les options de cibles concernant des armes spécifiques, ainsi que sur la planification de bataille déterminant quelles armes pour quelles cibles, dans quel ordre et à quel stade de la guerre, cela afin de montrer l’évolution du conflit nucléaire des phases tactiques à stratégiques avec le ciblage des villes. On estime qu’il y aurait plus de 90 millions de morts et blessés dans les toutes premières heures du conflit.

Les décès et les pertes immédiates qui se produiraient dans chaque phase du conflit sont déterminés à l’aide des données de NUKEMAP, un outil en ligne pour l’estimation des pertes, qui a été développé par Alex Wellerstein au Stevens Institute of Technology. Les décès réels seraient considérablement augmentés du fait des décès dus à l’effondrement des systèmes médicaux, aux retombées nucléaires et à d’autres effets de long terme, y compris un éventuel hiver nucléaire à l’échelle mondiale.

La simulation a été développée par les chercheurs de SGS Tamara Patton, Moritz Kütt et Alex Glaser, en collaboration avec Bruce Blair, Zia Mian, Pavel Podvig et Sharon Weiner, avec le son de Jeff Snyder et les graphiques d’Alex Wellerstein. Il a été initialement préparé dans le cadre de l’exposition «Shadows and Ashes» (ombres et cendres) à la Bernstein Gallery de l’Université de Princeton, organisée par Mary Hamill, la directrice de la galerie.

Nuclear (1)

Frappes nucléaires d’avertissement

La simulation commence dans le contexte d’un conflit conventionnel. Dans l’espoir de stopper l’avancée des forces des Etats-Unis et de l’OTAN, la Russie procède à une frappe nucléaire d’avertissement depuis une base proche de Kaliningrad. L’OTAN riposte par une frappe tactique aéroportée.

 

Nuclear (2)

Plan tactique

Alors que le seuil nucléaire est franchi, les combats se transforment en guerre nucléaire tactique en Europe. La Russie lance 300 têtes nucléaires aéroportées et des missiles de courte portée pour frapper les bases de l’OTAN et ses troupes avancées. L’OTAN répond avec approximativement 180 têtes nucléaires aéroportées.

Victimes immédiates: 2,6 millions en 3 heures.

Le Plan contre-forces

Alors que l’Europe est détruite, l’OTAN lance une frappe stratégique de 600 têtes nucléaires depuis le territoire américain et depuis des sous-marins afin de cibler les forces nucléaires russes. Avant de perdre son arsenal nucléaire, la Russie lance sur alerte une réponse nucléaire à l’aide de missiles terrestres, de véhicules routiers et de sous-marins.

Victimes immédiates : 3,4 millions en 45 minutes environ.

Nuclear (3)

Le plan « contre-valeur »

Avec l’objectif d’inhiber la capacité de l’autre partie à la récupération, la Russie et l’OTAN ciblent les 30 villes les plus peuplées et les centres économiques de l’autre pays, en utilisant 5 à 10 tête nucléaires sur chaque ville, en fonction de sa population.

Victimes immédiates : 85,3 millions en 45 minutes environ.

91,5 millions… C’est le nombre de victimes immédiates, incluant les morts (34,1 millions) et les blessés (57,4 millions), comme résultat de la série d’échanges nucléaires. Les morts du fait des retombées nucléaires et des autres effets de long terme augmenteraient significativement cette estimation.

Voir la  video :  https://www.youtube.com/watch?v=2jy3JU-ORpo&feature=youtu.be

 

 

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